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LES ÉYÊQTJES d'uRGEL ET LA .MAISON DE CASTELBON I 1 I
leurs, la moitié des revenus perçus en ce lieu, sauf les dîmes et prémices, qu'il concède, avec l'assentiment d'Arnaud, au monastère de San Gerni. Il lui accorde, en outre, la possession du château de San Vicens, au pied du Monclar dans la vallée d'Andorre, en s'engageant à payer la moitié des frais de sa reconstruction ; il y retient également le droit à la moitié des fruits et à la remise féodale. La souscription de l'abbé de San Gerni se trouve au bas de ces deux actes. Ce l'ait, rapproché de la concession d'Ermengaud à l'abbaye de ce nom, est pour nous .un indice certain des intrigues du vicomte en Andorre. Ce monastère jouissait, en effet, dans les vallées, d'une intluence considérable : l'intérêt d'Arnaud était de se la concilier, afin d'y battre en brèche le pouvoir épiscopal.
Quoi qu'il en soit, la donation d'Ermengaud constituait un véritable empiétement commis au préjudice de l'église. Les comtes, ses prédécesseurs, n'avaient-ils pas renoncé en faveur de celle-ci à tous leurs droits sur cette vallée ? Il n'est plus question, d'ailleurs, à aucun autre moment, de prétentions émises sur ce château par Ermengaud ou par ses successeurs ; nous aurons même à enregistrer, vers la lin du xine siècle, de nouvelles et formelles renonciations de leur part à toute ingérence en Andorre. L'on ne peut donc tirer de cet acte aucune conclusion favorable â la permanence de l'autorité des comtes d'Urgel dans cette vallée ; nous n'y voyons qu'une manœuvre d'Arnaud de Castelbon, une simple surprise, sans conséquence ultérieure '.
I . L'évêque Arnaud de Perexens touchait alors à la fia de sa laborieuse carrière. Fatigué par de lonys travaux, il obtint même du pape la permission de se démettre de ses fonctions (1194). Il est fort possible que l'état de sa santé l'ait empêché de déjouer les machinations d'Arnaud, comme il l'aurait fait auparavant.
Le récent accord conclu par Arnaud ne l'empêcha point de recommencer bientôt les hostilités avec Ermengaud. Esprit indépendant, le vicomte s'accommodait difficilement du joug de la vassalité et saisissait avec empressement toutes les occasions de s'en affranchir. On peut supposer j que la nouvelle guerre fut causée par les difficultés faites par Arnaud au sujet de l'accomplissement de ses conventions féodales. L'on ne connaît point les péripéties de ces luttes ; l'on sait cependant qu'elles furent fort vives, ainsi qu'en témoigne l'acte de paix2 signé par les deux rivaux (28 août 1194).
Le premier promit au second de tenir fidèlement les obligations de son fief comme vicomte de Castelbon. Il s'engagea ainsi à lui remettre la vallée de ce nom, avec tous les châteaux existant alors ou ceux à construire plus tard, sauf celui de San Andreu ; la forteresse d'Estamarid et toutes celles de la vallée d'Aguilar. Il consentit également à lui livrer la place de Ciutat, mais seulement (de même que dans la convention de 1135) lorsqu'Ermengaud lui aurait rendu celle de Castelbon. Arnaud devait enfin servir le comte contre tous sans exception.
L'accord se rétablit aussi entre Arnaud et l'évèque, mais la chose dut être moins facile ; leur conflit semble, en effet, avoir été de plus longue durée, peut-être même n'avoir point cessé depuis le commencement de 1190 : les menées du vicomte en Andorre n'avaient pas eu pour résultat de le réconcilier avec l'église.
Toujours est-il, pour mettre fin à leurs querelles, les deux adversaires s'en rapportèrent à l'arbitrage d'Alphonse II, roi d'Aragon. La sentence royale 3 nous fait connaître les points