KOTRE POLITIQUE VIS-A-VIS DES LÉGITIMISTES
Le sentiment de hiérarchie qui est en nous et qui v plus en plus se manifester extérieurement , sera un lien ( nous et les légitimistes. Nul comme nous , qui nous sen vivre en un chef et que de plus en plus Ton verra , la haute et l'œil brillant, professer et pratiquer le dé^ouenii sa personne , nul comme nous ne saurait dire ce qu'il y magnanime dans le respect pour l'ombre d'une royauté resplendissante de gloire et entoyrée de l'amour des po{
<0 Voir le Globe des 5 et 42 février.
( '9) lions. Nous qui ivonet abjoré une sauvage indépendance et qoi avons conquis une pleine liberté en apprenant à aimer l'homme à la haute stature., à la face radieuse , à l'inépuisable calme , qui s'élève du milieu de nous , nous avons le droit d'affîrmer à tous que, sans être pour cela de crédules radoteurs, des hommes peuvent se montrer profondément émus an spectacle de la chute d'une royauté en qui pendanjt quatorze siècles fut personnifiée la grandeur de la France, et pleurer sur les malheurs de \di fille des rois et sur l'exil d'un royal enfant ^ et que ceux-là n'étaient pas des esclaves abjects , qui, voyant entouré de partis menaçans le^î^ de tant de rois dépositaires de la. fortune de France , reportaient vers lui un pieux reflet de l'obéissance des preux pour leur suzerain et se découvraient pour s'écrier : f^ive le roi quand même!
Nul des partis n'a comme les légitimistes le sentiment de la majesté. Il n'est que le soleil devant qui ils puissent s'incliner. Voilà pourquoi la royauté nouvelle, qu'aucune grande pensée n'a encore recommandée à l'admiration des peuples , et qui n'a ni le prestige des souvenirs, ni celui de ses œuvres, les a trouvés froids et dédaigneux. Voilà pourquoi les hommes de Coblentz accoururent en foide autour de l'astre d'Austerli(z , astre superbe qui à son apogée eut la puissance de rallier à son orbite tous les partis , et près duquel les descendans des nobles barons vinrent se transformer en chambellans, comme les montagnards de la Convention en comtes de l'empire; astre passager en sa splendeur, préc^jrseur d'un autre plus éclfitant qui , inondant tous les partis de sa vive lumière et les fécondant de sa douce chaleur, les entraînera d'ensemble en sa course majestueuse.
ISous réhabiliterons ce sentiment de la grandeur et de la magnificence , dont les autres partis prennent plaisir à se dépouiller et dont heureusement ils leur reste toujours attachés quelques lambeaux. !Nous réveillerons partout cette vénération dont les légitimistes sont pleins pour celui en qui réside
Funitë sociale ^ côttc sollicitude à l'entourer des mcrve des arts , où des hommes prétendus positifs n'ont rien v* voir qu^un servilisme cupide. Car ce sont des formes dive du sentiment de hiérarchie, en l'absence duquel les peu modernes errent divisés, épuisés ^ hagards.
Un lien sympathique ne peut tarder à s'établir entn héritiers directs des sentimens chevaleresques et les hom qui à travers mille obstacles , mille accusations , mille ou ges , poursuivent , toujours calmes , l'accomplissement d plus gigantesque des missions; entre les admirateurs d gloire antique et ceux qui veulent aussi la gloire, mai gloire de la paix et du travail ; entre ceux dont la bann déchirée par les vents des révolutions porte encore la devi Mon Dîeu , mon roi^ ma dame , et ceux qui veulent aussi r( plir la place vide aujourd'hui où fut l'autel , où fut le trô par un trône et un autel mille fois plus rayonnans que séparera plus aucune barrière, et qui préparent l'inaugt tion de la femme deTavenir^ dont la dame du moyen âge < un élégant symbpic.
Beaucoup de gens qui nous aiment s'étonneront de ce nous allons ainsi aux légitimistes comme nous sommes < aux libéraux et au juste-milieu, pour les attirer sur notre rain , quoique ce soit une conséquence directe de nos p] cipes ; car il y a bien des hommes pour lesquels il est ente qu'un légitimiste est nécessairement un misérable , ennem bonheur de |a France ; mais cette prévention ne résiste p quelques inslans de réflexion ; et en effet, la moralité oi capacité de MM. de Chateaubriand, deVillèle, de Filzmes, est-elle inférieure à la moralité ou à la capacité des ryphéesdulibéralbme et du juste-milieu? Les légitimistes ] scdcnt une influence considérable , car la partie la plus r de la population est avec eux. En fait d'habileté ils ne le dent à personne , car sous ce rapport quel est le journal qc pourrait mettre au-dessus delà GazeiutSiÇL face d'une pi
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sànce aussi vivace» SI y aurait ignorance, impériiiet brotalitë^'' à avoir une autre pensée , que de la faire converger directement à l'amélioration sociale en dégageant et en développant les nombreux élémens de progrès qui sont en elle ; car antre^ ment il faudrait Vécraser : or quel est donc l'exterminateur dont le glaive est plus tranchant que celui delà Convention, dont le bras est plus pesant que celui du grand empereur ?
Une politique Jrançaise qui ne donnerait pas une large place auxsentimens de hiérarchie qui font l'essence du parti légitimiste, serait une déplorable rêverie , tout comme unepoliiigue générale fondée sur l'exclusion des peuples àgouvememens dits absolus y et en particulier de VAulriche. Plus exactement, ces deux méprises n'en font qu'une ; et pour y persister après examen, il faudrait n'avoir pas le sens des crises européennes de 1793, iSiSy i83o.
LES MILlTAinES.
Et lorsque nous nous tournerons vers les légitimistes , ce n'est pas seulement à leur cœur que pénétreront notre voix et notre geste ; car il est d'autres hommes qui, dans leurs révcs, appellent eux aussi un colosse de gloire pour se courber avec respect à son approche. La chcvalorle a encore dans les camps de dignes fils qui soupirent après la venue d'un de ces génies devant lesquels la terre se tait. L'honneur militaire , qui n'a pu s'accommoder de l'humilité chrétienne, attend une foi qui relève les fronts au lieu de les abaisser, qui les pare de pourpre et d'or au Heu de les couvrir de cendres , qui donne le inonde à dévorer à la bouillante ardeur de l'homme d'action , au lieu de le claquemurer dans une cellule ou de Tenchaîner au sommet d'une colonne; et cette foi, nous l'apportons.