‹ Remarques sur la marche suivie dans la recherche de la vérité relativement aux épidémies, et sur le résultat qu'aurait eu l'examen complet des documens de l'auteur fait en 1822, ou, Appel à tous les médecins amis de la science, de la justice, de l'humanité et de l'honneur de notre paysChapitre 1 sur 7 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

Jures BERhlFR , éditeur, quai aux fleurs, n. 3.

On a tout dénaturé relativement à mes travaux, au point que certains écrivains m’ont présenté ces jours-ci comme n’ayant fait autre chose qu’adopter les opinions de M. le docteur Chervin, lorsque c’est ce médecin qui a adopté les miennes, lorsqu’il soutient encore l’erreur sous plusieurs rapports, de manière que ses efforts ne servent qu’à entraver la marche de la science, comme on semble enfin aujourd’hui généralement disposé à le reconnaître. Ne dois-je pas tout faire pour tout rectifier? Il y va de quelques-uns des intérêts les plus chers de l’humanité.

Imprimerie de Ciiassaigkon , rue Gît-le-Cœur, n. 7.

AVANT-PUOPOS.

« Voici la vérité, voici l’erreur; voici le bien, voici le mal : d’un côté calamités inouies , de l’autre résultats avantageux incontestables : choisissez. »

Voilà ce que j’ai déjà dit, en réclamant contre les dé-r marches d’un confrère qui, venu long-temps après moi, avec des documens incomplets et de grandes erreurs, a voulu empêcher l’examen des miens, à l’aide de ces erreurs, généralement répandues. Ce médecin, ne pouvant m’opposer de bonnes raisons, ne sachant pas même de quoi il parle, et voulant néanmoins faire le plaisant, a dit, lui, que l’on choisissait l’erreur, en dépit de tous mes avertisscmi’ns! Les dernières épidémies dites cho-

T?Ira sont venues faire apprécier son langage, ainsi que sa conduite et la mienne!

Je dirai encore ici : On a un beau rôle à jouer et un rôle entièrement différent : que l’on choisisse également. Si ce n’est pas le premier que l’on choisit, j’en serai peiné, non par rapport à moi , il y a long-temps que j’ai fait abnégation de ma personne; ce sera par rapport aux autres hommes, par rapport à la science et à l'honneur de notre pays!

Dans un écrit que je viens de publier, à l’occasion de la question des quarantaines élevée dans le sein de l’Académie des Siences, je n’ai pu offrir qu’un apperçu sur la marche à suivre dans l’examen de cette question et de toutes celles qui s’y rattachent, comme je n’ai pu faire connaître qu’en partie la source où l’on doit puiser; mais j’ai promis de donner sous peu des développemens : je tiens parole.

Que l’on ne voie point ici une question de personnes, tpie l’on ne voie point une question d’intérêts privés. Plus de vingt-cinq années de travaux, auxquels je me suis livré dans le silence, peuvent prouver combien je suis peu avide de faire du bruit et de me prévaloir. Mais je n’ai pu avoir l’intention délaisser toujours enfouie la vérité, que j’ai cherchée avec tout le zèle dont je suis capable. D’ailleurs, j’ai déjà trop obtenu pour ne pas vouloir et espérer obtenir beaucoup encore.

11 est sans doute très nécessaire que, dans une afïaire de cette importance, la marche suivie soit bien connue. Il s’agit, même en cela seul, d’une lâche qui n’est ni sans difficulté, ni sans inconvénient sons d’autres rapports; mais personne ne se présentant pour la remplir.

peut-èlre convient-il de s’en charger à un médecin qui a déjà fait toute sorte d’efforts et de sacrilicès, qui a rassemblé le plus de faits, qui a composé le plus de mémoires propres à conduire au but désiré , qui a traité a fond toutes les questions agitées, et qui a obtenu, en théorie et en pratique, les résultats les plus notables.

Jamais on ne s’est plus occupé, que dans ces derniers temps, des questions relatives aux maladies épidémiques; mais qu’a-t-on obtenu, où est-on arrivé, en suivant une autre marche que celle que j'ai indiquée et que j’ai toujours suivie moi-même? On en est à déclarer que tout ce que l’on sait c'est que l'on ne sait rien , ni sur la nature du mal, ni sur ses causes, ni sur son traitement! Jamais, en effet, on ne vit régner plus d’épidémies dans un temps de paix, d’abondance et de bonne température, tel que celui dont on a joui généralement depuis long-temps! Le mal s’est développé et il a exercé le plus de ravages précisément là où l’on s’est le plus attaché à faire l’application des doctrines admises!

Une partie des faits que j’aurai à citer sont déjà connus, je le sais; néanmoins je dois en faire mention, ainsi que de ceux qui peuvent ne pas l’être, afin de présenter un ensemble nécessaire.

Si je m’abuse, en me flattant de divers avantages , on s’est privé du droit de le prétendre en n’examinant, pas.

Ce nouvel écrit pourra servir à l’histoire de lu science; il pourra servir aussi d’avertissement pour ceux qui , comme moi, peuvent être animés du désir de combattre de grandes erreurs: il pourra les instruire de ce qu’ils

doivent attendre s’ils veulent persister dans leurs efforts contre de grands obstacles , et surtout contre diverses passions opposées à leurs nobles desseins!

Quiconque voudra être au courant de l’état de la science, pourra prendre quelque intérêt à cet écrit.

Lerrtédecin dont j’ai voulu parler au commencement de cette préface, et que j’avais d’abord accueilli, est venu se mettre, en quelqne sorte , en travers sur mon cliemin : il a tout enrayé ; il a dépouillé la médecine française d’un grand avantage; il a fait un tort incalculable à l’humanité, qui a continué d’être exposée à des calamités inouies, faciles à éviter. Ce médecin s’est servi de grandes erreurs encore généralement répandues : celle de l’infection et celle de maladies distinctes imaginaires; il a abusé même de mon accueil, pour écarter les seuls documens propres à conduire au but que l’on doit avoir en vue. Il est temps , enfin , de tout remettre à sa place.

EIllâEQlIS

SUR LA MARCHE SUIVIE DANS LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ RELATIVEMENT AUX EPIDEMIES, ET SUR LE RÉsU'' * m <2u’aurait eu l’examen COMPLET DES D0- CUMENS DE L’AUTEUR PAIT EN 1022,

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