I. Un seul Dieu tu adoreras Et aimeras parfaitement
Je suis un être raisonnable ; il me faut chanter Dieu. Voilà mon métier et je le fais. Epicthtb.
Le respect et l'amour composent l'adoration. Victor Cocsrx.
La prière n'est pas seulement une ressource dans la souffrance : elle est un préservatif contre la faute.
JcLis Simon.
L'analyse de ce commandement nous amène à concevoir qu'il faut, avant tout, avoir la foi en l'existence du Dieu unique. Cette foi, d'ailleurs, peut être celle du charbonnier mais elle peut encore être celle du savant qui la raisonne et trouve qu'elle est la meilleure solution à donner aux énigmes de l'univers qu'Ernest Ilœckel, en un livre fameux, s'efforça de résoudre par la doctrine du « monisme du Cosmos ». Le procès entre le monisme matérialiste et le dualisme spiritualiste est ouvert depuis longtemps et,
qui sait... peut être-n'est-ce, au fond, qu'une guerre de mots ?
Celui qui a la foi est amène tout naturellement à la prière, acte d'espérance et d'amour pour la divinité. Celui qui a la foi n'est pas la victime du scepticisme envers le présent et l'avenir, générateur de désirs, de jouissances immédiates, de bien-être immédiat ; il ne l'est pas davantage du découragement et du désespoir, fils de l'ennui inexprimable engendré par la luxure et par la paresse. Par la prière il devient meilleur. (( Quand nous approchons de Dieu, parla prière, dit Pythagore.nous devenons meilleurs. » L'âme éprouve une paix profonde et, s'imprégnant pour ainsi dire de la substance de Dieu, elle arrive à confondre sa volonté avec la volonté divine, suprême harmonie de toutes choses. Elle est alors dans la béatitude, c'està-dire dans le bonheur absolu. Or, nous le savons, l'expérience le démontre, l'observation le prouve, la béatitude est un facteur de longévité, car elle assure l'harmonie du fonctionnement physiologique et tonifie l'organisme en dir"'auant ses pertes d'énergie et en favorisant la création de cette énergie.
La prière donne le calme moral, elle apaise, d'où un meilleur fonctionnement du psychisme, une énergie de pensée plus grande. Elle fait oublier la vanité et les convoitises, dédaigner les intrigues. Qu'importe à l'homme qui prie les haines à assouvir et les faveurs à postuler ?
RKLIGION ET MÉDECINE 23
Avec le poète (1) il est convaincu et il répète :
Prière I ô voix surnaturelle Qui nous précipite à genoux :
Instinct du ciel qui nous rappelle Que la patrie est loin de nous ?
Or, qui n'a remarqué que l'intrigant, et, plus simplement, riiomme dont l'âme est torturée par une idée mauvaise est usé et vieilli avant l'heure ? Son front se ride, sa peau devient jaune et rugueuse, son estomac ne digère plus, son cerveau est irrité. L'équilibre est rompu dans la distribution et la production de son énergie. Tout va de travers. Qui n'a remarqué qu'une émotion trouble profondément et peut amener des lésions organiques, la mort même ? Que cette émotion soit répétée souvent, qu'elle dure, son action sera plus lente, mais aussi certaine. L'organisme affaibli sera un terrain favorable à l'éclosion des maladies infectieuses. L'esprit troublé cherchera le calme et l'oubli de lui-même dans les excès divers. L'artériosclérose et l'alhérome en seront la conséquence et le cœur lui-même sera atteint. Avec la décrépitude du cœur viendra la menace de la mort subite, épée do Damoclès toujours suspendue sur la tète du malade. Ceci n'est pas une vue de l'esprit. 11 est d'observation courante que dans les milieux sociaux où les émotions sont nombreuses, où les pas-
(l LAUAnTi?i(!, Jocehjn.
sions sont déréglées, les maladies du système cardiovasculaire sont fréquentes, et, avec elles, leur cortège de conséquences dangereuses. Avec Huchard on peut, en effet, répéter : In corde spes, vis et vita.
Il est encore un fait que viennent corroborer de très nombreuses observations, c'est que l'homme qui n'a plus la foi subit l'emprise de toutes les superstitions. Quand le niveau de la foi baisse, à une époque, celui de la superstition monte et le nombre degens qui se livrent aux rêveries de l'occultisme et aux illusions souvent immorales de la magie augmente. La conséquence de l'étude de l'occultisme et de la magie, pour les personnes mal préparées par l'absence de culture intensive de l'esprit critique et scientifique, est douloureuse. Elles sombrent dans l'aliénation mentale. C'est d'observation clinique courante.
L'homme qui prie se libère des obsessions et l'obsession va parfois jusqu'à l'hypochondrie et au délire ; il devient gai, ce qui est un facteur de santé ; il peut même voir disparaître les maladies les plus tenaces. Mais, pour cela, il faut la prière ardente, faite avec le cœur, il faut la prière expression de la foi la plus profonde. Tout le monde connaît l'histoire de sainte Thérèse qui se guérit par la prière d'une paralysie vieille de trois ans et il n'est pas rare de rencontrer des malades guéris par l'Eucharistie, forme suprême de la prière, puisqu'il y a union consommée entre l'âme humaine et Dieu. Le D' Emile Laurent en rap-
porte un exemple frappant dans son IhTe sur La ynédeci7ie des àineSj concernant un de ses malades. A Lourdes, et dans tous les lieux de pèlerinage s'opèrent sous nos yeux, fréquemment, des guérisons nombreuses de maladies diverses parla seule vertu de la prière, acte de foi.
Comme conclusion à ce chapitre nous dirons avec Krafft Ebing(l) :
« En somme, on doit admettre que la vraie religion, l'éthique pure, en ennoblissant l'esprit humain, en rélevant vers l'idéal et en prodiguant des consolations aux moments de détresse, diminue les dangers et les menaces d'aliénation mentale » et, ajouterons-nous, d'un nombreux cortège d'affections organiques variées.
(1) Traité clinique de psychiatrie. Trad. française, p. 176.
ÏI. Dieu en vain tu ne jureras Ni autre chose pareillement.
Il ne faut mesler Dieu en nos actions qu'avecques révérence et attention pleine d'honneur et de respect ; cette voix est trop divine pour n'avoir aultre usage que d'exercer les poulraons et plaire à nos aureilles ; c'est de la conscience qu'elle doibt estre produicte, et non pas de la langue.
Montaigne.
Ce commandement nous invite clairement à ne jamais faire des promesses qu'on sait ne pas vouloir tenir, à ne jamais mentir après avoir levé la main devant un tribunal, à ne pas faire des vœux inconsidérés. Les vœux religieux ressortissent de toute évidence de ce commandement. Les parjures y manquent gravement.
On sait quel respect les anciens professaient pour les serments et l'histoire de la Rome antique est riche de traits d'admirables et héroïques sacrifices consentis pour satisfaire à une parole donnée. Ce-
pendant Ciccron émit une doctrine moins sévère sur le serment. Il dit quelque part : « Le serment tient à la conscience, et dès que vous n'avez pas juré selon votre conscience, ex animi sententia, il n'y a point parjure. »
Je ne ferai pas une étude plus étendue du serment mais, en passant, je me permets de citer le texte du serment qu'à Montpellier, les candidats au Doctorat en Médecine prêtent devant le buste d'Hippocrate et font en outre imprimera la fin de leur Thèse inaugurale. C'est le serment d'Hippocrate.