‹ Remarques sur l'anatomie des cétéces de la division des BalénidesChapitre 24 sur 57 · Recent memoirs on the Cetacea, pl. v, fig · texte numérisé non relu

Recent memoirs on the Cetacea, pl. v, fig

milieu de l’occipital supérieur et à travers la suture médiane des pariétaux, des frontaux et des os nasaux que passe la section qui nous occupe. Son avantage est de montrer la longueur respective des os qu'elle divise ou désunit et de donner une idée exacte du mode de construction du crâne, de la longueur et de la courbure de la face, ainsi que des proportions du vomer.

Trois des pièces appartenant à l’axe crânien, le basilaire et les deux sphénoïdes sont très-faciles à distinguer les unes des autres dans la préparation dont nous parlons, et l’on voit encore entre eux dans les fœtus ou les jeunes sujets un intervalle non ossifié, fourni par le cartilage primitif du crâne; mais à mesure que l’âge adulte approche, les deux sphénoïdes antérieur et postérieur se réunissent en une seule pièce, et l'intervalle qui les séparait du basilaire diminue. Le sphénoïde antérieur résulte évidemment de la réunion de deux pièces, l’une à laquelle ce nom doit être conservé, l'autre répondant à l’ethmoïde, et l’on voit encore à la face supérieure de leur masse commune vers son tiers antérieur la trace de leur séparation primitive.

Dans les sujets adultes, la face antérieure de la pièce unique qui répond à l’ethmoïde et aux deux sphénoïdes réunis, est plus ou moins excavée par la disparition du cartilage sus-vomérien qui en est la continuation, et l’on voit au-dessous de cette pièce osseuse l'insertion de l'extrémité postérieure du vomer qui se prolonge un peu sous la partie antérieure du basilaire. Les rapports du cartilage dont il vient d’être question et du vomer seront décrits dans le paragraphe suivant. Rappelons seulement ici que la longueur de ces deux pièces, plus particulièrement celle du vomer, varie avec celle de la partie faciale du crâne. Dans les Baleines, le vomer, qui forme une gouttitre plus étroite que chez les Rorquals, est aussi moins long que chez ces derniers et il atteint à peine le milieu des incisifs et de la longue branche des maxillaires qui le recouvrent en dehors; au contraire, celui des

deux genres de Rorquals n’est dépassé en avant que par une faible

portion des os maxillaires et intermaxillaires, et par conséquent il longe la face dans presque toute son étendue.

L'occipital supérieur remonte en avant et ferme la boîte crànienne au-dessus du vertex. En s'étendant, il recouvre la partie médiane des pariétaux ainsi que la portion correspondante des frontaux et complète ainsi la calotte osseuse par laquelle la cavité cérébrale se trouve protégée en dessus, À mesure que l’animal avance en âge, ce recouvrement des pariétaux par l'occipital s’accentue davantage, et il arrive un moment où les frontaux eux-mêmes se trouvent en partie abrités et cachés par cette espèce de toit osseux. Quant aux os propres du nez, ils conservent leur situation ordinaire et précèdent, dans leur position au-dessus des fosses nasales, les frontaux avec lesquels ils conservent d’ailleurs une articulation visible à tous les âges. La suture par application de la partie recouvrante de l’occipital supérieur persiste également pendant toute la vie, et on la retrouve sans peine, même dans les coupes faites sur de vieux sujets, allant de la cavité cérébrale à la face antéro-externe de la boîte crânienne. Il n’en est pas ainsi de la suture d'application des pariétaux avec la face supérieure des os frontaux complétant antérieurement l'arc supérieur de la voûte cérébrale. Elle s’efface peu à peu et disparaît de manière à ne plus laisser visible que l'épaisseur commune de ces deux os, lesquels ne tardent pas eux-mêmes à se joindre par synostose avec la région ethmo-sphénoïdale.

La Baleine franche, qui l'emporte sur toutes les espèces de cette famille par la longueur de la face, se fait aussi remarquer par une étendue plus considérable de la partie postérieure de sa tête osseuse, et sous ce double rapport elle est très-facile à bien distinguer de toutes les autres. On remarque déjà beaucoup de brièveté dans l’arrière-crâne de la Baleine du Cap, et cette disposition serait encore plus évidente si, au lieu de nous borner à la coupe médio-longitudi-

nale de cette partie (pl. vi, fig. 1 et Aa), la seule qui ait été pra-

ANATOMIE DES CGÉTACES. 103 tiquée sur le sujet dont nous disposons, nous avions pu donner la section entière du crâne de cette Baleine. Quoique fort jeune, le crâne de la figure 2 de notre planche 1v peut donner une idée suffisamment exacte de la différence que nous indiquons; il est vrai, que son âge tend à exagérer cette différence au lieu de l’atténuer, puisque les animaux qui viennent de naître ont toujours la tête plus courte que les adultes.

La tête osseuse de la Baleine de la Nouvelle-Zélande diffère peu de celle du Cap; mais celle du squelette conservé au Muséum n’a pas été sciée; nous ne pouvons donc rien en dire sous ce rapport.

Les Rorquals, soit ceux du genre Balénoptère, tels que le Balénoptère ordinaire et le Balénoptère rostré, soit les Mégaptères diffèrent sensiblement des Baleines proprement dites par la disposition des parties dont il vient d’être question ; mais les particularités qui les distinguent entre eux n’ont pas une aussi grande valeur. Le crâne de ces animaux est à peu près droit au lieu d’être arqué ; l'angle formé par les deux lames latérales du vomer est plus ouvert et le fond de la gouttière constituée par cet os est plus arrondi. Ces Cétacés ont aussi l’arrière-crâne plus court et d’une autre forme. On se rendra compte de plusieurs des particularités qui les distinguent par l'examen des figures que nous en donnons et qui sont tirées du Balénoptère ordinaire, exemplaire de Bayonne (Balænoplera musculus), du Balénoptère rostré (Balænoptera rostrata) et de Poeskop (Hegaptera Lalandii).

Il serait utile de compléter ces études en comparant entre eux plusieurs crânes de Balænoptera musculus, pris dans des localités différentes. C'est ainsi qu'il sera possible de s'assurer si l’on est réellement fondé à réunir sous ce nom unique les diverses espèces, aujourd'hui considérées comme fictives, que l’on a précédemment appelées Balænoplera communis, B. anliquorum, etc. — Un semblable

examen. dont nous n'avons pas encore réuni les éléments, donne-

rait en même temps une idée des variations que le crâne de ces grands Cétacés éprouve avec l’âge ou suivant le sexe. Je me contente de rappeler que sous ce rapport le sujet échoué autrefois à l'ile Sainte- Marguerite se distingue notablement de ceux pris à Bayonne et dans le voisinage d’Abbeville. La différence est surtout évidente si l’on examine la région occipitale qui, dans ce Balénoptère, est bien plus étendue que dans ceux de nos côtes occidentales et d’une autre forme ”.

Par l’ensemble des caractères de leur crâne, les deux genres de Rorquals diffèrent moins des Baleines encore jeunes que des Baleines arrivées à l’état adulte, et les Baleines de l'hémisphère sud s’en éloi-

gnent déjà moins que la Baleine arctique ou Baleine franche.

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