XLVIII INTRODUCTION
zo/?<?A- ( fig. 710, 711, 712, 71 3), les Cjchpes{rv^.6o3, 775), les Arimaspcs (fig. 714)» les Griffons ( fig. 714 a). Toutes ces figures devinrent bientôt, entre les mains des artistes, des créations de pure fantaisie, de pure fiction, que l'on plaçait dans les représentations suivant les exigences du goût et le système de décoration. Il en arriva de même pour les Faunes, les Satyres, les Amours. Toute cette plebs divine finit par rentrer, comme les Caryatides et les Atlantes, plutôt dans le domaine de l'art que dans celui de la religion. Cette invasion de l'art pur dans les représentations sacrées porta une grave atteinte au symbolisme antique. Une fois que la flatterie eut reproduit, sous les traits des divinités , les empereurs et les princesses ( voy. fig. 895 et suiv.), élevé le Génie des empereurs au rang des dieux, les .simulacres perdirent en grande partie ce caractère auguste qui en faisait la fidèle expression des sentiments religieux. Les personnages divins qui apparurent sur les monuments , sur les monnaies, s'offrirent comme de froides allégories dont la, trop sensible transparence ne laissait plus d'illusion possible (voy. fig. 901 et suiv.).
Lasymbolique païenneavait cessé d'exister ; car la foi qui lui donnait la vie s'était évanouie, et l'art ou la poésie ne voyaient plus dans les mystères, entourés de la vénération des premiers âges, que des thèmes sur lesquels s'exerçait la fantaisie. Le christianisme recueillit l'héritage du symbolisme helléno-latin, il lui emprunta une partie de ses types, pour les appliquer à ses dogmes propres , aux conceptions plus hautes et plus pures qu'il créa à son tour et qu'il proposa au monde renouvelé ( voy. fig. 908 et suiv.).
Les monuments des premiers âges du christianisme, qui terminent cette Galerie, sont le nœud qui unit les croyances antiques aux croyances modernes, et démontrent que les types de l'art, de même que les idées et les doctrines, ne se créent pas de toutes pièces, mais s'engendrent les uns les autres par des transformations graduelles et insensibles.
ÂLFRF.n MAURY.