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Remarques de l'archevêque de Québec sur le mémoire de 1883 concernant la division du diocèse des Trois-Rivières [microforme]

Daus le mémoire que Mgr Laflèche, Evèque des Trois-Rivières, à présenté l’année dernière à la N. C. de la Propagande contre la division de son diocèse, il y a quelqnes passages qui me concernent personnellement et sur lesquels je demande la permission de m'expliquer. Je laisse de côté plusieurs accusations de peu d'importance.

1. (Page 13 du mémoire et p. 19 des Pièces justificatives). Mgr Lafleche m'uccuse d’avoir encouragé ceux qu'il appelle des insuberdonnés parcequ'ils ont demandé la division du diocèse. |

Réponse. L'Eglise donne à tout archevêque le pouvoir et le devoir d'écouter les plaintes qui lui sont faites contre ses sutfragants. Ni ce pouvoir ne peut être exercé sans la permission ou l’assentiment du suffragant intéressé, autant vaudrait supprimer toutes les métropoles du monde. |

La demande faite en 1875 pour obtenir la division du diocèse contre la volonté de l'Evêque, me parnt une affaire si grave et si en dehors des règles ordinaires que je ne me crus pas autorisé à la soumettre aux Evêques de la Province sans y être en quelque sorte forcé par le Naint Siège. Je déclarai aux requérants que je leur laissais toute la responsabilité et tous les risques de cette demande : je n'écrivis rien à la Propagande à ce sujet, ne voulant rien faire sans son ordre.

On pouvait prévoir que cette Sacrée Congrégation ferait lune de ces deux choses : 10 jeter au panier la requête comme entachée d’un vice radi al d'insubordination ou d'empiètement sur les droits de l'Ordinaire ou de l'Episcopat de la Province ; ou bien 20 jugeant à première vue que les raisons alléguées n'étaient pas frivoles ni indignes de considération, demander aux Evéques leur avis.

C’est la seconde hypothèse qui s’est vérifiée. Le S. Siège savait parfaitement que l'Evêque n'avait pas été consulté et qu'il s'opposerait à la mesure ; néanmoins il a donné ordre aux requérants de s'adresser aux Evêques. Mgr Laflèche reproche à l'Archevêque de n'avoir pas étouffé éw limine cette question qu'il prétend entachée d’insubordinalion ; ce reproche retombe nécessaisement sur la &. C. de la Propagande par l'ordre de laquelle l'affaire a été portée devant

les Evéques. Cette autorité suprème sanilie ipso facto ce qu'il pouvait y avoir d'en dehors des règles ordinaires, et justifie les requérants dans leur démarche.

2, (Pièces justificatives page 19). Dans su lettre du 2 janvier 1878 à Mgr Conroy, Mgr Laflèche m'aceuse d'avoir encouragé des prêtres insubordonnés.

a) Cette lettre fait une singulière figure parmi les pièces justificatives, puisqu'elle est de la plume de Mgr Laflèche et n'a pas, par conséquent, plus de poids que les assertions mêmes du mémoire qu'elle est appelée à justifier où appuyer.

b) L'épithète d'insubordonnés ne peut être appliquée avec justice à des prétres qui ont demandé au Nouverain Pontife une mesure qu'ils croyaient névessuire à la conservation d'un établissement d'éducation. Nous lisons dans la circulaire 107, 13 avril 1883, ces paroles que Mer Laflèche a lui-même écrites: “ Après tout, il reste encore aux églises particulières, #0n moins qu'au dernier des “ hommes, si l'on veut en user, /e droit de supplique qui ne blesse ni l'obéissance la plus “entière, ni L respect le plus profond envers l'autorité, dont il est même dans * son exercice, le suprème hommage. ”

ec) N'ilest permis d'appeler éxsubordonnés des prêtres qui, après un premier refus, usent de nouveau du droit de supnlique, à plus forte raison faudru-t-il con: damner comme insubordonné un évèque qui s'insurge contre un jugement auss! formel que celui da 8 mars 1883: * NNmus Dominus Noster Leo div. prov. Papa “ XIII judicans opportunum tempus advenisse, quo diocesis Trifluviana in

duas dividatur diæceses, quarum una regionem vulgo Wivolet appellatam com. prehendat, altera vero territorium quod superest, in audientia diei 18 februarii nuper elapsi, mandavit ut super divisione ipsa fiat Positio in generalibus comitiis hujus Nacre Congregationis de Propaganda Fide.”

“ Hine Amplitudini Tu committo ut, collato cum aliis istius Provincie Épiscopis consilio, opportunas informationes circa modum divisionis ipsius et “ limites utrique assignandos diæcesi mihi remittat, simulque trium candida- “ torum nomina, inter quos novus seligatur autistes, ”

d) Mgr Laflèche fait un crime à l’Archevéque de n'avoir pas étouffé x limine une question qui a reçu du Nouverain Pontife en personne une solution aussi formelle et aussi favorable que possible! La première foi c'était la Propagande qui parlait pour demander des informations ; cette fois c’est le Souverain Pontife qui juge et ordonne de prendre les mesures et informations nécessaires pour mettre son jugement à exécution. Dans l'un et l’autre cas l’Archevèque n'a rien voulu faire sans en avoir reçu l'ordre du Saint Niège.

3. (page 17 du mémoire) Mgr Laflèche appelle un commencement de prorédure ce que Son Eminence le Cardinal Préfet appelle en toutes lettres un jugement prononcé par le Naint Père en personne “SSmus D. N. Leo dei prov. Papa “ XIII judicans tempus opportunum advenisse ete. ”

Il accuse l’archevèque d’avoir exagéré la portée de ce jugement en disant que l'érection du diocèse de Nicolet était une affaire réglée par le Souverain Pontife.

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I suffit de lire avec attention ce document cité plus haut pour se convaincre que l'expression n'est pas trop forte.

4. (Mémoire p. 47) Mgr Laflèche trouve surprenante la réflexion que fait l'archevêque sur la lettre du Crdinal Niméoni: ‘Il paraît par cette lettre en “ date du 8 mars, que c'est le Naint Père qui a jugé la question proprio mtn." L'explication, sans être infaillible, est la plus naturelle. Le pape a jugé que la division était opportune ; ii n'y a ni considérant, ni allusion à l'intervention de la Propagande ; il y a les marques d'un wofn proprio, moins le mot. Il y à ordre de faire une position, c'est-à-dire, un rapport, non pas sur la question de la division, laquelle est jugée, mais sur les moyens de l'aceomplir; c'est ce qui résulte clairement de l'ordre donné à l'archevéque de consulter les Evéques sur Îles limiter à trater et sur le choix des candidats. Ce dernier article surtout est remarquable, car le N. Siège n'a pas coutume d'ordonner une liste de candidats pour un dio-es: qu'il n'a pas résolu d'ériger.

5. * Pour recourir à une explication aussi surprenante, dit le Mémoire. * p. 47, il fallait évidemment que le Métropolitain ne connût aucun fait surve” “ nu dans le diocèse des Trois-Rivières depuis 1876 pour expliquer la décision “ du Naint Père.”

J'avoue ne point comprendre cette logique et ne pas avoir cette évidence.

J'ai exposé le fait du jugement, /e/ qu'il me paraissait d'après la teneur de la lettre du Cardinal; mais je ne puis comprendre quelle liaison évidente où non. il peut y avoir entre un jugement wotu proprio et Y'absence ou la réalité de faits survenus dans le diocèse des Trois-Rivières depuis 1876,

Veuillez agréer, Excellence, l'assurance de mon respect.

f E. À. ARCH. DE QUÉBEC

Sud à à Es \ 4, L]

ï HÉROS DER COR

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CPACEL ME UE à,

A Son Ezxvcellenre Dom HENRI SMEULDERS,

Commissaire Apostolique au Canada, EXCELLENCE,

Dans une lettre adressée à Votre Excellence, en date du 31 mars dernier, laquelle a été en même temps portée à ma connaissance, Mgr l'Archevèque de Québec ‘s'explique l'année dernière, à la N. C. de la Propagande contre la divisiun de mon diocèse

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sur ‘quelques passages” du mémoire que j'ai présenté,

Ces ‘explications ” se résument sous les deux chefs suivants :

10 “ Mgr Latlèche m'accuse d'avoir encouragé ceux qu'il appelle des énsubordonnés, parce qu'ils ont demandé la division du diocèse.”

20 * Mgr Laflèche m'accuse d'avoir exagéré là portée du jugement du St Père, en disant que l'érection du diocèse de Nicolet était une affaire réglée par le Souverain Pontife.”

Je demande à Votre Excellence la permission de répondre à ces *explications" de Mgr l'Archevèque, après avoir fait, au préalable, la réflexion que voici :

Je n'ai nullement mis Mgr l'Archevèque en accusation auprès du Naint- Siège ; j'ai seulement fourni à la Cour Romaine des informations jugées névessaires, en ayant le soin d'appuyer mes avancés sur des preuves convenables.

* Mgr Laflèche m'acense d'avoir excouragé ceux qu'il appelle des fnsubordonnés, parce qu'ils ont demandé la division du diocèse. ”

lo Les pétitionnaires de la division du diocèse sont-ils des insubordonnés?

lo Une première raison pour laquelle j'ai appelé énsubordonnés ceux qui ont demandé la division du diocèse, de la manière qu'ils l'ont fait, est qu'il m'a semblé juste et convenable d'employer à ce sujet le langage dont s'étaient servis Son Excellence, Mgr Conroy, Mgr Bourget, Mgr Fabre et Mgr Duhamel

“ Les prêtres des diocèses canadiens dit Mgr Conroy, prennent trop sur eux-mêmes; ils contrôlent trop les Evêques, et on leur donne trop de liberté d'intervenir dans le gouvernement général de l'Eglise. Ni les évêques les te paient plus rigoureusement à leur place, nous -n'aurions pas le spectacle d'un, poignée de prétres entreprenant de diviser un diocèse comme le vôtre, intonsuño episcopo !... Je suis scandalisé de la liberté avec laquelle ils disentent les actes de leurs Evé-

ques, et Je crois qu il ya une grande réforme à luire sur cette matiere, (Extrait d'une lettre du 51 Décembre 1877):

Pins que jamais, écrit Mgr Bourget, je suis opposé an démembrement du diocese des Trois-Rivicres, que l'on voudrait opérer à votre insu, parce que depuis que j'en entends parler, je n'ai pu le considérer que comme une entreprise funeste à la religion et contfaire aux sages et Jouables coutumes observées

dans cette provinec et sanctionnées por Le NaintNiége

J'espere que ceux qui: sontnis à la tête de ee mouvement irrégulier onvricont les geur el reviendront 4 leur devors eest ce que je demande avec toute la ferveur dont je suis cupable. Ce que je désire par-dossus tout, c'est de voir le Collége de Nicolet qui doit tant aux EÉvèques, revenir à son esprit primitif dont j'ai été si fort édifié, pendant les trois années que j'ai en l'avantage d'r travailler à l'enscignement (Extrait d'une lettre du 6 Murs INTG).

+ Que les Messieurs de Nicolet, dit Mgr Fabre, prennent le parti de re connaitre Qu'ils #'ont pus miss'on pour gouverndr F Eglise des Trois-Rivicres, qu'ils se montrent des prétres vcerement dévonés 4 l'antorté, et le projet de division sera

bientot abandonné. LL

Je suis done d'avis que l'intérét de la religion anssi bien que l'aworité des Ervéques, demande que lon S'oppose à ee démombrement, "(Extrait des Notes sur le Mémoire de M. Malo, ete.)

J'étais encore curé à NT Eugene, écrit à son tour Mgr Duhamel, lorsque pour la premiere fois, duns une réunion dé quelques confrères, j'entendis parler de l'agitation que faisaient certains prétres, pour obtenir la formation d'un nouveau diocese dont la ville épiscopale serait Nicolet, Nous étions étonnés de voir des prêtres oublier leur devoir jusqu'à chercher à faire de l'agitation au sujet de matières confiées par le Kaint-Niége aux seuls Evéques de la Province.

J'ai cru devoir dire alors que ces Messieurs se rendaient coupables d'insubordinalion à l'autorité ecclésiastique, et que leur espèce d'appel à l'opinion publique était wn scandale pour les Fidèles.

Mon opinion n'est pas changée. Aujourd'hui encore je crois que la demande de ces Révérends Messieurs doit être rejetée,” (Extrait d'une lettre du 18 Avril 1876).

20 Une deuxieme raison pour laquelle j'ai appelé ces prêtres insubordonnés, est que leur démarche était contraire aux coutumes suivies jusque-là et approuvées par le Naint-Niége, lesquelles veulent que ce soient les Evêques qui prennent l'initiative dans la division des diocèses, et que conséquemment cette démarche était injurieuse pour l''utorité.

“Je n'ai pu le considérer (le projet de division) dit Mgr Bourget, que comme une entreprise funeste à la religion et contraire aux sages et louables cou-

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