IV — I
Altfranzœsische Bibliothek, herausgcgeben von D' Wkndelin FOERSTER. lleilbiouii, Heuniager, IS'D-ISSS. Cinq volumes iu-12.
En ISld, M. W. Foerster, l'éminent romaniste qui a succédé à Diez dans la chaire de pliilologie romane de Bonn, fondait, en concurrence avec la Société des Anciens Textes français, une bibliothèque ou collection d'ouvrages appartenant à notre vieille littérature. Le public lettré n'a qu'à se féliciter de cette féconde rivalité qui met plus vite et plus facilement entre les mains des connaisseurs les monuments encore inconnus ou inabordables du moyen âge français, M. Foerster s'est proposé de publier, sous un format commode, les textes d'ancien français ou même de provençal, ayant un intérêt soit linguistique, soit littéraire; de préférence, s'ils sont inédits, et même déjà publiés si les éditions en étaient rares. Chaque édition doit être accompagnée de notes et d'un court glossaire, suffisant tous deux à lever les difficultés d'interprétation, et précédée d'une introduction qui étudie plus spécialement la langue de l'auteur.
Cette collection parait donc surtout faite au point de vue philologique, et les premiers volumes qui ont paru ne démentent pas ce caractère.
La collection contient jusqu'à présent cinq ouvrages.
L C'est M. John Koch qui a eu l'honneur d'ouvrir la série par son édition des œuvres du poète anglo-normand Chardry. Chardry, dès le commencement de ce siècle, avait été signalé par les divers historiens de notre ancienne littérature. En 1838, M. Fr. Michel en publiait quelques fragments; en 1844, A. de Keller, dans son Romvart, communiquait d'importants morceaux d'une de ses poésies, d'après un manuscrit de la Vaticane, appartenant au fonds de la reine Christine de Suède. Mais jusqu'ici l'aiuvre complète, ou du moins ce qu'on en possède, était
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resté ignoré, M. J. Kocli, utilisant encore deux autres manuscrits, conservés en Angleterre, a publié, cUins une édition critique, et en se fondant sur la filiation de ces trois manuscrits, ce qui nous reste de Chardrj, à savoir : 1° Une vie de saint Josaphal ; 2° l'histoire des sept dormants, légende fort répandue au moyen t\ge de sept jeunes chrétiens d'Ephèse qui, fuyant les persécutions de l'empereur Décius, s'enfuirent et s'enfermèrent dans une grotte, y furent emmurés et, après un sommeil plus que séculaire, furent réveillés par Jésus, au temps de Théodose II ; 3° le Fetit Flet, discussion entre un jeune homme et un vieillard sur les biens et les maux de cette vie. Le jeune homme voit tout à travers le prisme de la jeunesse; le vieillard, désenchanté et las de la lutte do la vie, déprécie et dédaigne tout ce que vante son jeune adversaire.
Chardry serait un écrivain agréable et élégant, si la langue — c'est l'anglo-normand — n'était si altérée. A travers les corruptions qui ont déformé de si bonne heure le normand transporté en Angleterre, et rendent la lecture de Fanglo-normand si pénible, on trouve une plume facile. Chardrj', écrivant dans le dialecte français, compterait parmi nos bons auteurs.
L'éditeur commence par une courte notice sur la « littérature » de Chardry, décrit les trois manuscrits de Londres, d'O.xford et du Vatican (ce dernier ne contient que le Petit Ftet) et en fi.xe le classement; il étudie ensuite les sources des trois poèmes et le poète lui-même ; celui-ci a signé le Josaphal et les Set Lormanz ; mais le Fetit Fiel est anonyme, et ce n'est qu'une induction, du reste très forte, et appuyée d'indices sérieux, qui le fait attribuer par M. Koch à l'auteur des deux autres poèmes, .^près quoi, l'éditeur aborde la grammaire de son auteur, phonétique et flexion ; toute cette partie est de beaucoup la plus approfondie et occupe vingt pages sur quarante-sept de l'introduction, qui se termine par une page où JI. Koch cherche à déterminer l'époque où vivait Chardry. Contre l'opinion de M. Ilermann Suchier qui y voit un écrivain du dernier quart du xii° siècle, il le place au commencement du xni°. Après l'introduction, vient le texte (pp. 1-168) que suivent cinquante-cinq pages de variantes et notes (pp. 169-224), et que termine un court glossaire de deux pages.
Cette publication offrait de nombreuses difficultés, étant donnée la langue encore mal connue dans ses caractères spéciaux dont se servait le poète. M, Koch ne s'est pas montré au-dessous de la tâche dont il s'est chargé, bien que nombre de ses restitutions et de ses corrections soient douteuses et aient été, avec raison, contestées par la critique ' .
' Voir spécialement le long article de M. Mussafia (Zcitschrtfl f. â. Rovinn. p!ii!., 1879, pp. 591 -6U7), si riche en observalious précieuses, et l'article plus sévère de
II. Le deuxième volume de la collection est le poème déjà publié à Londres, en 1836, par M. Fr. Michel, sous le titre de Voyage de Charlemagne à Jérusalem et à Consiantinople. L'édition de M. Michel, d'ailleurs épuisée, était si défectueuse que depuis longtemps une nouvelle édition était devenue nécessaire ; mais il ne fallait pas se contenter, comme M. Fr. Michel, de reproduire, en y ajoutant ses propres erreurs de lecture, l'unirjue manuscrit qu'on en possède au British Muséum et qui est déplorablement corrompu. A travers les erreurs, les altérations, les déformations dues à un scribe anglo-normand de la fin du xin" siècle ou du commencement du xiV, il fallait retrouver un original écrit dans la bonne langue française de la fin du xi'^ siècle ou du commencement du XII''.
M. Eduard Koschwitz s'est préparé, de longue date, à la publication de son Karh des Grossen Eeise nach Jérusalem vud Consiantinopel (1880). Si le poème, en effet, est conservé dans un seul manuscrit, il en existe des traductions dans la huitième branche de la Karlamagmts Saga et autres collections Scandinaves, et dans un texte gallois du moyen ;\ge, et des remaniements dans un roman français en prose du xV siècle, connu sous le nom de Galieii le Réthoré. En 1875, M. Koschwitz publiait dans les Romauisclie Siudien de Boehmer (II, pages 1-60) une longue étude sur l'âge et l'origine du Voyage de Charlenuigne, où il examinait les deux manuscrits connus et les éditions du Galien, la traduction islandaise de la Karlamagnus Saga, avec ses versions suédoise et danoise, et, enfin, la date et le dialecte du Voyage fies deux questions sont connexes); le résultat de ses recherches lui faisait assigner la fin du XI" siècle et la Normandie pour l'époque et la patrie du poème. En 1876, M. Koschwitz reprenait et complétait ce travail dans sa brochure sur la tradition et la langue du Voyage [Ueberlieferuug vnd Sjiraclie der Clmnson du voyage de Charlemagne à Jérusalem, Heilbronn, 1876, in-8°). Entre temps, il avait étudié le gallois, et s'était mis en état d'utiliser la version galloise. Il reprenait la question de la filiation des récits et soumettait la langue à un examen plus approfondi. En 1879, paraissait du même auteur une troisième étude (Secks Bearheilmujen der altfranzwsischen Gediclile von Karh des Grossen Reise. Heilbronn, in-8", 185 pages). Il y publiait d'abord le texte gallois {Tsloria Charles), d'après le Lirre rouge, manuscrit gallois conservé au Jésus Collège d'Oxford, qu'il faisait suivre de la traduction anglaise due à M. J. Khys, l'éminent professeur d'Oxford ; puis le texte du roman en prose de Galien en trois rédactions, d'après le manuscrit de l'Arsenal (B. L. F. 2'26), d'après celui du British Muséum (fr. 1470) et d'après d'anciennes
M. Suchier, dans le LilterntiirMntt fur philologie, 1881, col. 359-363. Nous y renvoyons le lecteur.
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éditions imprimées; enfin, il donnait un poème islandais et un chant des îles Féroé, tous deux inédits et reposant sur les traditions \ioé- ÏK[nes sorties àe la. KarlamaffiiKS Sciffa; il en avait étudié ailleurs les sources {Genncmia, XX, p. 232).
C'est par ce vaste ensemble de travaux préliminaires que M. Koscliwitz se préparait à la belle édition du Voyage qu'il a enfin donnée en 1880. Dans l'introduction, il reprend la question des rapports (fort compliqués du reste) du manuscrit du British Muséum avec les versions étrangères et le Galien français. Il étudie sur nouveaux frais la quesion de l'ùge du poème et de son dialecte, et confirme par l'examen de la métrique et de la phonétique les résultats de ses recherches antérieures, et ceux auxquels des considérations d'ordre littéraire et historique venaient de mener M. G. Paris, c'est-à-dire l'attribution du poème à la fin du xi" siècle, et la parenté qui, pour la langue, l'unit à la Chanson de Roland. Cette introduction vaut surtout par l'étude approfondie à laquelle est soumise la langue du roi/at/e, et qui dépasse certainement les limites de la question à résoudre; car elle nous donne les derniers résultats acquis à la science sur la langue française à la fin du XI" siècle. Vient ensuite le texte reconstitué, avec toutes les leçons non acceptées du manuscrit en note; un glossaire fort bien fait, une table des assonances et une dizaine de pages de corrections et additions terminent ce volume, de petite étendue, à en juger par le nombre de pages, mais riche en faits. Ce poème énigmatique du Voyage, aussi obscur pour l'historien de la langue que pour l'historien de la littérature, M. Koschwitz en donne une édition qu'il est loin, dans sa modestie, de croire définitive; du moins est-elle, à peu de chose près, au niveau des derniers progrès que les plus éminents maîtres ont fait faire, dans ces derniers temps, à la science de la philologie romane.
III. « Ocfavian, aJtfranzœsischer Roman nacli der Oxforder Handschrift Bodl. Haiton 100, zum ersfen ilal herausgegehen von Karl Vollmôller, Heilbronn, 1883. »
Ce poème est un roman d'aventures en vers oetosyllabîques qui se rapporte, quant au fond, au poème de Florent et Octavian, et, par ce poème, à ce groupe de récits épiques qui nous ont conservé des débris plus ou moins informes de traditions mérovingiennes, et dont le plus important est \QFloovent\M. Vollmôller, dans une courte introduction, décrit le manuscrit qu'il reproduit, résume les rares travaux ou notices dont ce poème a été l'objet, en étudie rapidement le mètre et la langue, cherche à montrer que le texte anglo-normand cache un original picard du premier quart du xiii" siècle ; fait suivre les 5371 vers du texte
• Voir plus haut, p. 43 se(f.
d'une vingtaine de pages d'observations qui portent généralement sur les leçons de manuscrit corrigées par l'éditeur, et termine sa publication par un court glossaire d'une page et demie et un index des noms propres. L'étude critique est riche en faits bien choisis et sobrement exposés ; çà et là, des inexactitudes ; plusieurs faits importants n'auraient pas dû être passés sous silence. Les quelques lignes consacrées à l'histoire littéraire ne sont guère satisfaisantes. Dans la constitution du texte, l'éditeur s'est tenu, avec une conscience trop scrupuleuse, à l'orthogTa[ihe du manuscrit qu'il aurait pu soumettre à une correction plus com|ilète et plus approfondie ; il s'est abstenu de parti pris, sauf quand la mesure ou le sens imposaient des corrections : méthode trop prudente, croyons-nous '.
IV. Le Psautier Lorrain de la Bibliothèque Mazarino (n" 198), ancienne traduction des Psaumes du xix" siècle -, publié par F. Apfelstedt.
' Quelques observalions au hasard : p. v de l'introduction : « la finale ioit est d'une syllabe : 2o07 deslrncioii, cependant on peut, dans le vers, supprimer l'article la [ta ilcstriicion la metroi]\ 2817 avision, cf. 267 (^ qui m'a l'ait tel mesprision) •. Il serait extraordinaire que ion fût d'une seule syllabe, alors que cette Gnale est encore aujourd'hui dissyllabique en vers ; en réalit'î, il faut lire dcatrnçon qui est à destruction ce que fuçon, leçon, fi-eçon (v. 2'i9] sont à fartions. Uclione, fi-ictione. De même lire avisnii qui est à iidvisione ce que maison est à masione; avison est fréquent en V. fr. Le scribe a remplacé les formes populaires par les formes savantes. Au v. 2o0, le poêle emploie le mut vision, en trois syllabes, suivant la rèirle. Quant au mcsjn-isïon du V. 267, c'est un barbarisme dû à une correction de copiste. 11 faut lire: qui m'a faite le\ mespriso I ; le manuscrit porte a fait ; l'éditeur se demande s'il n'aurait pas e.\isté un verbe aftiire ; idée bizarre. — V. 179 : « Que nul home del mont la trace •. en note: home] liante [niiima]. Je ne comprends pas celte note. .\I. VoUmœller veut-il dire que le hame du ms. est anie anima? Pourquoi ne pus mettre alors dans le texte ■nul amc ? Est-ce une faute du cop ste pour home (hypothèse vers laquelle parait pui cher M. Vollmœiler puisqu'il corrige dans le texte hame en home] ? A quoi bon la prlose anima ? — V. 2679 ; ju/is^ons (Où nous jwisscns à vos traire) ■ poissons kenne icii uicht >, dit l'éditeur. Lire /loîjvso/vs à l'imijarl'jil du subjonclif. — V. 6-. Pourquoi ne pa» signaler l'emploi de lui, comme sujet (A Keims sera fait li secres. Et lui, Jones rois coroues). A chaque page, M. Volhnœlkr laisse dans son texte des incorrections de la copie qui ne sont certainement pas le l'ait de l'original. J'en ciierai une entre cent : vv. 329-330 (.Au lu (= ftu) la niaincnt de fors Rome : Por lui ploroicnt femes et hiimc<): la rime ici s'accorde avec la grammaire pour réclamer la correction home. — Enlin, signalons, en terminant, l'inconcevable erreur où sont tombés MM. '\'oUinœl:er et Focrsier, à pro[)OS de l'expression c nondé, vv. 2735, 3857, 38^3, 39U, où ils voient je ne sais quel dérivé de onde (?) (el'. page six, dernière lijne) : lisez tout simplement f» non Z)('= in nomine Dci, ou même sans correction ( [= cl\ non Dd (if. a pour al, vv. loll, 3327). — Depuis que cet article a élé remis au bureau de la Soruc. il a paru dans la Romnnia (xi, 609-614) et dans la ZeitS'hrift de Groeber (vi, 628-636) deux comptes rendus de M. G. l'aris et de iL Mussafia, qui proposent un grand nombre de corrections. Nous nous permettrons d'y renvoyer le lecteur.
' Voici lo litre exact ; < Lothringischer Psalter (Bibl. Maz., n» 798), altfranzœsische Uebersetzung dos XIV Jahrliunderts mit einer grammatischen Einleitung enthaltend die Grundzûge der Gramtiialik des Altlolhringiscbea Dialectes, und eioen Glossar, zum erslenmal herausjjegeben von Friedrich Apfelstedt. ■ Heilbronn, 1881.
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Ce texte est des plus intéressants pour l'étude du dialecte lorrain au xiv° siècle ; le traducteur considère son dialecte comme une langue spé^ ciale, distincte des autres : « Ves ci, dit-il, lou psaultier dou latin trait et translateit en romans en Jaingue loreine. » Il est non moins intéressant pour l'histoire de la formation savante en français. Il est curieux de trouver chez un écrivain roman une notion aussi claire de la formation savante que celle qu'indiquent les lignes suivantes de la préface : « Pour tant que laingue romance, et especiaulment de Loresne, » est imperfaite, ...convient que, per corruption et per diseite des >3 mos françois, que en disse lou romans selonc lou latin ; si com » iniqiiitas iniqitiieit, redcmjJiio rédemption, misericordia miséricorde, et » ainsi de mains et plusours aultres telz mos qu'il canvient ainsi dire
« en l'omans comme on dit en latin Li latins ait ( — a) plusour
» mos que nullement on romans on ne peut dire, mais que ( — sinon) » per circonlocution et exposition ; et qui les vorroit ( — voudrait) » dire selonc lou latin en roman, il ne dit ne latin boin ne romans, » mais aucune feiz moitieit latin moitieit romans, et par vaine curiou- » seteit et per aventure, per ignorance, wellent dire lou romans selonc » lou latin de mot a mot, si com dient aucuns negoiia ardiia, négoces » ardues, et effiinde frameam et conchide adrersns cos, effunt taframe et » conclut encontre eulz, si n'ait ne sentence, ne construction, ne parfait » entendement. »
L'éditeur de ce texte, — mort le 5 janvier 1881, à l'âge de vingttrois ans, — devançant une publication qu'avait annoncée depuis longtemps M. Bonnarôot, et qui est maintenant sous presse, n'a pas utilisé des manuscrits découverts par ce dernier, et qui permettent de compléter les lacunes du manuscrit de la Mazarine. Son édition ne rendra donc pas inutile la nouvelle édition que va nous donner le savant français.
Le texte est accompagné et suivi de notes presque toutes purement paléographiques et d'un court index de mots difficil.îs. Nous n'approuvons pas, en général, ces glossaires qui servent seulement à l'interprétation du texte et à la commodité de la lecture. Puisque M. Foerster se propose surtout de soumettre les textes dont il dirige la publication à une étude grammaticale complète, il devrait faire porter l'attention des éditeurs non-seulement sur la phonétique et la morphologie des documents publiés, mais encore sur le lexique. Les ouvrages devraient être accompagnés de dictionnaires complets et détaillés, et non do glossaires de mots difficiles. Il est intéressant, souvent, de noter l'emploi ou la date de l'emploi de mots très connus et très simples, mais qui ne remontent pas à l'origine de la langue (par exemple, la préposition dans). Dans l'espèce, un texte aussi peuplé de mots savants que le Psautier devait être dépouillé avec soin. Ce n'est que par ces
dépouillements et ces relevés complets qu'on peut arriver à réunir les matériaux d'une histoire du lexique français.
L'orin-inalité de l'édition de M. Apfelstedt est dans l'introduction, qui est, en fait, une grammaire complète du dialecte lorrain au movert âge. L'éditeur étudie dans trente-huit pages compactes, la phonétique; dans vingt-trois pages, la déclinaison et la conjugaison non seulement du Psautier, mais encore d'une dizaine de documents ou textes appartenant à Metz, et, en général, à la Lorraine ou à la Bourgogne, et il confirme les résultats de ses recherches par le témoignage des patois modernes.
V. Lioner Ysopet all/fanzœsische UehersHzung des Xlll Jahrlnniâerts in der Mimdart der Franche Comté, mit dem Icritisrlim Te.d des Lateinischen Originals {sog. anonijmits Keveleti), ziim ersten liai heraiisi/egelmi von Wendelin Foerster {18^2).
Ce nouveau texte est une traduction libre en vers octosyllabiques d'un recueil de fables latines du moyen âge, connues sous le nom à'Œsopus ou fables de Y Anonyme de Névelet, recueil qui est lui-même un remaniement en distiques des trois premiers livres du recueil de Romulus.
M. Foerster a été amené par l'étude des sources de son Ysopet français à étudier l'original latin, qu'il a reconstitué et dont il a donné un texte critique d'après les plus anciens manuscrits connus. Dans son introduction, il commence par décrire le manuscrit français qui se trouve à la Bibliothèque de l'académie de Lyon, puis l'original latin dont il découle ; les quarante-huit pages qui lui sont consacrées forment une importante contribution à l'histoire de la fable ésopique au moyen âge. Puis, l'éditeur revient au texte français dont il passe en revue les divers caractères linguistiques. Comme les fables françaises sont écrites en dialecte de la Franche-Comté, cette étude grammaticale forme un complément naturel de celle que M. Apfelstedt avait publiée dans le volume précédent de la collection. Viennent ensuite le texte français, le texte critique de l'anonyme latin, trente pages de notes paléographiques ou grammaticales ou littéraires, et un court glossaire de formes curieuses. Cette étude se recommande par la sobriété et la précision des détails, et on y reconnaît la main sûre d'un maître. En terminant cette revue, souhaitons le rapide progrès de la collection que dirige M. Foerster.
(licriic c-itlque, 18S3, n» 21.)