‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 26 sur 358 · I'l.. //>., col. 1S · texte numérisé non relu

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enquête auprès des seigneurs. Les agents royaux durent, sans aucun doute, vérifier scrupuleusement l'état fourni par le comte; aussi, en l'absence de toute réclamation de leur part, l'épreuve d'un pareil contrôle est-elle, à nos veux, une marque nouvelle et irréfutable de l'indépendance du Sabartès.

Quelques années plus tard, Roger-Bernard III, s'étant révolté contre l'autorité royale, s'attira la colère de Philippe le Hardi; son comté fut envahi par le roi de France, et il devint lui-même le prisonnier de celui-ci. Le roi se contenta de faire garder les principaux châteaux du haut comté, sans élever aucune prétention sur ce pays 1.

Du temps de Philippe le Bel, mêmes constatations. Vainement les agents royaux essayèrent-ils d'empiéter sur les droits du comte; celui-ci défendit énergiquement ses privilèges et refusa d'exécuter leurs ordres, sous prétexte que ses prédécesseurs et lui-même avaient toujours tenu leur comté en francalleu : le roi dut céder à ces justes réclamations et arrêter le zèle de ses représentants.

Ainsi, malgré les progrès énormes du pouvoir royal dans le Midi de la France, la situation privilégiée du Sabartès est demeurée au xmc siècle ce qu'elle était aux xi° et xnc siècles; le fait est capital à notre point de vue particulier, à cause de

I . Lorsque Philippe iil rendre à Roger-Bernard toutes ses places (1277 , il reçut <lc lui, il est vrai, l'hommage-lige pour tout le comté (Vaissète, I. IX, p. 55). Cet acte de soumission ne doit pas cependant nous surprendre: il était naturel qu'en échange des faveurs royales, Roger-Bernard donnât à son souverain un témoignage (le fidélité; eela était d'autant plus nécessaire qu'au moment de la guerre ses relations avec le roi d'Aragon avaient prêté à l'équivoque. L'hommage du comte n'impliquait pas, du reste, une véritable vassalité ; l'on sait, en effet, par une lettre du roi à ses commissaires, relativement à l'exécution de l'ordonnance sur les amortissements, qu'il leur recommandait de l'appliquer seulement dans la partie du comté de Fois qui avait été tenue en fief de ses prédécesseurs tld., ib., p. 50).

ses conséquences sur la politique étrangère des comtes de Foix. Nous n'avons, en effet, autant insisté sur cette discussion que parce qu'à nos yeux la conclusion qui en ressort est, en dehors de la raison géographique, la meilleure explication des succès de nos comtes en Catalogne.

Si, comme vassaux de ceux de Toulouse, d'abord, des rois de France, ensuite, ils avaient dû épouser toutes les querelles de leurs suzerains, il leur aurait été bien difficile de donner libre carrière à leur ambition du côté de l'Espagne. Dégagés, au contraire, de toute attache gênante, et préoccupés uniquement de leurs intérêts, ils profiteront de toutes les circonstances pour étendre, sans cesse, leur empire au delà des Pyrénées.

Mais il nous faut quitter ces questions générales pour entrer dans le vif de notre sujet ; étudions donc les faits par lesquels se manifestent les premières relations des comtes de Foix avec la Catalogne, avant leur immixtion directe dans les affaires du comté d'Urgel à la fin du xne siècle : cette première période préparatoire embrasse les xip et xu'" siècles et se termine vers I 195.

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