‹ Religion Saint-Simonienne: Politique industrielle et Système de la MéditerranéeChapitre 17 sur 26 · AU ROI IX)UI$-PHIUPP · texte numérisé non relu

AU ROI IX)UI$-PHIUPP

SiRE,

«Lorsque lalp^rance a voulu faire un roi, elle a jeté les yeux 'suir vous. Des hommes qui avaient sur les lèvres des paroles ' dVpanchement et de confiance ont remis en vos mains un sceptre mutilé par la méfiance ; eux seuls vous ont soutenu pour monter en peu de jours les degrés d'un trône brisé qu'il ne s'agissait plus de restaurer^ qiais de Reconstruire; en cet iikstant vous aviez foi k la légalité. Vous étiez entouré d'avocats, une charte venait d'être discutée et votée, vous l'aviez acceptée, j'allais dire subie. L'assemblée qui vous la préscnlalt

( 77 ) était composée d'hommes sincères : car en dorant la cou-^ roone, qu'ils avaient faite d'cpines, ils se regardaient comme- Ics sauveurs de la France ; c'est avec sincérité aussi que vous . avez juré d^exécuter fidèlement les clauses de ce contrat im- ' provisé. En tout ceci vous avez oLéi à vos croyances , et nul ne saurait vous en blâmer. Vous avez cru de très-bonne foi que Charles X avait été précipité pour avoir apostasie la Charte; vous avez cru que la France avait soif de légalité; vous avez cru que le jour où un roi, non plus de France, mais des Français (la différence est grande), entouré des gladiateurs de la restauration , voudrait avec la loyauté d'un lion* . néte homme exécuter franchement le marché écrit; que ce jour-là la France calmé ^ glorieuse, respectée, goûterait au milieu des douceurs de la paix toutes les joies d'une prospérité croissante se développant à l'ombre de son panache constitutionnel. Vous l'avez cru ; que croyez-vous aujourd'hui ? Aujourd'hui que tant de faits éloquens sont venus saper votre foi , et donner à vos espérances le nom d'illusions ; aujourd'hui que la France , fatiguée du bavardage impuissant des chambres, n'attend plus un bonheur voté et sent que ses destinées sont ailleurs que dans un scrutin ; aujourd'hui que la ' nourricière des peuples , l'industrie , écrasée par la concnr- , rence , languit épuisée, et tombe après mille efforts convulsifs poup se raviver, aujourd'hui enfin que votre capitale est réduite i disputer ses enfans au fléau de TAsie , et livre tardivement à la misère dévorante un combat inégal. Que croyezvous ? Vous ne croyez plus rien.

Siée ,

«Lorsque j'ai reçu la haute mission que vous m'avez confiée , moi aussi j'avais foi à ce balancement des pouvoirs et k leur harmonieuse union dans un roi réduit à l'impuissance dé/ mal faire. Je ne m'étais pas demandé alors si ce^e impuis- ]

( 7» ) saàcè n^entrâinait pas avec elle rimpuissance de bien faire. «Tavais vd avec joie la royauté garrottée et la loi souveraine ; je m^étais réjoui de voir enfin un grand peuple traitant ses propres intérêts par lui-même ou par ses mandataires > dressant un trâne comme une nécessité, et pouvant dire chaque jour à celui qu^elle y avait assis : « Qui t'a fait roi? »

» Comme vous j'ai cru , comme vous j'ai espéré.

» La tourmente des premiers temps m'a trouvé inébranlable dans ma foi. On disait que la France était semée d'agitateurs ; tantôt c'était la république avec son cortège de néga-^ tions et criant toujours A bas quelqu'un ou quelque chose ; tantôt c'était la monarchie avec ses vieilles affirmations et son imperturbable croyance aux reve^nans; et après avoir bien regardé tout ce que l'on montrait , bien écouté tout ce que Fon disait, je suis demeuré convaincu que la France né voulait ni la république , mot mystérieux dont elle craint là révélation et soupçonne le sens , ni là monarchie qu'elle connaît etf qu'elle a cHasséé. Mais , dans cet examen consciencieux et'^nouveau pour moi » quel a été mon étonnement lorsque j'âiportié nies regards sur nous-mêmes, et que du poste élevé dont votre confiance m'a investi j'ai contemplé nos institutions et l'es firuits qu^elles ont portés. Lorsque j'ai vu , sous ce régime bâtard qui n'est ni la république ni la monarchie, la France livrée à mille douleurs sur lesquelles vous ne pouvez que gémfr, inquiète sur son présent , sans boussole pour son avenir, cherchant encore un bonheur qu'elle avait cru payer de son sang aux jours des barricades , et lasse peut-être d'espérer. C'est alors qu'une longue lutle s'est engagée en moi entre la voix des faits et la voix retentissante de croyances enracinées par quinze années de promesses ; c'est alors aussi qu'une nouvelle lumière a lui pour moi. Je yous dois , Sire , les premières^inspirations d'une conviction récente mais profonde ; je voUH les livre comme Tunique moyen de recevoir les béhédictions d'un peuple qui n'attend pas seulement de

(79.) simples amnAnes ; mais qui cherche des yenx tm étendard antoor daqael il retroaye Fenthoosiasme et la yie.

Sire ,

j»Lâ France vent la paix, et pourtant lamémeardear qa^elle épancha naguère sar les champs de bataille booillonne encore dans son sein. Noos avons ya cette ardeur déborder en émeutes dans nos mes et sur nos places publiques; nous Pavons vue, e&altée par la misère , servir le désespoir de plusieurs milliers d'honmies affamés qui réclamaient de pî^re EN TaAVAliXANT , et ce grand enseignement avait été perdu pour nous.

» Sire f ce que j'ai appris de nouveau, c'est que la voix du peuple était bien en ce jour la voix de Dieu , et les mesures que je viens vous proposer aujourd'hui sont une réponse vraiment royale à la pétition sublime écrite sur le drapeau lyonnais. Oui y Sûre 9 travailler et non combattre , produire et non détruire, tel est le grand secret de la politique du jour. Que d'iihmenses travaux soient donc ordonnés, non demain mais aujourd'hinméme; que des armées de îraçaUleurs soient levées avec la même audace qu'en d'autres jours de deuil la Convention fit sortir de terre quatorze armées de combat'têns* Voici l'ordonnance que je vous propose de rendre immédiatement. A votre décision , Sire , est attaché le salut de réat.

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