‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 98 sur 358 · Pièces just., n° 48, p. 101 et suiv · texte numérisé non relu

Pièces just., n° 48, p. 101 et suiv

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COPIE DU XIIIe S. Arch. Capit. d'Urôel. Cahier sur parchemin, intitulé : MEMORIAL DES DANYS DONATS PER LO COMTE DE FOYX Y BESCOMTE DE CASTELLBO A L'IGLESIA DE URGELL.. F° ivo

DÉMÊLÉS AVEC LE COMTE ET l'ÉVÊQUE d'URG-EL 11!)

de Castelbon et de Raimond-Roger. L'époque n'en est pas précisée non plus ; toutefois, les descriptions lamentables de cette guerre de brigands sont parfaitement conformes à celles mentionnées plus haut. Aussi pensons-nous que ' cette invasion de la Cerdagne eut lieu vers le moment du siège et du sac de la Seo d'Urgel. Les bandes d'Arnaud et du comte forçaient les églises, en enlevaient le mobilier, les livres, les ornements. les vases sacrés, pillaient les biens du clergé, frappaient et maltraitaient les prêtres et les emmenaient en captivité, brisaient les châsses et en dispersaient les reliques, faisaient leurs orgies dans les lieux saints et poussaient le cynisme jusqu'à monter sur les ciboriums et les bras des croix. L'on voit Arnaud de Castelbon debout à la porte de l'église de Sanavastre, dans une attitude impassible, tandis que des soldats forcenés arrachent de la custode les saintes hosties et les profanent de la manière la plus horrible.

Le mémoire d'Urgel prise à 50.000 sous la valeur des biens enlevés aux églises ou au clergé de Cerdagne, et à 3.000 muids de blé ainsi qu'à la perte de tous leurs revenus les dommages subis par les ecclésiastiques de ce pavs. L'église d'Urgel perdit elle-même en Cerdagne, pendant trois ans, la totalité de ses rentes estimées 10.000 sous. On croirait lire une page de l'histoire des Albigeois. C'est qu'en effet l'hérésie albigeoise avait infesté Lévêché d'Urgel, aussi bien que le comté de Foix; elle trouvait, comme on va le voir bientôt, de zélés défenseurs dans la personne d'Arnaud et de Raimond-Roger, ainsi qu'un abri sûr au château de Castelbon.

Il était grand temps qu'un évêque énergique prît en main la direction du diocèse et réparât les ruines causées par la

I. Les trois années du déplorable pontificat de Bernard de Castellô furent, du reste, pour Arnaud, la période la plus propice au saccage des biens de l'évêché,

faiblesse et l'incapacité de son prédécesseur. Ayant obtenu du pape la permission de procéder à l'élection et de Bernard de Castellô, sa renonciation à l'épiscopat, le clergé acclama l comme pontife Bernard de Vilamur, sacriste d'Urgel (20 février 1199). Ses vertus et ses talents l'avaient désigné au choix de ses compatriotes, depuis plusieurs mois déjà : nous en avons la preuve dans un accord 2 conclu par son intermédiaire entre Arnaud de Gastelbon et les habitants de la vallée d'Andorre (22 août 1198). Le vicomte y renonce à ses griefs contre ceux-ci, moyennant une somme de 1.500 sous, mais il se réserve de faire régler, en dehors de cet arrangement, la question controversée entre eux de l'hommage qu'il leur réclame. Cette question ne pourra être soumise à Bernard de Vilamur, ainsi que celles relatives aux difficultés d'Arnaud avec l'église ou avec sa femme Arnalde 3, qu'après la Noël ou le milieu du Carême, si la consécration de Bernard comme évêque n'a pas eu lieu auparavant. Il s'engage, d'ailleurs, à respecter les biens de l'église d'Urgel.

L'heureuse intervention du nouveau prélat se fit donc sentir avant mênie son installation sur le siège épiscopal ; il mérita ensuite, par son énergie et sa ténacité, la confiance qui avait été mise en lui. Il réussit ainsi 4 à faire la paix avec Arnaud de Castelbon (2 octobre 1199), grâce à un arbitrage conclu par Bernard de Portella, Bérenger, archidiacre de Sainte-Foi, Pierre de Josa, archidiacre, P. de Vilamur (frère du pontife) et P. de Orchad. Arnaud dut y renoncer à toutes ses préten-

1. Cf. décret d'élection, Villanueva, Viage lit/., t. XI, p. 114.

2. Vaissète, t. VIII, col. 459. — Les nouveaux éditeurs de l'Histoire du Languedoc ont commis une erreur eu attribuant cet acte à l'année 1199. L'original porte 1198.

3. Ce document montre bien que, fidèle aux traditions de sa maison, Arnalde ne partageait point les idées de révolte de son mari.

4. Orirj. Arch. capit. d'Urgel, armoire 10, caisse : Muni ferrer.

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tions sur Montferrer, tant sur le château vieux que sur le nouveau. Il y garda seulement le droit au service de deux hommes. Quant au quart de la dîme revendiqué par lui dans cette forteresse, on convint de s'en remettre à la décision de la cour épiscopale. Il promit de livrer à l'évêque le château de Terraza et, en son absence, aux chanoines. Il fut convenu que le chapitre commanderait en toute liberté aux habitants d'Aravell dans les limites de la châtellenie de ce nom ; qu'Arnaud et ses successeurs ne percevraient pas le droit de leude sur les hommes de l'évêque à Estamarid et s'abstiendraient, en général, de toute exaction vis-à-vis des vassaux de l'église.

Le vicomte s'arrangea, pareillement, avec sa femme Arnalde ; celle-ci lui céda ' ses droits « super valle de Kahood et ejus finihus et valle de Sancto Joanne et ejus fuiibus et valle Andorre et ejus finibus » et généralement sur l'héritage de son père et de sa mère (27 octobre 1199).

Paix d'Arnaud de Castelhon avec l'évêque Bernard de Vilamur

L'arrivée à l'épiscopat de Bernard de Vilamur changeait donc la face des choses : la tranquillité renaissait partout ; les ennemis de l'église sentaient qu'une main ferme veillait à la défense de ses biens ; ils étaient obligés de reculer de toutes parts.

C'est ainsi qu'après de nouvelles difficultés avec ce prélat Arnaud en arriva à reconnaître ses droits dans une série de

1. Arch. nat., J 879, n° 30, publié par Martène, Amplis, coll., t. I, col. 1023.

traités des plus explicites. Il remit ' à Bernard de Vilamur son droit au service de deux hommes dans le château de Montferrer avec ses autres prétentions sur cette place, de manière qu'elle restât en franc-alleu à la Mitre ; il lui renouvela sa promesse de ne pas exiger des vassaux de l'église le droit de leude à Estamarid ni aucunes quêtes ou albergues en quelque endroit que ce fût, à moins qu'ils ne tinssent de lui des fiefs ou censives. Il s'engagea enfin à pourvoir à la sécurité des chemins publics (9 avril 1201).

Le même jour, Arnaud recevait 2 en fief le château de Terraza, mais en renonçant à l'avantage qui lui avait été récemment accordé de pouvoir empêcher l'église de se servir contre lui de cette forteresse, après la remise de celle-ci entre les mains du prélat. Toute liberté était laissée désormais à ce dernier en cas de guerre avec Arnaud. On peut juger, par cet exemple, des progrès réalisés, en peu d'années, par l'administration vigoureuse de Bernard de Vilamur.

Arnaud promit également" au pontife (10 avril) de lui faire livrer, à toute réquisition, les forteresses de la vallée de Caboet par les châtelains commis à leur garde. Le 11 du même mois eut lieu enfin '* la conclusion d'un accord solennel entre l'évèque et Arnalde de Caboet, Ermessinde, sa fille, et Arnaud de Castelbon ; c'est une sorte de liquidation des griefs accumulés à la suite des récentes guerres. Ce document fait bien ressortir la situation de la maison de Castelbon vis-à-vis de l'église, au moment où les comtes de Foix vont en recueillir l'héritage ; aussi est-il nécessaire d'en citer les principaux articles. La succession d'Arnaud de Caboet, y est-il dit, avait engendré des

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