POUR LA PREMIÈRE LIVRAISON
JuE juste renom de l'Allemagne savante, la réputation européenne du D^ Creuzer et de son ouvrage , et pardessus tout l'importance du sujet , encore si mal connu en France, recommandent assez le présent travail à notre époque , si curieuse d'origines historiques, pour qu'il soit aussi peu nécessaire qu'il serait peu convenable d'en tracer ici une longue apologie. Nous avons même cru devoir livrer à l'attente publique, que nos efforts à la mieux satisfaire nous ont mis en danger de lasser, le premier volume divisé en deux parties, sans le faire précéder du Discours où nous nous proposons de jeter, tant sur les Religions de l'antiquité, leurs formes, leur esprit, leur histoire, que sur l'ensemble des travaux et des systèmes qu'a produits leur étude, un coup d'œil tout nouveau. L'espoir de recueillir avec plus d'étendue les résultats des recherches et des découvertes qui se succèdent de jour en jour sur l'Orient et sur l'Egypte, et de compléter ainsi la belle mais insuffisante théorie de notre auteur dans son Introduction, nous a fait sacrifier, pour le moment, l'avantage d'amener peu à peu nos lecteurs au point de vue philosophique dans lequel s'est placé
4 AVERTISSKMENT
M. Creuzer , et de les monter , en quelque sorte , par degrés au ton de son langage.
Il est vrai que la nature singulière de cette traduction, les modifications que nous avons fait subir au plan et à la forme de l'ouvrage original , les développemens et les éclaircissemens que nous y avons ajoutés et qui en doublent l'étendue réelle sans en grossir beaucoup le volume, nous ont semblé répandre par eux-mêmes une certaine lumière, et préparer suffisarpment l'intelligence de ce livre. Sans avérer jamais , nous l'espérons du n\pins, la pepsée de l'écnvain allemand, ni la couleur propre et locale de son style; sans omettre ni un fait ni une idée de quelque valeur, en transportant dan$ notre langue sa grande composition, nous nous sommes donné pleine carrière pour en resserrer le tissu beaucoup trop lâche, pour en concentrer l'expression souvent diffuse. Nous n'avons point cherché à lui prêter des formes, françaises, mais à la présenter dans des proportions et sous un aspect plus appropriés au goût français. De là une nouvelle division du texte, et quelquefois une distribution nouvelle des matières^ de là une foule de citations et de détails élagués plutôt que rejçï,t es |d,e là enfin un système de traduction entièrement neuf , et qui ne pouvait guèr^ s'appliquer qu'à un ouvrage de ce genre. Mais^ quelque libre que soit ce système , nous osons nous (latter qup Ips connaisseurs et ceux qui prendronr4a penje^le comparer l'original avec la copie, ne le jugeroi^jt point arbitraire. é : ..
Un changement plus grave porte sur Tordonuf^p^cje gçjnéral^ç deii'puyrage, où nous ayons donné le pa^,jà Ji^