I.e en/holicisme a cu des apôtres et des martyrs, une
milice réglée, un clergé puissant encore parmi nous.—
clergé , milice indisciplinée <. le journalisme ». Les prêtres du libéralisme , comme d'autres, vivent de l'autel ; comme d’autres, ils ne peuvent quelquefois se rencontrer sans rire, et très-souvent ils ne croient ni ne pratiquait ce qu ils ensaaucnt.
Messieurs, vous avez maintenant sous les yeux les deux systèmes qui sont i’expression vivante de l’époque actuelle. Aucun de ces deux systèmes ne possède les germes de l’institution sociale de l’avenir. C’cslun fait suffisamment et abondamment prouvé.
11 a etc donné au génie de SAUNT-SlMOjN de concevoir le plan de l’édifice nouveau,'et Saint-Simon a été l'homme du progrès, Y homme divin , le révélateur !
La Révolution française et scs divers partis.
Napoléon. — SAINT-SIMON.
A chaque transformation sociale le révélateur apparaît entouré de circonstances miraculeuses, qui toujours ont revêtu des caractères spéciaux, analogues au temps cl aux moeurs des nations ; mais s’il est vrai que le miracle a
I nu jours clé pour l’hoimnc ce qui excède scs désirs, sa prévision , au milieu des évéucmcns qui se succèdent depuis quarante ans, nous pouvons dire , comme Joad :
y oyez venir celui qui porte eu son sein les destinées nouvelles de l’iiumanilé.
DIEU apparut à MOÏSE sur le muni Sindi , au milieu du buisson ardent, suivant la fable antique, qui est une profonde vérité.
DIEU apparut à JESUS nu jardin des Olives, dans un jour serein et sous un ciel pacifique.
DIEU s’est manifesté à SAINT-SIMON au milieu des éclairs et des tonnerres àela révolu lion française , et il l’a inspire au milieu des paisibles travaux de la science et de Yindustrie.
Saint-Simon arrive au monde ; la lutte entre les deux principes était engagée dans toute sa force.
La France était le théâtre de ce drame sanglant.
Le premier mot de Saint-Simon , au milieu du désordre, fut que la lullene se terminerait que parla révélation d’un nouveau principe social, jusque-là non manifeste.
Kl alois K nuuu.AMivnoN de la société européenne, la KLi.t < i [ on de tous les humilies divisés cl ennemis, devint
Kt sa vu:, toujours dirigée vers le meme, but, mais cherchant le moyen à travers de saints désordres, conditions nécessaires de l'ordre nouveau , et par de sublimes aberrations qui étalent toutes de fécondes indications d’avenir; sa vie fut, comme la vie iie l'humanité , partagée en deux momens alternatifs :
L’époque critique pendant laquelle il a cherché;
L époque organu/uc , qui commence à l’instant où il a trouvé , et qui commence pour ne plus finir ;
Car Saint-Simon a trouvé ce qui , pour l’homme, ne finit jamais : le progrès !
11 vit mourir sur le meme échafaud les prêtres catlwliijues et le roi féodal; et il s’écria avec douleur : « Ils meurent « victimes et non martyrs ; leur règne est fini. ..
11 vit mourir Condorcet et la Gironde , Robespierre et la Montagne ; et il s’écria avec douleur : « Ils meurent » sur les ruines qu’ils ont faites eux-mêmes; ils ne sont « ni victimes ni martyrs; ils sont révolutionnaires;
« ils ne régneront jamais. »
Puis, jetant un regard de commisération sur l’autel
brise de la Ucessc-liumai, c Isur le nouvel Kvangile Mcrélr cl jj oi,: jiar la Cosvenitun . il dit : L'humanité , lieu— j> rcusemcnl , est inconséquente el infidèle ans: mauvais >. principes. >. lût il 11e désespéra pas du salut de l'huma-
Alors vivaient des hommes qui, l’alignés du désordre social, s'étaient fait avec les maximes de Conlucius , de Zoroastre, de Socrate, de Jésus surtout, mie religion toute domestique qu'ils croyaient nouvelle . et qui 11’était encore qu’une secte chrétienne, entacher, de paganisme.— C’étaient les théim’iiiiantiiroi’ks. — Saint-Simon passa outre, disant que les hommes ne voudraient jamais d’un Dieu (ait par compilation ; mais il aperçut dans l’union de l’amour de Dieu cl de l’it umanité précitée par les Tlieo- /:hiltmlhro[)Cs l’aurore du jour où le Dieu vivant serait adoré et connu dans toutes ses manifestations, et ne serait plus séparé du monde.
INai’Oi.éon parut, et deux grands génies se trouvèrent eu présence. accomplissant chacun une mission providentielle différente.
L’un TRAVAILLANT pour le présent; l’autre pour
Celui qui au dehors propageait, par la ttUEltHE, le pria- : ipe libéral, et qui au dedans voulait rétablir le principe
nnallre ce-
cuthoùipie cl h féodalité, dut ignorer cl lui qui cherchait, dan» t.A paix-, lu principe nouveau.
Lieu cltoisil ces deux hommes pour êlre P antithèse destinée à manifcsler son unique volonté.
l'Angleterre l’alliance de tous les peuples et le système continental;
L’homme del’AVENtn demandait l’alliance avec l’Angleterre et la liberté du commerce.
Tandis que l’homme du présent instituait une aristoc ralie sucmcre, et replâtrait l’institution de Charlemagne;
L’homme de P avenir voulut fonder l’aristocratie pacifique de la capacité , le règne des arts, de la science et de l’industrie.
Tandis que l'homme du présent traînait à Paris le Pape catholique, que Charlemagne, il y a dix siècles, avait été chercher à Rome ;
L’hoimnc de Pavenir disait ; « Le pape n’est plus à « Rome , cl celui qui doit venir à Paris, la capitale du « monde , n’a pas besoin qu’on aille le chercher. — 11 se « posera lui-même; et Dieu lui donnera Ponction de sa .. GRACE, qui est LA VOIX DU PEUPLE. «
A chaque bataille du conquérant, une nouvelle parole du prophète.
A chaque victoire de Napoléon , une chute de Saint- Simon.
Mais le imijucranl ne triomphait que pour disparaître; et kprophete tombait pour se relever toujours, plus grand et plus glorieux!
Et aujourd’hui que l'homme du présent est mort, sa dynastie d’un jour s’est perdue , et sa postérité s’est ensevelie à la cour d’un roi catholique !
Et aujourd’hui que l'homme de I’a venir est mort, son apothéose commence, et la dynastie de la CAPACITÉ remplace la dynastie de la force et de la naissance!
Arriva la famille exilée ; et l’homme de I’a VENIR , s’adressant aux hommes du passé , leur dit : « L’humanité qui » toujours avance ne connaît pas de retour, lîourbons, „ souvenez-vous de rG88 ! » et il leur jeta quelques feuillets où l’on voyait ces mots : Ciiaki.es ï bi , — Cromwell, — Charles II, — Jacques IL
Et cependant ! il y a cucore des hommes indélatigahles qui
voient toujours I twrnir dans le fiasse, qui prennent leurs vuivriiirs pour des espérances, et qui veulent la liberté pai le catholicisme, et la paix par le triomphe de l 'esprit sur la malien.
El au-dessous d'eux se trouvent d’autres hommes dont la fui est l' entêtement, et qui ont la rage de la inoilcratiun. Et ceux-là, impuissans à édifier, ne veulenlque restaurer; ils ehoisissent partout où il y a quelque chose à prendre , nommant leur faiblesse « une large impartialité » , et leur inconséi/ncnce « une doctrine! »
Devanlles premiers, SAINT-SIMONapassé, disant: « Gloire à la fidélité que rien n’ébranle! respect à la fui qui ose tout dans les momens extrêmes , et veut s’ensevelir sous les ruines de l’édifice qui servit à abriter sa jeu-
Dcvanl les autres, SAINT-SIMON passe outre , disant': « Paix et repos à ces honnêtes gens, dont la modération a causé tant de troubles : ils ne savent cl qu’n ,s
Cu promesse îi’noenir.
Et maintenant , Français de t83o, c'est à vous que
SAINT-SIMON parle, parce que vous clos les représentons île 1 humanité.
hantiez donc ! la parole du prophète est brève et féconde :
« Humanité! Ion tu.MR est la pai. i.; mais lu lie pouvais arriver h la pal. i; qu’après la guerre, et Ion histoire est la Utile de deux principes.
» Humanité, lune connais pas encore la RELIGION, ta LOI, ta AIE! car la RELIGION c'est l’AÀIOUR ; la i,oi c’est Passouiation ; la vie c’est le bonheur.
» Tu ne connais encore que les douleurs de Penfance et les orages de la puberté; el maintenant tu deviens homme; et lu vas sentir Pa.uouh calme el puissant île PAGE YUUL, et lu trouveras Pérouse digne de la nuueclle allumée; car la femme va SORTIR d’esclavaue.
« Humanité, tu es indéfiniment perfectible!
Il HUMANITÉ KOÜVELLE , COUPLE SAINT , TYPE GENE¬ RATEUR de P ASSOCIATION, voici la RELIGION :
1. Il Tu AIMERAS DIEU, et lu AIMERAS L’HUMANITÉ el le mo.mik; car P humanité cl le momie soûl en DlEU;
» Et alors lu.auras la Religion, cl tu sentiras ta présence réelle Je DIEU !
k Et alors I’iiu.mantté ne formera plus qu’une famille aux innombrables milans. Toutes les races, tous les peuples, tous les hommes seront liés et associés;
» Et alors la vie du monde , harmonisée avec TA vie ; servira à la développer et à l 'embellir.
II. » Tu aimeras à sentir et à exprimer la vie de l ’humanité et du monde ;
>i Et alors tu seras I’artlste.
.1 Tu aimeras à connaître et à expliquer la loi de Vhumanité et du monde ;
» Et alors tu seras le savant.
» Tu aimeras à agir, et à modifier la forme de l’ humanité et du monde ;
>, Et alors tu seras I’industriel.
III. » Tu aimeras à GOUVERNER, à diriger Sa VIE de Vhumanité vers son but; et lu seras le PON¬ TIFE-ROI , le couple générateur de la FAMILLE HUMAINE , Inspiration’ d'amour et de paix.
a El alors chaque pas accompli sous l’empire de ion
, (il) j
A.iKiur, sera un progrès de l'humanité dans I’a.mour do. Dieu, e’csl-à-dire dans la RELIGION.
i. Tu aimeras à diriger les savass , el lu seras le prêtre, le père de la science.
.. El alors chaque pas accompli sous l’empire de la science sera un progrès de l'humanité dans la connaissance de Dieu , c’cst-à-dire dans le dogme.
» Tu AIMERAS 11 DIRIGER les INDUSTRIELS, Cl lu Seras le l'IIÊTRE, le PÈRE de l'iNDUSTRIE.
h El alors chaque pas accompli sous l’empire de la force sera un progrès de riiumauilé dans la pratique de Dieu, c’csl-à-dirc dans le Culte.
teur de l'association , voici la Loi :
>. I. Tu armeras les supérieurs , parce qu’ils seront les pères; lu aimeras les inferieurs , parce qu’ils seront les ri ls ; lu aimeras tes égaux , parce qu’ils seront les frères.
» Et alors sera instituée la famille humaine, l’nssociulion universelle el thfinilive.de tous les hommes pour l’amélioralion morale , intellectuelle el physique de la classe la plus nombreuse el la plus pauvre ;
» El alors il n’y aura plus des mecs privilégiées et des ru-
( Ci )
c.psproscrites, des amis eldes ennemis, des etrangers et des compatriotes, mais il y aura des parens, à divers degré, dans la famille humaine;
» Et alors il n’y aura plus des mailrcs cl des esclaves, des seigneurs et Ans serfs, des nobles et des vilains, des bourgeois et des prolétaires; mais il y aura des associés ; c’est-à-dire des supérieurs et des inférieurs , travaillait ensemble et en ordre.
» II. Tu AIMERAS à travailler pour tes parens de ta famille humaine; et tes parens de la famille humaine travailleront pour toi.
■'El alors il sera donné à tous, sans exception, P.ÉDU- C ATI ON, la FONCTION, le REPOS.
’> Et alors il n’y aura plus devoir sans droit, et droit sans devoir; il n’y aura plus exploitation, force, privilèges de naissance , mais il y aura le CLASSEMENT SELON LA CAPACITÉ.
» El alors il n’y aura plus ni oisifs , ni mendions, ni charité, ni misère, mais LA RÉTRIBUTION SELON LES OEUVRES.
» III. Tu aimeras, Aaas ^ordination du travail social,
1’autorité aussi bien que la lireiité , parce que celui
nhrissanee minutaire à >;s < aponie puissante ;
» Kt alm-s sera iiisliluée la hiérarchie selon Eurovit , c’est-à-dire selon IJii ; et le pouvoir sera infaillible e.l le peuple tout entier sera représenté en sa personne, et le peuple, tout entier donnera l’ACCLAMATION aux OliDRES du ni;UE, qui lui commandera le progrès.
» Kl alors il n’y aura plus ni l’ ambition, ni Y envie; ni la haine, ni la flatterie; mais la SAINTE ÉMULATION dans la carrière progressive, où tous sont à la fois électeurs et élus.
i. là! alors il n’y aura plus, ni Y orgueil, ni l 'humilité, ni Yégoïsme, ni \'abnégation, mais la SAINTE PERSONNA¬ LITÉ de riiomme AIMANT, intelligent a fort.
.. Humanité nouvelle, couple saint, type générateur de l’association, voici la VIE:
» i. Tu aimeras de l 'amour de prédilection le père et la mire, le fils et la fille, h frère et la sœur, qui travaillertml avec loi dans la même sphère sociale, cl qui auront : Ci u de DIEU la même vocation;
.. El alors sera instituée , en DIEU, la famille selon la fonction et selon le choix, vivant de sa vie propre au milieu de la umille universelle; et il y aura la paternité sociale, la filiation sociale, la fraternité sociale;
» El alors il n’y aura plus des époux despotes cl des femmes en puissance de mari, des maîtres et des apprentis, des chefs el des subalternes , mais il y aura la coopération hiérarchique dans les travaux de tous les ordres Cl la PARENTÉ TIE FONCTION ;
■i Et alors il n’y aura plus ni la jalousie , ni i 'indifférence, ni l’amour exclusif d’un seul, ni l’amour égal de tous, mais il y aura la sainte préférence , au milieu de I’a-
MOUIt ÜN1VERSE1..
1. 11. Tu AIMERAS de l’AJIOUR INDIVIDUEL, le père et la mère, le fis et la fille, le frère cl la sœur, dont la vie sera liée h ta vie , dans Fordre des générations ;
» Et alors sera instituée, en DIEU, la famii.ie selon la NAISSANCE , noyau primitif de h famille sociale; et il y aura la paternité, la filiation, h fraternité de la vie INDI¬ VIDUELLE;
» Et alors il n’y aura plus ni caste, ni communauté, ni la famille isolée de Vêlai , ni Vêlai isolé de la famille, mais il y aura la PARENTÉ de NAISSANCE ;
» Et alors il n’y aura plus ni Végdisme jaloux de la famille israélite ; ni, comme chez les chrétiens, fa renonciation h la famille du monde pour la famille spirituelle; mais il y aura la piété de la famille individuelle, vivifiée de I’amoiir social.
„ JJI. Tu aimeras à VIVRE dans ie présent en développant tou corps aussi Rien que tou esprit, cl lu aime- IIAS à le ressouvenir de la vie passée cl à préparer la vie à
„ El alors, tltms les diverses générations de ia doublefamille, lu CROITRAS éternellement en AMOUR, en sagesse el en beauté; el la vie, inujours nouvelle, à chacune de ses phases, voyage d'initiation, à travers les .sverfa clan milieu des mondes; la vie, à la lois individuelle et rol/eetive, n’aura de limite que l’ immensité, n’aura de fin que IV-
« El alors il n’y aura plus ni Vesprit mortifié parla ehair; ni la chair mortifiée par l'esprit, ni le royaume de la terre séparé du royaume du rie/, ni la douleur dans le temps pour la joie dans l'éternité; mais il y aura la SAINTE HARMONIE de TOUS les DÉSIRS HUMAINS;
.1 El alors il n’y aura plus ni l’enfer, ni le paradis, ni le repos éternel et la damnation éternelle du christianisme, ni la mort absolue du matérialisme; mais il y aura l’EVO¬ LUTION PROGRESSIVE de l’homme dans l'humanité, et de l’humanité en DIEU.
» Humanité! voici la religion , voici la 1.01,
jici ta