‹ Religion Saint-Simonienne: Politique industrielle et Système de la MéditerranéeChapitre 16 sur 26 · AUX HOMMES POLITIQUES · texte numérisé non relu

AUX HOMMES POLITIQUES

MICHEL €taEfàMERy APOTBE.

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Notre politique est maintenant acqnise au siècle. Nos enseîgnemens et prédications , nos missions, bos écrits divers , et surtout le Glêhe, ddnt je me glorifie d'avoir été le directeur sous FiîïSPlRATipN de notre pèbe , en ont déposé le germe en bien des esprits. Bien des cœurs sont préoccupés des senlîmens d'association que nous avons répandus. D'autres que nous peuvent se cliarger maintenant d'infiltrer au monde cette politique , et nous sommes sArs qu'ils le feront y chacun suivant sa nature.

Lorsque nous nous serons tus , la fkntasiffagorie pariementaire disparaîtra des discussions publiques , la question de la

(1) Denier miiiiérod» GMe.

réorganisation sociale en vue du iramil deviendra la qoes» tion Capitale. La plupart des journaux se mettront à débattre le compte des oîslfs et des traQailleurs. Celui-ci se portera défenseur exclusif du traçaiileur en général et en particulier do prolétaire ; celui-là plaidera pour Voisif^ et en fera ressortir le mérite spécial. Il y aura certainement de la part de quelques écrivains uu débordement de radicalisme assez large pour faire tressaillir la propriété. Il y aura de la part de quelques autres une insensibilité aristocratique nauséabonde. Le plus habile sera celui qui, suivant la ligne que nous avons Nettement tracée en dernier lieu, rendra justice à tous les partis et les révélera les uns aux autres par leur élément progressif» embrassera dans sa sollicitude les intérêts du maitre et les. intérêts de Touor/Vr, ceux du riche et ceux du pauvre^ ceux de Y oisif ti ceux du traoailieur^ et se donnera pour mission de coocitier tous ces intérêts et de les fondre ensemble, de dissiper les alarmes des uns et de tempérer la fougue des autres. Celai qui ainsi animé du sentiment de I'assogiation universelle des peuples f des classes, des partis et des individus , aura puissance de tenir son langage à la portée du plus grand nombre, et fera consister sa prétention dans la simplicité et la popularité de son discours; celui-là aura un prodigieux succès, et rendra un service immense.

L'œuvre politique capitale consiste» aujourd'hui à convertir la masse de la population et surtout les gens qui ont une existence acquise et qui craignent de la voir troubler, les classes amies de l'ordre et de la paix , les fonctionn^iires, Ici propriétaires et les rentiers, la propriété et la bourgeoisie , à un régime nouveau ou elles trouvent satisfaction à leur amour de l'ordre, à leur humeur paisible et à leurs goàts de bien-être : car iliest luaiiifeste maintenant à des classes comme à toutes les autres que la restauration et le. système actnel. ne sont que des replâtrages qui ménagent la transition entre un passé guerrier et un avenir industrieh il y aura aisM A Jeor

môntref comment il serait possible de passer de iVtat présent à une organisation nouvelle, fondée sur nos principes da ira* çail et de la capacité^ sans bouleversement de la machine gouvernementale, et en garantissant qaiconque est main tenant oisifs jeune ou vieux, petit ou grand, contre une àé-* possession brutale. C'est ce que je vais établir^ en répondant à la question qui nous â été adressée souvent, Quefenei-'Twus si P0U9 étiez gowernement?

L'ADUmxStÂATIOK ACTUELLE. — LA CEinTEALISATION.

Il est admis en principe anjourdiini par le plus grand nora« bre que le système d'administration tel qu'il a été établi par ^Napoléon et tel qu'il subsbte encore , est radicalement vicieux , qu'il faudrait l'abatlre pour le réédifier sur nouveaux frais , que la centralisation est une monstruosité. Tout cela est fort exagéré. Sans doute il y a lieu à améliorer le mode actuel d'administration ; sans doute la centralisation actuelle offre de graves incopvéniens { elle entratne surtout mae intolérable . lenteur ; mais il n'y a pas de milieu entre la centralisation , c'est-à dire Filnité, et l'inarchie. Il ne s'agit pas de détruire la centralisation , c'est-à-dire de morceler la France ; il s'agit de transformer la centralisation de telle sorte qu'elle laisse le mouvement, la spontanéité, la vie, à la circonférence aujourd'hui inerte et passive autour du centre. Le mécanisme administratif actuel fonctionne régulièrement; Je briser serait extrêmement funeste.

Il faut donc de la centralisation, j'ajouterai mâme qu'aujourd'hui il serait fort difficile d'administrer là France sans une centralisation serrée , vu la composition présente du personnel administratif. Avec un régime de secousses , dé révolutions grandes et petites et de reviremens miRistcriels , tous actes auxquels préside un esprit dé parti fort exclasîÎF, lés TonctioaQairés^ttbiicflrsoiltéàhs'râèiiiëà^^^ Il y »

(76) ils n^y trouvent que des armes rouillées ou usées , ils n'y ramassent que la poussière de ces débris que , dans leur auda- ^ cieuse mais brillante rêverie, les Vilèlle et les Peyronnet i avaient pris pour les colonnes étemelles de l'ordre social. Le terme est atteint , Sire , de toutes ces tentatives sans fruit , (le tons ces tâtonnements sans résultat, de toute cette activité j sans vie ; car un nouveau fléau vient d'ajouter ses ravages aux j ravages de la misère , et la souffrance déborde. Le temps est \ venu où 'des hommes qui ont mission de tenir à tous et à ' vous-même , Sire , un langage à la fois conciliant et sévère, | vont vous faire entendre les prophéties qui devraient sortir ! de la bouche de vos conseillers. Le premier j'en assume la responsabilité , et , prenant pour un instant le rôle de votre ministre des travaux publics, je vais vous parler en homme dont le cœur palpite h toutes les douleurs du peuple parce qu'il les a touchées une à une , en homme qui a volonté de les tarir, et qui sent en lui une autre puissance que la puissance nécessaire pour débiter de vaines paroles ou former de stériles vœux.

PaOJ£T DE aAPPOBT DU MINISTRE DES TRAVÂIJX PUBLICS

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