‹ Religion Saint-Simonienne: Politique industrielle et Système de la MéditerranéeChapitre 2 sur 26 · NOTRE POLITIQUE PASSÉE · texte numérisé non relu

NOTRE POLITIQUE PASSÉE

Le caractère distinctif de notre politique , prise depuis les premiers travaux des disciples de Saint-Simon , c'est que de moins en moins elle est exclusive , et que de plus en plus elle offre une place spéciale à chaque peuple , à chaque parti , jusqu'à les embrasser tous.

Le libéralisme est de tous les partis celui qui a le plus de prétentions au cosmopolitisme; il est rare cependant qu'en fait ii se montre exempt d'un patriotisme hostile. Les libéraux français, dans leurs combinaisons politiques, ont toujours tendu à établir la domination de la France sur le monde : voilà pour la politique générale. Quant à la politique de la cité , le libéralisme est franchement exclusif; semblable en cela aux partis qui l'environnent, il réprouve absolument tout ce qui n'est pas lui; il se croit le type du 6ien^ et il prononce que le Juste milieu et les légitimistes sont l'incarnation du mal.

Nous qui sortions des rangs du libéralisme , nous avons dû d'abord être exclusifs à la manière des libéraux. Dans l'origine

notre politique fut caractérisée par des sympathies popul beaucoup plus largesque les leurs ; car tandis qu'ils réclam pour les masses des droits métaphysiques , le suffrage uni plus ou moins modiGé , nous élevions la voix pour dema en leur faveur des améliorations dans Tordre moral, înt iuel ti physique; pendant qu^ils poursuivaient une égalité tique y sans s^inquiéter aucunement de la répartition des in mens et des produits du travail , nous proclamions que les privilèges de la naissance, sans exception ^ devaient abolis. Mais alors nous ne sentions pas la mission des a partis, yWfe milieu et légitimiste; nous ne comprenions pa; Tun et l'autre représentaient une face de la vie sociale.

Plus tard nous avons enseigné en termes généraux que que parti avait une légitime raison d'existence ; que ch d'eux était la personnification d'un des besoins de la civi tion : besoin de paix et de stabilité pour le juste milieu , soin d'^ordre et de hiérarchie pour les légitimistes. Bientôt cîalisant en hommes logiciens , nous avons examiné en d les faits et gestes du juste milieu ou plutôt de l'homme qu: le type de ce parti , de M. Périer ; tout en blâmant ce qi politique avait eu de rétréci et d'égoïste , nous avons loi ferme volonté de maintenir la paix , et nous l'avons fél de ce que ses efforts avaient sauvé le monde d'une effroj conflagration.

Mais nous ne savions rien dire aux catholiques , s: que le catholicisme était mort , et rien aux légitimistes non que la cause qu'ils défendaient était une (^use pe sans retour.

A la môme époque , notre politique générale roulaii l'association des trois nations qui représentent le plus ps tement les |rois facultés de l'existence humanitaire , < France, peuple sympathique, liant, à^V Angleterre^ pc industriel, matérialiste; et de V Allemagne , peuple spiriutay savant; à nos yeux la plupart des autres peuples de l'Eu^

s^édlpsâient. Nous dégradions les régions catboliqaes et nous les condamnions à une totcle sévère. L'Orient nous apparaissait comme un ilote abruti et énerve. Nous donnions mission à la Russie du soin de le réveiller k coups de canon de Tignoblc léthargie où nous le supposions plongé, et de le faire avancer vers la civilisation à coups de crosse.

POLITIQUE KOUVELLE.

Certes nous ne venons pas faire amende honorable de celiè politique. Nous nous glorifions de Tavoir propagée , malgré ses imperfections, car elle était bien plus large que tout ce qui s'enseigne ou se pratique autour de nous. Mais nous sommes les hommes du progrès, et nous rendons grâce à Dieu lorsque dans nos doctrines une lacune s'offre à nos yeux, parce que c''est pour nous l'indication d'une améliora* tion nouvelle : un vide bien signalé est très-proche d'être comblé.

Des hommes religieux qui disent Dieu est tout ce qui est ne peuvent sans contradiction lancer un anatlième absolu sur un peuple , un parti , une individualité. Des hommes quisanc« tifient toutes les manières d'être à la condition de les coordun^ ner, de les combiner^ de les associer , ne sauraient sans incon« séquence continuer à laisser en dehors de leurs sympathies des forces sociales d'une haute énergie , sous prétexte de tendances rétrogrades; les apôtres de Fassociatioti universelle invariablement cramponnés h des principes exclusifs seraient une dérision.

De môme que la morale i^ouvelle révélée par notre père SUPRÊME ENFANTIN donne une place aux individualités de tous les caractères et développe chaque type suivant sa na^ ture en les reliant tous dans une commune destination ; de même noire politique nouvelle reconnatt le génie propre à cha« que peuple. Le système de la Méditerranée^ traduction maté-<

rîelle de cette morale , appelle à renaplif ttne mission 1 triche , les deax Péninsules et l'Irlande , tout comme la gr trinité de la France , de la Prusse et de V Angleterre. Ai d'enchatncr TOrient au char de POccîdent,iiou$ le glori de ses énergiques efforts pour se remettre en marche t un long sommeil, et nous l'appelons à partager le trôn monde. Et quand j'ai tracé le réseau de chemins de fei doit réaliser le premier terme de rASSOCiAtiON universe je l'ai étendu aux deux rives de la Méditerranée , les plaines de la Mésopotamie comme dans la vallé< Tage,

!Nous avons exposé ailleurs cetie politique générale (i) 30ns notre politique française^ car la France est le pivo monde» Nous rendrons égale justice à tous les partis dans passé ; nous leur signalerons dans l'avenir la satisfaction sentimens qui font leur vie , et pour le présent nous i présenterons ainsi à chacun d'eux sous une face d'altrait. tous les partis celui dont nous aurons le plus à nous occu c^est celui avec lequel nous avons actuellement le moin points de contact , celui des hommes du passé , légitimiste politique , catholiques en religion.

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