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L DISCOURS PRONONCES AUX FUNERAILLES

Hautes-Études que six ans plus tard, lorsqu'un décret en date du 15 janvier 1883 l'eut appelé à la chaire nouvellement créée de Littérature française du moyen âge et d'histoire de la langue française, et juste récompense d'un talent hors ligne et d'un succès peu ordinaire, eut fait de lui, à trente-six ans, un titulaire en Sorbonne. Entre temps (en 1881) lui avait été confié en outre nn troisième enseignement, celui de la grammaire française à l'École normale supérieure des jeunes filles qu'on venait de fonder à Sèvres. Grâce à son tact autant qu'à sa science, il réussit admirablement dans cette délicate mission. Le Cours de grammaire française, qui est le résumé, fixé, amélioré, complété d'année en année, de cet enseignement entièrement neuf et original, rendra certainement, s'il est publié, les plus grands services, même à d'autres qu'à la jeunesse féminine de nos écoles.

Ces charges si lourdes de l'enseignement, auxquelles il se préparait avec une conscience extrême, n'occupaient cependant qu'une partie de son activité. Depuis 1871, il avait enti;ei)ris, de concert avec M. Hatzfeld, qui fut aussi son collaborateur pour un excellent Tableau de la littérature et de la langue française au xvi° siècle (1878), un Dictionnaire général de la langue française, dont la double originalité devait être de présenter les significations des mots, non pas selon leur importance usuelle, mais dans l'ordre historique du développement de leurs différentes acceptions, et d'autre part, d'expliquer dans une volumineuse introduction, œuvre de Darraesteter seul, l'histoire complète de la langue et de la formation du vocabulaire, en renvoyant perpétuellement pour les exemples au corps du dictionnaire. L'énorme travail est fort avancé ; la préface est tirée ; le vocabulaire n'attend, pour être achevé, qu'une révision des premières lettres de l'alphabet, dont Darmesteter disait avec sa modestie habituelle : d Quand j'ai commencé à travailler au dictionnaire, j'étais un enfant. » Si l'introduction n'est pas rédigée, tous les documents qui doivent la composer sont réunis et classés : il y a donc lieu d'espérer que , plus heureuse que l'œuvre qui avait tenté son ambition juvénile, celle qu'il avait destinée à illustrer son âge mûr pourra voir le jour, malgré la catastrophe qui l'a enlevé en laissant doi'énavant

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