‹ Religion saint-simonienne: Politique européenneChapitre 12 sur 27 · LA BELGIQUE ET LA POLOGNE · texte numérisé non relu

LA BELGIQUE ET LA POLOGNE

( EXTRAIT DU GLOBE DU l4 JUIN l83l.)

Il est aujolird'hui deux peuples tous deux ayant devant eux un abîme de maux : ce sont les Polonais et les Belges.

Ces deux peuples avaient été l'un et TauCt^e accolés à une autre nation dont le gouvernement les exploitait; ils ont l'un et Tautre brisé, au moins momentanément , un joug qui leur pesait; ils ont l'un et l'autre acheté leur délivrance par des efforts inouïs ; et l'un et l'autre se trouvent cependant n'avoir fait que soulever au-dessus de leur tête un rocher toujours prêt à les écraser. L'un et l'autre restent au milieu de l'Europe comme cause permanente d'une conflagration générale; l'un et l'autre trouvent des hommes qui, justement effrayés à l'idée d'un incendie européen, lequel embraserait tout l'espace de Lisbonne à Wilna, de Ghristinia à Tarente, et ne sachant comment le conjurer

s'il venait h. éclater , les accusent des embarras que leur suscite leur propre inoipuissance, les insultent ouvertement ou les maudissent en secret; ou, les vouant à la mort , les traitent publiquement de brouillons ou de malheureux destinés à périr,

La conduite de ces deux peuples est digne d'admiration. L'un et l'autre ont déployé une constance héroïque; telle est leur foi dans la cause de l'émancipation, qu'environnés de périls, l'un délaissé de tous, assailli parle vainqueur des Balkans et par son armée innombrable, menacé de tout le courroux de Nicolas; l'autre, tiraillé , ballotté , joué par la diplomatie , foudroyé des a na thèmes des grandes puissances, poursuivi par leurs houi;as; aucun d'eux n'a jamais douté de la bonté de sa cause , tous deux se sont montrés prêts à en être les martyrs.

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