ADMINISTRATION NOUVELLE
Les adininistrations locales auront de la vie et les localités exerceront leur spontanéité lorsqu'il sera entendu que la politique , ou pour mieux dire V administration , a pour objet le développement des intérêts industriels des peuples. Ce
principe posé, on trouvera aussi absurde qu'un homme ait la prétention d^étre le premier magistrat ^t 1$l Seine-Inférieure, par exemple, en restant étranger à la fabrication et au commerce des cotonnades et des draps , qu'il le serait de mettre
un évéque à la tête d'un régiment de carabiniers oudehousards.
Alors toutes les lois , tous les règlemens seront conçus et interprétés dans le sens le plus favorable au développement du travail et à une équitable répartition des produits. Us tendront à V harmonisation de tous les efforts et de tous les intérêts^ Le budget, qui est aujourd'hui une charge pour l'Industrie, tournera à son bénd^ce, car il avira pour butjes dépenses les fba.profiubl^ an bienr^tce de# tçayaiilc^rs. Alprs » ei^ dépit
(9> ) des axiomes da gouvernement à bon marché > il sera entenda
qae le gouyemement le pjius éconoine n^est pas celui qui
dépense le moins , mais celui qui dépense le mieqx.
Alors on peuple qui voudrait se suffire ii loi-mème parât' Ira aussi peu éclairé quW homme qui tiendrait à fabriquer 4eul tous les objets nécessaires i ses besoins. Alors ladipiomar 4ie aura pour objet non plus .d'équilibrer les puissances , c'est- À-diredeles contenir par la peur les unes des autres, mais de les associer 9 de jEûre cesser la concurrence de peufjle à peuple, non moins fatale que celle de boutique à boutique « ça combinant et. divisant la production suivant ki goûts , les aptitudes et les ressources naturelles de chacun» en multipliant les échanges et les rapports des hommes entre eux , de manière ii préparer le jour où il n'y aura sur Ja terre qa'ua atdier, qu'une famille.
Alors le chef politique d'un département ou d'une provinoe aura popr fofiction de présider au mouvement indnstriel de la division qui lui aura été confiée, et de combiner les divers services publics, finajaces, voles de communications, éducation publique , hygiène , associations diverses en vue des besoins du travail et de l'avantage des tramilleurs; alors i^ contractera ui^ion avec la localité, il la marquera de son empranie et en tirera un nom.
. Alprs le niinistère des finances sera autre chose qu'unç pompe aspirante. On n'y aura plus peur des emprunts et on les préférera aux impôts, parce qu'on saura que TempniDf prend le^ capitaux où ib sont, et rimp6t là où ils ne sont p^» On fondera le cr^i public , nop wifr }à fpm^rt de TjjH
(90 tuoriSs^emént, mais sur la confiance qa'inspîreront la mô*
Talité da goaveniement et son habileté k développer les intérêts de tous et de chacun. On concevra qu'une association des receveurs- généraux puisse avoir un autre objet quePagiotage. Cette association, que M. de Yillèle avait constituée naguère sous le titre de syndicat^ sera réédifiée sur une échelle croissante et dotée par l'état lai-même. Le mur qui sépare le trésor public de la banque ^ les recettes générales et particnlières des banques départementales et communales s'abais- •^a. L'administration des finances publiques , considérée comme inslHalion de cr^it^ présentera une force c<dos-» «aie, et tontes les banques partictilières viendront s*y appuyer et peu à peu s'y fondre ; de sorte que peu à peu se préparera l'ordre de choses où les travailleurs seront tous commandités par l'état. Alors par la même rabon^ tout receveurgénéral deviendra un puissant chef de banque chez lequel la phpairt des travailleurs de la province et tous finalement au*^ rant un crédit.
Alors on ne recrutera plus les hommes pour leur enseigner l'art de détruire et de tuer ^ mais pour leur apprendre la production, la création. Les régimens deviendront des écoles fl'arts et métiers oà tous pourront être admis dès l'âge de seize ans. Les artilleurs seront les mécaniciens et les fondeurs de métaux; les fonderies de canons deviendront des fabriques de machines k feu et de bateaux à vapeur ; la cavalerie formera le corps des laboureurs ^ des charrois» des ^stes, des voitures publiques ; les soldats du génie j^eront
les mineurs ; lèi p<tiit6iihiers suspendront de3 ponts ït fei*
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8W le lit des fleures ; Piniaiiterie de ligne embrassera ime^ longue série de professions. Le dépAl de chaqoe régitaen^ sera placé dans la localité où riodostrie. qo'il renrésentera sera le plus avancée. L^armée , en subissant ces modificationa gndoellesy consenrera éostume, musique et ffites. Sa disd-) plina toute guerrière s'adoucira peu à peu. Qa maiotiendrm proTÎsoirement le maniement des armes comme exerd^ gymnastique. L'armée englobera ainsi» en le dépouillant de son caractère d'étroitesse et de rivalité , le con^agnonagiu Les officiers de chaque régiment ouvriront dans toutes lf$ villes où ces soldats traçailieurs tiendront leur garnison, 4ei| tours analogues à ceux que H. Charles Dupîn créa sur htmr) fionp de points; établissemens très-peu coûteux, et qui, par?^ tout où ikont été l'objet d'une sollicitude sérieuse, ont produit d'admirables résultais. La ville de Metz en offre un bel exemple.
Alors s'organisera l'industrie aiirqfonie et glorieuse , et les régimens tendant à s'assimiler par voie d'engagement tous les ouvriers, il y aura tendance à ce que l'état devienne le dispensateur général du traoail^ de la rétribution et aussi d'une retraite accessible k tous.
Alors aux écoles actuellement placées dans les attributions du ministère de la guerre , qui deviendra le ministère de l'industrie, à savoir, l'Ecole polytechnique , l'Ecole de Saint- Cyr, les Ecoles de Metz et de Saumor, celle d'état-major, on joindra celles qui ressortissent des autres secrétaireries
d'état , l'Ecole des ponts-et-chaussées , celle des mines, celles deNanci,deChâlons, d'Angers, d'Alfort, de Saint-Etienne (
ÛlRëi 4aé PEèDld ais Rô?ilié et celle des ArU-et-MaQufaeta-^ As ^ëtedMérk MnAéè ^'Pârispar des hommes très-ea^bles; Gë!J éê<âyà èiirfmt refondues et dévelopjïées sur un )^a iftii^ fsiÂè; déniâMîlfcre l'ivpréâentérrencyelotiédiede l'nkltts^ et éKâl^ jpi^siAdn selon èonjmpolrtance; des usines i^ lAiBèihs' y siMtrf' joiMs. Etlès recèrront pour destination M tbfëié^t déscfceff de travaux dàftis tous lès genres^ Dès t'originé; nhe àômxhé aciiîueUe dé frois miHions sera consacrée à Pèntrétiéii de trois tnille boursiers répartis dans ces direrscè éëbles, saiis firëjudîce des élëvës ^i pourront s'^fretentir k TeÛi^ (rats. Les Bourses seront dffîrréés par toie de eon^ €cM#S'pc3>fic. Peu à peu là prévoyance sociale se sobstitoam k la ^t'évpyance de la famiUé , cette dotation recevra de tae^ teisi& et considérables aétroissémenis.
Alors seront assimilés aux services publics , pour's^y con-^ ftiklite gtaâiiëllenie&t^ bekntôuji d^entt^pt^s d'utilité g^néhtfè' f<ihnànl au]durd'bùf Pobfet dé sfiëculatiètil^ ou d'opéra- {tôïii^àirtlcùliëf*es y et «^{exigent ceirtains travanx et certaines aepienàès qui s^âccôùi^lissent déjà dans les administration! publiques. Telles sont les caisses de pfévoyantie et d'épargtiev fés c'iiihp'âgnies d'âssurâncèis , lès mèssa'gèiieS; teltes sont les associations àyàîit ^oui" objet l'exécution bu TexplôItàtiM 4k cinauxy pôAts et cbettiins de fèk*, lé dèsà^hèmerit dès àiâraisv le d^éfricb'èVnè'nt ou h plantation des forétis.
Alors les querelles dé parlïs s'anioftiront , car Vet^spér^tion publique est impossible âveC une administration voîiéè èxcîusivcmeht et 'âWeclemèht à k jprc,s|)é*rîlè el àû blèn-élifé
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des pénibles ; alors la presse cessera d'être an sujet d*alàrmeâ pour les gouyemtiis; elle deriendra an prodigîeut instrument d'éducation publique. Alors le gouvemement pourra, saiiit exciter les craintes des clasàes paisibles qcd redoutent le scandale; abolir tous cautionnemens , droits de timbre et dé poste , ainsi qu^une pénalité absurde. Alors là presse ellemême s'habituera peu à peu à réclamer de lui conseils et inspirations, et il acquerra près d'elle une direction de fait , une paternelle censure.
Alors Tautorité étant entourée de la confiance générale, il n'y aura qu'une voix pour réclamer la suppression des en^-. traves opposées à l'action de gouvernemeiis méchans ou plutôt, inhabiles, et. qu'on nomme ies garanties ; car ces car ranties ne peuvent empêcher une mauQoise direction qu'à la condition d'empêcher toute direction. Il n'y a qu'une méthodç absolue d'interdire à un homme la possibilité de tout moure^ ment vicieux , c'est de le garrotter ; et un homme garrotté ^t ^également incapable de bien et de maL II n'y a de ga«rantie politique réelle que dans la moralité et la capacité des gouvernans, et la publicité en est l'expression. Or parmi toutes les garanties écrites , la plus gênante consiste dans le formulaire parlementaire et dans la méthode des discussions et délibérations avec discours écrits et amendemens entre quatre cents membres et plus. Toutes les lois s'y gâtent, s'y noient ou s'y perdent. Alors donc une vaste latitude ser^ laissée au pouvoir moyennant une publicité indéfinie. Les projets de lois élaborés dans le conseil d^état, dont les séandek seraient publiées , discutés et retournés par une presse con^
( 90 ) tctetiçieiise et compéteafe , seront apportëi devant on corpi
légUlatif éla d*af rès les principes de la capacité positive et da traoaiL Une commission nommée par ce corps et formée d'hommes entendus en 1^ matière ^ auxquels leurs collègues communiqueront leurs observations , souniettra le projet à «^ nouvel ezamM de concert avec les commissaires du gouver* nement. L'assemblée entière dira ensuite oui on non.
Alors disparaîtra cette opinion généralement répandue} qu'on peut devenir fonctionnaire public sans apprentissage: alors chaque fonctionnaire sera solidement assis en sa place, et il y sera retenu par une masse d'intéréls et de sympathies d^autant plus considérable qu'il occupera un rang plus haut dans la hiérarchie» et qu'il sera plus digne de son rang. Il y aura toute sa vie profondément engagée, joies et peines ; et un fonctionnaire éminent ne comprendra pas qu'il ait été un temps CiA les magistrats les plus élevés étaient si peu liés à leurs ibnctions» que sur le prétexte de vaines dissidences métaphysiques , un ministre pût les congédier du matin ati soir \ sans qu'il en résultât notable lésion des intérêts , soit de l'état soit des travailleurs.