‹ Remarques de l'archevêque de Québec sur le mémoire de 1883 concernant la division du diocèse des Trois-Rivières [microforme]Chapitre 2 sur 4 · SAS RES RER PE I MORE PES · texte numérisé non relu

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tumes observées dans cette province el sanctionnées par le Ne-Niége (Lettre citée plus haut).

“ Nous étions étonnés, dit Mgr Duhamel, de voir des prêtres oublier leur devoir jusqu'à cb cher à faire de l'agitation au sujet de matiores confiées par le Saint-Siége ane seuls Ervéques de la Province." (Lettre citée plus haut).

“ La demande faite en 1875, dit Mgr l'Archevèque lui-même... me purutune affaire si grave et sien dehors des rôles ordinaires, ete" (Lattre du 31 Mars 1884.

Je pense m'écrivait Mgr Conroy, que V. G. ferait bien d'écrire une bonne et respectueuse lettre an Cardinal Franchi pour lui exposer ceci: lo Que vo: tre diocèse est troublé par les agissements de quelques prêtres, qui insistent à le fire diviser malgré vous et roatre les règles de lt province.

20 Que pour les raisons données dans votre mémoire, vous protestez respectueusement contre une telle conduite, comine étant subversive de l'autorité épiscopale. (Lettre du 3 février 1878)

+ Une telle demande, disait plus tard le Cardinal Niméoni, aurait dir étre accompagnée du suffrage des Eréques de la Province." (Lettre du 6 Avril 1878).

Le Saint-Siége Ini-méme trouva la démarche des pétitionnaires si #rrégn livre qu'il les renvoya aux EÉvéques de la Province * Le Naint-Siége, dit Mgr l'Archevèque, donna ordre aux requérants de s'adresser aux Evèques. "(Lettre du 31 Murs 1884)

Il est étonnant d'entendre Mgr l'Archevéque dire qu'il y a dans cet ordre du Saint-Niége une sanation de la démarche des pétitionnaires. * Cette autorité Suprème, dit-il, sanilie xo facto ce qu'il pouvait y avoir d'en dehors des règles ordinaires, et justifie les requérants dans leur démarche" (Lettre du 31 Mars 18r4).

Ce n'est pas, à coup sûr, sanifier une requête que de la renvoyer à un autre tribunal. Le Naint-Siége constate un vice de pro‘édure dans la démarche des pétitionnaires : ils sont allés là où ils ne devaient pas aller ; le Saint-Siéwe les renvoie à qui de droit. Ext-ce là approuver leur conduite ? N'est-ce pas plutôt les blâämer, les corriger, et censurer en mème temps implicitement ceux qui les ont poussés dans cette voie fausse ?

Mer l'Archevèque dit que * le Saint-Niége savait parfaitement que l'Evéque n'avait pas été consulté et qu'il s'opposerait à la mesure” Qui donc avait ainsi informé le Saint-Siége avant cette première démarche des pétitionnaires ? Qui avait dit que l'Evêque des Trois-Rivières s’opposerait à la mesure, lorsque cet Evèque “n'avait pas été consulté”, et que conséquemment il n'avait douné aucune réponse à ce sujet ?

36 Une troisième raison qui m'a autorisé à taxer ces prêtres d'insubordination est que leur tentative, par la nature même du motif qui l'a déterminé, et

par la maniere dont il l'ont effectuée, témoigne d'un mraque de respect et d'un e-prit d'insoumission à l'égard de l'autorité.

I suffit de lire les divers mémoires, que j'ai été forcé de faire sur ce sujet, pour se convaincre que, d'un coté, c'est le besoin de faire de l'agitation, de causer du trouble et des misères, qui a été l'âme de ce mouvement, dont les procédés ont, en conséquence, été remplis d'injustices, de fraudes et de supercheries ; que d'un autre côté, les raisons allégu*es pour la division du diocèse sont toutes raines ou fausses. Le territoire habitable est d'une incontestable exiguité ; le nombre des paroisses est restreint, surtout en comparaison de celui des diocèses voisins ; les communications sont très-faciles ; les ressources du diocèse sont trèsmodiques ; il reste encore une dette considérable à payer, après d'énormes sacrifices faits pour échapper à la ban queroute ; les populations du Sud seraient écrasées sous des charges inutiles, et cela, après des promesses formelles que Je leur ai faites, au nom de mon vénérable prédécesseur et en mon nom. qu'elles joui-

t aient en paix de leurs sacrifices passés ; le séminaire dioctsain verrait son existence compromise ; le clergé du diocèse est l'un des plus unis de la province, et il est presque à l'unanimité opposé au démembrement ; enfin la division serait la ruine probable du diocèse.

20 Mgr. l'Archevèque a-t-il exrouragé ces prêtres dans leur démarche irrégulière et dans leur insubordination ?

lo Pour prouver que Na Grandeur a réellement donné cet encouragement, il me suffit de citer ses propres paroles : * La demande faite en 1875 pour obtenir la division du diocèse, contre la volonté de l'Evèque, dit-elle, me parut une affaire si grave et si en dehors des règles ordinaires que je ne me crus pas autorisé à la soumettre aux Evêques de la l’rovince sans y étre en quelque sorte forcé par le Saint-Niége.” Ce qui revient à dire que Sa Grandeur a pris le moyen,

| en dirigeant les pétitionnaires vers le Saint-Siége, d’être forcée avec les autres À Evêques de s'occuper de cette question. Aussi, m'a-t-elle déclaré verbalement, 1

quelque temps après, que c'était Elle, en effet, qui avait consvillé aux pétitionnaires .de s'adresser au Naint-Siége plutôt qu'aux Evêques. Et le motif de cette < | mesure est donné par M. l'abbé N. Ri:ard, dans une lettre qu'il m'écrivait, en a date du 7 nov. 1876. “ M. Marquis, écrivait M. N. Ricard, me dit, comme à d'autres prêtres, qu’il allait soumettre son mémoire à V. Œ et à tous les évêques da | la Province. Il prépara ce mémoire dans un cercle très-restreint d'amis, et an lieu de le soumettre à V. G., comme l’exigeaient la loyauté et les convenances, il L à l'envoya directement à Rome, suivant, disait-il, les conseils qui lui avaient été donnés # à Québec, où l’on considérait cela comme le meilleur moyen de réussir ; car, ajoulait-il, si l’on à soumetlait ce mémoire à V. G. el aux autres Evéques de la Province, le projet pourrait échouer. (Lettre du 7 nov. 1876).

C’est donc un fait bien établi que c'est Mgr l’Archevèque qui a conseillé

aux pétitionnaires de la division, en 1875, de s'adresser au Naint-Siége plutot qu'aux Evêques de la Province; et le motif de ce vonseil, c'est que devant les Evèques, c'est-à-dire devant ceux que les coutumes suivies jusque-là avec l'approbation du Saint-Siége établissaient comme juges de ces sortes d'affaires, /e proje! pomvail échouer.

20 Pour se justifier de cette faute, Mgr l’Arch:veque essaie de la rejeter sur la N. C. de la Propagande. * Mgr Laflèche, dit-il, reproche à l'Archevèque de n'avoir pas étonffé in limine cette question qu'il prétend entachée d'insubordination ; ce reproche retombe nécessairement sur la NS. C. de la Propagande, par l'ordre de laquelle l'affaire a ét® portée devant les Evèques. " En premier lieu, je n'ai pa: rep'o hé à Mgr l'Archevèque de n'avoir pas étouffé cette question in limine, mais je lui reproche de n'avoir pas, suivant les coutumes étaolies et approuvées par le Saint-Siége, déféré tout d’abord cette question aux Evèques de la Province, qui l’auraient certainement mise de côté, ainsi qu'elle mtritait de l'être à cause de son irrégularité, et comme, du reste, ils l'ont fait plus tard apres examen ; et de l'avoir, au contraire, dirigée vers le Saint-Niége, afin de forcer par là les Evêques à s'en o:cuper.

En second lieu, la SC. n'a pas eu à examiner si la question méritait d'être écoutée où non, mais découvrant primd facie un vice de procédure, elle l'a aussitôt corrigé, et voilà tout ce qu'elle à fait.

30 Mgr l'Archevèque cherche encore une excuse à l'encouragement qu'il a donné aux pétitionnaires de la division, dans “le pouvoir et Le devoir qu'il a d'écouter les plaiutes qui lui sont faites contre ses suffragants. ” Si l'Archevéque a le pouvoir et le devoir d'ecounter !es plaintes qui lui sont faites contre ses suffragants, il a aussi le devoir en mène temps qu'il est assujetti à la convenance d'avertir ces suffragants des plaint:s qui sont portées contre eux, et cela avant de donner suite à ces plaintes. Or, dans Île cas actuel, Mgr l’Archevéque s’est bien gardé d’avertir l’Evèque des Trois-Rivières des prétendues plaintes portées contre lui. Au contraire, c'est à l'insu de celui-ci que tout s'est passé, et, au lieu de recevoir de son Métropolitain la protection à laquelle il avait droit, l'Evêque des Trois-Rivières a eu la douleur d’avoir à soutenir dans cette affaire une guerre déloyale et injuste faite sous le manteau de son Métropolitain.

Mgr l’Archevéque découvre ici un vice fondamental de la pétition. Si ce sont des plaintes que les pétitionnaires formulaient contre leur évêque, comment pouvaient-ils en conclure à la division du diocèse ? et comment l’Archevêque pouvait-il appuyer cette conclusion ? On ne fait pas les diocèses pour ov

contre les Erêques, mais on fait les évêques pour les diocèses Si l’'Evêque des Tiois-Rivières était accusé, il fallait d’abord lui faire connaitre ces accusations puis en examiner la valeur, et conclure à la répression de ses torts, mais non à

la division du diocèse, qui est tout-à-fait étrangère au mérite où au démérite de son Titulaire. Mgr l'Archeyèque n2 pouvait ignorer ces notions si simples.

4o Mgr l'Archevêque dit que la demande de division, telle que faite, lui a paru une affaire très-grave. Ni Na Grandeur avait daigné en parler au Titulaire, comme c'était son devoir de le faire, Elle aurait eu une autre idée de la gravité de cette question, qui n'était qu'une affaire d'intriguss et de malveillance. Et comment Sa Grandeur a-t-elle pu former surement son opinion sur cutte question, qui intéressait tout un diocèse, sans en conférer avec l’évêque gardien de ce diovèse et le premier juge le ses besoins ? Etait-il sage et convenable de sa part de ne pas discuter cette question dans l'assemblée des évêques avant d'agir, et de la soutenir ainsi en se:ret ? Je laisse le vénérable Archevêque de Martianapolis répondre à cette demande. ‘Quant au démembrement du diocèse des Trois-Rivières, écrivait-il en 1876, je regrett que Mgr l’Ar‘hevèque n'ait pas exposé dans l'assemblée les raisons qu'il va exposer privément à Rome en faveur du démembrement proj:té. Ces raisons auraient été discutées, et elles seraient ainsi entrées dans L° rapport de l'assemblée des EBvèques. Dais ce cas, le Naint-Niége aurait micux connu les diverses opinions avec les raisons pour et contre. Pour ma part, je ne suis pas pour ceux qui parlent seuls »t sans contradicteurs ”. (Lettre du 4 Avril 1876).

50 Mgr l’Archevèque trouve que ma l'ttre dun 2 janvier 1878 à Mgr Conroy fait une singulière figure parmi les pièces justificatives de mon Mémoire. Si cette pièce justificative avait le but qu'il plait à Sa Grandeur dv lui assiguer, Je conviens qu'elle ferait une singulière figure: mais que Sa Grandeur veuille bien le remarquer, cette lettre a pour but, non de justifier ou d'appuyer les assertions de mon mémoire, à savoir que Mgr l'Archsvèque avait enrouragé les pétitionnaires dans leur démarche irrégulière, mais bien de constater ce fait, l'appréciation qui en a été faite dès 1878. et les plaintes qu'il a o:casionnées dès cette époque. À ce point de rue, qui est le seul vrai, la lettre parait avantageu-

sement, je crois.

60 Mgr l'Archevôque dit de plus que les pétitionnaires de la division croyalent leur demande nécessaire à la conservation d’un établissement d'’éducation. En outre qu'il y a là une plainte contre mon administration, à laquelle | l'Archevêque ne pouvait en justice donner suite sans m'en faire part, ainsi que

Je lai dit plus haut, c'est, il me semble, faire peu d'honneur à l'intelligence des

requérants, que de leur reconnaître la rroyance qu'un diocèse doit être formé Là pour une maison d'éducation. Ces prêtres doivent savoir plutôt que ce sont les maisons d'éducation qui existent pour les diocèses, et non les diocèses pour les maisons d'éduration.

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70 Enfin, Mgr l’Archevêque rétorque contre moi l'argument d'insubordination, en disant que je “ m'insurge contre le jugement du 8 mars 1883.” La

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-aleur de cette accusation se déduira de l'interprétation qu'il faut donner au décret susdit. C’est ce qu'il convient d'examiner maintenant.

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‘ Mgr Laflèche m'ascuse d'avoir exagéré la portée du jugement du St- Père, en disant que l'érection du diocèse de Nicolet était une affaire réglée par le Souverain Pontife.”

lo La portée que Mgr l'Archevèque donne au décret du 18 février 1883: communiqué par le Cardinal Préfet de la Propagande le 8 mars de la même année, se trouve clairement établie par les deux documents suivants :

Québee, 27 mars 1883.

A Sa Grandeur Mgr L. F. Laflèche.

Eréque des Trois-Rivières Monseigneur,

Avec la présente je transmets à V. G. une lettre du Cardinal Préfet de la S. C. de la Propagande, en date du 8 courant, relative à l'érection d’un évêché à Nicolet. D'après les termes mêmes de la lettre, nous n'avons que deux questions à traiter, savoir quelles limites il convient de donner à ce nouveau diocèse dont le St-Père a jugé l'érection opportune, et les noms des candidats à proposer.

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Veuillez agréer, ete. + E. A. ARCH. DE QUÉBEC.

Québec, 9 avril 1883.

AL. l'Editeur de la “ Vérité ” M l'Editeur,

Pour mettre fin à bien des rumeurs contradictoires au sujet du futur diocèse de Nicolet, Monseigneur l'Archevèque me charge de vous faire les commu nications suivantes :

10 L'érection de ce diocèse est une affaire réglée parle Souverain Pontife:

20 Nos Seigneurs les évêques de la province sont chargés," avec Monseigneur l'Archevêque, de proposer au St-Niége Les limites qu'il convient d'y donner et les noms de trois candidats. Sur ce dernier point en particulier, vous êtes prié de ne reproduire aucune rumeur.

J'ai l'honneur d’être, ete.

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