‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 99 sur 358 · W., ib., n · texte numérisé non relu

W., ib., n

i. Pièces Just., n° 26.

DÉMÊLÉS AVEC LE COMTE ET l'ÉVÊQUE D'rjRGEL \'2'i

querelles fort vives entre l'église et la famille de Castelbon. Désireuses cependant d'y mettre fin, les parties eurent recours à l'arbitrage de R. de Urg et de Pierre, abbé de Saint-Martin. La sentence rendue fut celle-ci : l'évêque donnera en commende et concédera en fief à Arnalde, à Ermessinde et au vicomte les vallées de Caboet et de San Juan, à l'exception des baylies, manses et domaines y appartenant aux églises d'Urgel et d'Orgaha. En retour, la vicomtesse, sa fille et Arnaud, en leur nom, promettront d'en faire hommage à l'église à perpétuité, de lui en livrer les châteaux et de lui faire prêter serment de fidélité par tous les châtelains ainsi que par tous les hommes au-dessus de quinze ans. Ils reconnaîtront le droit du prélat aux autres services féodaux : cour, ost, etc.

Si Arnalde, Ermessinde ou Arnaud refusent de remplir une seule de ces conditions, ils seront, par le fait même, déchus de tout droit sur les biens susdits ; dans cette éventualité, les châtelains devront remettre les forteresses des vallées en question aux mains de l'évêque et défendre l'église contre eux. De même, en l'absence des personnes précitées ou de leur lieutenant, les chevaliers des vallées de Caboet et de San Juan devront à l'église la remise des châteaux ainsi que le service d'ost.

Si Arnalde vient à mourir sans laisser d'enfant légitime de son mariage avec Arnaud ou si pareil malheur arrive à Ermessinde et à ses enfants, les fiefs de la maison de Caboet devront faire retour à l'évêque. Ermessinde ne pourra, du reste, se marier sans le consentement de celui-ci et l'obligation pour son futur époux de prêter à l'église les mêmes serments. Arnalde, enfin, sa fille et son mari auront à renoncer aux donations 1 faites à Arnaud de Caboet par Bernard Sanz

i. Cf. l'acte de 1159 publié dans la Bihl. de l'École des Chartes, I. XLVI, année 1885. Tirage à part, p. 10-13,

12i RELATIONS DES COMTES DE FOIX AVEC LA CATALOGNE

dans Bescheran, Archavel et la Seo ; et, pour réparer les dommages causés à l'église, Arnaud devra lui payer une somme de mille sous d'or.

Les parties acceptèrent, sous la foi du serment, les différents articles de cet arbitrage. Arnaud de Castelbon s'engagea ', de plus, par un acte spécial (même jour) à remplir toutes ses obligations féodales pour les domaines de la succession de Caboet et nommément à respecter les accords passés entre Arnaud de Caboet et l'église ainsi que la sentence rendue, à ce moment même, par R. de Urg et l'abbé de Saint-Martin. L'évêque, de son côté, lui concéda le fief des vallées de Caboet, de San Juan et d'Andorre, suivant la teneur de l'accord fait entre Arnaud de Perexens et le vicomte : « omnem honorera vallis de Caboed et vallis Sancti Johannis et vallis Andorre cum omnibus suis pertinentiis1 sicuti A. de Pereixen, Urçjellensis episcopus condatn, tibi dédit et eoncessit, salvo tamen jure Urgellensis ecclesie... »

L'on ne peut concevoir une reconnaissance plus nette de la suzeraineté de l'église sur l'héritage de la maison de Caboet. L'ambition d'Arnaud et ses empiétements audacieux n'avaient servi qu'à donner une portée plus significative à son humble soumission, à rendre un plus éclatant hommage au bon droit de l'église.

Une paix définitive n'était malheureusement pas possible entre la Mitre et son vassal indépendant. Au sortir, à peine, de cette période d'accalmie, Arnaud se livra, en effet, à de nouvelles intrigues contre l'église, de concert avec le comte de Foix. Raimond-Roger, paraît-il, n'avait pas tiré un profit durable de ses succès dans le pays d'Urgel. Des affaires pressantes l'avaient, sans doute, rappelé dans ses états. L'on sait,

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