CHAPITRE QUATRIEME
GUERRES DES MAISONS DE FOIX ET D'ARMAGNAC AU SUJET DES POSSESSIONS DE MONCADE
I. Guillelme de Moncade donne à Gaston de Fézensaguet la baronie de Castelvieil. — Clément V apaise les démêlés des maisons de Foix et d'Armagnac (1308).
II. Arrêt du parlement confirmant la paix de Toulouse (26 avril 1309).
Guillelme de Moncade donne à Gaston de Fézensaguet la baronie de Castelvieil. — Clément V apaise les démêlés des maisons de Foix et d'Armagnac ( / 308).
Nous avons montré, plus haut, que l'arrêt de Toulouse (1304) n'avait point admis les prétentions de Gaston de Foix sur les domaines de Guillelme de Moncade. Ce seigneur subit, bientôt après, un nouvel et sensible échec de la part de sa tante elle-même. Indisposée, sans doute, par les démarches du comte auprès du roi d'Aragon elle fît1 donation de sa terre de Castelvieil, sous réserve d'usufruit, à Gaston de Fézensaguet, tils de sa sœur d'Armagnac (15 avril 1305).
Cet acte était une atteinte grave aux droits du comte de Foix, aussi s'empressa-t-il de présenter aux cortès de Barcelone (25 mai 1305) une protestation2 en règle contre la cession susdite : celle-ci avait été faite au mépris du testament de Gaston de Béarn, testament approuvé par Guillelme en personne. La dame de Moncade n'en continua pas moins de favo-
1. Bibl. nal., coll. Doat, vol. 178, f° 100. — Arcb. dép. des Basses- Pyrénées^ 10, fo 107.
2, Pièces jusi., n° 158,
344 RELATIONS DES COMTES DE FOIX WT.r I. \ CATALOGNE
riser ouvertement la maison d'Armagnac. On le vit bien, lorsque,
deux ans ])lus tard, la guerre fut sur le point d'éclater entre les deux adversaires ; elle demanda1, effectivement, à Jacques II
la permission de soutenir ses neveux d'Armagnac, le priant même de leur accorder la protection royale ou, du moins, de garder la neutralité entre les seigneurs rivaux (2 août 1307).
On ignore ce que lit le souverain en la circonstance; l'on peut cependant supposer qu'il dut être plutôt hostile au comte de Foix : celui-ci venait de le mécontenter par une intervention nouvelle dans les affaires du comté de Paillars. Désireux, en effet, de hâter le règlement de cette malheureuse question, Jacques avait voulu la terminer lui-même par une décision arbitrale, qu'il aurait prononcée en dehors de toute procédure judiciaire. Arnaud d'Espagne avait été pressenti à cet égard-, mais n'avait point voulu répondre avant d'avoir pris le conseil de ses amis, celui de Gaston de Foix en particulier. Or, ce dernier s'étant montré défavorable au projet royal, le vicomte de Couserans s'en3 prévalut auprès du prince pour s'excuser de ne pouvoir accepter les bases de l'arrangement proposé (18 août 1307). Il lui rappelait, d'ailleurs, que Hugues de Mataplana, son adversaire, avait refusé de comparaître devant l'évêque et le sacriste de Lérida, juges délégués par le roi pour connaître de la cause, et il ajoutait que, malgré sa conliance en la justice de Jacques II, il était dans l'impossibilité d'accéder à la demande faite, vu qu'en présence d'une partie s'opposant au débat, la sentence rendue par compromis serait nulle de plein droit.
Il règne autant d'obscurité sur la suite de cette affaire que sur les luttes engagées à ce moment entre le comte de Foix