Comptes rend. hebd., t. LIT, p. 894 et
nombreux plis tracés à la surface des hémisphères cérébraux de ces animaux, et que les Balénidés sont avec les Cétodontes au nombre des mammifères chez lesquels les circonvolutions sont le plus multipliées. Les auteurs cités s'accordent d’ailleurs pour reconnaitre chez les Balénidés l'existence de lobes olfactifs, bien distincts, ce dont on aurait pu douter si l’on s'était fondé à cet égard sur les faits relatifs à la plupart des Cétodontes et si l’on avait conclu de ces derniers aux Balénidés eux-mêmes. Les moules :intracrâniens envisagés séparément ne laisseraient aucun doute au sujet de l'existence des lobes olfactifs des Balénidés; mais, par suite d’une particularité encore ignorée, ils pourraient, si on les envisageait seuls, faire supposer que ces lobes acquièrent une épaisseur bien plus considérable que celle qu'ils ont en réalité.
En avant et au-dessus de la base ossifiée du cartilage Susvomérien, entre cette base et la symphyse des os frontaux, existe une excavation reproduite en relief par le moulage et qui constitue un cul-de-sac osseux plus allongé chez les Baleines, plus court au contraire chez les Rorquals; nous croyons que cette excavation loge la partie antérieure des lobes olfactifs.
Dans la Baleine australe, ce cul-de-sac et le moule qu'on en obtient se relèvent sensiblement; ils sont au contraire à peu près horizontaux dans la Baleine franche. Chez cette dernière espèce leur longueur est de 0,19 environ; elle n'a plus que 0",12! dans notre Rorqual de Bayonne; 0",10 dans l’exemplaire n° 3, et 0",05 dans le Balénoptère rostré de Berghen. La forme que la même saillie affecte dans ces derniers animaux se retrouve chez le Poëeskop (Wegaptera
Lalandii), chez lequel sa longueur égale 0",10.
4. Cette saillie antérieure de la cavité cérébrale mesure 0,19 ou 0,20 dans le crâne du Rorqual de Dubar (Rorqualus Sibbaldii), à en juger par le moule de cette cavité que Cuvier avait fait exécuter pour la collection du Muséum ; mais on sait que ce sujet était de très-grande taille et l'épaisseur des cavités longeant ses lobes olfactifs conserve d’ailleurs les mêmes proportions, eu égard aux dimensions du sujet dont il s'agit, que chez les autres Rorquals.
Si l’on examine les figures données par MM. Eschricht et Reinhardt des lobes olfactifs des Rorquals qu'ils ont étudiés, on est frappé de la différence de forme que ces lobes présentent avec - l'épaisse saillie située en avant du moule intracrânien des deux genres de cette tribu, Balénoptère et Kyphobaleine, que nous avons sous les yeux. D'après ces célèbres anatomistes, les lobes dont il s’agit sont grêles et allongés comme des nerfs ordinaires, et ils ressemblent plus aux lobes olfactifs de l’homme ou des singes, que leur forme même a fait autrefois décrire comme constituant la première des paires cérébrales, qu'à la masse correspondant à cette partie de l’encéphale dans la plupart des autres mammifères. MM. Serres et Gratiolet disent aussi de leur côté que les lobes olfactifs de leur Rorqual étaient grêles et comparables pour les proportions à ceux de l’homme.
Il se présente donc ici une difficulté que nous ne pouvons résoudre, puisque la cavité qui semble destinée à recevoir ces lobes est beaucoup plus spacieuse que ne le comporte leur volume. Se renfleraient-ils à leur extrémité, comme cela a lieu chezles Poissons, et la partie étudiée par ces savants n’en est-elle que la tige et non la terminaison avec les ventricules qu’on peut lui supposer? C’est ce que l’on ne saurait décider dans l’état actuel de nos connaissances sur ce sujet.
Après les lobes olfactifs, que le moulage en exagère ou non le volume, viennent les hémisphères cérébraux dépassés en avant par toute la partie antérieure des saillies dont il vient d’être question, mais recouvrant en arrière la presque totalité du cervelet et ne laissant par conséquent pas apercevoir entre eux et ce dernier les tubercules jumeaux. Ils ont, à leur face supérieure, l'apparence de deux fortes saillies mammiformes, séparées l’une de l’autre sur la ligne médiane par une gouttière répondant à la faux. La largeur des deux hémisphères mesurée pour chaque espèce, à peu près au milieu de leur hauteur etau-dessus de la masse accessoire dont nous
allons parler tout à l'heure, et la longueur de ces hémisphères, prise VII. 17
à partir de la base médiane des saillies olfactives varient avec la taille
des animaux étudiés. Voici le tableau de ces dimensions :
Largeur. Longueur.
Baleine franche, . . . . . 0,915 Ur 000 Baleine australes tome ee 0 MOMSDODEMENTE SES. On 4180 —plutrès-jéune.t 2h. LOMO GARE 0 202460 Rorqualleéant a EC UT 2 0 UT 22H50 — de Bayonne. 1 0,230 M0. : 510,220
— n9\3,44 03020.) MNOMIO3 0 eat 022110 Balénoptère rostré. . . . .. 0,465 | . . . . 0170 Mégaptère Poeskop . . . . 0,200 . . . : . 0,185
Dans plusieurs cas, ces dimensions dépassent celles du cerveau des Éléphants; c’est ce qui a lieu pour la Baleine franche, la Baleine australe et le Rorqual géant, et lorsqu'elles leur sont inférieures, elles s’en écartent peu malgré les différences de forme qu'elles accusent.
Les hémisphères cérébraux des Balénidés sont d’ailleurs moins longs proportionnellement que ceux des Proboscidiens; en même temps ils sont plus renflés et approchent davantage de la forme sphérique. En outre ils recouvrent le cervelet, ce qui n’a pas lieu chez ces derniers. Les lobes olfactifs de ces deux groupes d'animaux ne diffèrent pas moins entre eux, soit que l’on prenne les moules que nous décrivons, soit que l’on ait recours, pour s’en faire une idée, aux figures de MM. Eschricht et Reinhardt.
Une particularité du moule intra crânien qui reste propre aux Balénidés, si on les compare au reste des mammifères, réside dans la présence sur les parties latérales des hémisphères, en avant du cervelet de masses annexes, qui en augmentent notablement le volume et que l’on ne peut supposer de nature nerveuse. Elles entourent, il est
vrai, les nerfs à leur sortie du cerveau, et, sur une partie de leur