C. I. Z., t. III, pars I
Kistagne iii foro ',
c? IuliO c? fiL S ERG SEVERO UC seviro TuRMAe VEQ r illl VIRO VIARVM Cui-aNDarVM XV VIRO SF IriB Mil leg ..II GEMINAE qVAESïOR PROvinCIAe MACEDONIAE CANDlDAtO DIVitrAI p ARTIC I TRIB Pl eB CANDIDATO eiUSDEM PR^TOR LEG LEG XIIII GEMINae lEG PR PR IMP TRAIANI HADRIAiiI AVG PrOVINCIAE DACIAe COS LEG PR Pr PROVINCIAE MOESIAe INFERIORIS LEG PR PRPRO VINCI A E ERITTANIAE LEG PR PR prOVINCIAE IVDEAE leG PR PR proviNCIAE SVRIAE HVIC sénat US aVCTORE imp tralANO HADRIANO auG ORNA M ENTA TRIVmpHALIA DECREVIT OB RES IN iuDEA PROSPERE GEstAS d D
Sex. Vinicio Faustino [C (■?■>] ZiiUo C. /■|l[io] Sergi'« {tribu] Severo v[\vo\ c[larissimo] seviro Uirmae V eq[uitum] R[omamrum] till viro »iarum curandarum XVviro s[acris] f[aciund;s], ^;7b[uao] mi7[itum] leff[ioHis] xill (;?) gcminac, îuacstor[i] pro^Oicke MacoiloDiae, candidat divt ^/■aj[ani] ^;aruci, lrib[uno] p?«b[ei] candidato e;'usdera, praetor[i], leg[ato] leg[ionis] XIIII gomino, feg[ato] pr[oJ pr[œlore] imp[Gratoris] Trajani Hadriawi Aug[usli] p/'ovinciae Daciag, co[n]-s[uli], Ieg[ato] pr[o] pr[œlore] provinciae Mœsiae iuferioris, leg[ato] pr[o] pr[8etorel provinciae Briltaniac, leg[ato] pr[o] pr[œtore] jjrovinciaa Judeac, Zeg[alo] pr[o] pi'[6elore] ^jrous'nciae Suriae. Iluic Senatus^ auctore i»2^[eratoro] Trajano Hadriano Aus- ornameuta triiiOT/Aalia decrevit ob res in ludea. prjspere ges^as. D[cciirionum] d[ecrelo].
« A Sestus Vinicius Faustinus Jullus Sévérus .. légat impérial de la province de Brclagnc, de la province de Judée, de la province du Syrie. Sur l'avis de l'empereur Trajan Hadrien, le Sénat lui accorda les ornements du triomphe, pour avoir mené à bonne fin les affaires de la Judëe. »
Cette importante inscription, découverte par M. Mommsen, si nous
' Nous résolvons dans notre texte les combinaisons de lettres doubles qui abondent dans cette inscription.
ne nous trompons, en 18C6, a permis de dissiper les obscurités du récit que fait de larévolte juive l'historien grec Dion Cassius ou plutôt son abréviateur Xiphilinus. Dion, en effet, a fait une confusion entre les deux Sévérus, tous deux gouverneurs de Syrie, Tibérius Sévérus, légat de la 4° Scythique, à qui est dédiée l'inscription grecque d'Ancyre, et Julius Sévérus, gouverneur de Bretagne, puis gouverneur de la Judée et vainqueur des Juifs. Dion, de ces deux généraux, a fait un seul et même individu, si bien qu'il est impossible, d'après son récit, de sortir de la difficulté que présente le rurstis honorum de ce double personnage '.
Résumons les faits qui se dégagent des diverses inscriptions relatives à la guerre juive sous Hadrien.
Le 5 Juifs révoltés reprennent posse-ision de la Judée. Le gouverneur de cette province, reconnaissant son insuffisance, est obligé d'appeler à son aide le gouverneur de la Syrie, Publius Marcellus. Celui-ci arrive à son secours, sans aucun doute avec la 4° Scythique, et le légat de cette légion, Tibérius Sévérus, prend provisoirement, à la place de Publius -Marcellus, la direction des affaires de la Syrie. Hadrien envoie en outre contre les Juifs la 3'= Cyrénaïque, la 3'^ GalUca, une cohorte des Lingons ainsi qu'une vexillation de la 10° Gemina. La révolte prenant un caractère tout-à-fait redoutable, l'empereur se rend sur le théâtre de la lutte. Il fait venir de Bretagne le plus grand général du temps, Sextus Vinicius Julius Sévérus, qui se rend, non sans peine, maître de la révolte. Hadrien, dès lors rassuré sur l'issue de la guerre, retourne à Rome en triomphe (an 134), reçoit Yimperhnn du Sénat, qui lui élève un monument pour rappeler son triomphe et l'heureuse délivrance de l'empire, et l'année suivante Julius Sévérus reçoit à son tour les honneurs du triomphe et, récompense plus haute encore, le gouvernement de l'importante province de Syrie.
Nous arrêtons ici ces Notes èpiyraphiques. Nous nous sommes témérairement aventuré sur un terrain qui, depuis trop longtemps déjà, ne nous est plus familier. Puissent les notes qui précèdent inspirer à de plus compétents la pensée de poursuivre ces recherches, d'aborder un domaine trop longtemps abandonné par nos historiens juifs ! C'est ce désir et cette espérance qui ont fait taire nos scrupules et qui feront peut-être excuser ou pardonner auprès des savants spéciaux la hardiesse de notre tentative.
[Rente th.t Éliiihs jv.ire.<, ISSO, vol. I, 32-5û.)
' Voir Waddisgton, Vie du rhiteur Aelius Âristidcs, dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lellres, t. XXVI, nouvelle série, p. 227 et suiv., 1867 (mémoire lu en janvier, février et mars 18G6).
Iscrizioni inédite o mal note Greche, Latine, Ebraiche di antichi sepolcri Giudaici del Napolitano, édite e illustrate da G. J. Ascoli. — Con ollo tavole fotolitografiche. Torino e Roma, Ermano Loeschor, editore, 1880. — Un vol. in-8'' de 120 pages (Extrait des Actes du quatrième congrès des Orientalistes tenu à Florence en 1878).
Le savant éminent à qui la linguistique indo-européenne doit la célèbre Plionolorjie comparée du sanscrit, du grec et du latin, à qui la philologie romane est redevable de YArchivio gloitoloyico iia.liaiio, et, en particulier, des admirables Saggi Ladini qui ouvrent la collection, le digne successeur des Bopp et des Diez, l'illustre professeur de JMilan, M. Ascoli, revenant, après une vingtaine d'années d'interruption, aux études juives de sa jeunesse, offre aujourd'hui au public le résultat de recherches par lui entreprises sur des inscriptions hébra'iques d'anciens cimetières napolitains. L'auteur avoue que c'est là un sujet bien éloigné de ses études habituelles, et il reconnaît que la hardiesse de la tentative, loin d'excuser ses erreurs, doit plutôt lui mériter les sévérités de la critique. Celle ci cependant reconnaîtra de son côté qu'il est impossible de rencontrer dans le nouveau livre de M. Ascoli la moindre trace d'inexpérience et d'incertitude. On ne s'aperçoit point qu'il s'est trouvé en présence d'un sujet nouveau pour lui, tant sa marche est si!ire et ferme. Dès les premiers pas, il prend possession de son sujet avec cette puissance et cette autorité qu'on est habitué à rencontrer dans ses recherches linguistiques. Etendue de l'information, aussi riche et complète que possible, minutieuse attention qui ne laisse échapper à l'examen aucun détail, largeur et originalité des vues qui renouvellent ou créent la science, toutes les qualités de son puissant esprit se retrouvent ici entières. Dès le début, il se place à côté des maîtres de la science épigraphique juive ou chrétienne, les Zunz, les Rappoport, les Levy,
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les de Eossi, etc., et son livre imprime à cette science une direction nouvelle.
L'auteur divise son ouvrage en cinq paragraphes dont nous allons rapidement résumer les points importants.
§ I". (p. 7-19). Sgii.ardo générale. Jusqu'ici on a reconnu dans les inscriptions juives deux séries bien distinctes l'une de l'autre par la langue et le temps. D'une part, est la série des épitaplies écrites en grec ou en latin, ou dans une langue mélangée de grec et de latin. Les noms propres en sont généralement hébreux, mais habillés à la grecque ou à la latine.. L'hébreu n'y parait pas ou parait à peine dans un mot d'augure. L'esprit juif n'en est pas absent, loin de là ; il s'y montre au contraire avec force dans la représentation de symboles, le candélabre à sept branches, le loulah, Vcihrog, et dans quelques formules. Les exemples de cette série nous viennent pour la plupart de Rome, et se placent entre le i<"' et le iv<= siècles.
La seconde série appartient au moyen âge. Les épitaplies sont tout en hébreu et les symboles ont disparu. La plus ancienne inscription, signalée par Zunz, était une inscription de Wowns, en Allemagne, datant de 108'3. Les découvertes postérieures n'avaient pu faire reculer cette date que de quelques années à peine.
On constatait ainsi une lacune de près de sept siècles entre les deux séries d'inscriptions. On ne s'étonnait pas d'ailleurs de ce long silence qui s'étendait entre le point où s'éteignait l'hellénisme rapporté en Occident par l'élément palestinien, et le point où l'épigraphie tombale allait se ressentir du mouvement intellectuel qui ramenait les Juifs à l'usage de la langue des aïeux. Les deux séries paraissaient donc distinctes ; traversées l'une et l'autre par un esprit différent, ellei représentaient deux mondes opposé?, et l'on ne pouvait songera combler la lacune qui les séparait.
L'étude nouvelle de JL Ascoli renverse cette liypotlièso. S'a,ipuyant sur des inscriptions récemment découvertes et pour la plupart inédites, et sur quelques autres déjà publiées et connues, mais auxquelles on n'avait pas prêté l'attention qu'elles méritaient, l'auteur établit la fausseté des vues précédentes, et déclare qu'il est possible de combler la lacune, et que la série gréco-latine vient aboutir à la série hébraïque du moyen âge et s'y fondre insensiblement.
Après cet aperçu général du sujet, l'auteur reprend dans le § il [Srhiarimenti al % i", p. 20-38) quelques points spéciaux qu'il n'a fait que toucher dans le § i<"'. Dans ces notes additionnelles, il étudie :
A. Les noms hébreux ou araméens (transcrits en langue vulgaire) des inscriptions juives, grecques et latines.
B. Les mots hébreux qui S3 rencontront cà et là dans quebjues-unes de ces inscriptions.
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C. La date de quelques inscriptions du moyen âge, trouvées à Prague et à Worms.
D. Quelques anciennes inscriptions de la Palestine.
E. Divers témoignages historiques relatifs à la présence des Juifs dans le territoire de Naples, du iv« au vi« siècle, et, en particulier, relatifs à Sabbathaï Donolo, l'illustre médecin et astronome.
§ III. Le catacomle dl Venosa (p. 39-50). Les catacombes de Venouse contiennent un hypogée juif dont les inscriptions, peintes et non taillées, ont été relevées parDeAngelis et Raffaele Smith, dans un mémoire encore inédit et déposé manuscrit dans les Archives du Musée de Naples, et par d'Aloe, dans un autre mémoire également manuscrit que conserve le même musée. Ces deux mémoires sont de 1853.
M. Ascoli a eu entre les mains ces deux ouvrages, et de la confrontation de ces deux copies des inscriptions, il en a tiré un texte do lecture autorisé. Les inscriptions sont au nombre de quarante-sept, qui se décomposent en :
11 contenant du grec et de l'hébreu ;
6 contenant du latin et de l'hébreu ;
4 ne contenant ou ne contenant plus que de l'hébreu ; 15 uniquement grecques;
7 uniquement latines ;
4 fragmentaires et à peu près inintelligibles ;
Elles se placent entre le ui^ et le vi>= siècles.
On a donc là un tableau complet de l'hébreu, luttant peu à peu avec le grec ou le latin, et finissant par en triompher. De la lettre hébraïque unique ou de l'unique mot hébreu que l'on constatait dans les inscriptions juives de Rome (i'^'" et iV siècles), on voit sortir l'usage d'abord timide, puis de plus en plus assuré, de l'inscription hébraïque qui va s'épanouir dans les épitaphes du moyen âge, et dès le ix" siècle, dans celles mêmes du territoire napolitain. Les inscriptions souterraines se rattachent donc par le style, les formules, les acclamations, à la fois aux inscriptions antérieures de Rome, et aux insci'iptions à ciel ouvert des temps postérieurs.
Ajoutez à cela des inscriptions purement hébraïques du ix° siècle, trouvées dans les mêmes régions, et voilà la lacune que l'on constatait précédemment, heureusement comblée, la solution de continuité disparue, et le développement historique complètement assuré.
§ IV. Le Iscrizioni (p. Sl-S"?). Suivent la publication et l'interprétation :
A. Des graffites ou inscriptions peintes des hypogées de la catacombe de Venouse. M. Ascoli ne donne que les vingt et une inscriptions portant des mots hébreux : elles sont toutes inédites, sauf la dix-neuvième déjà étudiée par Hirschfeld.
B. Des inscriptions, purement liébraïques, gravées sur pierre (à fleur déterre) : trois inscriptions inédites de Brindisi (n°^ 22-24) du viii'^ ou ix" siècle ; sept de Venouse, datées de 821, 846, 822, 824, 818, 829, 821 (n°^ 25-31) ; deux de Lavello, de 838 et 810 (n"' 32, 33) ; trois très maltraitées, de Matora, qui paraissent de la même époque (n"' 34, 35 et 36) ; une de Bénévent, de 1154 (a° 37) ; une d'Oria, inédite, de date incertaine (viii^-xi" siècle, n" 38) ; une de Tarente, inédite, assez récente (n" 39) ; une de Trani, inédite, de 1247 (n° 40) ; et une dernière de Casino Lepore, inédite, de 1492 (n" 41).
Total : quarante et une inscriptions étudiées minutieusement, et accompagnées de notes philologiques et historiques et de traductions en italien.
%Y. Ilhisfrazionijiloloffiche {^. 88-117). L'auteur aborde maintenant l'étude des caractères généraux de ces inscriptions.
A. Ères usitées dans les inscriptions gravées (n°* 22-41). Deux ères sont usitées : l'ère de la destruction du Temple (n°s 24, 26, 27, 28, 29, 30, 32, 33), et celle de la création du monde n°-' 37, 40, 41). Les deux ères sont réunies dans les n"^ 25 et 31. Ainsi l'ère de la destruction du Temple qu'on croyait propre seulement aux inscriptions de la Palestine, a donc été d'usage dans la premièi'e période du moyen Age de l'Italie méridionale, et cela dans les plus anciennes inscriptions hébraïques. Ainsi la tradition s'est maintenue vivante durant des siècles du souvenir de la Terre-Sainte sur la terre italienne. L'ère de la création du monde paraît un peu plus tard, combinée d'abord avec l'ère de la destruction du Temple, puis seule, et c'est elle qui va régner désormais dans l'épigraphie juive du moyen âge et des temps modernes.
B. L'écriture. — On suit, sur les inscriptions souterraines et les inscriptions gravées, le développement d'un type unique qui d'un côté se rattache au type des plus anciennes inscriptions juives de Rome et de l'autre se transforme graduellement, devient moins agile, plus compacte et symétrique à mesure qu'on se rapproche des temps modernes.
Le trait le plus important des inscriptions les plus anciennes et généralement des inscriptions souterraines est la présence des lettres liées. M. Ascoli établit l'importante proposition suivante : que l'écriture de ces monuments vient prendre place à côté de l'écriture chaldaïque des terres-cuites découvertes par Layard à Babylone, mais de telle manière que, bien mieux que celle-ci, elle représente, à l'égard des ligatures, la phase de transition du type palmyrénien au type de l'écriture carrée. Cette proposition est appuyée sur une minutieuse étude des lettres conjointes. L'auteur y ajoute des observations sur la forme particulièrement bizarre de certaines lettres, sur quelques maires lecfionis et quelques abréviations. Toutes ces remarques témoignent de la sagacité ingénieuse et de l'attention de l'auteur.
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c. Composition de l'épitaphe. — Ici nous arrivons au chapitre peutêtre le plus neuf du livre. L'auteur commence par un premier paragraphe sur les acclamations des épitaphes hébraïques et chrétiennes. Il se sépare des savants antérieurs, Zunz, Rappoport, Derenbourg-, Rossi, etc., qui admettaient, les uns que les acclamations, bien que sorties des versets bibliques ou de phrases de la Mischna, ne se sont développées qu'assez tard, les autres que les acclamations chrétiennes, grecques oa latines, n'ont rien à voir avec les hébraïques et que ce sont des formules nouvelles, inspirées par un esprit nouveau.
Or, l'auteur démontre que les acclamations constituent un usage juif palestinien, antérieur au Christianisme, usage de tradition parlée, fréquent sur les lèvres des gens pieu.x, et qui, sous l'influence de l'épigraphie grecque et latine, s'est ensuite fixée sur la pierre des tombeaux, d'abord sous forme de traduction grecque et latine, puis graduellement en hébreu dans les formules primitives. Toutes ces formules grecques ou latines : iv dsTivin -fi xofjxT.tjn; aûToû; — dormitio tua in jxice, interjustos,
dicaeOS, — ^v oixafciç ; — lJi.v(î[i7i SiKoto'j sùv àvxujit'u, el; eùXoYtav — etc. etc.
sont des traductions de phrases bibliques. L'usage du grec et du latin disparaissant ensuite devant celui de l'hébreu, les formules reparaissent dans la langue maternelle.
D'un autre côté, M. de Rossi admet que les inscriptions des catacombes chrétiennes se résolvent en acclamations rapides, tendres, qui naissent comme des germes nouveaux sur le champ de la foi nouvelle, qu'elles ne relèvent d'aucun modèle antérieur ; que d'elles découlent les inscriptions plus tardives qui offrent des développements plus étendus.
Mais si les formules postérieures correspondent exactement avec les formules juives, les formules primitives n'en seraient-elles pas plutôt des abréviations; dans la catacombe, l'inscription se cache, se réduit, se fait petite : elle s'épanouit librement dans les tombeaux à ciel ouvert. L'Eglise a dû avoir ses temps de concision perplexe et tremblante. Telle est la thèse que M. Ascoli oppose à M. de Rossi, et qu'à nos yeux il démontre pleinement.
Ainsi le formulaire chrétien est d'origine juive, et le formulaire juif dérive de la tradition palestinienne. Ce n'est pas à dire qu'il n'y vienne parfois s'y mêler des éléments étrangers, entre autres cette formule payenne qui sonne si étrangement sur quelques tombes chrétiennes ou juives : Personne n'est immortel.
Après ces importantes considérations, M. Ascoli étudie dans un second paragraphe les acclamations qui se rencontrent dans les inscriptions napolitaines: 1. paix et repos ; 2. vie éternelle (nous signalons spécialement le passage sur l'expression Aiôt Etou) ; 3. bonne mémoire; 4. résurrection; 5. rédemption.
Uu troisième paragraphe étudie les autres parties des inscriptions, formules du départ de la vie, du ci-f/it, des noms donnés à la pierre sépulci'ale, des titres donnés au défunt.
Avec ces dernières observations se termine le riche et fécond travail que M. Ascoli a entrepris sur les inscriptions des tombeaux juifs napolitains. On voit l'importance capitale de ces recherches, et la nouveauté des résultats obtenus.
Jusqu'alors on ne connaissait aucune inscription hébraïque sûrement antérieure au xi'' siècle. On en possède maintenant un certain nombre du ix", et deux du viii=. Du vi" au viii" siècle, la catacombe de Venouse nous apporte sa collection d'inscriptions gréco ou latino-hébraïques qui nous conduisent aux inscriptions gréco-latines de Rome, des trois premiers siècles. De sorte que si l'on ajoute l'inscription latine de Narbonne qui a un mot hébreu (vii^ siècle), et celle de Mérida (viii" siècle, fin), on voit se combler la lacune qui s'étendait entre les inscriptions primitives de Rome, et les inscriptions hébraïques du moyen âge. Non seulement la lacune se comble, mais on assiste graduellement à la disparition de l'esprit hellénique palestinien devant le nouvel esprit venu de Eabvlone à qui l'on doit le mouvement des Gaonim, et la littérature rabbinique du mojen ;ige.
D'un autre coté, la tradition palestinienne se continue dans le formulaire des inscriptions qui passe des juifs palestiniens aux juifs et aux chrétiens de Rome (inscriptions latines et grecques), et ensuite aux juifs du moyen âge (inscriptions hébraïques).
La publication de M. Ascoli renouvelle la science épigràphique juive. En même temps qu'elle montre l'intérêt qui s'attache à ces études, plie vient confirmer, une fois de plus, cette grande loi de la continuité qui régit les faits humains aussi bien que les faits physiques : Katura non facit saillis.
[Eetue des Études juives, 1880, vol. I, p. 133-137.)
Guillaume d'Auvergne, évêque de Paris (1228-1249\ sa vie et ses ouvrages ; thèse de doclorat pre'scnléc à la Faculté des lellrcs de Paris, par M. Noël Valois, liccDcie' es lettres et en droit, areliivistepaléograpbe. Un volume grand iu-S". l'aris, Alphonse Picard, 1880 ; pages 393.
Cette thèse de doctorat est une savante étude sur un personnage aujourd'hui bien oublié, qui pourtant a joué un rôle important dans l'histoire religieuse de son temps, Guillaume d'Auvergne, cvéque de Paris, sous Philippe-Auguste, Louis VIII et saint Louis. Grâce à des recherches personnelles étendues et couronnées d'un légitime sucçps, l'auteur a eu le mérite d'ajouter beaucoup aux notions que l'on possédait sur ce personnage, et de rectifier un certain nombre d'erreurs accréditées sur son compte et qui trouvaient asile jusque dans l'Histoire interdire de la France. Peut-être cependant peut-on lui reprocher d'avoir légèrement altéré la physionomie de l'évèque parisien on ne mettant pas assez en relief son caractère de prêtre gallican, d'homme du roi, et l'indépendance avec laquelle il défendit les intérêts de saint Louis contre la papauté elle-même.
Malgré certains défauts -de style et de composition, cet ouvrage serait excellent, sans un chapitre par lequel il relève précisément de la Revue, chapitre qui, nous avons Je regret de le déclarer, fait tache dans le livre. C'est le chapitre VIII (p. 118-131), consacré à l'iiistoire de la condamnation du Talmud sous saint Louis. Guillaume fut l'agent du pape dans cette triste affaire qui aboutit à l'auto-da-fé de 1242, où iuvent hrù\éei vinr/t-quaire charretées de manuscrits hél)reux. Dans le récit de cette condamnation, l'auteur se montre tout à fait au-dessous de sa tâche d'historien et [lar la faiblesse de l'information et par l'esprit de partialité qui l'inspire.
Sous l'influence de ces tendances ultramontaines que nous signa- T. I. 7
lions tout à l'heure, il oublie réquilé liistoriciue qui doit juger également les deux parties adverses, et il se place exclusivement au point de vue auquel se plaçait l'inquisition elle-même quand elle instruisait l'affiiire.
Relèverons-nous les erreurs de fait et les appréciations passionnées dont fourmillent ces vingt pages "? M. Valois en est encore aux voyages de Rasclii en Egypte, en Perse, en Espagne, en Italie, en Grèce, en Allemagne, et il affirme que la glose volumineuse qu'il a écrite sur la Bible et le Talmud passe aujourd'hui encore pour une œuvre d'inspiration divine (p. r20). Le plus grand travail d'interprétation talmudique qu'il signale de Maïiuonide est son commentaire sur lailisclina (('èf';/.). Il ignore les étudei do Lewin et de Kiscli sur cette condamnation du Talmud (Monatssclirift de Fraenkel et de Graetz, 1869 et 18~4) et se félicite d'avoir découvert des documents publiés plus complètement six ans avant lui (les Excerpla TnJmu- (Uca, Bibl. nat., ms. fonds latin, 10,558). Il ne connaît que le travail de Graelz, qu'il criii(jue sans le co;nprendre. La source latine de l'histoire de la condamnation du Talmud (^Ejrerjjla Tahmidica) donne au défenseur des Juifs le nom de Vivo de Jleaux ; la source hébraïque (mS""! ; B. N. ; fonds hébreu, '712) celui de Jehiel de Paris. Il ne voit pas que ces deux noms ca'henl un même personnage [Vifo est la traduction latine de l'hébreu Jehiel), se méprend, par suite, sur la portée du texte latin, et reproche à M. Graetz de n'avoir pas compris le sens des passages du texte où il est parlé de Vivo, alors que c'est lui-même qui est coupable de non-sens (p. 1"29, note 1). Il fixe la date du jour anniversaire de l'auto-da-fé au vendredi de la semaine de la Péricopc. M. Graetz a écrit le vendredi de la Péricope npn ; c'est-à-dire le vendredi de la sedion ou Sidra de n-n, et ce nom commun et indéterminé de « section » devient, sous la plume de M. Valois, un nom propre, le nom de je ne sais quelle fête religieuse. Ailleurs il prend le Pirée pour un homme et le traité talmudique dit Sa/ihédrin, pour l'assemblée ou le tribunal du Sanhédrin. « La discussion, dit-il, en se concentrant sur les chapitres du Sanhédrin relatifs à Jésus-Christ... » (p. 1~S). Jehiel ou Vivo, interrogé sur les passages du Talmud qui parlent de Jésus, répond que le Talmud connaît deux Jésus et que les passages incriminés se l'apportent au Jésus qui n'est pas celui des chrétiens. Jehiel avait raison : le Talmud a toujours admis l'existence de deux Jésus. Ce fait a été de nouveau, il y a quelques années, pleinement mis en lumière par M. Derenbourg, dans son Ef: soi sur la Palestine {note ix). M. Valois qui ne connaît pas le premier mot de la question, traite cette défense de Jehiel de défense cauteleuse qui n'en impose à personne (p. 131). Si les Juifs condamnés s'cllbrcent, en désespoir de cause, d'agir auprès des cardinaux et des