REMARQUES
1. Notion d'évolution (p 9-. — Aujourd'hui enmre dans les difîérnntes sriences. la notion d'évoliiti"n es< si diversement comprise et définie qu'i' importe de préciser dès le début le sens général que nous donnerons ici à ce terme. J'entends par « évolution », au sens le p!us large du mot, les continuelles « modifications de la substance », en prenant pour base la notion fondamentale de substance telle que l'a posée Spinoza; dans cette notion la « force et la matière » (énergie et matière) — ou « l'esprit et la nature » (Dieu et le monde) sont indissolublement unis. L'histoire de l'évolution, au sens le plus large, est donc « l'histoire de la substance », ce qui implique que la « loi de substance » soit considérée comme universellement ralable. Par ell', la « loi de conservation de la matière » 'Lavoisier. 1789) Cf la « loi de co'iservation de l'énergie » (Robert Mayer, 1842) demeurent inséparables l'une de 1 autre, quelque dilTérence que r.^vèle la forme de modification du devenir. Cf le chapitre XII de mes Enigmes de C Univers (loi de substance).
3. Laplace et le Monisme (p. 11). — La presse orthodoxe s'est récemment efforcée de nier la célèbre « profession athéiste » du grand Laplace, qui n'est cependant que la conséquence loyale de son génial « système du monde » ; des publicist -s ont été jusqu'à p-élendre que ce philosophe moniste avait, à son lit de mort, fait une profession de foi catholique ; à l'appui de celte assertion, on invoque le :émoignage d'un prêtre ultramoi.taia, Il est inutile de discuter au sujet de l'amour
de la vérité qui anime de pareils fanatiques « serviteurs de de Dieu ». L' gl se tient les f^ux téuioignag-es de ce ^i^enre, pourvu qu'ils aient pour but « l honn -ur de Dieu » (c'»'st-à-dire son propre avantage), pour des œu res pies {pia frauf; ') Par contre, il est intéressant de rappeler ce que répondit, i' y a cent vinzt ans. un ministre des cultes prussien,- M de Zedlitz, au consistoire de Bresla i, qui lui représent^it que « le meilleur sujet était celui qui croyait le plus » ; Zedlitz écrivit : a Sa Majesté (Frédéric le Grand) n'est pas disposée à faire reposer la sûreté de l'EHat sur la bêtise des sujets ». Cf. l'excellente conférence du D^ J, Vnolà : Devoirs et fins de la vie humaine. (Collection Teubner, Leipzig, 12 fascicules, p. 6 ] A ce libéral Ch. de Zedlitz, qui cherchait à f ivoriser la liberté d-^" bi pensée dans l'enseignement des écoles prussiennes, s'oppose, comme un triste antipode, le ministre actuel des cultes Robert de Zedütz, qui en 1891, présenta, au Landt.ig prussien, la loi conservatrice et ultramontaine sur les « Ecoles populaires ». Cette loi, qui mérite d'être flétrie, tendait à soustraire les écoles populaires à la pédagogie scientifique, pour les livrer à la hiérarchie papiste ; elle souleva uro opposition si générale de l'opinion publique, qu'il fallut la i étirer. Cf. ma brochure sur Les vues philosophiques sous leur aspect le plus récent, (liv. II des Conférences populaires, p. 327).
3. Géologie moniste (p. 12). — Ch. de Hoff {à qui, comme à Wolffetà Lamarck, <m n'a rendu que tardivement justice!) avait, dès 1822. à Gotha, posé les bases de la géoloQ^ie naturelle, sur lesquelles ensuite, en 1830, Ch. Lyell fdifia ses principes de géologie. « Dans l'exposé de ses idées londamen- « taies nous trouvons cette conception élevée de l'unité, de la « constance de l'être et de l'action de la nature, de cette nature « qui, au cours d'espaces de temps incalculables, lentement et « constamment, crée selon des lois invariables, transformant « et développant sans cesse les choses présentes. » Cf. la Biographie scientifique du D' Otto Reich : Ch E. von Hoff , précurseur des géologues modernes^ Leipzig, 1905. En outre, Jean Walther, Introduction à la géologie, léna, 1893, Ir^ partie, p. 15.
4. Moïse ou Darwin (p. 13). — On trouve un excellent exposé populaire de cette importante alternative et, en particu-
lier, fl des dange s redoutables, créés par la scission entre les théories exposées dans les hautes et dans les basses classes d ^ l'école », — dans Ip troisième volume des Discours et Conférences d'Arnold Dodel , Ä travers In Vie et la Science, Siuttgart, 1896. Par opposition à celle critique moniste et rationnelle de la doctrine mosaïque de la création, on pourra lui comparer l'œuvre comique d-i défenseur anglais delà Bible, Samuel Kinns : Moïse et la géologie, ou Harmonie entre la Bible et la Science, Londres, 1822. Pareil en cela aux plus modernes jésuites, le pieux astronome de la Bible exécute les plus invraisemblables gambades en vue d'effectuer l'impossible réconciliation de la science de la nature avec la croyance biblique.
5. Géologie et enseignement scolaire (p. 13). — Les L^randes lacunes de l'enseignement scolaire en Allemagne sont particulièrement sensibles sous le rapport de la géologie et de la biologie, toutes deux fort négligées. Combien, cependant, la simple considération des phénomènes du développement de la terre, tels qu'ils sont accessibles à tous, est attrayante et instructive, c'est ce que pcmet de constater l'Introduction à la géologie, de J. Walther(l 905).