V. Hugo
Comme toute société bien organisée, l'Eglise s'est donnée un règlement intérieur, des statuts si j'ose ainsi parler, dans lesquels est minutieusement réglé tout ce qui intéresse la vie religieuse des fidèles.
En elle-même, cette vie religieuse possède une valeur propre vérifiée par les faits et récemment un auteur renommé, William James, a écrit un livre plein d'intérêt sur LExpè> ie?ice religieuse.
Or, il s'est rencontré qu'en voulant établir des loîs relatives à la pratique de la religion et à la discipline nécessaire ici comme en tout, l'Eglise a donné des règles qui, suivies rigoureusement, assurent non pas seulement la paix do l'esprit et cette joie sereine des
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âmes qui obéissent librement, qui croient, qui aiment et qui espèrent, mais encore la santé du corps.
Tantôt ces règles s'adressent au moral et par lui agissent sur le corps. Ce sont les P% IP, IIP et IV commandements.
Tantôt, tout en disciplinant le moral, comme toutes les règles, elles ont surtout en vue le corps Elles assurent ainsi la santé du corps et par répercussion la santé de l'âme. Elles s'accordent en cela avec les vieux préceptes mosaïques ; Moïse, en effet, avait porté son attention sur l'action du physique sur le moral. Elles s'accordent encore avec les remarques des philosophes. Pascal le disait : Il ne faut pas le méconnaître, nous sommes corps autant qu'esprit. Quant à la médecine, toujours elle a admis comme un dogme cet aphorisme : me7is sana in corpore sano. Ce sont les V° et VP commandements.
Enfin, dans les P', V° et VP commandements, l'Eglise met en jeu l'action réciproque et simultanée du moral sur le physique et du physique sur le moral.
Tout cela présente un certain intérêt au point de vue médical, intérêt de curiosité pour les esprits libérés des dogmes religieux, intérêt de satisfaction pour les autres qui ne seront pas fâchés sans doute de connaître la valeur médicale des commandements de l'EgUse.
L'anthropologiste lui-même trouvera son compte
UEUGION ET MEUECLNn
dans cette étude, quelque succincte et peu fouillée qu'elle soit, car en la lisant il pourra penser que les fondateurs et les organisateurs du culte et des rites de la religion ont bien compris les besoins de leur clientèle, s'il est vrai que la peur est à la base des religions comme elle est à la racine de beaucoup d'actions humaines. Nous vivons, en effet, dans un ensemble de forces inconnues. La vie, la mort, Tintelligence, les forces naturelles, que sont-elles ? Nous en sommes le jouet, ou presque, malgré les conquêtes immenses de la science. L'homme éprouve le besoin détre rassuré et d'être guidé. C'est là le rôle que s'assignèrent les religions, c'est là le rôle qu'a entendu remplir d'une façon complète l'Eglise. Elle l'a rempU et elle le remplit tous les jours dans la société pour laquelle elle est une nécessité. Cela est si vrai que ceux qui souvent, sans savoir pourquoi, secouent son joug, s'inféodent aux pratiques de l'occultisme ou aux prescriptions tatillonnes de la science qu'ils vénèrent comme une idole, sans la connaître d'ailleurs. S'ils la connaissaient bien, ils pourraient ne pas obéir aux règles de l'Eglise, mais ils se rendraient compte qu'il n'y a pas incompatibilité entre ses règles et les données scientifiques, que religion et science peuvent aller côte à cote, car elles ont le mémo but : Déchirer le voile do l'inconnaissable et assurer le bonheur humain.
L'homme est religieux, c'est une particularité de
sa nature et, selon qu'il est plus ou moins religieux, son organisme varie dans ses formes, dans son habitus extérieur. N'est-ce pas Gall qui a dit que les dévots les plus fervents sont presque toujours chauves et ont la tête très élevée vers le sommet?
Ne serait-ce pas une étude passionnante pour l'anthropologiste, que de rechercher les rapports existants entre le degré de religiosité et la constitution cellulaire ou la morphologie humaines ?
Ces rapports existent certainement, car les variations de la statique de l'âme amènent des variations de la statique du corps et par suite des variations de la formule chimique de l'organisme. C'est un fait d'expérience.
Mais la santé étant Téquilibre parfait de toutes nos fonctions tant psychiques que physiques, il est très important de conserver cet équilibre.
L'observation des commandements de l'Eghse le permet. C'est ce que la suite de cette étude s'efforcera de démontrer.