‹ Reliques scientifiquesChapitre 141 sur 167 · II. — E, I, o, u, Irefs · texte numérisé non relu

II. — E, I, o, u, Irefs

Nous ne donnons pas d'exemples de la chute de ces voyelles ; nous renvoj-ons aux listes dressées par M. Brachet, listes qui présentent plusieurs exemples douteux ou faux ', mais qui toutefois sont assez riches pour établir cette chute avec certitude ^. Nous voulons examiner les exceptions dont M. Brachet n'a pas rendu compte, et qui se ramènent en général à la ti'oisième loi de la chute des finales. Toutefois, avant d'entreprendre cet examen, il est nécessaire de constater que les exigences de l'euphonie ne sont pas les mêmes dans l'intérieur et à la fin d'un mot, et que tel groupe de consonnes finales ne demande pas après lui à'e féminin comme voyelle d'appui, qui, placé avant la tonique, réclame absolument cet e féminin. Que l'on compare sanduni, saint à sanditatem, saintEded, saintEé ; il est évident que la présence de \'e féminin est due dans ce dernier mot, non seulement au groupe net qui précède la protonique, mais encore au t qui la suit ^.

Voici maintenant des exemples de l'action des groupes :

Protonique ë : intEgrinimi — integrin, enterin.

peragrinum — pelegri/i [it. pellegrino) pèlerin.

' Il faut d'abord retrancher de ces listes les mots qui sont de purs dérivés français, voir plus liaut, p. 97, n. 3. U faut ensuite supprimer les mots dont la quantité est donnée faussement : racine de radïcina et non radïcina, etc., et enfin ceux qui en vieux français avaient un e féminin, covatati pcrresil. Nous retrouverons plus loin ces deux dernières caléj,'ories de mots.

^ Ajoutons, toutefois, ici deux exemples : pitu'el moitiiS. PlStâtem, par réduction de l'hiatus au moyen d'un yod intercalé, esl deveati piyëtâtem, d'où pii/lat pitii (je dois cette explication à M. Louis Havul), de même que medietatevi donne mediyetdte, mediyiat,meiytat,meitié,moitii. Toutefois ce dernier mot peut s'expliquer encore par la série mediStdte, medyëtât, mfydtat, meitii, moitié. — A côté de ^i'^iV on trouve les formes pileé et ;ui(fe, pée. Piteé sera expliqué plus loin ; quant k pic'f, pdf. que l'on rencontre Hans le Miracle de saint Éloi (pages 59 a. Il b et 77 b, voir le Jahrbuc/i, ■1869, p. 262), celte forme est étrange ; je ne puis guère y voir qu'un dérivé de l'adjectif pie (dans œuvres pies).

' Un peu diU'érenls sont les faits que présentent les mots comme marlerin, chamberiere, etc., où Ve ne peut représenter une protonique latine. Marierin est un adoucissement de marbrin, dérivé français du mot marbre. A la fin du mot, la langue, n'admettant pas de proparoxyton, est contrainte d'accepter le groupe rbr [maRBRe] ; à l'intérieur du mot c'était autre chose, et marbrin pouvait devenir marberin. De même le latin cameraria a dû passer par une forme camraria, chambrière (trisyllabique), d'oii par adoucissement chamberière (et plus tard chambri-ière). Dans ces mots et les analogues, l'inlercalalion de Ve est un fait postérieur, propre au français ; cette voyelle ne représente aucun élément étymologique. Il n'en est pas de même dans l'exemple de sainteé = sanctitatem. Toutefois ces deux ordres de faits présentent de grands rapporis et on ne peut guère les séparer ; au fond ils reposent sur le même principe. Il n'est pas sûr que Ve de larrKcin soit un affaiblissement de Vo de latrociniiim ; ce peut être un e euphonique, intercalé, dès l'époque romane, aussitôt après la chute de l'o. pour éviter le groupe tr-c ; le fait serait tout à fait analogue alors à celui de marbs.rin, la date seule différerait.

IQ2, ÉTUDES FRANÇAISES

Dans ces deux mots les groupes nt-p-, r-i/r ont sauvé la protonique '.

' M. Bracliet dans le Jahrbuch cile pei-ei/riims comme exemple du maintien de IV loup-, à tort ; car l'c, bref par nature, ue s'allonge pas devant gi\ Le latin populaire ignorait la quantité ad libitum qui n'était qu'une licence à l'usage des poètes classiques. Ceux-ci scandaient pàtr-em, allongeant la syllabe pat, mais non la vojelle à ; le peuple disait pû-lrem. M. Havel m'assure que ni Piaule ni Térence ne scandent pat-rem (et les mots analogues), mais pô-trcm. D'ailleurs la position, si elle modifie la nature de la syllabe, laisse intacte la voyelle qui garde sa quantité et par suite son timbre spécial : srx (et. le grec ïl] se prononçait sèx ; lix (cf. lêgem) se prononçait léx; cl', (lespëctum devenant despit et dirêctum devenant droit. Si la voyelle conserve son timbre devant deux muettes, à plus l'orte raison devant deux consonnes dont la seconde est r. En fait, on n'a pas d'exemple d'une voyelle brève par nature, allongée en roman devant une consonne suivie de r, M. G. Paris dans son Accent latin (p. 39^. M. Schelerdans son Exposé des lois qui régissent la transformation française des mots latins (p. 3S), citent : tonnerre, tonnoire de tônitru ; mais le mot latin presque exclusivement employé par la Vulgate est tonttruum ; arbire de arbiler : il faut partir de arbitrium; tarif re de tér'brum, tarière vient de larùtrum qui a donné l'espagnol taladro, le provençal taraire (cf. latro taire), le v. fr. tarfre, encore existant dans les patois, délormé ensuite en tarière. Âlùcrem, d'où aleqre, s'est confondu avec acrcni dont il a reçu l'accentuation. Eîitier Vital bien de intërjrum; mais Vc n'a pas été allongé par le groupe gr ; il y a eu là simple déplacement d'accent de in sur te pour maintenir le suffixe. Même déplacement d'accent, même coutervation de la voyelle brève dans paupière de palpébra (conservé plus fidèlement dans le palpre du Ps. d'Oxf., X, 5) ou suivant M. Ascoli [Studj critici, parle II) de jtalpctra qu'indique Varrou. On peut citer encore couleuvre, mais colubra présente tant d'anomalies qu'on ne peut rien conclure de ce mot. Colûber a l'« bref, mais non colubra, -brum qui chez les poètes ont presque toujours Vil long, d'où l'on est en droit d'affirmer une prononciation générale colubra, -brum, dont colubra, -brum est une licence due à l'analogie de colùber. D'un autre côté le vieux français culuevre, prov. colobre-bra — esp. culebra (de cul«ebra) indiquent un type colSbra, -brum et même cuclùbra-brum, 11 semble qu'il l'aille admettre l'existence d'un colubra, brum qui, par une singulière mélathèse de voyelles, serait devenu, en conservant l'accent primitif, cûlôbra-brnm. Enfin citons encore ténèbre de tenSbra ; mais ténèbre est savant ; il vient du latin de la liturgie, comme le prouve la forme tenebror qui dérive de l'office du soir ; prima, serundà tencbrarum (G. Paris, Accent latin, p. 4'2). Le Psautier du British Muséum [Codex Cottonianus Nero, C, iv, dans Fr. Michel, Ps. d'Oxford, p. 1S), traduit cette hgne de la 'Vulgate (Ps. xvii, 13] • Et posuit tenebras latibulum suum • par • E posât tenebras sa repostaiUe •. Le mot latin est tout bonnement reproduit. C'est un exemple, comme beaucoup d'autres, de mots dus aux clercs ou au latin de la liturgie, et entrés dès les premiers temps de la langue dans le parler populaire. Tels sont encore chapitre, titre, ordre, épître, diacre, etc. ; si ces mots étaient populaires, c'est-à-dire remontaient par tradition orale au latin parlé en Gaule au iv siècle, ils seraient devenus chavii ou chevii (avec l mouillée), seil (cf. scille de sitiila), orne (orne d'ailleurs existe en v. français au sens de rang, ligne, et dans les patois au sens de sillon, de là ornière], evestre, diaigne (ou quelque chose d'analogue). Ces mots ont conservé l'accent latin parce qu'ils ont pénétré dans la langue avant le xii" siècle, époque où se perd le sentiment de l'accent lalin et français. DàU'i capilulum, chapitre, ca devient cha parce qu'on seniait encore la parenté de cha (prononcé sans doute Icha ou peut-être encore hcha) avec ca ; c'est aiusi que le mot savant candelabrum de\ienl chandelabre dans l'Alexis. Il faut donc distinguer soigneusement des mots vraiment populaires, ceux qui sont entrés par le latin des clercs ou le latin liturgique dans la langue, et qui dès lors se soumettent aux lois phonétiques générales de la langue. Pour en revenir à ténèbre, s'il venait directement du lalin populaire, en admettant l'accentuation tenebra et même tencbra, il serait devenu tenierre (cf. febrem, fierre) ou tenoivre (cf. bibere bfb're [= bêb're] boivre). L'espagnol tiniebla, au xiv" siècle tiniebra (Berceo, &(» Millau, 212, 2) rentre dans la série des mots comme chapitre.

Protonique c : * supm-dnum — soverain à côté de sovrain '.

* biburàfmim — beverage à côté de bevrage ^. opErâre — overer à côté de ovi'er ^.

sepElire — sevelk'^.

* jjaiqmnnum — poverin ^.

Ici nous trouvons Faction combinée des groupes v-r, v-l devant la voyelle accentuée. La forme primitive et normale est ovrer, bevrage, sovrain, sevUr, povrin ; mais la langue a senti le besoin d'adoucir ces formes; ce n'a été qu'une tendance, et non une transformation absolue ; voilà pourquoi Tintercalation de l'e féminin n'a lieu en somme que sporadiquement. De même les futurs en vrai [avrai, savrai, devrai) sont la règle ; les formes postérieures en verai, l'exception '^.

Il faut encore citer comme exemple du maintien de la protonique obéir, béiieïr, maMr, qui sont des mots de formation savante ', aie vain,

' Fille sui Dieu le soerain père (Kose, 5840).

Car pleusl au souvraiii roi (Barlsch, Rom, et Pastoiir., p. 49).

Moul amoit Dieu souvrainement (Tobler, Aniel, 81).

Liqueuls d'euls doux est lor sires soudains (Amis, 3120).

He Des, fait-il, biaus pères souverains {Id., 3080).

Dout est ferme par droit sus amour souveraine (La Dit des Dames, 24).

Où sont-ils. Vierge souveraine ? (Villon, Ballade des Dames de jadis).

* Ains del beverage ne bui (Crestien de Troj'es, dans Mœtzner, Altfr. Lieder, XXXVIII, 28, p. 64). La mesure demande de lire beverage et non bevrage; Ve de ve n'est donc pas orlhograpliique. Le texte publié par Wackernagel dans ses Altfranzœsiiche Lieder porte (p. 44) : Onkcs del boeraige ue bui.

3 Tut ad oes tiveret (Pb. de Tbaiin, Bestiaire, éd. Wright, 83). Vers de sept syllabes.

Por qui Deus a plus overé (Chronique des ducs de Norm., III, p. S05, vers 1307); vers de huit syllabes.

Ouveruigne dans Palsgrave, 29.

* La forme seoelir est la seule usitée ; scvUr ne se rencontre pas. 5 Si lui'n remaint, si l'rent as poverins (Alexis, 20, e).

Nos somes ci. m. conte poverin [Girbert de Metz, dans Bœhmer, Hotnatt, Stud., I, 312). Poverin peut être un dérivé français de povre, comme marberin l'est de marbre,

^ Et vos neveus tos quiles raveres (Aliscans, 1330).

Vostre amour avérai (Bartsch, Som.. et Pastour., p. 151).

Tenez, biaus fieus, vous l'aueres (Tobler, Aniel, 143).

No[s]lre grant guerre averiens alînei (Girbert de Metz, ibid., I, p. 445, v. 46).

Vers tôt le mont les deveries tenir (/</., ibid., p. 457, v. 26).

Faut-il attribuer à l'action des groupes (tout comme dans cArt»i5m«/T, marberin] ou bien à l'action analogique du futur de la première conjugaison, les formes telles que frainderat (P. d'Oxford, S.XVIII, o), beneisterat [id., ibid , 10), prenderai (Huon de Bordeaux, 239), bâtera (Bartsch, Ro,d. et Pastour., 2i9). venderoient (Joinville, éd. de Wailly, lxii, 318), metterons [id., ibid., cxn, SSO), etc., etc. ? Vraisemblablement il faut distinguer suivant les mots. Ces formes exceptionnelles se poursuivent jusqu'au XVI' siècle, et Ronsard dans son Art poi'tijue recommande de les éviter.

' OierfjVe aurait donné ob-audire, ovoïr; cf. le prov. abauzir ; benedic're et maledic're, sous l'action du latin liturgique, ont conservé intact le premier terme bene. Les formes populaires d'ailleurs sont bendire et maldire. Ces trois mots ayant été introduits avant le xi" siècle, le d médiat a pu ensuite disparaître.

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qui présente un fait particulier •, oUj)Jiaiif de clëphdnteiii, mot bizarre qui ne semble pas être d'origine populaire, emperere qui est une véritable anomalie. On ne peut çruère admettre dans ce dernier mot l'action d'un groupe mp-r, car kmi>erare donne terû\)Ter et non ieiu])ever; il est vrai que la métathèse tremper semble indiquer une difficulté de prononciation qui rendrait compte de ïe de emjj-e-rerc ; toutefois ce groupe mjir est normal en vieux français. Y aurait-il dans emperere une influence savante du titre imperator remis en honneur par Charlemagne et ses successeurs ?

Protonique î : significat — senefie,

certificat — {a)certefie,

maginf'icat — magnefie *, multipVicat — montepiUe, moifteplie, quadnfùrcum — carrefour^ quadriliénem — careillon, matriculdrium — marreglier^, dmninicéUa, dom-

nicélla — dameiseïïe,

Patricidcum — Ferrecg, asperitdlem — asjierté, asprelé, sanctitdtem — saintedè (Ps. d'Oxford, XCII, 1) ;

et de même : caslitdtem — chasieé,

* mifidddtem — netoè,

* piitidUdtem — puteé,

* vidiatdtem — veveé,

* quietitdtem — quileded (Roland, 901), etc.

De ces mots en eded, eè, les uns sont primitifs : sai/itcé, chasfeù ; les autres sont dus à l'analogie des premiers*, et remontent certaine-

' Alerain vient de allëvimcn, et apparlieiil à la famille de allevare, v. fr. aletei-, composé dans lequel levare a élé traité comme s'il était simple : a-leoer (voir plus haut, ç. 99, note 5). Le maiuuen de l'e dans nl-e-ver a déterminé celui de al-e-vain,

* Les composés en * -/îcare =z fier, pe dét-oinposent en leurs deux éléments qui prennent chacun l'accent ; voilà pourquoi * ficâre frarde son /. Le traitement de -ficare comme * fîcare semble toutefois indiquer qu'on a alFaire à des mots d'orijçine savante, et ce qui vient à l'appui de celte manière de voir, ce sont les lormes certainement populaires a'igier, fi-oligier^ œilJficare, fnu-tlfimre, dans lesquels ia protonique immédiate de ïcàre tombe régulièrement. Même doute pour moiiteplici'.

' Dans matricularium ^ malnrlirium , mari-Ez/lier, le maintien de l'i est rendu nécessaire par le ;;roupe précédent tr et c'est la seconde proionique « qui tombe.

♦ Quelle est l'orij;ine de âtcche(f, conteé, pileé, m'jis qu'on rencontre à côté de <luc/«f, conté, pitif {ou j/tti^i . par exemple dans : < Lors dona li empereres Baudoius au conte Looys de Blois la duché de Nique . (Villehard., cxxvi). • Quant vint à tcre si en fist duceé . (Huoii de B>.rd., 3109). . Et le meilleur castel de cbeste conteé . (Uoon de Mayence, v. 242) : . De la douleur qu'ele a et de la piteé . (W.. v. 222 ; cf. id.,

ment à l'époque primitive, où les adjectifs niiidus, ptifidus, etc., ne s'étaient pas encore contractés en net, put, etc., et où le suffixe était encore vivant sous la forme itate (ou edade, edad). D'un autre côté, des mots tels que honitatem, saaitalem, puritatem, veritatem, etc., devait se dégager plus tard, dans la période française, un suffixe ié qui a développé des mots comme lascketé, hsté. Dans ces mots nouveaux, on voit tantôt paraître un e féminin, tantôt non ; l'e se produit quand l'adjectif radical est terminé par un e [lasche, tascheté), ou par une ou plusieurs consonnes qui, combinées avec le / de té, produiraient un groupe peu harmonieux '/«/s, maXi falseté;cliétif , mais, cMtiveté, etc.). Enfin, dans certains mots, \'e indique un commencement d'orthographe s,-à\&\iie (pureté, seiireiè, k càié Ae parlé, seiirté, et par analogie /o/e/c', etc.).

Comment expliquer les mois preechier, empeechier, qu'on rapporte à 2)rœdicare, inqiedicare? Preeckier a une autre forme prechier^, qui est directement le lat. prmdicare ; cf. vendicare, venchier (à côté do vengier). Quant à jireechier, ne serait-il pas issu àe * pi-aedictiai-e f QaoU que le changement de cti en ch soit encore inexpliqué, il n'en paraît pas moins formel dans allécher, delécher , fléchir '^ , etc. L'explication des diverses formes de empéchier : empaiechier, empeechier, empeschier, ernpegier reste insuffisante : empaichier, empeçjier, remontent à * empactiare, empedicare, mais empeechier ?

Protonique ô etic. Je ne vois à citer que pctrosélinuni — percsil ' et

V. 712, 749, etc.). Il l'aul voir dans ces mots, non des formes primitives, mais des formes analof^iques de date relativement récente. Duc est un mot savant pris du latin dux ; de ce mot, après le vii= siècle, on tire à l'aide du suffise atiim, le dérivé diic-atum qui devient ré^'ulièrement- diichié. et à l'aide du suffixe itatcm (sous une lurme telle que edad, ou eded), le second dérivé durh-edtfd, d'tc/ictf. En etict, après lo vil' siècle, le chaDiçemrnt de ce ci en che chi est normal ; cf. sliiiia eschine, qvisqivinum heskunum chaseim, qvcrcinum liersmis chcsne ; de la même manière diic-issa fait duch-esse, franc-itia f'ranch-isc. Duckeif eàl douu un doublet à côté de duchié, doublet dû à l'analof^ie des formes telles que qtiitedil, saiiitedc', netedi', etc. Même explicalioa pour pitee', contei ; ce dernier surtout étaii amené nécessairement par duchié, d'après le parallélisme <^«cA^, ducheé; conté, conteé.

' Les vers suivants réunissent les deux formes : ja [.&)i\, prceschier ne sauras Que tien en aies por preschier (Chev. au 13'ou, 5954-55). L's qu'on rencontre devant ch est purement orthographique.

" Nous supposons que cette forme aurait subi, postérieurement au chanf-'emeut de tiar en c/er, un changement identique à celui qui a atleinl la palalale. Ti ■\- une voyelle, et c(e;, c[i), deviennent eu même temps dans les diverses langues romanes c, îs ; à une seconde époque [voir p. 104, note 4), dans tle nouveaux mots ([)Our la plupart d'origine germanique), le c palatal de ka, ké, Iti se change en français eu c et le groupe [c]tl -\- une voyelle, reiormé alors, subit également ce changement.

^ "Voir plus haut, p. 97, n. 1. Cf. latrôcininin larrecin, latro lerre. — Nous ne citons pas ici le mol leopardum parce que Vo n'y est pas réellement une proLonique. Ce mot a revêtu des formes variées en français : liepait (Crest. de Troyes, Chev. au lyon, 178 ; Doon de Mayeuce, 1C57 ; Durinart le Galois, 1279 ; etc.) ; Ueupart (Durmart, 7024) ; leupavt (Roland, 733, 1111, 2542) ; lepart (Roland, 728) ; hpart (Huon

turtûrella, qui donne tortrelk ', d'où plus tard par adoucissement torterelle-.

Il convient maintenant de rappeler l'action exercée par les consonnes mouillées h i sur les pi'otoniques qui les précèdent : humiliare, iimûlkr; AvEnionem, Avignon ; * campinionem, champignon ; acvleonem, agviUon ; papiliônem, pavillon (de là les suffixes ilîon, ignon, qu'on trouve dans chambrillon, cendrillon, èclutntillun, inaquignon, lumignon ^, etc.

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