‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 86 sur 358 · ib · texte numérisé non relu

ib

sous mentionnée plus haut. Il promit de ne plus commettre d'exactions dans les églises d'Adral et d'Alb ; d'exécuter la décision du juge concernant le droit de tonlieu imposé par lui aux habitants de la Seo ; de ne réclamer à Méranges que l'acquittemement des droits d'incendie, d'adultère et d'homicide, etc. etc.

L'on voit quelle était, dès cette époque, la variété des relations de l'église d'Urgel avec les vicomtes de Castelbon ; il pouvait en surgir des querelles et des contestations de toutes sortes. Les domaines de la Mitre étaient trop exposés à l'ambition de ces seigneurs, pour n'être pas constamment sous le coup de quelque usurpation de leur part. De là ces nombreux accords, suivis presque aussitôt de différends nouveaux. Une situation semblable était pleine d'embarras pour les évêques d'Urgel : ils ne pouvaient point sacrifier leurs droits aux exigences de ces vassaux turbulents et devaient cependant désirer n'être pas sur un pied de guerre continuel. Le péril devint beaucoup plus grand à la mort d'Arnaud de Caboet, le meilleur défenseur de l'église : aux dangers anciens s'ajoutait, en ell'et, pour Arnaud de Perexens la difficulté de soustraire les domaines de ce seigneur à l'avidité du vicomte de Castelbon. L'esprit religieux de ce dernier était bien différent de celui d'Arnaud et de ses prédécesseurs ; il fallait, à tout prix, mettre obstacle à l'alliance des deux maisons. Aussi l 'évoque fît-il les plus grands etforts pour garder Arnalde sous son influence et ne la marier qu'à un homme sûr.

LES ÉVÊQUES d'uRGEL ET L A MAISON DE GASTELBON 1 05

Intrigues de Raimond et d'Arnaud de C as telbon pour obtenir In

succession de In maison de Caboet. — Réunion des domaines de celte maison à ceux des incomtes de Gastelbon.

Les événements ne tardèrent point à justifier les méfiances d'Arnaud de Perexens. A peine, en effet, Arnaud de Caboet eut-il expiré, que déjà Raimond de Gastelbon fut accusé d'intriguer en Andorre contre l'autorité épiscopale : on vient de le voir par l'analyse d'un texte du 19 août 1171. Quelques années plus tard, il est vrai, il interposa ses bons offices auprès des habitants de cette vallée lors de la conclusion de l'accord de 1176 sur les droits de la Mitre. Il ne faudrait pas croire cependant à son complet désintéressement en cette affaire ; il ne dut certes pas lui déplaire de jouer auprès des Andorrans le rôle de conseiller : c'était un moyen de se créer des attaches dans le pays, de préparer le terrain pour l'avenir.

Ce vicomte ne réussit pas toutefois à mettre la main sur le riche héritage qu'il convoitait. L'évèque en avait, semble-t-il, confié la garde, pendant la minorité d'Arnalde, aux neveux d'Arnaud de Caboet, Raimond et Guillaume d'Enveg; ceuxci1 s'étaient engagés (1171) à lui rendre les services féodaux pour tous les biens de ce seigneur. Ils remplirent, sans doute, leurs promesses vis-à-vis de l'église; du moins, le silence de 1 histoire à leur égard ne nous autorise point à supposer le contraire.

Page 1