‹ Remarques sur l'anatomie des cétéces de la division des BalénidesChapitre 44 sur 57 · VIL · texte numérisé non relu

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De nouvelles observations nous apprendront si, comme cela semble indiqué par certaines considérations théoriques, la série de ces animaux se termine par les Protobaleines, ou mieux encore si elle commence chronologiquement par elles, puisque l’on remarque habituellement que les plus anciennes espèces d’un groupe donné, envisagé depuis son apparition connue jusqu’à son extinction, ou jusqu'à l’époque actuelle, si ce groupe a encore des représentants, sont de moindre taille que celles qui leur ont succédé et moins avancées qu'elles sous le rapport de la supériorité des caractères.

Cette proposition recevrait, en ce qui concerne les Balénidés, une éclatante confirmation si l'on venait à reconnaître que c’est à la suite des Rorquals et non parmi les Squalodons qu'il faut classer le Squalodon pygmœus, décrit par M. Leidy dans son beau travail sur la Faune éteinte du Dakota et du Nebraska ‘, d’après un crâne long de deux pics seulement, découvert dans le terrain éocène de Charleston, Caroline du Sud, par MM. Holmes et Gibbes. La forme de ce crâne est en effet très-semblable à celle des Rorquals, et elle s'éloigne, au contraire, de celle qui caractérise les Squalodons, si l’on prend, comme exemple de ces derniers, le Squalodon de Barie, qui possède le Musée de Lyon. Par une particularité remarquable, mais qui ne contredirait pas, à notre avis du moins, les affinités que nous lui supposons avec les Balénidés, le Squalodon pygmæus avait des dents à la mâchoire supérieure, et il existait encore unede ces dents implantées sur le maxillaire supérieur gauche du crâne, type de l'espèce, lorsque M. Agassiz l’a fait dessiner.

Quant au Paléocétus, la science réclame aussi un examen plus complet des pièces de son squelette, et nous avons vu qu'on n'en connaissait encore que trois vertèbres appartenant à la région cervicale.

1. Journ. Acad. nat. sciences, T. VIT, 2: série, p. 420, pl. 29, fig. 7-8; 1869.

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Si nous passons aux Balénoptères , c'est-à-dire aux Balénidés à courts fanons, à nageoire dorsale plus ou moins développée, à vertèbres cervicales séparées les unes des autres’, animaux auxquels nous avons encore reconnu d'autres caractères tirés de la caisse auditive, de la forme du crâne et de diverses parties squelettiques, telles que le sternum, les membres antérieurs qui sont moins raccourcis, la condition plus imparfaite encore des membres postérieurs, nous constatons également la possibilité de les partager en plusieurs genres dont les deux plus généralement admis sont ceux des Rorquals (Rorqualus des auteurs; Balænoptera, partim, Lacép.; Plerobalæna, Eschricht) et des Mégaptères (egaptera, Gray ; Kyphobalæna, Eschricht).

M. Gray divise les Balénoptères de Lacépède et de Cuvier (Ptérobaleines d’Eschricht etde M. Van Beneden) en cinq genres. Dans trois de ces genres (Benedenia, Physalus et Cuvierius) qui ont de soixante à soixante-quatre vertèbres, la première côte a sa tète simple. Quant aux différences indiquées relativement à la seconde vertèbre cervicale dont les apophyses transverses forment une courbe ou une large échancrure ou bien présentent un trou fermé, on ne peutattribuer cette disposition qu'à l’âge plus ou moins avancé des sujets observés; et bien qu'il y ait dans ce groupe plusieurs espèces dont la principale est le Rorqual de nos mers, lequel a été successivement nommé Aorqualus muculus, antiquorum où communis, on ne peut, ainsi que le fait remarquer M. Van Beneden, admettre ici qu'un seul genre qui conservera soit le nom de Rorqualus, déjà adopté par M. F. Cuvier et autres naturalistes, soit celui de Physalus emprunté à Lacépède et repris par M. Gray.

Le genre Sibbaldius du même auteur a cinquante-cinq vertèbres, et les têtes de ses deux premières paires de côtes sont doubles. L'espèce type (Rorqualus Sibbaldiï) est le faux Balænoptera rostrata de Rudolphi que M. Gray appelle Sibbaldius laticeps.

4. Le Balænoptera rostrala présente parfois un commencement de synostose des vertèbres cervicales,

Les nouvelles observations de M. Turner ont montré que le grand Rorqual d'Ostende décrit par Dubar (Pterobalæna gigas, Van Beneden) rentrait bien dans ce genre.

Enfin M. Gray réserve le nom générique de Balænoptera au Rorqual à quarante-huit vertèbres qui est le Balæna rostrata d'0. Fabricius. Dans cette espèce, toutes les côtes sont à tête simple, mais le sternum est en croix latine.

C'est de ce genre plus encore que des Rorquals ou Physalus que se rapprochent, surtout par la forme de leurs vertèbres, la plupart des Balénoptères signalés dans les terrains pliocènes et miocènes que M. Van Beneden appelle des Plesiocetus, et l'on pourrait leur donner indifféremment ce nom ou celui de Balænoptera, si l’on réserve ce dernier au Balænoplera rostrata.

Quant aux Mégaptères (Wegaptera, Gray; Kyphobalæna, Eschricht), la forme surbaissée de leur dorsale, la longueur de leurs membres pectoraux et certaines particularités de leur sternum, ainsi que de divers autres points de leur squelette, ne permettent pas de les laisser associés génériquement aux Rorquals. Ce sont le Képorkak des mers boréales etle Pæskop des mers australes. M. Gray les divise à leur tour en deux genres sous les noms de Wegaplera et de Pæscopia, mais cette distinction ne paraît pas justifiée par la valeur purement spécifique des caractères qui les distinguent l’un de l’autre. Il est difficile de décider si ces Balénidés doivent être classés avant les Rorquals ou après eux, mais il est certain, ainsi que nous venons de le dire, qu'ils ne doivent pas leur être associés génériquement.

On voit par les faits rappelés dans ce Mémoire combien l'anatomie comparée et plus particulièrement l’ostéologie qui en est une partie importante peut concourir à éclairer l’histoire des grandes espèces de Cétacés aujourd’hui répandues dans les différentes mers ou qui ont vécu dans des conditions analogues antérieurement à l’époque

actuelle. Aussi, quoique notre Collection soit aujourd'hui l'une des

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plus riches en ce qui concerne ces gigantesques animaux, terminerai-je ce travail en rappelant aux navigateurs et à toutes les personnes amies de l'histoire naturelle qui sont en position de recueillir des matériaux nouveaux pour la cétologie qu'il manque encore à nos Galeries bien des pièces importantes pour compléter l’histoire de ces curieux mammifères et qu'elles rendront un service signalé à la science en y déposant celles qu'elles pourraient se procurer à côté des objets relatifs au même groupe que notre grand établissement national possède déjà.

PLANCHE IIT.

BALÉNOPTÈRE ROSTRÉ.

BALÆNOPTERA ROSTRATA, — Exemplaire jeune, pris en février 4861, sur les côtes de Bretagne. Reproduction du dessin cité p. 91, qui a été exécuté pour la collection des vélins du Muséum.

Vu en dessous et de profil.

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