‹ Remarques sur l'anatomie des cétéces de la division des BalénidesChapitre 39 sur 57 · Ostéogr. des Célacés, pl. vi, fig · texte numérisé non relu

Ostéogr. des Célacés, pl. vi, fig

2. Voir Nouvelles Archives du Muséum d'Histoire naturelle, t. V et NI.

ANATOMIE DES CÉTACES, 125

coup de eas, il est également aisé d’en tirer des données sur la proportion relative des différentes parties du cerveau, telles que les lobes olfactifs, les hémisphères et le cervelet; de voir dans quelles limites ces hémisphères, constituant toujours la partie prépondérante du système nerveux central dans la classe des mammifères, s'étendent au-dessus des lobes olfactifs et du cervelet ou les laissent à découvert; enfin de constater la présence des circonvolutions cérébrales ou leur absence, et, lorsque ces circonvolutions existent, de suivre les contours de celles qui occupent Ia face convexe des hémisphères.

Comme je l'ai fait voir dans mes précédents mémoires, on trouve donc dans ces préparations de précieux renseignements, à la fois anatomiques et zooclassiques; et si les données purement anatomiques auxquelles elles conduisent sont restreintes, elles sont du moins certaines et différent sous ce rapport de celles qu'on avait cru pouvoir déduire de la simple inspection de la surface extérieure du crâne. La classification naturelle peut en tirer des indications utiles, qu'elle s'applique à établir la hiérarchie des espèces dans une même famille ou qu’elle cherche les rapports plus ou moins grands que les familles ont entre elles.

La loi du rapport existant entre le volume du cerveau de chaque animal mammifère et la taille de cet animal, loi déjà entrevue par Gall et Leuret et démontrée par M. Dareste, trouve en particulier une nouvelle confirmation dans l'examen de l’encéphale des Cétacés, et il en est de même pour celle qui attribue à chacun des grands groupes naturels de la même classe de vertébrés une forme cérébrale distincte susceptible de varier dans quelques-uns de ses détails seulement, suivant le genre auquel appartient l’espèce qu'on étudie dans chaque groupe ou la taille à laquelle cette espèce arrive.

On savait déjà que les Balénidés sont pourvus de circonvolutions cérébrales, et que sous ce rapport ils ressemblent aux Cétodontes ou Cétacés pourvus de dents persistantes et sans fanons, tels que les

Cachalots, les Ziphioïdes et les Delphinidés de toutes sortes. Ils sont donc à cet égard soumis à la règle qui régit les mammifères de grande taille, mais ils ont cela de commun avec les espèces dont le cerveau est le plus volumineux, telles que l'homme, les premiers Singes, les Proboscidiens, les Cétodontes de presque tous les genres, les Sirénides et plusieurs genres de grands Phoques, les Macrorhines et les Stemmatopes en particulier, que les plis formés par leurs circonvolutions cérébrales ne se traduisent pas à la surface de la duremère cérébrale et que par suite ils ne laissent pas de trace à la face interne du crâne. 11 en résulte que le moule intracrânien de ces animaux ne saurait donner un indice de la présence de leurs circonvolutions et encore moins faire connaître la forme de ces dernières. C'est aussi ce que l’on constate, quoique d’une manière moins évidente, chez les plus grosses espèces de Jumentés et de Ruminants, entre autres chez les Stéréocéros de Gall, quoique chez celui-ci on voie encore assez bien les circonvolutions pour en établir la comparaison avec celle des autres Jumentés ".

Ainsi, même dans les cas où les circonvolutions ne sont pas complétement apparentes à travers la dure-mère, il est néanmoins possible de tirer de cette étude des renseignements d’une incontestable utilité; c'est ce qui a lieu pour les Balénidés, et j'ai réuni dès à présent un assez grand nombre de moules encéphaliques de Cétodontes pour avoir pu constater qu'il en est également ainsi chez ces derniers, quoique ce soient aussi des animaux dont les circonvolutions ne se laissent point constater à travers les membranes encéphaliques.

Cette particularité que nous avons signalée tout à l'heure, comme se retrouvant dans la plupart des mammifères de grande taille, est si bien en rapport avec les dimensions propres à ces

animaux que l'on voit les traces extérieures des circonvolutions

1. Milne Edwaris, Ann, Se, nul., 5° série, &. X,.p. 203, p'. 44, fig. 4-2.

reparaître sur les moules intracrâniens des plus petites espèces du groupe des Cétacés pourvus de dents: On ne les aperçoit point, il est vrai, sur le moule encéphalique du Plataniste, et je ne puis, faute d’un crâne de ce genre, dire s’il en est de même pour les Sténodelphes ou Pontoporia, de l'embouchure de la Plata, mais je les retrouve d'une manière très-évidente sur des moules tirés du Marsouin et du Néoméris. Elles deviennent même évidentes sur les moules intracrâniens pris chez l’espèce humaine, lorsque ces moules proviennent de nains ou d'individus dont le cerveau est resté imparfait, comme cela a lieu pour les idiots. Ainsi on les voit d'une manière assez nette, soit sur le moule encéphalique du nain du roi de Pologne, dont il est question dans les ouvrages de tératologie sous le nom de Bébé”, et elles sont également apparentes sur un moule analogue reproduisant l'intérieur d’un crâne d'idiote, appartenant de même à la collection du Muséum.

Le cerveau des Balénidés, envisagé en lui-même, a déjà été décrit par les anatomistes, mais on ne le connaît que dans un fort petit nombre d'espèces, et celui des Balénidés proprement dit est resté jusqu'à ce jour inconnu. Les observations publiées à son égard sont dues à MM. Eschricht et Reinbardt, d’une part, et à MM. Serres et Gratiolet, d'autre part.

Les espèces observées par les deux premiers de ces auteurs sont de deux genres différents : l’une du genre Mégaptère, le Képorkak (Megaptera boops) ; l'autre de celui des Balénoptères, le Balénoptère rostré (Balænoptera rostrata) *. C'est aussi le Balénoptère rostré qu'ont étudié MM. Serres et Gratiolet *.

Je ne reviendrai sur les travaux publiés par ces savants anato-

mistes que pour rappeler qu'ils signalent les uns et les autres les

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