‹ Reliques de Jehanne d'ArcChapitre 7 sur 8 · FILIATION · texte numérisé non relu

FILIATION

Jacques d'Arc était né à Ceffonds en Champag-ne vers 1375. Sa famille semble avoir tiré son nom du village d'Arc-en-Barrois.

Il avait deux frères : Nicolas et Jean. Ce dernier vivait encore en 1336 et était arpenteur du Roi pour les bois et forêts. En 1390, le chanoine Pierre d'Arc, à Troyes, et en 1404 le curé Michel d'Arc, à Bar-sur-Seine, au diocèse de Langres, paraissent également tous deux appartenir à la famille de Jacques d'Arc. Nous avons vu que celui-ci était un des notables de Domremy. 11 était venu s'y établir sans aucun doute au moment de son mariage, car le village de Vouthon, lieu d'origine d'Isabelle Romée, était limitrophe de Domremy.

Ce nom de Romée était un surnom donné en général aux personnes ayant fait le pèlerinage de Rome. Ce qualificatif est absolument personnel à Isabelle et n'a jamais été porté par aucun autre membre de sa famille.

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Il provenait sans doute d'un pèlerinage accompli soit par sa marraine, soit par un des siens, à une époque et dans des conditions que nous ignorons.

Isabelle Romée vint à Orléans vers 1440 pour retrouver son dernier fils Pierre étal)li à Bagneaux, près de cette ville. Elle recevait de la cité une pension mensuelle de 48 solz parisis et mourut à Orléans le 28 ou 29 novembre 1458.

Isabelle avait amené avec elle sa petite-fille Marguerite du Lys, fille de son second fils Jean resté à Domremy.

Jacques d'Arc avait eu plusieurs fois en songe une sorte d'avertissement des destinées de sa fille. A ce propos, Jehanne dit au procès : « Ma mère m'a rapporté que mon père disait à mes frères : « vSi je pensais que « ce que j'ai songé d'elle arrivât, je vous ordonnerais « de la noyer et si vous ne le faisiez pas, je la noierais « moi-même. » « Il s'en fallut de bien peu qu'ils ne perdissent le sens quand je fus partie pour aller à Vaucouleurs. »

Jacques d'Arc vint cependant au sacre de Reims pour voir sa fille dans l'éclat du triomphe et, esprit pratique, il en profita pour obtenir du roi que les villages de Greux et de Domremy fussent exempts de tout impôt. Ce privilège dura jusqu'en 1774, à l'avènement de Louis XVI, où il fut définitivement abrogé.

Des lettres d'annoblissement furent accordées en décembre 1429 à Jacques d'Arc, sa femme Isabelle et

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ses fils : facquemin, Jean et Pierre, en même temps leur fut donné le nom du Lys avec les armes déjà indiquées.

Jacques mourut de douleur d'après certains récits, en apprenant le supplice de sa fille.

La Pucelle était de beaucoup la plus jeune des cinq enfants de Jacques d'Arc et d'Isabelle Romée :

i'^ Jacquemin qui suit.

2" Catherine, sœur très aînée de Jehanne, et que celle-ci paraît avoir aimée comme une seconde mère, avait épousé Colin, maire de Greux. Elle était morte avant que Jehanne eût commencé son héroïque carrière.

3 " Jean, voir ci-après.

4'^ Pierre — ■

5" Jehanne dite la Pucelle.

Branche du frère aîné de Jehanne d'Arc.

JACQUEMIN D'ARC DU LYS, l'aine des fils, s'était marié et lors de la vocation de Jehanne avait déjà quitté la maison paternelle. Nous le trouvons en 1427 établi à Vouthon, où il est cité dans un exploit

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de justice, et dans un autre acte il cautionnait de ses biens deux fermiers de la seigneurie. Comme son père, il serait mort de douleur, à la suite du supplice de Rouen. Il laissa plusieurs enfants, dont :

1° Jeanne, qui épousa Jean du Lys, son oncle, second frère de la Pucelle.

2" Jean qui suit.

JEAN D'ARC DU LYS (le jeune), né vers 1430, suivit la profession des armes où il se distingua, et fut très aime par le roi Louis XI qui le nomma échevin de la ville d'Arras par lettres patentes données à Chartres en juillet 1481, enregistrées en la cour des aides le 10 septembre de la même année. Il y est dit que le roi le nommaeschevin « lorsqu'il eut pris cette ville et qu'elle était toute détruite et dépeuplée, pour veiller à la relever et la repeupler de sujets loyaux etjîdèles. »

Jeanmourut en 1493 à Lihoms-en-Sangterre(Picardie) où il s'était réfugié après avoir été pillé et dépouillé par les partisans de Maximilien lorsqu'ils s'emparèrent d'Arras en 1491. Il eut pour fils :

JEAN DU LYS, dit le Picard, où le capitaine Grand- Jean, compagnon d'armes de Bayard, mort en 1 540, laissant un fils :

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MICHEL DU LYS, gentilhomme ordinaire du roi Henri II, mort en 1562, lequel fut père de :

1° Charles du Lys qui suit.

2° Luc du Lys, conseiller secrétaire du roi, mort en 1628 sans postérité, avait épousé Louise Collier.

3~^ Jacqueline du Lys, née en 1561, morte en 1613, avait épousé Jean Chantrel, conseiller du roi, sans postérité.

CHARLES DU LYS, né vers 1559, avocat général en la cour des aides, mort en 1632, épousa Catherine de Cailly, eut deux fds morts sans postérité.

3° Françoise du Lys, dont les MARQUIS ET COMTE DE Maleissye.

4° Catherine du Lys, postérité éteinte.

Branche du second frère de Jehanne d'Arc.

JEHAN D'ARC DU LYS, second frère de Jehanne d'Arc, suivit sa sœur, fut créé par le roi capitaine de Chartres et de Vermandois, charge qu'il n'exerça que

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de nom, devint prévôt de Vaucouleurs et mourut vers 1468. Il avait épousé Jehanne du Lys, sa nièce, dont :

1° Claude du Lys^ né vers 1450, qui eut huit filles dont la postérité s'éteignit rapidement.

2° Margiien'ïe du Lys, qui suivit sa grand'mère à Orléans et épousa, vers 1468, Antoine de Brunet, postérité éteinte en 1532.

Marguerite du Lys avait hérité, en 1 50 1 , de son cousin Jean du Lys, fils de Pierre. Elle fut seule héritière, tous les autres cousins germains étant décédés.

3" Un fils dont l'existence n'est pas certaine.

4" Etienne ou Théveuin du. Lys qui suit.

ETIENNE ou THÉVENIN DU LYS eut :

1° Claude du Lys, curé de Domremy.

2° N... mort sans postérité.

5° Didier du Lys, qui suit.

DIDIER DU LYS eut neuf enfants :

i'' Jeanne du Lys qui épousa, en 1552, Olry Colin des Hazards, d'où postérité qui se continue jusqu'à nos jours.

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2" vSept enfants dont la descendance s'est rapidement éteinte.

3° Antoine du Lys qui suit.

ANTOINE DU LYS, mort vers 1596, eut six enfants dont quatre filles sans postérité.

1° Claude du Lys avec lequel Charles du Lys était en rapports, mort en 1618, d'où une fille, postérité éteinte.

2° Jean-Jacques du Lys qui suit.

JEAN-JACQUES DU LYS, mort avant 1618, fut père de Renée du Lys, g-rand'mère de Françoise Mynette qui épousa, en 1682, Jean Haldat du Lys, d'où postérité.

Branche du troisième frère de Jehanne d'Arc.

PIERRE, dit le Chevalier du Lys, suivit constamment sa sœur, fut fait prisonnier avec elle, reçut en don du Duc d'Orléans la terre de l'Ile-aux-Bœufs, près d'Or-

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léans et y mourut en 1467. Il avait épousé Jeanne Baudot de Domremy dont :

JEAN DU LYS, seigneur de Villiers-Charbonneauet de Baignaulx, qui épousa, par contrat du 27 mars 1457, Macée de Vesines. II mourut sans postérité en 1501. Son héritage fut dévolu à Marguerite du Lys, sa cousine germaine, femme d'Antoine de Brunet.

Les pièces retrouvées par M. B. de Molandon ont permis de rectifier certaines erreurs, notamment au sujet de la descendance de Pierre du Lys. — Du moment que l'héritage de son fils Jean était dévolu à Marguerite de Brunet, sa cousine germaine, cela prouve d'une manière certaine que Pierre ne s'était pas remarié ou du moins n'aurait pas eu d'enfants de ce second mariage.

II en résulte que Marguerite de Brunet étant seule héritière, ses deux frères, Claude et Thévenin devaient être morts en 1501. Nous savons d'autre part, que Jean, échevin d'Arras, son autre cousin germain, était mort en 1493 à Lihoms-en-Sangterre.

En achevant cet aperçu, nous croyons devoir reproduire une note par laquelle MM. de Bouteiller et de Braux (page 212) ont terminé leur ouvrage sur la famille de Jehanne d'Arc :

« Charles du Lys, ayant été, sans nul doute, le dernier descendant mâle et direct des frères de la Pucelle qui ait vécu, a été par cela même chef de la famille du Lys.

« Le second enregistrement entériné en 1619 en la cour des aides, des lettres patentes de 16 12, ne permet pas de douter de l'extinction pour toutes les autres branches, de tous les mâles de son nom.

« Ainsi, avant de terminer sa carrière, il avait réuni en sa personne, comme dernier survivant, les droits de toutes les branches.

« MM. de Maleissye étant les héritiers directs et les seuls descendants de Charles du Lys doivent à cette circonstance une situation particulièrement importante dans la famille. A ce titre, nous leur devons une mention spéciale.

« La maison de Tardieu de Maleissye, d'ancienne chevalerie, est originaire du Rouergue ; elle s'établit plus tard en Normandie et à Paris. Dans les Preuves de Malte, faites en 1625 pour François-Ignace de Tardieu, tué l'année suivante dans un combat naval contre les Turcs, il est dit par les parrains de ce jeune chevalier, le duc deBellegarde, le duc d'Epernon et le maréchal d'Espinay Saint-Luc : « que sa famille est noble de tout « temps et ancienneté et qu'il est d'une des meilleures « maisons qui soient. »

« Jacques de Maleissye, qui entra dans la famille du Lys par son mariage avec Anne de Barentin, était le

petit-fils de cette marquise de Maleissye, choisie par la Reine, en 1604, comme gouvernante des enfants de France « pour ses rares vertus » et qui fut activement mêlée au mariage de Henriette de France avec Charles P"" (Lestoile, Tillières).

« De la génération suivante était Henry, marquis de Maleissye, gouverneur de Pignerol et des marches d'Italie, qui, dit le Pipre de la Neuville, parvint, par ses grands services à la dignité de lieutenant général lors de la création de ce grade, fît ériger son gouvernement en gouvernement de province, et en l'honneur duquel G. Dupré, par ordre du roi, frappa une de ses plus belles médailles, 1633.

« La famille de Maleissye compte six officiers généraux, un chevalier des ordres du roi, un commandeur de Saint-Louis, quatre capitaines aux gardes, deux ambassadeurs, etc. . . Elle n'a pas cessé de tenir un rang très distingué dans la haute noblesse française.

« Le marquis Jacques de Maleissye, en s'alliant à Anne de Barentin, contractait du reste une alliance digne de lui. Les Barentin sont une des plus anciennes et des plus illustres familles de Picardie. Ils comptent un premier président au grand conseil et un chancelier de France. Une des sœurs d'Achille de Barentin, Marguerite, avait épousé en premières noces le marquis de, Souvréde Courtenvaux dont une fdle, Anne de Souvré fut mariée en 1662 au grand ministre de Louis XIV, le marquis de Louvois.

« Louvoîs eut deux filles, les duchesses de la Rochefoucauld et de Villeroy ; son fils Barbezieux ég-alement deux filles, les duchesses de Montmorency-Chatillon et d'Harcourt,

« La petite-fille de Charles du Lys se trouvait donc tante de quatre ducs et pairs. »

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