‹ Reliques scientifiques recueillies par son frèreChapitre 30 sur 48 · PHONOLOGIE DK LA LANGUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

PHONOLOGIE DK LA LANGUE FRANÇAISE

» congtus, coinie ; vig'ijnti, vingti, vingt, » Dans pohfg^ seing, coinie, l't représente le g latin qui a été ajouté à poing et à seing par des clerc3 désireux de rappeler 1 étjmologie latine. Viginti a donné vi-infi, vint, écrit postérieurement vingt, — P. 208. Dans le groupe vm « on espagnol n devient r ; » c'est n dans le groupe roman m'n et non dans le groupe latin mn, — P. 211. « Le maintien du / ne caractérise pas » toujours un mot comme appartenant à la couche savante ; Tancienne » langue offre un grand nombre de cas contraires à la règle do la » syncope (du / médial), ainsi : visiter, nature, quatorze^ citer, quite » (quitte), noter, toute, béton, matière, poète. Parfois le t primitif est » redoublé : beta, bette ; bletum, btette ; carota, carotte, » M. Scheler paraît ici, comme aussi en d'autres passages de son livre, porté à croire que la formation savante ne date que de Tépoquo moderne, tandis qu'elle remonte jusqu'à la Cantilène do sainte Eulalio [virginited). Dans la liste citée, visiter^ nature, citer, noter, matière, poète sont dus aux clercs ; toute est le latin populaire tutta ; il est douteux que béton vienne de bitumen ; quatorze est quatvordecim où le / est maintenu par la V qui le suit ; la seule inspection des mots bette, blette, carotte (où le / a été redoublé par suite d'une confusion avec les suffixes ette, otte), montre qu'ils ne dérivent pas par voie populaire de bâta, btïta, carota ; car sans parler du maintien du t, il faudrait bo\e, b\o\e, cXitivoue, ou ch&roue. Quitte seul présente* des difficultés, et le passage de quietus à quitté, comparé à coi, reste obscur. — P. 213. « ordière d'où ornière » ; ornière vient de orne, en vieux français et encore dans les patois, ligne, sillon, do ordinem, — P. 217. « Le groupe st, devenant final, perd le / : » repastus, repas ; conquis'tus, conquis ; postea, puis ; ostium, huis ; » V. fr. tos pour tost [tôt) ; os pour ost du latin hosfis. » Ces deux lignes rapprochent des exemples qui jurent entre eux. Conquis ne vient pas do conquistus (ou plus exactement conquaestus qui a donné conquèst, conquèste) ; mais c'est, comme 7nis, une forme du participe passé refaite en vertu de l'analogie : puis et huis viennent de postea, ostium, par poskM, oskium, de sorte que le / est représenté dans ces deux mots par t. Os est un affaiblissement de oz, forme régulière pour osts ; tos (si cette forme est authentique) sera do même tost plus Vs adverbiale, d'où iosts, toz, tos, — p. 231. L'auteur est trop porté à exagérer la durée de la prononciation de Vs devant une consonne, et il voit une anomalie dans l'accentuation du mot côte (coste), comparé à coteau (au lieu de côieau, de costeau) ; l'auteur ne voit pas que l'accent circonflexe en principe n'existe que sur les syllabes portant l'accent tonique ; cf. crête et écrire ; dans te nôtre ^ o a l'accent tonique: dans notre {enfant), notre est enclitique. — Il est inutile de multiplier ces citations ; elles suffisent à montrer que l'ouvrage de M. Scheler est loin de répondre aux légitimes exigences de la science.

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On était en droit d'attendre une œuvre d*un caractère plus gëyàre de la part de Tauteur du Dictionnaire d'éiymologie française. Reconnaissons toutefois que ce traité a, comme celui, plus que celui de M. Ayer, le mérite de réunir nombre de faits intéressants ; on y trouve quelques explications neuves ^ ou que Fauteur avait indiquées pour la première fois, sans les développer, dans son dictionnaire. Tel qu'il est, et malgré son insuffisance et ses erreurs, il sera utile cependant aux commençants qui pourront s'y initier aux premiers principes de la philologie française.

[Revue critique ^ 1875, n« 43.)

i Comme celle de de-ttruire (de ^strueere]^ p. 41, n. 2. Les exemples en géDénil soDt plas abondants que dans Diez, et Tauteur cite assez souvent des formes intéres* santés du vieux français.

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