LES COMMANDEMENTS DE DIEU
Quand la manière de vivre et de penser n'est pas conforme à la règle, l'organisme se transforme progressivement de telle sorte qu'il devient un terrain favorable à réclusion do toutes les maladies.
LES COMMA>:DEMEiNTS DE DIEU
PROLÉGOMÈNES
La science ne connaît ni penchants ni aversions : son seul but est la vérité.
Gbove.
Depuis les travaux de Fritsch et de Hitzig, en 1870, qui découvrirent les localisations cérébrales chez les animaux, de Broca, de Ferrier, et de Gharcot qui démontra, plus tard, que le cerveau humain présente des localisations, les psychologues ont voulu eux aussi mettre un peu d'ordre dans le chaos de leurs connaissances. Us étudièrent alors, tout comme les médecins, l'anatomie et la physiologie du système nerveux. Ils ne craignirent même pas de faire appel à l'aide de l'anatomie comparée, et ce que nous appelons la méthode anatomoclinique n'a plus do secrets pour eux. La théorie du neurone, les connexions des neurones entre eux et leur groupement on systèmes, les localisations de la motilité
et de ] a sensibilité générale, de la vision, de l'ouïe, du goût, de l'odorat, du langage et des diverses fonctions de la vie végétative leur sont aussi connues qu'aux médecins eux-mêmes. Gomme eux, ils savent que la plupart de nos fonctions soit dans l'ordre de la vie végétative ou dans celle de relation, soit dans l'ordre psychique, sont des réflexes.
Avec eux ils admettent qu'il y a dans notre vieintellectiielle et morale une grande part d'automatisme et de subconscience, que l'acte volontaire, conscient et libre, se produit rarement et que lorsqu'il se produit c'est avec une dépense énorme d'énergie.
Il y a donc aujourd'hui, de nouveau, union intime entre la pensée médicale et la psychologie, entre le médecin et le philosophe. Cette union est plus intime même que ne pourrait le faire admettre la seule étude commune du système nerveux.
Une nouvelle Ecole d'historiens nous dévoile les raisons cachées d'agir des hommes après les avoir recherchées à la lumière de la clinique. De plus en plus devient profonde la conviction scientifique et raisonnée qu'il y a union intime entre le physique et le moral. De nouveau la vieille maxime : meiis sana.. . , est d'actualité. Il est donc de la plus haute importance de conserver la santé du corps pour posséder normale celle de l'ame.
Toutes les religions l'ont compris, car toutes nous présentent des règles d'obligation stricte, ayant une
RELIGIO?( F.T MEDFXI.NE O
fin hygiénique et médicale. A cela rien d'étonnant, car au temps de la fondation des religions le même homme exerçait à la fois le sacerdoce du prêtre et celui du médecin. Le judaïsme et puis ensuite le christianisme ne firent pas exception à la règle. L'ancien et le nouveau Testament s'occupent deq ^estions médicales, et. la règle divine de l'un et de l'autre, le décalogue du premier, la loi d'amour du second, bien compris et strictement observés non seulement à la lettre, mais encore dans leur esprit, constituent la plus grande sauvegarde qu'il soit possible d'imaginer au point de vue de la santé humaine.
Des considérations qui précèdent découle ceci que le médecin est tout indiqué pour rechercher les conséquences médicales des règles bibliques et évangéliques et les raisons médicales de les observer. Ces règles, l'Eglise les a résumées dans ce qu'on a coutume de nommer les dix commandements de Dieu.
C'est là une question d'actualité très vivante car, malgré les apparences, nous sommes à une époque de foi intense. Notre siècle est une édition nouvelle du xvi^ siècle. Comme alors, il y a aujourd'hui une ruée vers la connaissance de toutes choses, une soif ardente de savoir. Le monde est devenu une immense Sorbonne où l'on agite toutes les questions de la théologie et de la métaphysique. Les gouvernements basent leur politique sur la question religieuse. Les foules se précipitent en masses com-
b RELIGION ET MEDECINE
pactes vers les sanctuaires célèbres. En Angleterre, en Belgique, en Allemagne, aux Etats-Unis, le catholicisme marche en avant sans relâche. Dernièrement, le congrès eucharistique de Londres fixa les yeux de l'Angleterre et du monde.
Cependant quelques esprits chagrins penseront qu'il faut être un « ignare » pour s'occuper des relations, hypothétiques à leur sens, qui peuvent exister entre une question d'ordre religieux et la médecine, la science matérialiste par excellence, semble-t-il.
La médecine s'appuie sur l'observation contrôlée par l'expérimentation "et ne s'attache guère qu'aux résultats obtenus. Elle est imbue de pragmatisme. Or, dit M. Gustave Lebon, « pour un pragmatique, il n'y a ni vérité^, ni erreur, mais seulement des résultats. Utilité et vérité sont synonymes ». Depuis quelque temps la médecine s'est aperçue de la part immense occupée par l'âme dans l'être humain, résultante de l'union intime d'une âme et d'un corps et il y a déjà quelques jours que la science est revenue au spiritualisme.
Enfin, on peut fort bien s'occuper à la fois de science et de rehgion sans mériter les foudres des esprits libres, car les deux peuvent et doivent aller de pair.
Ecoutez ce qu'en dit M. Paul Painlevé, professeur à la Faculté des Sciences de Paris (1) :
(1) P. Pairleyk, « L'esprit scientifique et l'esprit religieux » {La Revue du mois, 15 décembre 1907).
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« L'idée que je voudrais développer ici, c'est qu'au contraire il n'y a eu aucune antinomie, mais une parenté profonde, entre le véritable esprit scientifique et le véritable esprit religieux.
a Qu'est-ce en effet que l'esprit scientifique 1 C'est essentiellement le besoin de connaître la vérité sur l'Univers, quelle qu'elle soit, souriante ou terrible. Qu'est-ce que l'esprit religieux ? C'est le besoin de connaître la vérité sur notre destinée, sur nos origines, sur notre place dans la Nature.
« Ce ne sont point là des sentiments contradictoires ; ils ont la même origine, le frisson d'effroi et de mystère qui saisit l'homme devant le double infini du temps et de l'espace, devant le vaste monde où il se sent immergé. L'esprit scientifique et l'esprit religieux ne sont que les deux faces de l'anxieuse curiosité humaine, l'une fixement tournée vers les régions de l'inconnu qu'éclairent déjà les lueurs de notre intelligence et de notre raison ; l'autre orientée vers les ténèbres de l'inconnaissable, de ce qui pour nous est aujourd'hui l'inconnaissable, et s'efforcant par le rêve et l'intuition d'en percer l'épaisse nuit. »
Nous voilà» peut-être, en dehors de notre sujet. On pourrait être tenté de le croire. Mais, toutefois, ce préambule n'e^t probablement pas tout à fait inutile pour la justification de ce travail.
Le but réel de la vie est incompréhensible pour l'homme et le pessimisme le plus profond s'emparerait de lui s'il n'était soutenu dans son voyage terrestre par un espoir.
Toutefois, les hommes de pensée ont essayé d'en percer l'opacité ténébreuse. Ils ont échafaudé de brillants systèmes, ils nous ont présenté logiquement alignés et déduits des phantasmes étincelants de clarté. Malheureusement, ce ne sont que des phantasmes ! L'analyse rigoureuse des phénomènes qui tombent sous nos yeux et leur synthèse n'arrivent pas à satisfaire notre besoin de connaître la vérité, de savoir le pourquoi. Nous sommes, hélas I obligés de nous en tenir au comment.
Toute notre science s'arrête devant ce fait : nous naissons, nous nous développons et fixons les caractères ataviques de notre race, nous nous reproduisons et puis nous disparaissons de la scène du monde. Nous sommes une unité dans l'espèce, nous en sommes les esclaves. Elle seule vit toujours et pourquoi ? pour quelle fin ? Mystère. La gloire, l'ambition, la fortune, la science sont les buts secondaires de notre vie. La persistance de l'espèce en est le seul vrai but.
C'est là un fait d'observation. Notre devoir natu-
rel est donc de nous prêter à l'exécution de cette loi. Pour cela nous devons conserver Tintégrité de nos forces, de notre énergie morale et pliysique afin de conserver intact et même d'accroître le capital de l'espèce.
D'autre part, il est un autre fait d'observation, c'est que riioinme cherche sans cesse le bonheur.
Ce bonheur, il tâche de le trouver dans la poursuite incessante de la vérité, dans la satisfaction de ses facultés sensitives, et aussi, faut-il le dire, dans la satisfaction des inchnations sensorielles.
La philosophie spiritualiste et les religions le poussent à satisfaire son besoin de bonheur par la poursuite continuelle de la vérité et par l'amélioration progressive du moi moral. Elles établissent une disciphne, ce qui, au point de vue pratique, donne le meilleur résultat.
La philosophie matériaUste n'atteint pas au môme but, car elle répond moins bien que la spiritualiste et les religions aux aspirations de l'intelligence et du cœur.
En ce moment la vogue est au nielzschéisme, c'est-à-dire à cette doctrine qui, dans ses conséquences, détruit toute idée de contrainte afin do donner à la personne humaine une liberté absolue. Au point de vue abstrait c'est là une doctrine séduisante : Liberté morale absolue ; développement illimité de toutes les facultés humaines tant intellec-
tuelles qu'affectives et sensorielles. En pratique, cela libère tous les égoïsmes dont les conflits sont si douloureux au point de vue social et si dangereux au point de vue individuel. La satisfaction des égoïsmes amène aux passions dont rien ne vient inhiber la fureur et la conséquence fatale en est la maladie avec son cortège de déchéances, de misères et de souffrances. On croyait atteindre le bonheur et l'on s'aperçoit qu'on courait seulement à la poursuite d'un mirage décevant, à travers le désert.
La tendance de notre époque est surtout utilitaire. L'individu ramène tout à l'utilité personnelle et quelquefois familiale, l'Etal et les législateurs ne veulent voir que l'utilité sociale, ce qui est peut-être insuffisant. 11 peut sembler plus exact, paraît-il, de concilier l'utilité individuelle et l'utilité sociale sans que l'une puisse déborder sur l'autre.
La première de ces utilités tant individuelle que sociale est, sans doute, celle qui conserve les énergies et en augmente la somme.
Le monde est un ensemble de forces diverses harmonieusement réglées. L'homme leur est soumis et réagit sur elles, car il est lui-même un foyer d'énergie.
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L'énergie liuiiiaiQe est d'origine interne (chimisme interne) et d'origine externe (chaleur, lumière, électricité, humidité, sécheresse...) Le chimisme interne est assuré et assure l'intégrité du fonctionnement cellulaire qui se traduit par le métaholisme de l'assimilation et de la désassimilation. Dans cet acte en deux parties il y a une dépense et une reconstitution de l'énergie cellulaire. A son exécution concourent les organes qui utilisent les agents extérieurs.
Pour que l'homme puisse posséder l'énergie nécessaire aux diverses modalités de sa vie il est indispensable qu'il jouisse de l'intégrité et de l'harmonie des fonctions organiques. Mais il y a ici un cercle dont on ne peut sortir. Les organes produisent l'énergie et ils ont besoin d'énergie pour en produire. Ils la reçoivent du cerveau qui donne le branle à tout le mécanisme en lui envoyant, par l'intermédiaire de la moelle épinière, l'énergie accumulée dans le bulbe et le cervelet.
De nombreuses causes peuvent diminuer la quantité d'énergie, en empêcher la création, en entraver la libération. Le surmenage moral, moteur et sensitif l'épuisent ; l'hérédité qui transforme et vicie la vie intracellulaire, les intoxications et les maladies infectieuses, enlèvent à l'organisme le pouvoir d'en créer en quantité suffisante.
L'hygiène, en conservant aux organes leur fonctionnement harmonieux, prévient tous les troubles de
l'énergie et la médecine, lorsqu'ils ont éclaté, met tout en œuvre pour les faire disparaître.
La grande affaire est donc de conserver intacte notre puissance de production d'énergie. Pour cela il faut éviter le surmenage qui la fait perdre, neutraliser ou prévenir l'hérédité morbide, les intoxications et les maladies infectieuses qui la frappent d'insuffisance.
On y arrive en suivant les prescriptions de la médecine ainsi que les règles de l'hygiène et, chose digne de remarque, en obéissant à la lettre et à l'esprit aux obligations diverses contenues dans les commandements de Dieu.
On vit ainsi sa vie en conservant jusqu'au dernier jour les attributs de la jeunesse.