Pièces just., n
2. L'approbation de Constance fut donnée le 2 janvier 1311 (Arch. dép. des Basses-Pyrénées, E 240, sans numéro); celle de Jeanne d'Artois, le il octobre Ci 10 (/(/., E 402, sans numéro); celle de Valborges, femme de Gaston d'Armagnac, le 8 janvier 1311 (Arch. du château de Léran, fonds d'Armagnac, liasse 3e, n° 30, ancien numérotage).
(i ASTON DEVIENT MAITRE DES TERRES DE MONCADE 365
hypothèque, pour la dot de Jeanne d'Artois, et de plusieurs autres servitudes, tandis qu'elles devaient être livrées franches de toute charge et de toute dette. Il était toujours prêt néanmoins à tenir ses promesses, dès que le comte se serait luimême conformé aux articles du traité. 11 en avait déjà requis Bertrand-Jourdain de l'Isle et réitérait sa demande en ce moment.
Guillaume-Arnaud de Pont borna sa réponse à l'affirmation que Gaston Ier avait entièrement exécuté l'accord et réclamait, de son côté, au vicomte la livraison des domaines de Guillelme. Sur quoi celui-ci renouvela sa protestation, sous prétexte que les engagements du comte n'avaient pas été remplis et que l'annonce régulière ne lui en avait pas été faite.
Ces revendications et prétentions contradictoires témoignent bien des rivalités qui continuaient à subsister entre les deux seigneurs. Le comte, d'une part, ne s'exécutait qu'à regret, car il voulait, sans doute, s'assurer de la possession effective de Moncade et de Castelvieil , avant de se dessaisir de ses châteaux. De l'autre, le vicomte visait à faire augmenter, le plus possible, le nombre des domaines devant servir à l'assiette de sa rente de mille livres : l'estimation à faire en pareille occurrence prêtait aisément aux difficultés les plus variées.
En Catalogne, l'attitude des parties est la même ; une défiance réciproque suspend l'effet de leur traité. Auger de Barbezan, procureur général de Gaston d'Armagnac, se déclare * (8 janvier 1311) prêt, effectivement, à délivrer le château de Castelvieil de Rosanès, aussitôt que les conventions jurées auront été accomplies. Il se présente, en conséquence, devant la porte extérieure delà place susdite, nommée porte del caval-
1. Arch. du château de Léran, fonds d'Armagnac, liasse 3e, n° 31 ancien numérotage.
cador, les clefs de la forteresse a la main, et appelle, à deux ou trois reprises, Arnaud-Guillaume de Béarn, procureur de Constance et de Marguerite. Cette démarche reste, toutefois, sans réponse, de sorte que la remise annoncée doit être différée. Une telle situation engendra des débats assez sérieux pour nécessiter la conclusion d'un nouvel accord1 (6 mars 1311), entre Gaston de Fézensaguet et son cousin. Les clauses en furent les mêmes que celles de l'acte précédent, avec cette seule différence que Gaston Ier consentit à adjoindre aux domaines déjà cédés par lui les lieux de Saint-Quentin, Sarraute, Fajac, Heneuil, Saint-Sernin, Trèbes, Pennautier, Villemoustaussou, Barbaira, Mila, Floure, Montirat, Monze, Cavanac, Villeseque basse, Villeseque Lande, Pezens et Grèzes.
Gaston Ier entre en jouissance des ferres de Moncade et de Castelvieil.
Le traité précité eut d'heureux résultats : le comte fit, cette fois, à Bertrand-Jourdain de l'Isle la tradition réelle de tous les domaines attribués à Gaston d'Armagnac, et celui-ci, de son côté, fît faire, par ses procureurs, la remise des terres de Catalogne à ceux de Gaston Ier.
Cette formalité fut remplie le 29 mars'2, pour la ville de Martorell et les châteaux de Castelvieil de Rosanès et de Voltraria. L'instrument authentique rédigé à cette occasion renferme de pittoresques détails sur la remise de la première de
1. Bibl. nat., coll. Doat, vol. 179, f° 2o5 et suiv. — Areh. dép. <le- Basses-Pvrénées, E 419, f° 2'ô et suiv.