FRAIS DE RÉALISATION
Or tous les chemins de fer que je viens d'esquisser, en y comprenant une foule d'embranchemens que je n'ai pas indiqués» formeraient un développement d'environ 6,000 myriamètres (i5,ooo lieues de poste); et à raison de 750,000 francs le myriaraètre à double voie, ils coûteraient en somme 49^00 millions de francs (1).
( I ) On peut évalaer la dépense d'an chemin de fer constmit avec grande solidité et à double voie, à 800,000 fr. ou 1,000^000 de fr. le myriamètre. Je n'ai compté ici que ^So^ooo fr. , parce que sur beaucoup de points il y aurait avantage à commencer par une construction provisoire , parce qu'une partie des chemins pourrait d'abord n'exister qu'à une voie^ et parce que dans beaucoup de pays (et notamment dans l'Allemagne et dans le Nord) onpomN rait, en faisant entrer le bois dans la construction , obtenir une économie considérable.
Une partie des dépenses des travaux publics, chemins de fer, canaux et amélioration des fleuves, provient de la difficulté des percemens et aplanissemens. La science nepeuttarderàperfectionnerles procédés dont on m sert aujourd'hui pour cet objet. C'est par la poudre à base de salpêtre qu'aujourd'hui l'on fait sauter les rochers qui hérissent les fleuves j c'est par elle qu'on s'avance dans les flancs des montagnes. Or la pou^dre ^ax. ce qu'elle était il y a cinq cents ans, quoique depuis lors la chimie se soit enrichie d'innombrables dé* couvertes. U existe déjà des mélanges détonnans qui lui sont bien supérieurs: tels sont ceux à base de chlorate de poiasse ^ tels sont sutfout les fulminates. Pendant la révolution , le gouvernement français fit faijflfees essais en grand avec la pondre de chlorate; on y renonça parce qu'elle était d'un maniement difficile surtout dans les armées ,«ù l'on opère toujours précipitamment et sans précaution. Les fulminates^ dont la force de détonation est plus que centuple de celle de la poudre à base de salpêtre, ne peuvent être approchés sans danger que par des doigts extrêmement habiles. Mais le progrès delà civilisalion j souple rapport industriel, consiste en ce que l'homme s'approprie Jes
C'est à peu près ce qu'a emprunté la France depuis le commencement de sa révolution pour faire la guerre.
Or si on allouait pareille somme à Tamélioration du ré- , gime des eaux navigables et à l'établissement de canaux d'irrigation ou de dessèchement dans toutes les contrées méditerranéennes;
Pareille somme à l'établissement d'un système unitaire de banques qui fécondât l'industrie dans toutes ces contrées;
Pareille somme enfin à la fondation d'un ensemble d'écoles , de gymnases , de musées, où toute la jeunesse recevrait , sans distinction de naissance , une éducation morale et professionnelle ;
La DJÊPENSE TOTALE s' ELEVERAIT A DIX-HUIT HILLIARDS.
C'est à peu près ce que l'Angleterre a emprunté depuis soixante ans pour faire la guerre^
Les puissances européennes ont en ce moment sous les armes trois millions d'bommes , dont l'entretien , avec celui
instrumens quM n^avait pas su maîtriser d^ abord ^ et dont la puissance est précisément en raison de Tadresse qu^ils exigent. C^est ainsi qu'il a fait des merveilles avec la pondre a canon qui avait tué son inventeur , c'est ainsi que la vapeur et le gaz sous sa main sont devenus des leviers admirables. La science est actuellement dominée par des préjugés chrétiens. Ses théories, ses découvertes de détail ont été conçues sous Tempire de la croyance au mal absolu, à Satan ; sousPinspiration du libéra nos à malo. Habituellement les savans n'ont cherché qu'à préserver l'homme d'agens supposés essentiellement mauvais , tandis qu'il faudrait plutôt chercher à utiliser ces agens et à les rendre bons* C'est ainsi qu'on a eu des paratonnerres, et que rien n'a été fait pour tirer parti de l'immense force que récèle l'atmosphère dans les momens d'orage. La doctrine de la réprobation absolue, ou en d'autres termes dn dualisme dieu et diable, est donc , à l'insu des savans , dans la science, et c'est là ce qui l'arrête. Lorsqu'au contraire la science sera fondée sur la doctrine de ï élection universelle, sur la révélation Dieu est tout ce qui est, elle rencontrera de magnifiques occasions de progrès là où jusqu'à présent elle n'a pu voir que des obstacles.
(â4) des places fi»rtes el du maiértel de gaerre, peut être é?alué h 1 &»odo milIioDâ de fratics )* i^ pendant douze ans cette somme ^ail appliquée à la réalisatiou du pian que nous venons d^esquisser ( et certes il ne faudrait pas un moins long intervalle pour Tamener à complète réalisation ) , le monde aurait changé de face sans que les peuples eussent augmenté d'un centime leurs budgets. **
Et si Ton tenait compte de la masse de produits que pourraient créer ces soldats , qui forment la partie la plus robuste et la j^os alerte delà population» et qui retourneraient aux travaux, industriels » si les gouvernemens abandonnaient le système d'observation armée dans lequel ils épuisent les nations^ pour s'associer en confédération înéditerranéenne ; si l'on i&Ekaii compte de l'immense développement que prendrait l'industrie le jour même où un congrès aurait posé les bases de cette confédération; de la sécurité qui, renaissant aussitôt, ranimerait te crédit éteint depuis juillet, et le porterait en peu d'instans à une hauteur inouïe , on concevrait sans peine qu'en supposant indispensable de demander à l'impôt pour les appliquer à l'œuvré pacifique , les i ,5oo millions que dépense annuellement l'Europe pour entretenir ces 5 millions d'hommes dans une oisiveté fort active, la charge serait légère aux populations. Mais il est évident que , pour une destination aussi morale , aussi utile , aussi glorieuse que l'affermissement d'une paix éternelle et l'avéuement politique de l'industrie rehaussée de cent coudées , les gouvernemens associés trouveraient à emprunter annuellement, aux conditions les plus avantageuses , une somme égale à ces i ,5oo millions , et une somme double s'il le fallait.
(i) L^entretien d'un fantassin coûte 5oo fr. ; celoi d^imcavalicnr 'jSo.