CONSTITUTION DE L^ ADMINISTRATION NOUVELLE
C'est d'après ces bases que nous concevons un remaniement successif de l'administration , et ce serait assurément chose douce.
Supposons on programme administratif dans lequel seraient formulés ces divers élémens, offert an peuple , c'est^ à*dire à tous. Après quelques années d'agitations et de dé-
( 97 ) tresse cbnftne les deux ans qui se sont écoulas 4cpuis la ooaveau règne , et dont rien n^annonce la fin , supposons-le offert par des hommes dont l'activité , les lumières et le dé- Toaement auraient été constatés par t^e fréquentes épreuves; n'exciterait-il pas d^autres transports que le programme de
juillet ?
£t ici il n'y aurait même pas à redouter l'obstacle que peuvent susciter, des fonctionnaires tremblant pour leur place, tirailles par le désir de suivre la voix du peuple et par la crainte des . destitutions en masse qui jusqu'ici ont accompagné les changemens de régime. Car en vue du travail toutes les opi-, nions se concilieraient pour converger vers le mime but« Des hommes à doctrines exclusives ont dû nécessairement proscrire quiconque ne pensait pas comme eux, au risque des plus graves dommages pour la chose publique. Il y a eu destitution en masse en g3 par le comité de salut public; en gS lors de la réaction; en 1800 par le premier consul; en 18 14 et i8i5 par la restauration; en 1823 et 1824» par M. de Yillèle ; en i83o par la révolution de juillet , parce que tous ces pouvoirs regardaient les gens qu'ils renvoyaient comme des ennemis naturels , comme des hommes à doctrines petverses. Des hommes religieux qui connaissent ce qu'il y a de généreux , d'utile , de progressif dans chaque parti, agiront tout autrement Au lieu de chasser les fonctionjiaires du précédent système comme des réprouvés , ils s'efTor-* ccront de tirer parti de leur expérience et de leur savoir , en Jes transformant, en leur donnant une autre inspiration^ -, et le premier acte du pouvoir de l'avenir sera d^envoyer près des fonctionnaires les plus importans des missi dominici qui les moralisent , les éclairent et les excitent^
Il n'y aurait môme pas de difficulté grave à redouter du pouvoir central. Et en effet des princes et des gouremans d'humeur douce, amis de la tranquillité, tels que sont tous )es princes de l'Europe occidentale , le roi Louis-Philippe |
(98) George IV/Fratiçois II et Frédëric-Guillâinne, aioâi qaeict membres des corporations politiques dont ils Sont entoura » à la suite de quelques années da déplorable marasme où est plongée la France, qui gagne l'Angleterre, et qui s^étend non moins contagieux que le choléra , trouvant leur zèle pour le bien public frappé d'impuissance , voyant leur bon-vouloir méconnu indignement, s'entendant accuser avee violence par omx qu^ils auraient été heureux de soulager ; ces princes et ces gouvemans, disons-nous, seront disposés à accoeyiir comme on libérateûe cehi qui rendra justice à leurs longs efîTorts et la leur fera rendre par tous , qui satisfera les voeux d'amâioration populaire si chers à leur cœur ^ et qui les ocmvierâ à un royal repos digne de leur splendeur passée.
En ce moment solennel les propriétaires accepteront avec reconnaissance la sauvegarde de ceux qu'ils ont pu un instant prendre pour les déniolisseurs de la propriété. La propriété est esscnliellement amie de l'ordre et de la paix ; ce sera Tordre et la paix que nous viendrons consacrer par Tavénement politique de Findustrie; et telle est la tournure actuelle dés affaires et la couleur de l'horizon, que de plus en plus le besoin d'ordre et de paix sera imminent pour les propriétaires. Déjà ils appellent un i8 brumaiée à demivoix : le mot cirdàle dans les salons et les châteaux. Bientôt on le demandera k grands cris. Un i8 brumaire sans violence dépassera leurs espérances les plus exagérées et provoquera leurs transports.
Il est certain en effet que le' débat politique va 'changer de teitainl Là démocratie s'est agitée jusqu'à ce jour sur lé terrain dés droits'flécf oraux : le moment est arrivé où elle va s'étendre dâ^s ses excursions jusque sur la propriété. Le radicaiisme "anglais en est déjà là; le radicalisme français y arrive à pas précipité!^. Ceux qui proclament le peuple souverain , qui veulent que de iuî émane l'investiture de toute distinction pu- ^EKquei sont iitésIAiblenient ctmduits à demalider^'-qri'il
(99) distribue aussi les. fortunes. On prétend que c'est à lui de nommer les che& de la cité; n^en résulte-t-il pas que c^est à lui d'élire les chefs de ses travaux, les directeurs de ses ateliers? Les rédacteurs de la Gosçttç. , mpigté toute leur habileté , ne paraissent pas s'aperceT0J|r des orages ^'ils préparent à la propriété avec leurs théories du suffrage unioerseL Nous devons aussi savoir reconnattre que l'émission de nos doctrines aura contribué pour une grande part à soulever les discussions scabreuses dont la propriété va être le texte; car np^ devons accepter tonte la responsabilité de nos oeuvres. Mais il faut qu'on se dise également que les choses insignifiantes sont les seules dont on ne puisse gravement abuser. Il y aura des esprits fougueux qui fausseront nos principes^ tout comme il s'en est trouvé qui ont. ébranlé la société çp, outrant les idées de liberté ou de monarchie , et d'autres qui ont fait couler des torrens de sang pour la plus grande gloire de Vagneau sans iaehe. A ceux qui seraient tentés de nous imputer i crime toutes les déclamations anarcbiques auxquelles, pourront être mêlés les .mots à^ oisif et de irapailitur , nous répondons d'avance qu'en unissant leurs efforts aux nôtres , ik auraient pu, ils pourraient encore pf^venir toute dange-? reuse interprétation de nos principes d'ASSOQAXiON et de traçai!^ et conduire sans Secousse rjhumanité aux jours de bon* . heur que nous lui promettons*
Or quand les {Nropriétaires^ désespérés .au milieu du désordre européen I verront appar^dtre ao-dessus de tous un homme en qui seront incarnés on ordre nouve^Mi, une nouvelle hiérarchie , cpmment l'accueilleropt^ils? Si cet hoDune , se présentant entouré de fils éprouvés , dans une attitude qui exclue toute pensée de force brutale, obtient leur foi entière, et il l'obtiendra , refuseront-ils de lui confier le dépôt d'une fortune menacée de toutes parts ? Il n'y aura rien de plus aisé alors que de convertir successivement et du libre assentiment des propriétaires toute la propriété en une dette
ittscrSle à un grând>Uvre spécial dont les revenus seraient ae^' quittés moyennant ie fermage dont le fermier tiendrait compte à l'état en totalité ou en partie. On conçoit ensuite que cette dclte inscrite n'aurait point le caractère de perpétuité, et qu*cn Sttivant une série décroissante elle pourrait être annulée k la troiâième génération; ce qui ne léserait personne ; car qui donc dans ce monde égoïste pense inaintenant à sa troisième génération ? Combien de fortunes dans ce siècle de vicissitn^ des se conservent jusque là? Qui ne se rassurerait d'ailleurs en voyant lé gouvernement se substituer progressivement à la famille pour les soins de Féducation HOtiALE et professiên" nelle selon la vocation , pour la dotation des individus arrivés à rage du travail , et pour la reiraiU après h fonction f
Alors la transformation de la propriété sera opérée en Europe.
£t cependant ces choses arriveront dans peu d'années; elles arriveront par koteb pèeë et par nous. C'est pour que Dieu mette en nous sa force, c'est pour nous grandir à la hauteur de notre sainte entreprise» que nous commençons aujourd'hui une retraite de quelques mois. Que ceux qui douteraient de l'avenir qui nous attend transportent tour à tour les potentats de la terre à cAté de Hgtre père , et qu'ih les toisent ; qu'à côté de ses fils , de leurs plans politiques et de leurs travaux in-* dustriels 9 ils mettent la jeunesse des conseillers des rois , avec les conceptions qu'ils choyent encore! qu'ils mesurent la foi des hommes religieux du jour et la fidélité des hommes monarchiques à notre foi y à notre dévouement , et qu'ils ^'arrêtent attentifs à méditer sur ce parallèle. ''