‹ Religion Saint-Simonienne: Politique industrielle et Système de la MéditerranéeChapitre 6 sur 26 · L1GI0N · texte numérisé non relu

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Voilà l'ébauche de notre conception de politique générab et de politique intérieure^ notre avant-projet d'organisation du traçait et des travailleurs. Nous avons déjà commencé à élaborer et à développer ces idées premières encore mal dégrossies; nous continuerons infatigablement en rattachant à notre premier anneau , sauf^modificatîon , toutes les institutions existantes , de manière à faire passer doucement la société' de sa condition actuelle à l'ordre que nous lui apportons.

NOS CHAÎnCES.

Nous savons nettement où nous voulons alleri et nous sommes assurément les seuls au mo^de dans ce cas ; car les légitimistes , dont les projets sont moins vagues que ceux des au-^ très partis, s^ils tentaient de formuler l'organisation sociale qui serait en harmonie avec leurs principes, aboutiraient droit à la féodalité, dont certainement ils n'ont nulle envie»' Or lorsque des hommes de cœur, pleins de volonté , de foi et d'activité , étroitement unis les uns aux autres autour d'un chef en qui ils avaient confiance absolue, se sont trouvés mis enface d'une société en désarroi , bien résolus à la pousser en avant vers une destination dont ils avaient conscience , il n'est jamais arrivé qu'ils aient échoué, et leur succès a été d'autant plus rapide que la société qu'ils venaient restaurer était plus désordonnée et plus souffrante , c'est-à-dire avait plus besoin d'eux.

Du moment où notre double projet de politique générale et

intérieure aura été assez éladié, élaboré et perfectionné pour être immédiatement réalisé , de ce jour notre avènement politique sera imminent. Et en effet tout ce que nous avons enseigné d'immédiatement pratiquable depuis dix-huit mois est aussitôt devenu du domaine public , et s'est introduit dans Iftjpratique sociale.

I^es premiers , après les événemens de juillet, au milieu 43cs tlis de guerre , nous avons affirma, nous avons répété presque chaque jour que Pacte diplomatique le plus important à accomplir, c'était l'alliance de la France et de l'Angleterre. En ce moment cette alliance est dans les désirs de la partie la plus éclairée des deux nations et elle est à peu près conclue. Nous laissons à M. deTaUeyrand la gloire d'avoir fait prévaloir cette pensée à la .conférence de Londres : nous revendiquons pour nous celle de l'avoir fait passer dans la presse et de l'avoir popularisée.

Pendant quelques mois nous avons mis à nu l'amortissement, nous l'avons analysé avec une imperturbable constance; et voici qu'à la discussion du budget , pour la première fois l'utilité de l'amortissement a ^té mise sérieusement en question à la tribune : cent soixante-treize voix sC/ sont élevées contre lui , il disparaîtra à la session prochaine.

Dans le Globe de i83i nous avons réclamé avec non moins de persévérance l'établissement d'un impôt progressif sur les successions ; par l'organe de M. Humann, la commission des recettes a déclaré adopter ce principe. Elle ne Ta appliqué qn'avec une réserve excessive; mais le principe est posé , et le Français est de tous les peuples le meilleur logicien.

Il n'y avait pas quinze jours que nous avions démontré les avantages immenses que la France et la civilisation retireraient d'un chemin de fer du Havre à Marseille^ et déjà M. d'Argout annonçait à la tribune que la concession lui en avait été demandée.

Que ceci serve de pronostic à ceux qui douteraient de ce qui doit arriver dès que nos principales idées politiques auront été assez mûries pour être mises en enivre. Ceux qui déjà nous connaissent savent que notre puissance morale va toujours précédant notre influence politique; ils ont vu comment Fautorité personnelle de notre père suprême et de ses fils a toujours été grandissant , si bien que nous avons toujours obtenu les moyens de réaliser nos projets dès qu'ils ont été réalisables. Ceux-là ont à rendre autour d'eux témoignage de nous et de notre avenir, jusqu'à ce que tous nous connaissent, nous aient vu, nous aient touché; ce qui ne saurait plus t^der, car nous ne voulons pas d'un apostolat d'isolement , ou de ténèbres.

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