‹ Religion et médecineChapitre 27 sur 55 · V. Quatre-Temps, Vigile jeûneras, Et le Carême entièrement · texte numérisé non relu

V. Quatre-Temps, Vigile jeûneras, Et le Carême entièrement

« Les jeûnes. . seront changés... en des jours de joie et d'allégresse. »

ZAcaARiE, vin, 19.

« Cette sorte de démon ne peut être chassée par aucun autre moyen que par la prière et par le jeûne. »

Marc, chap. ix, verset 28. Trad. de Sacy.

En établissant le jeûne l'Eglise n'avait peut-être pas une idée médicale. Elle ne songeait probablement qu'à suivre les prescriptions et les traditions de l'ancien Testament et des Evangiles, prescriptions ayant pour but de préparer l'âme aux fêtes et à la prière.

Je publiai un jeûne d'humiliation (Esdr. 8. 21). David pria Dieu pour l'enfant et jeûna [2. Les Rois (ou Samuel), xii, 16j.

Jésus, conformément aux traditions, jeûna pour s'humilier. Après avoir jeûné 40 jours... (Mat. 4. 2).

L'idée de s'humilier avant la prière dénote une acuité profonde d'observation psychologique, car ce-

lui qui demande, qui implore, qui remercie est certain d'ôtro mieux écouté s'il s'humilie, s'il s'abaisse, s'il abdique quelque chose de lui-même en faveur de celui auquel il s'adresse.

Le jeûue atteint bien ce but puisqu'il affaiblit et diminue les passions et que pour prier il vaut mieux abdiquer les passions et les désirs charnels. « L'affaiblissement des penchants et des passions par les macérations, les jeûnes, le régime végétal, l'usage de l'eau seule pour boisson, diminuent et finissent par faire oublier les désirs charnels, surtout chez les personnes qui n'eu sont pas naturellement très tourmentées (1). »

L'Eglise donne du jeûne la définition suivante : Jeûner, c'est ne faire par jour qu'un seul repas, auquel il est cependant permis d'ajouter un légère collation.

Les jeûnes d'obligation sont distribués, soit au moment des quatre saisons de l'année (Quatre-Temps), soit à la veille de certaines fêtes (Vigiles), soit pendant les 40 jours qui précèdent la fête de Pâques (Carême).

(1) Gau, Influence du cerveau sur la forme du crâne, t. III, p. 234.

L'Eglise n'a eu en vue que de faire naître dans le cœur des lidèles des idées d'humilité et de favoriser la genèse de ce calme si nécessaire pour élever l'âme dans les régions sereines de l'absolu.

Or, il s'est rencontré qu'elle a fait d'une pierre deux coups. Qu'on me pardonne cette expression peut-être un peu triviale en un pareil sujet, mais elle exprime bien ma pensée.

Le jeûne, à dates fixes, permet à l'organisme de se débarrasser des déchets divers provenant d'un régime trop succulent ou d'une alimentation supérieure aux besoin réels du corps. Il fait reposer les viscères qui concourent à la nutrition, aux sécrétions et aux excrétions. 11 permet encore à l'organisme de se débarrasser du poids mort des graisses qui l'encombrent.

Par le jeûne on évite la plupart des maladies si nombreuses qui se développent sur le tronc de l'arthritisme, on prévient même l'arthritisme. Aussi, en ces derniers temps, des médecins ont proposé un jour déjeune complet par semaine.

Le jeûne est une nécessité pour les travailleurs de l'intelligence qui ne mèneront à bien l'œuvre de leur vie que s'ils sont d'une sobriété exemplaire.

RELir.ION ET MÉDECINE 99

(( Mieux vaut une diète rigoureuse, qu'un repas trop copieux », est un aphorisme d'hygiène connu depuis très longtemps et, dit Stahl : La pléthore est une racine qui nourrit presque toutes les branches de la pathologie.

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