C. À. Marois, Ptre Secrétaire
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I'appert done que Mgr l'archevêque trouve la question de la division du diocèse des Trois-Rivières si bien réglée par le décret du 18 février 1888,
qu'il n'y a plus à ÿ revenir, et qu'il ne reste qu'à tracer les limites du nouveau
diocèse, et à présenter les noms de trois candidats. C'est en conséqu'nce de cette interprétation que Na Grandeur me juge énsubordonné et insurgé contre Île décret lorsque je 1n'oppose à la division.
Je prétends, au contraire, comme je l'ai écrit dans ma cireulaire, No 107, 13 avril 1883, qu'après ce décret, il reste encore aux églises particulières, non moins qu'au dernier des hommes, si l'on veut en user, le droit de supplique qui ne blesse ni lobéissance la plus entière, ni le respect le plus profond envers l'autorité, dont il est même, dans son exercice, le suprême hommage.” Et c'est en conséquence de cette manière de voir que j'ai cru légitime de m'opposer à la division.
Voilà deux interprétations du décret bien différentes l'une de l'autre, Laquelle est la bonne 2 Les faits vont répondre à sette question.
M'appuyant sur le droit de supplique ct de respestueuses représentations, dont je me crois encore en possession après le décret, je me rendis à Rome, an mois de mai dernier, pour m'opposer à la division de mon dio èse. Je produisis mon opposition aupres du Cardinal Préfet d: la Propagande, qui la reçut aussitôt, chargea immédiatement le Secrétaire de la Propagande de relever toute l'affaire, et m'autorisa à meitre par écrit ce que j'avais à dire contre le projet de division. Non Eminence, suivant Mgr l'archevéque, s'insurgeait done par là contre le décret du Nt Pere ?
J'allai ensuite en audience aupres du St Père, qui me dit que c'était non seulement mon droit mais encore mon devoir de défendre ainsi mon diocèse. Na Nainteté me chargea d'exposer ce que J'avais à dire sur la question, ajoutant que cette question serait de nouvean examinée et jugée à son mérite. Que devient le jugement final, que, suivant Mer l'archevéque, comporte le décret du 18 février, en face de cet exumen nouveau voulu par le Kt Pere, et du jrgemexl nouveun au mérite de la question, qui en résultera ?
y a plus encore, Na Nainteté envoie subséquemment au Canada nn Commissaire Apostolique, Mgr SNmeülders, qu'Elle charge de traiter, entr’autres affaires, celle de la division de mon diocèse, et de faire ensuite une relation 4 commodo et incommodo dvisionis. Non Excellence est au pays depuis six mois, et s'occupe effectivement de l'affaire de la division. Pourquoi tout cela, si, comme le prétend Mgr l'Archevêque, le décret da 18 février 1883 est un jugement final sur la question ? Pourquoi examiner de nouveau les raisons pour et contre la division, si la division est une “affaire réglée ” ?
Je viens de recevoir de Mgr le Commissaire Apostolique une communi-
‘ation, en face de laquelle l'interprétation donnée par Mgr l'Archevèque au décret du 18 février, fait une singulière figure.
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Mgr l'Archevéèque dit : * L'érection du diocèse de Nicolet est une affaire réglée par le Souverain Pontile”. (Lettre du 8 Avril 1882.)
Mgr le Commissaire Apostolique vient de m'écrire: annuntio tibi questionem motam de divisione diœcesis Trifluviantæ esse resolutam
Portio populi fidelis, à Christi in terris Vicario el Pastore universali pastorali Tua solliritudini commissa, po Tuo regimini ac pulernæ cura indivisin concredita atque commendats remanel. (Lettre du 19 Avril 1884.
Cette dernière décision est une sentence venue de Rome, comme le décret du 18 février 1885, et elle vient de m'être communiqués officiellement par 1: Représentant du Pape.
Ces fuits sont suffisants, je pense, pour prouver que Mgr l'Archevèque à de fait “exagéré la portée du jugement du St-Pere, en disant que l'érection du diocese de Nicolet était une affaire réglée par le Souverain Pontife”. C'est le Cardinal Préfet, Notre T. N. Pere le Pape, la NS. €. de la Propagande, et Mer le Commissaire Apostolique, qui en ont fuit la preuve.
20 La raison de cette interprétation du décret donné par Mgr l'Archeveque se conçoit facilement. 1] fallait de toute nécessité empêcher les évéques de la province, à leur réunion du 22 mai, de s'occuper de la question de l'opportunilé de la division. Autrement, le projet de division pouvait encore échouer, et très-certainement il aurait échoué, En effet, Nos Neigneurs les Evèques avaient devant eux leur décision de 1876, par laquelle ils avaient rejeté en grande ma- Jorité le projet de division. TS savaient que depuis 1876, il n'était survenu aucune raison de diviser le dio-ese. Is n'ignoraient pas sans doute les séveres appréciations de Mgr Conroy en 1877-78 sur le mouvement des pétitionnaires, et en tous ens, ils connaissaient certainement la décision défavorable au démembrement du Cardinal Siméoni, en date du 6 Avril 1878. Ils auraient appris de plus que la demande actuelle de division à été faite dans l'ombre, comme les précédentes, à l'insu de la presque totalité de l'Épiscopat, à l'insu de l'Evèque diocésain, de la totalité du clergé et des fidèles du diocèse, c'est-à-dire de la manière la plus irrégulière et la plus injuste. I] leur aurait été facile encore de constater plus clairement qu’en 1876 qu'il n'y a véritablement aucune raison de diviser ce diocèse, surtout pendant que les diocèses voisins, qui sont beaucoup plus grands et plus riches, restent intacts, et conséquemment ils auraient de nouveau rejeté le projet de division.
Mgr l'Archevèque, qui voulait avant tout la réussite de ce projet, a pris le moyén d'éliminer le suffrage des évêques, sans s'occuper d'être en cela en contravention avec les coutumes établies, avec les décisions du Naint-Niége, et avec les règles de la justice. Voilà pourquoi, il a donné au décret du 18 février
l'interprétation erronée mentionnée plus haut. Il a été mème, pour mieux prévenir toute opposition, jusqu'à porter cette fausse interprétation à la connais-
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