POLITIQUE FRANÇAISE
Quant à l'œuvre particulière à la France i kotee FiftE su- PRÂicç ENFANTIN , en m'appelant à la direction de nos intérêts politiques » m'a chargé , avec Stéphane Flachat et Bjuw^i Fouensl, d'en tracer le plan; voici très-sommairement queU sont les prindpaui travaux sur lesqueb se porte aotru attention.
Communications, •— Système définitif de navigation , de chaussées et de chemins vicinaux. Système de chemins de fer dont les principaux seraient du Havre à Marseille par Paris; de Nantes k Mayence par Paris et Strasbourg, avec embranchement sur Metz ; de Bayonne k Paris par Bordeaux ; de Lyon à Gray , de Grray à Bâle , de Bâle à Cologne; de Grrày k Verdun par Saint-Dizier; de Paris à Bruxelles ; de Bordeaux à Brest par Nantes.
Exploitation. — Refonte du travail agricole ; s)FStème d'irrigatip^ ; nçiise en valeur de la Basse-Bretagne , des Landes et de la Sologne; dessèchement des marais; plantation des ng^ont^es et surtout des Pyrénées , où les bois sont dans un effroyable état de dépérissement. — Exploitation àt» nûnes ,dg Quille dont un grajKid nombre sont à peûici «fBeur^dâns
les départemens de l'Hëradt , do Gard , de l'Aveyron , da Puy-de-Dôme , de Saône-et-Loire , de ia Vendée et dans plusieurs autres. -^ Exploitation des mines de fer, de cuivre et de plomb dans les Pyrénées , les Vosges et les autres chaînes de montagnes.
Tout cela combiné avec un système de banques , avec un ensemble unitaire d'écoles professionnelles , avec une réorganisation de la propriété foncière : tout cela entouré des établissement accessoires qui s'élèveraient au premier signai pour alimenter, vêlir les travailleurs, les aider et les réjouir dans leur œuvre ; tout cela produirait en peu d'années une révolution immense , toute de paix et de joie.
TcMÉk cela dominé par une conception religieuse qui rattacherait par miUe liens de gloire , de prospérité et d'amour ia Fruice 4 tous les peuples de la terre ; qui pacifierait toutes les classes , tous les partis en leur donnant à chacun le sentiment de la valeur réciproque des autres; qui placerait chaque inrdividualité dans le milieu oè, elle se sentirait le mieux vivre et où die serait le mieux sentie ; qui fonderait la iiberié en consacanmt l'intervention^ Ja F£HME dans la cité et dans le temple; qui exciteFait l'activité de tous par l'entraînement des arts, par l'attrait du plaisir, par les pompes du culte; tout cela fierait ou plut&t sera l'entrée définitive des nations dans mie ^e nouvelle*
Envertn de la mission que j'ai reçue avec Henri Fournel et StéphatœFl ACHAT de notre père suprême ENFANTIN, je fais aujourd'hui , en mon nom. et au leur, un appel aux ingénieurs, aux entrepreneurs d^ industrie,* aux commerçaus et aux agriculteurs ^ afin qu'ils m^adressent tous les dacumens q[ni nous sont nécessaires pour tracer le plan d'ensemble des travaux à exécuter et des étabHssemens industriels à fonder en France , et pour mettre ce plan en harmonie avec le plan général de l'œuvre méditerranéenne. Le >our viendra bieptôt
(36) OÙ nous leur ferons entendre un autre appel, car le temps esi proche où nous réclamerons leur concours actif pour la réali* sation du plan de Tceurre française et de l'œuvre médîterra néenne. ^
capitaux nécessaires. *— ^ nouvel emploi de
l'amortissement.
Quant aux capitaux qui seraient nécessaires pour accomplit l'œuvre industrielle dont nous poursuivons la réalisation, j'ai déjà dit (i) qu'en ce moment les gouvernemens euro<péens dépensaiedt annuellement quinze cent millions poui tenir sur pied, dans une oisiveté dégradante, les trois milliorij d^hommes Us plus vigoureux , les plus alertes de la population ; î'ai dit que la guerre , avait fait souscrire à la France . depuis trente ans » quatre milliards cinq cent millions d'emiprunts , et à l'Angleterre , depuis soixante ans , près de dix Jiuit milliai'ds. D'où il résulte clairement que le jour où il y ^ura des gouvemans persuadés que l'industrie doit être le \ •de l'activité matérielle des peuples, et résolus par conséqu^ ik faire pour l'industrie tout ce que les gouvernemens pas: *ou actuels ont fait ou font pour la guerre dft conquête ou ^défense , rien ne sera plus aisé que de subvenir à tous les fr ^4Ïts entreprises les plus colossales. Sous un régime indi ttriel le crédit en masse acquerrait vite un développemc prodigieux , et comme le gouvernement se trouverait alors \prii.icipal instigateur de la civilisation , le crédit de l'état si tout serait hors de toute proportion avec le crédit des go .'verne'mens actuels.
Il j) a beaucoup de sources d'ailleurs auxquelles il sen possibl e de puiser pour couvrir toutes les dépenses qu'entra serait Ja régénération industrielle de la société ; et ici nQ prendrions un exemple important qui sera de nature à'préc
iS) Sy^ljtème de la Méditerranée, quatrième article.
âer là dislàûct qui sépéité notre politicfue actuelle à'orgofiùa^ iion et Sassociation de notre politique passée de déplace-^ ment. L'an dernier nous proposions de consacrer la dotation de l'amortissement à l'abolition des impâts des boissons ^ de la loterie et du sel ; et sur ce texte Emile Pereire publia alors dans le Globe des travaux d'un grand intérêt. Voici l'usage que de notre point de vue actuel nous destinerions à cette dotation considérable :
Le plus grand obstacle à la formation de compagnies in-^ dustrielles dans le but d'exécuter de grands travaux de commu-* nication ou d'exploitation , ou de fonder des banques provinciales ou spéciales, c'est que de telles entreprises , très-utiles au pays qui en est doté , ne sont pendant un laps de temps que d'un très-faible produit pour les bailleurs de fonds. Nous voudrionis donc que la dotation de l'amortissement fût distribuée , à titre de primes annuelles de 2 à 3 pour 100 tlu capital engagé , pendant dix , quinze ou vingt ans , aux associations qui se seraient chargées de quelque grand établissement d'utilité publique , route , canal , mine , usine , etc. , et la portée de cette mesure serait considérable , car la dotation de l'amortissement va s'élever à quatre-vingt-dix millions qui , à raison de a i/a p. 100, représentent un capital de trois milliards six cent millions.
Ainsi la dotation de l'amortissement entre les mains d'un gouvernement capable qui resterait sourd aux vaines terreurs de l'agiotage , et qui sentirait le rôle que l'industrie est appelée à joueir chez les peuples modernes , suffirait à mettre en train dans un intervalle de quelques mois une masse de grands travaux distribués sur tout le territoire delà France, et montant à TROIS MILLIARDS SIX CENT MILLIONS.
Il y a bien des évènemens qu'on a qualifiés de révolution , et qui ont exercé une influence beaucoup moindre sur la con* dition de toutes les classes que celle qui suivrait cette pacifique levée dé boucliers.
Il serait dlIScile de concevoir une mesure qui f&t une plus pubsante garantie d^ordre intérieur et de sécurité publique ; car les masses ne sont disposées h Témeute que lorsqu'elle souffrent; des imaginations égarées qui iraient prêcher la se dition à des populations abondamment pourvues de trayaij et vivant par conséquent dans l'aisance » n'obtiendraient que la pitié ou le mépris.
Il serait difficile de concevoir aujourd'hui une plus irrécusable ratification de la paix de l'Europe. Car, lorsqu'à la demande du gouvernement français , les banquiers de Paris » de Londres, de Francfort y de Hambourg et de Bâle , auraient commandité l'industrie française de 3 milliards 600 millions , ils se refuseraient certainement à commanditer Nicolas ou tout autre empereur pour guerroyer contre la France. Il y a quelques mois M. Rothschild ayanl commandité le roi Léopold de quelques dixaines de millions , les hommes qui ont le sens des affaires n'ont- plus douté du maintien de l'indépen dance belge. Que serait-^ce, s'il s'agissait, non d'un état éclos d'hier, mais de la France; non d'un seul banquier très-considérable , il est vr^i, mais de la généralité des banquiers.; non de quelques dixaines de millions ^ mais de plusieurs mil* liards?
Ainsi va notre politique toujours se déroulant et s'édaircissant. Dans nos rapports avec les partis, tous les jours nous sentons mieux la vie propre de chacun. Sous le rapport de la régénération industrielle, tons les jours nous> définissons plus nettement le plan des travaux , l'organisation des travailleurs) la nature et Je gîte des ressources 'au moyen desquelles nous en opérerons la réalisation. De plus en plus le monde se saisit de nos doctrines et de nos personnes. La conception mo* raie de notre père KKIFAISTIN Ta mis en haleine , car il en a été remué au fond du cœur, il nous court sus, msâ^ c<k sera pour nous embrasser. Cependant hors de nous tout n'excite que froideur , tout se dissout. En vérité notre jour arriva
(59) Ji grands pas; et hier soir voyant dans les salons de notre PÈRE y parmi une assemblée brillante et animée , plus de deiu^ cents polytechniciens de tous les âges, les uns à cheveœ^ blancs , les autres revêtus de leur glorieux uniforme ^ plusieurs se disaient déjà : « Quelle est donc la destinée de ces hommes » qui ont puissance d'attirer à eux la fleur de la France? D'où y> vient celui qui est leur lien , envers lequel ils se font gloire » d^pratiquer Tobéissance et le dévouement? où va-t-ii? »