‹ Religion Saint-Simonienne: Politique industrielle et Système de la MéditerranéeChapitre 8 sur 26 · OISIFS ET TRAVAILLEURS · texte numérisé non relu

OISIFS ET TRAVAILLEURS

La politique , telle que nous Tavons long-temps enseignée , roulait exclusivement sur roPPOSiTiON des deux termes oisi/s et travailleurs. Cette distinction est la plus radicale qu'on puisse poser lorsqu'on veut adopter pour principe un dualisme de lutte. Toutefois cette politique était très -incomplète , en ce sens que nous tenant à un point de vue exclusifs nous deviona

chercher l'amëlloralion du sort du travailleur dans l'aba ment direct des privilèges de V oisif, <]'est ainsi par exe que nous attachions une importance capitale à rétablisse d'un noureau système d'impét, qui eàt reporté sur les r cent cinquante millions d'impôts qui pèsent le plus si pauvre , tel que l'impôt du sel et la loterie, et que nous gnalions la source de la prospérité publique.

De la sorte ooiif ^$ipns de la politique 4e déplacement que nous voulions donner au pauvre , nous le demandio la bourse da riche ; nous donnions tort aux classes élev raison aux classes inférieures. Ce n'était pas une politique conciliation et de pacification , car il n'y avait pas bien^ lance pour tous.

C'est ainsi que devaient se présenter des hommes arr au Saint-Simonisme par la voie libérale. Nous avions d'aï été exclusivement frappés par la face d'émancipation popw des travaux de SAINT-SIMON, et cette face y est préd< nante. Nous n'avions qu'imparfaitement , et seulement i le rapport de la politique générale, le sentiment de l'asso tion tiniçerseile.

Certes , \e le rëpèt^ la distinction ois^s et travaiUeurà fort réelle , et elle a one autre portée que les autres dualis politiques qui ent été posés jusqu'à nous; mais il n'en pas faire une dimian. Certes il y à dans la société des gens produisent sans consommer , d'autres qui consomment s produire. Certes il y a des hommes qu'il serait impossible faire rentrer dans les grandes catégories de Iravaillieurs commencent , l'une au banquier comme Laffitte ou Roi èhild, l'autre an savant comme Geoffroî Saint- Hilain Berzelius , la troisième à l'honnme d'inspiration tel que 1 ranger ou ChateauiMUld , et qui finissent , la première plus humble terrassier i^Ii seconde au maître d'école de ' lage^ la trôisiètne au Méàiëtrier champêtre ; et ces trois se: comprennent toutes les classes qui occupent un rôle direct

aclif dans l'œuvre sociale, industriels, savans et artistes. Certes il y a une grande quantité de virtualités qui s'étiolent hors de cette triple sphère , et qu'il est indispensable d'y attirer: mais pourquoi les y faire rentrer par des moyens coerciiifi? Ensuite n'est-il pas vrai que le dépôt des sentimens élevés dans l'ordre politique , et dans l'ordro^des faits individuels f est le plus souvent autre part que chez ces trois séries de iravailleurs? Ils sont les fils des Gaulois ; parfois ils laissent voir en eux la trace de la servitude de leurs pères. Les fils des Francs 9 aujourd'hui légitimistes et oisifs, plus qu'eux ont conservé à travers les âges les germes de la générosité et de la grandeuTy et l'amour de la gloire. Car enfin c'est M. de Polignac qui a conquis Alger : s'il fût resté ministre, le plus grand projet industriel de la restauration, le canal maritime du Havre à Paris, eût été mis en exécution; et cependant M. de Polignac n'était ni une des plus fortes têtes ni un des plos grands cœurs des classes oisioes.

Les oisifs sont les successeurs des conquérans, les travailleurs procèdent des vaincus. Le travailleur est exploité ; la position de l'oisif j^ar rapport à lui est de fait violente : mais on ne mettra jamais fin à la violence par la violence. Pour affran^ dur l'exploité , le pire moyen serait de vouloir mettre le pied sur la gorge du maître. Ce n'est point en arrachant à l'un ses habits, qu'on assure un vêtement à l'autre ; car on n'obtiendrait ainsi que des lambeaux. Tant qu'on posera le problème en ces termes : « Comment soumettre l'oisif au travailleur ?» on ne le résoudra jamais en réalité , car il ne faut d'ilotes d'aucun genre , Francs où Gaulois. Il n'y a de solution possible qu'en s'exp rimant ainsi : « Comment organiser le travail et le rendre attrayant, de sorte que /'ow//* veuille ètre'traçaiiieur? Quelles Indemnités offrir, morales , intellectuelles ou matérielles dont puissent être satisfaits les détenteurs des privilèges de la conquête en France et plus encore au dehors.

(32) POLITIQUE D'ASSOaATION.

La politique est tout entière dans le sentiment de Fasu iion unmrselle; mais il ne faut pas l'entendre seulement d coniédéralion àfi peuples ou d'un traité de commerce entn cabinets. L'association universelle ne sera réalisée que h qu'il aura été rendu justice à tous , partis , classes^ raçei 3exes ; lorsque chaque nature aura été reconnue, et qu'il loia été assigné un rôle dans l'œuvre commmie. Or jusqu'à ce y les hommes voués aux intérêts populaires n'ont pas àégi l'élément progressif qui subsiste dans les classes qui pratiqo l'oisiveté. Us se sont beaucoup occupés de les maler, fort j d'utiliser la puissance d'ordre , d'élévation et de dévpoem< dont les légitimistes , par exemple, qui en forment une bon partf ont donné de fréquentes preuves.

Quant à nous , nous disons aux libéraux que le seul mo] d'améliorer efficacementla condition des masses, c'est de soi de la politique de déplacement pour entrer dans la politlc d^ organisation, d^ association ; et nous disons aussi aux légi mistes que* dans cette nouvelle politique sont toutes chances d'ordre. Ce n'est point en renvoyant les charges pnl ques d'une classe à Tautrc, que nous poursuivons le prog] social. Après tout , de quelque façon qu'on s'y prenne , ce st toujours les iraçailleurs qui paient l'impôt, puisqu'eux se produisent; et, quelque combinaison qu'on adopte pour i mander aux privilégiés les ressources nécessaires au jeu mécanisme social, la concurrence est toujours là, force fat< qui tend à ramener çans cesse le précédent niveau. Que pnin baisse de cinq centimes le kilogramme (et il n'y a pas loi des céréales qui puisse produire ce résultat), avec la cons tution actuelle de l'industrie et la détresse des chefs de travaa il ne faudra pas six mois ppur que les salaires aient subi ai réduction à très peu près équivalente, La loi de 182 1 est fc

tteàuvaijie ftssor^meiit, celle proposée par M. d^Argonl est Ae beaucoup meilleure, et elle atteste chez cet admiâistrateor des Itmiières et un zèle dont il &ut lui savoir gré; mais en dernière analyse ce iont là des palliatifs impaissans : c^est de la politique de déplacement; il faut chercher ailleurs. ^

La politique S association, qui est maintenant la nâtre^ consiste à reconnaître les intérêts de tous. Ce que nous voulons aujourd'hui , ce n^est ni l'aumône sur quelque échelle que ce soit 9 ni une autre répartition des impôts. C'est l'organisa-^ tion du travail, sauf à aviser plus tard à d'autres moyens de subvenir aux dépenses publiques. L'activité industrielle enrichît toutes les classes, aussi bien le capitaliste à millions que le dernier des apprentis. Quand l'industrie prospère, l'ouvrier gagne de grosses journées, le maître réalise de gros bénéfices. Quand l'industrie prospère, l'intérêt des capitaux estmoin^ élevé, mais le propriétaire des capitaux est alors assuré contre le sinistre de la banqueroute , et pour lui rien nVst plus essentiel ; car la banqueroute est tellement active à bouleverser les fortunes mobilières, qu'il en est fort peu qui se perpétuent au-delà de cinquante à soixante ans. Il y a cinq ans le travailleur trouvait aisément du crédit à 4) à 3, à 2 p. loo. Aujourd'hui qu'il offre au capitaliste 8 ou 10 p. 100 , il peut à peine s'en faire écouter ; jamais les capitalistes ne se sont récrié» aussi fort sur le malheur des temps ; il est en effet certain qœ leur situation est incomparablement plus difficile qu'en 1826, époque à laquelle ils plaçaient leurs fonds à un tans moitié moindre.

Sous le point de vue politique proprement dit, Vassodation^ uniwsrselk c'est l'organisation d'un système de travaux inéba^ triels qui embrasse le globe entier; ce qui suppose une oeuvre^ génà'ale à laquelle tous les peuples aient une part, et umi^ CBUvre secondaire particulière à cha^e pecqile.

Comme prentiier élément d'une œuvre générale ^ j'ai esqjS^ii

k système de la Méditerranée. YoiU pour le trofiaiL Quant à l'organisation des travailleurs^ qui serait indispensable pour conduire à bonne fin une entreprise anssi étendue, l'ai dit aussi comment on pourrait y faire servir les cadres de l'armée , et comment il serait possible de fonder sur l'institution de la conscription , aujourd'hui si odieuse , un système fécond d'éducation professionnelle pour la masse de la population.

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