TRAVAUX PUBLICS
Nous devions d^abord parler de Paris , car Paris est le principal foyei^ de la France et de FEurope ; de Paris doit
évidemment partir rimpulsion qui se fera sentir, comme le sang qui jaillit du cœur, dans tous les membres du royaume. La Flandre et la Normandie , TAlsace , la Provence, le Languedoc et la Guyenne , la Vendée , la Bretagne et la Normandie , et toutes lesi provinces centrales , répondront immédiatement comme un écho vivant à la première explosion d'enthousiasme pacifique dont retentira la capitale. Sur le plan àes travaux d'assainissement ^ d'embellissemens et de communications mis en branle dans la vllle-méiropole , les villes , chefs 4ieux des départemens , et notamment Lyon , Marseille , Bordeaux, Lille, Rouen, Nantes , le Havre, Grenoble, Avignon, Toulouse, Limoges, Saint>£tienne ^ Bayonne^ Toulon et Brest, se sentiront une mission spéciale, et puiseront dans la position qu'elles occupent sur les trois grands bassins du territoire , dans leur industrie et leur commerce , dans le génie prbpre à leurs habitans , la révélation de Fœuvre qu il leur appartient d'entreprendre et des fêtes par lesquelles elles pourront dévouer à cette œuvre la population qui les environne , et rattacher ainsi l'une et Pautre à l'œuvre et à la population centralisantes de la capitale*
C'est ainsi que les améliorations introduites , dans un but lout individuel, dans la bâtisse des nouveaux quarUers de Marseille , de Perrache et de la^Groîx-Rousse à Lyon, des hôtels des bains et cafés sur l'emplacement du Château-Trompette h Bordeaux , des n^ou veaux quais de Rouen, des quartiers élevés , des hôtels de la Monnaie et de la iPréfecture de Nantes, seront appliquées largement aux rues boueuses, encombrées , sales ou infectes de toutes les villes basses ou pieiiks habitées par le petit peuple , qui est la plus grosse portion de la société. ' Les quatre routes qui commenceront à faire reluire aux barrières de Paris leurs rainures de fer seront attaquées avec vigueur et célérité dans tous Içs dénartcmens qu'elles traverrscront, et surtQut dans les /av^bgy^gs des grandes villes aux-
(6i)) quelles elles doivent aboutir , à Rouen , au Havre , à Strasbourg , LyoD , Marseille , Nantes et Bordeaux:.
Les ports de Cherbourg et d^Ânvers , le canal de Saint- Quentin, les bassins du Havre, que le bras fort de Napoléon a creusés y les routes qu^il a suspencuies au ballon d'Alsace , aux abîmes de Tarare et du Simplon, le pont colossal jeté sur la Gironde , sont des jalons fichés de distance en distance dans le sol , et qui tracent le cercle immense dans lequel des travaux analogues devront être en foule exécutés.
Tous les projets de canaux, d'hospices, d'écoles publiques, d'ouverture de mines, de défricbemens » de plantations dont l'exécution a été jusqu'à ce jour indéfiniment ajournée on à peine commencée et depuis suspendre , seront de nouveau soumis à un examen approfondi et deviendront l'objet d'immédiates et immenses entreprises. Les travaux nécessaires pour la navigation de la Loire et l'irrigation de la Sologne seront mis à fin. Le canal de la Durance au Rhône versera sur les sables intérieurs de la Provence la fraîcheur et la fécondité dont jouit seulement son versant méridional charge* de vignes, de prés et d'oliviers, jusqu'à la surface douce et bleue de la mer. Les travaux des marais bourgoins seront activés ; le Berry J les Landes , les Pyrénées , les Vosges , la Bretagne, seront l'objet d'une application large des procédés perfectionnés des diverses cultures.
Enfin la carrière sera ouverte à la ^pratique de tontes les améliorations, de tous les plans d'une utilité réelle. Toute localité et toute agglomération d'hommes seront bientôt entraînés à l'œuvre. Et pour quiconque a visité les capitales de nos provinces et leurs emplacemens pittoresques aux bords de l'Océan , de la Méditerranée et des fleuves , leurs esplanades , leurs remparts dé gazons , leurs boulevards et leurs cours onibragés d'ormes ou de platanes ; pour quiconque a erré dans leurs bois et assisté aux fêles des cités et des villages, et sous la bfgarrure des coutumes, des formes, dos chants,
qae trente ans de raines n^ont pas effacëe » a partout profondément senti cette même vÎTacité française , ce même génie enthousiaste, glorieux, amoureux de travail et de plaisir; pour celui-là il ne saurait être un moment douteux que la forte secousse imprimée par les avts à la population de la capitale ne vibre k travers tous les départemens et les cantons et ne soit un premier feu de joie , signal d^un embrasement universel.