Id., il
lieues seulement de la frontière andorrane, au point du passage le plus facile des montagnes de l'Andorre vers la plaine. Elle était pour les habitants de ce pays l'entrepôt le plus important de leurs affaires commerciales, en même temps que le centre obligé où les amenaient les questions spirituelles de leurs paroisses. Le tribunal des évèques se présentait à eux, dans leurs procès, avec toutes les garanties offertes par une sagesse plus éclairée unie à une impartialité plus grande. Comment croire que, dans leur isolement, les Andorrans n'aient pas, dès cette époque, recouru de préférence à la justice ecclésiastique? l'on sait combien elle fut recherchée au moyen âge au détriment de la juridiction civile.
Les généreuses libéralités * de riches familles, les acquisitions des évèques en Andorre, vinrent, en outre, y accroître peu à peu leur influence.
Les circonstances conspirèrent ainsi à la transformation progressive du pouvoir épiscopal en véritable suzeraineté ; le moment précis auquel ce changement s'opéra nous échappe : il en est presque toujours ainsi en pareil cas ; nous croyons, toutefois, que ce fut à l'époque où les comtes d'Lrgol abandonnèrent à l'église leurs alleux d'Andorre, vers le milieu du xc siècle.
1. Cf. Areh. capit. d'Urgel, cartulaire, vol. 1, n° 500 (à Canillo) ; 502 (à la Massana); 240, 487, 491, 494 à 499, 532, 600, 822 (à San Julia).