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Remarques sur la vaccination [microforme]

La variole qui sévit dans notre ville, grossissant le chiffre des décès, nuisant à sa réputation, et diminuant son commérce, a rendu nécessaire des mesures plus efficaces que celles que l'où prend d’ordinaire pour la faire disparaître. On établit des hopitaux vastes et bien aérés où ceux qui y sont admis reçoivent toute l'attention et tous les soins possibles. |

Il est à espérer que les sentiments d'amour-propre'et l'intérêt que chacun porte a sa propre personne, saus parler du sentiment patriotique, suffiront pour décider ceux qui sont frappés |rar l’épidémie à aller chercher les soins et ies secours dont ils ont bæsoin, dans les hopitaux, plutôt que de continuer à être une source de danger pour les autres.

Mais l'expérience a prouvé que l'isolement, tel qu’on peut le pratiquer, ne suffit pas seul à arrêter les progrès de la maladie, sans le secours des moyens prophyiactiques que la science nous a donnés. On a demandé, messieurs, vos services, et à vous est confiée la tâche importante de vacciner par toute la ville. |

Tout en étant persuadé que vous êtes parfaitement compétents à remplir cette tâche, afin que vous puissiez suivre ne manière d'agir uniforme, j'ai préparé, pour votre gouverne, quélques règlements qui, j ose l’espérer, seront trouvés assez clairs et assez explicites pour atteindre le but où ils tendent. \

+1XSTRUCTIONS AUX VACCINATEURS.

1 Comme il a été établi d'une manière concluante par toutes! les autorités médicales du monde, et par l'expérience de presque toutes Les nations

| que l’on’ peut prévenir, ou au moins modifier considérablement la variole par la. vaccination ; et que la vaccination procure presqu'infaillible ment l’xemption de cette maladie, il est de la plus grande importance que l’on apporte les plus grands soins dans le choix et la couservation de pur virus vaccin; qu’on apporte la plns grande prudence dans son emploi, afin que ceux qui ont recours aicne ‘outes les garanties qu’ils en seront protégés ; et que ceux qui, pour diverges raisons, ne devraient pas se soumettre à la vaccination, en soient duiment avisés,

2. Ne vous servez pas d'aide, mais vaccinez, soit par vous-mémc, soit par un

médecin pratiquant, ayant toutes les-qualifications requisesiQui er: à la vaccination, et que vous pourrez prendre comme assistant.

es

à, Vaccinvzà tous les âges ; on n’est jamais trop jeune pour subir cette opéra tion, ni trop vieux pour n'avoir pas besoin de cette protection ; car les non-vaccinés peuvent en tout temps, et surtout en temps d’épidémie, devenir un foyer de contagion pour les autres,

4. Vaccinez ceux qui ont “éjà eu la variole, car une attaque de la variole. nempéche pas d'en avoir une seconde. Vaccinez ceux qui ont déjà. été vapcinés, car la vaccine perd quelquefois sa propriété protectrice par le temps, et la revaccination augmente considérablement les garanties d'exemption de la variole. Revaccinez aussi souvent que le virus

voudra prendre, et en temps de contagion, au moins tous les cinq ans. 5. Ne vaccinez aucun sujet à qui, en son état de santé, la vaccination pourrait

être nuisible, Ne vaccinez pas, en général, les personnes ayant des éruptions derrière les oreilles ; les personnes dans un état fébrile, souffiant de maladies éruptives (rougeole, scarlatine, érysipèle) les enfants pendant la dentition ; ni lus femmes enceintes : cependant les personnes de cs deux dernières catégories, lorsqu'elles sont exposées à la contagion, devraient être vaccinécs, la variole leur étant spécialement fatale. 6. Procurez-vous de la lymphe bovine, pour les premières opérations, des sources les plus accréditées ; le bureau provincial d'hygiène sera toujours; prèt à vous donner des informations sur ce point, si vous les lui

demandez.

7. Si vous étiez dans la nécessité de vous servir ensuite d: lymphe humanisée

ne prenez que la lymphe de pustules bien caractérisées et non rompues” sur des enfants d’une santé indubitable, n'ayant aucun vice héréditaire ou communiqué, mais jamais de cas de revaccination.

N.B. La bonne lympbe est liquide, claire, limpide, transparente et.modérément visqueuse ; elle doit couler lentement de la pustule perforée, comme un sirop, et s& former en globule,

8. Prenez la lymphe pendant que la pustule est pleine (ce qui arrive ordinairement ile ïe où le 8e jour) 4 dans les vingt quatre heures après les premiers signes de la formation de l’aréole

9. Evitez de vider la pustule perfoiée çune pustule d& vaccine perforée dont on a pris une partie du contenu ne perd pas sa propriété protectrice et ne ca! se ni douleur ni gêne.)

10, Lorsque vous vaccinez d’un bras à un autre, ce doit être seulement avec du virus provenant d’une vaccination avec du virus de source bien

connue, .

11. S'il se produit une inflammation locale excessive dans plus d’un cas.

de vaccination faite avec la même lymphe, n'emploiez plus cette lympbe et procurez vons en de la nouvelle.

12. Si vous voulez vous servir de l& croûte, il ne faut pas l’ôter du bras avant le 1e jour, ou, encorc il vaut fieux attendre qu’elle se détaché d’ellemênie.

N.B. La croûte doit être d’une couleur d'ambre foncé et demi-transparente. L'île ne doit pas être trop mince ni cassante, mais doit se laisser coupét factleméht, sans fractures, elle doit provenir d’une pustule non vidée et nom ouverte.

o 13. Lorsqu'on se sert d’une plume d'oie ou d’une pointe d'ivoire, on n’a pas besoin de lancette ; mais lorsque l’on se sert de la lanc:tte avec de la lymphe liquide, ou de la croûte amollie, on doit réserver cette lancette uniquement pour la vaccination, et ne s'eu servir pour sucune autre | opération chirurgicale.

14. Le système doit être parfaitement protégé par la productio\ d'au moins | deux, ou mieux de trois pustules de vaccine, à égale disténce l'une de l’autre; espacées, d'au moins, trois quarts de pouce, dà sorte que, ! si l'inflammation devenait forte, les aréoles des aifférentes pustules | ne fussent pas en contact l’une avec l’autre, 1 15, L'examen que l’on a fait d'un grand nombre de bras pour la révaccination, | et les rapports venant de sources accréditées, ont démontré que, soit manque de soins, soit ignorance, soit indifférenc ? de la part du vaccinateur, il y a moins de gens, qu'on le croit, qui aient été convenablement vaccinés, | 16. Ne vaccinez que dans une chambrs claire et bien aérés, et nca dans des lieux où abondent la poussière ou des vapeurs nauséabondés ; ni à proximité de personnes souffrant d’une maladie, surtout de l'Érysipèle, de la Diphtérie ou de la fièvre Scarlatine ; ni à proximité dé personnes qui soignent des malades souffrant d’une de ces maladies

17, Il peut paraître bien inutile d'apprendre à un membre de la ‘prof-ssion comment vacciner, mais la proportion des vaccinations sans effet, — même avec de bon virus, est si considérables, que des inftructions, même élémentaires, ne sont point hrs de raison,

(a.) Règle générale, vaccinez au bras (le bras gauche est généralement le plus cominode pour les adultes) ; la mère choisira le meilleur endroit pour l'enfant ; des raisons de vanité pourront faire choisir la jambe, Faites, en trois endroits, six où huit égratignures parallèles, et autdnt d'autres à angle obtus aux premières. t

(b) Faites ces égratignures si légères que le sang paraisse à peine, et qu’il ne coule pas. Lorsque sur des sujets (veineux) le sang coule, essuyez le avant d'appliquer le virus.

(e\ Comme le virus, sur la pointe d'ivoire ou sur la pli ne d’oie #8t près de la: pointe des deux côtés de la première, et sur la surface convexe de la dernière, ce sont ces parties 1à seulement après les avoir humectées avec de l’eau, qu'il faut frotter convenablement sur la surface égratignée.

(Il est bon de remarquer que quelques producteurs de virus tnimal qui se servent de la plume d’ois, placent le lymphe au bout coupé carré, d’autres sur la surface convexe, près de la pointe, Nous conseillerions aux producteurs l’uniformité sur ce point).

(d.) Si la lymphe s'était répandue au-delà de la partie égratignée, ramenez-là À à cet endroit de la peau. <

(e.) Ne mettez ni bandage ni autre chos: pour le couvrir, ni gaz, ai caoutchouc, ni papier gommé, mais laissez sécher la lymphgçpen nt une couple de minutes, sans chaleur artificielle, avant de le recouvriraves les habits. |

(/.) Le virus, même bon, et sur des personnes sur lesquelles il pourrait agir, reste inerte pour une de trois causes: scarification insuffisante ; scurification trop profonde ; saignement trop lihéral, le vaccinateur devrait tâcher d'éviter ces trois causes d’insuccès en faisant attention aux moindres détails.

(g.) Après la vaccination, laisses la partie vaccinée tranquille, en ayant soin que la manche ne soit pas trop étroite, ni d’un tissu dont la rudesse pourrait irriter, On trouvera avantageux de porter un morceau de toile entre la manche et la partie vaccinée,

(h.) Prenez note, dans chaque cas, de l'origine du vaccin employé, et conservez un régistre des vaccinations, pour pouvoir y référer plus tard.

18, Lorsque la vaccination a été bien fuite et que tout se trouve dans les conditions normales autour du patient, on remarquera 18 symptômes suivauts : deux, plus souvent trois at quelquefois quatre jours s'écoulent avant qu'aucune action locale soit visible, alors commence l’inflammatin du bras; la peau est rouge, et il y a une légère enflure, de la même fo me que la plaie ; puis un bouton, et sur le bouton une petite cloche y rfaitement visible le cinquième ou le sixième jour, qui contient un ligaide clair et qui grossit, Le septième jour, ordinairement, cette clqche ou pustule est ronde, bien remplie, transparente et d'une blancheur perlée, avec des bords bien marqués ; et à mesure que sa circontérence augmente, il se fait une dépression au centre, vers lé huitième jour. Lau peau environnante est encore rouge et enflammée, et ces deux stinmptômes, de la pustule et du cercle enflammé qui l'entoure sont ln preuve que lu vaccination a réussi. Vers le huitième ou le neuvième jour, la pustule perd sa transparence et le liquide devient nuageux, Pendant une couple de jours il est jaune, et bientôt une croûte, couleur d'uajou, commence à se former au = ntre. Cette croûte tombe vers le 23c jour. Le bras, pendant lu majeur partie de ce temps-la peut rester roue et enflé, et l'enfant peut être plus ou moins fièvreux ; mais les symptômes fièvreux sont proportionnés à l'intensité et à l’étendue de l'infammation locale. Quelquefois ces Changements prennent un temps moins long, quelquefois 118 sont retardés d’un jour ou deux, mais ordinairement tout se passe dans les périodes normales que je viens de mentionner La cicatrice laissée par la vaccination doit être blanche,

pouctuée comme le bout d’un dé à coudre, et non pas lisse. 19. La rewaccinaë&icu, à laquelle on doit avoir recours de temps en temps, et

spécialement en temps d’épidémie, produit quelquefois les mêmes changements locaux et les mêmes troubles fébriles que la première vaccination : mais ce n’est pas habituel, et une forte affection locale

ou générale est regardée comme indiquant, ou bien que la première vaccination a été insuffisante, ou bien que la période écoulée depuis la première vaccination a été trop longue pour que la protection de la vaécine ait été efficace. D'’habitude, chez les sujets qui ont déjà été aAvaccinés avec succès, il ne se forme pas de vraie pustule ; il ne se forme *qu'uñis simple élévation papulaire cntourée d’une aréole;et ce résuitat

p ayant atteintson maximum d'intensité vers le cinquième jour, diminue

ensuite rapidement, Ou bien, s’il se forme une pustule, sa forme peut varier de celle de la pustule normale, son développement peut être plus rapide et sa maturité arriver vursle sixième jour ; l’aréole décline vers le huitième jour et la croûte commence à se tormer avec une précocité correspondante, Dans l’un et l'autre cas, l'aréole tend à s'étendre plus loin et plus régulièrement et avec une plus forte affection du tissu aréolaire que dans ln première vaccination,

20. Lorsque les résultats de la revaccination ne sont pas bien marqués, —on ne doit pas présumer qu'il y a protection, à moins que le même virus ait agi avec succès sur d’autres sujets en première vaccination,

21. Combattez l'opinion absurde, quoique assez répandue, que la vaccination ou la re-vaccination est dangereuse en temps d'épidémie de variole, La vaccination pratiquée même deux jours après exposition à la conta.gion a prévenu la maladie ; et même à une date subséquente elle a modifié cette maladie, Mais dans aucun cas la vaccir, tion ou la re-vacne peut augmenter le danger de contagion.

Il m'a été suggéré pur quelques uns d’entre vous, qu'a ce qui précède, quelque chose devrait être dit pour répondre aux objections mises en avant par ces écrivains actifs, mais trompés, contre la pratique de la vaceine.

Prouver aux esprits droits que la vaccination exerce une influence protectrice sur l’économie serait une tâche facile, car les écrits de milliers d'auteurs, depuis le temps de Jenner jusqu’à nos jours, sont devant nos yeux prêts à fournir cette preuve ; mais la tentative de convaincre ceux qui, avec persistance, ferment les yeux à l'évidence écrasante de presque toutes les nations et gouvernements du monde entier, y comprenant notre propre gouvernement, serait sans résultat. Par déférence néanmoins aux désirs exprimés et aux suggestions offertes, je présente” rai quelques observations sur la maladie malheureusement régnante en ce moment et sur les principaux moyens que la science nous fournit pour la prévenir.

La variole à ses périodes de repos et ses périodes d'activité, à un moment se répandant dans un district, et à un autre disparaissant entièrement, Elle est fatale en raison directe de son caractère épidémique Des cas se manifestant ça ct là re sont pas si dangereux. C’est la plus contagieuse de toutes les maiadies et c’est là un point sur lequel je désire insister. Et cependant on s'efforce de répandre ia croyauce que la variole tombe sur les individus comme les gouttes de pluie tombent du ciel, touchant celui ci, éparguant celui-là! —Elle est trans@issible de toute façon; par inoculation, par absorption d’une atmésphête éôn taminée, par le contact ou le voisinage des déjections. Elle est infec-

tieuse à son début dans son état fébrile, elle est infectieuse avant et pendant l'éruption et infectieuse ‘ aussi longtemps qu'une des croûtes 4 résultant de l’éruption originelle adhère au corps." Elle n’est plus infectieuse après que ces croûtes sont tombées et que le corps a été complètement lavé. Conséquemment, elle peut être prise du corps vivant, elle peut être prise du corps mort; ou elle peut être prise du linge ou du mobilier près du corps vivant ou du corps mort, Cette muladie a causé tant d’effroi, que les différentes nations dans les temps anciens s’efforçaient d'amoindrir la maladie en la communiquant artificiellement, Les Brahmins dans l'Inde greffaient le virus ; ainsi firent les l'ures et les Chinvis étaient dans l'habitude d'introduire quelquesunes des croûtes dans les narines, La coutume de l’inoculation par le virus de la variole devint plus ou moins générale en Europe et son efficacité a diminué la gravité et le danger de la maladie qui était très srande, Mais le temps de l’inocuiation de la variole est passé, la loi l'ayant sagement défendue,

I} y a quatre-vingt-dix ans, une obervation faite par hazard a été transformée en une forme rationelle et scicntifique par un esprit profondément imbu des meilleurs principes d’une saine philosophie ; et une maladie, de nature adoucie, et sans danger dans son euractère, fut substituée à l'inoculation des Tures et des Chinois.

En 1798, Jenner publia son premier écrit important, {Un 1799, la première institution publique pour la vaccination fut étabiie à Londres ; l’année suivante, elle fut introduite en France ct en Allemagne ; et la pratique de la vaccination dev'at bientôt générale dans tout ie monde civilisé. Çà et là, comme on devait s’y attendre, elle rencontra de l'opposition ; mais toute objection mise en avant par l’anti-vaccinateur a été repoussée mainte et mainte fois par les esprits les plus éminents de la profession, à tel point que je crois devoir quelque chose comme une apologie à mes confrères pour leur parler en faveur d’une pratique que la plupart d’entr’eux ont adoptée,

J'ai parlé il y a quelques moments de Jenner comme d’un homme qui aurait fait une découverte: mais Jenner ne découvrit pas plus la vaccine que Watt a découvert la vapeur. Il remarqua la croyance qui existait parmi les paysans de l’exemption de la petite vérole par

les servants de ferme et les filles attachées à la laiterie, et peu à peu, il en déduisit la conclusion qui a conféré tant d’avantages à l’humanité. La cygya: ce dans l'existence d’un virus de vaccine n’était pas limité a l’'Angléterre. L'éruption des vaches et ses relations à la petite vérole avsient été temarquées auparavant sur le continent d'Europe, * et en

* Le Dr. Michea a publié, il y a quelques années un article prouvant que la vaccination était connue et pratiquée par les médecins Indous.

France et en Allemagne de nombreuses expériences avaient été fuites avant le temps de Jenner, pour prouver que les personnes affectées par le virus de la vaceine naturelle étaient insensibles à l'influence de la petite vérole, Le mérite de Jenaer consistait principalement dans la production du virus à volonte et dans sa propagation pour notre avan tage, Avec quelle lenteur et quelle prudence il énonce chaque fait peut être établi pur les vingt-deux ans qui se sont écoulés entres la première expérience et la promulgation de sa théorie, Tlfut attaqué alors, comme sa mémoire l’est aujourd’hui, mais avec plus d’excuse qu'à préseut, car personne, ayant le loisir et la disposition d'étudier, et ayant accès aux recueils des observateurs médicaux, n’a maintenant l'ombre d'une excu se pour rejeter la théorie que Jenner avançait, théorie, dit Curshmann dont la pénétration critique peut servir comme modèle,

Comme les temps sont remplis de tendances dangereuses, je vais poser des questions faites un millier de fois et y donner des réponses déjà données un même nombre de fois :

lo, Za vaccination confère-t-eile un certain degré de protechon contre la peëite vérole ?

Dans les premiers trente années du siècle dernier, quand l’inocula tion de la petite vérole était inconnue, la mortalité dans Londres par cett: maladie était 7-4, età la fin, elle était de 9-5 pour cent, l'inoculation introduite dans l'intervalle ayant augmenté la mortalité, Un comité de la société épidémiologique a compilé des tables pour établir la mortalité par la petite vérole à Londres avant et depuis l'introduction de la vaccination et ce qui suit, donne les résultats: Pour les 50 années, de 1750 à 1800, la moyeune du nombre de morts par la petite vérole, sur chaque mille morts de toute cause était de 96 ou près de 10 pour cent ; tandis que pendant la première moitié de ce siècle (Le demi siècle suivant l'introduction de la vaccination,) la mortalité a été de 39 par mille morts. Dans toute l’Angleterre, selon les documents officiels, la proportion approximée des morts par la petite vérole seule, à la fin du siècle dernier était de 3000 par million, tandis que d’après les mêmes documents, la proportion est de 200 par million seulement pour le siècle actuel, Une analyse de «es documents est des plus intéressantes.

Durant les dix premières années de ce siècle, la mortalité par la petite vérole sur chaque mille décès de toute nature fut de 34; dans la seconde décade, 42; dans la troisième, 33 ; dans la quatrième, 23 et dans la cinquième, 16. Non seulement la moyenne des dégès par la petite vérols a diminué dans la proportion donnée ci-dessusmmais les épidémies de la maladie sont devenues moins fréquentes.

Avant la vaccination et depuis l'usage de la vaccination, la proportion «les épidémies peut être représentée comme 48 est à 14. La conclusion à tirer de tout cela l’a été par Sir Thomas Watson, l’un de nos guides reconnus en médecine : ‘* Là ou la vaccination est en pratique, la contagion de la petite vérole n’existe pas.”

Le Dr. Robert Thomas, auteur du traité * Practice of Physic,” qui sert de manuel aux étudiants et aux médecins, résume ainsi : “ L'introduction de la vaccination, malgré toutes les réductions qui peuvent être faites dans l’estimé de ses pouvoirs, est encore un dex plus grands bienfaits qne la science ait jamais conférés à l'humanité. Comparez les ravagrs causés par la petite vérole, avant «t depuis cette époque importante, et nous pouvons, en premier lieu, en appeler à l’'expérience générale, dans les termes même du rapport de de l’établisse-

ment de la Vaccine Nationale. où la rareté d’un exemple d’'enlaidirse-

ment par la petite vérole dans la foule qui se presse dans les thé âtres, lés églises ou toute grand assemblée de populativa, est mise en avant comme preuve de la propriété conservatrice continue de la lymphe employée.” Après une longue et laborieuse analyse des bulletins de décès et des observations de Christian, de Liverpool, de Percival, de Manchester, Monro, Ceely, Gregory, Thompson, Curtis et autres, il dit : # Ki ces conclusions tirées, comme elles le sont, des senscignements les plus étendus, sont rapprochés de la vérité, elles appuyent comme preuve l’assertion de M. Curtis, lorsqu'il dit de la vaccination que sa valeur est beaucoup plus grande que celle d’aucun remède pour toute maladie comparable à la petite vérole dans son danger pour la race humaine.”

Que se passe-t il dans la Principauté de Galles ? Le Dr. Hughes de Mold, déclare qu'aucun enfant né dans le district de Mold, et vivant à la date de l'enregistrement de sa naissance, n’est mort de la petite vérole depuis quatorze ans, quoique la maladie ait régné en differents temps autour du district,

Que se passe t il en Irlande? L’immunité causée par la vaccination ‘a été tulle qu’une croyance très répandue de son efficacité s’est introduite dans le peuple. La vaccine est er usage généralement dans toute la contrée, et les enfants du sol, ayant la plus entière confiance dans son emploi, sont toujours les piu: désireux d’être vaccinés. Les résultats se traduisent dans les chiffres suivants, d’après lesquels il paraît, 4 un rapport officiel, que les médecins irlandais ont banni la petit role-de leur Ile, comme St. Patrice en avait banni les serpents. Dans les périodes 1830-40 ; 1840-50 ; 1850-60; avant que la vac-

ciuation ne fut géuérale, la moyenne respective annuelle des décès a° été 5,800, 3,827 et 1,272. Dans les années 1864, 5, 6, Tet 8, elles furent 854, 347, 187, 25 et 19 respectivement. Dans la première moitié de 1+69, le nombre total fut de 3! L’immunité remarquable de la petite vérole conférée par la vaccination, entraina un relâchement dans son emploi et quelques cas eurent lieu depuis 1869 que l’on suppose avoir été importés. À Montréal, il y a comparativement peu d’enfants de parents irlandais qui ne soient pas vaccinés et nos tables de mortalité montrent combien peu de cette nationalité meurent de la petite vérole.

Que se passe t-il en Ecosse ? Je cite de nouveau nos professeurs médicaux, ceux dont nous sommes heureux de recevoir notre instruction, Uu de: plus distingués philosophes médicaux, et qui a, vendant un grand nombre d'années honoré la chaire de médecine à l’université d’Edinbourg, écrit ainsi: ‘“ La première question est, si nous avons ou non, à ©: temps-ci, dans la matière de la vaccine animal: (cow-pox) un pouvoir à notre commandement capable, s’il est empioyé convenablement, de priver le poison de la petite vérole de toute influence fatale sur l'immense majorité de l’espèce humaine, Kt à ce sujet, il y a eu assez de renseiunements recueillis depuis la date des documents qui ont décidé la question, à y a 50 ans, pour démontrer que la même conclusion est toujours exacte et que celui qui la contredit est aussi déraisonnable que celui qui contesterait une proposition d’Buclide, Lex personnes vaccinées plicées dans les circonstances où d’autres non vaccinées ont été généralement affectées et dans lesqueiles un grand nombre sont morts de la petite vérole, les personnes vaccinées, disons-nous, ont néanmoins échappé et le plus grand nombre d’entr’ell:s ‘ans aucune trace de maladie. Pour montrer que c'est là le point de vue auquel je me suis toujours placé relativement à ce recueil de faits, je cite une sentence de mes leçons écrites aussi anciennement que 1821-1821 et répétés par moi presque chaque hiver depuis ce temps. “ Vous vous rappellerez que la question n’est pas, combien de personnes vaccinées ne sont jamais atteintes par la petite vérole, mais combien de personnes vaccinées sont complètement exposées à la contagion de la petite véroie et y échappent sans maladie, et notre affirmation est que, autant que l’on peut juger, la protection absolue de la constitution humaine est la règle et la maladie l'exception. ” Ceux qui comme moi, ont cu l'avantage d'entendre ce professeur consciencieux et d’une profonde loziqug, savent quel soin et quelle attention il donnait à toute expression.de s& pensée. Le Dr. Alison a disparu, et que dit le Dr, T. Hughes Bennett, son

successeur dans la chair professorale ? ‘Nous n'avons pas d’autres remèdes pour la petite vérole que la vaccination.”

Que se passe-t-il en France? toujours à la tête de ‘outes Îles recherches ayant la science pour bâse. M. Bousquet, dans son traité de la vaccine, donne les détails les plus exacts et les plus intéressants sur une épidémie de petite véroke qui visita Marseilles en 1825. La population de Marseilles, se montant à 40,000 âmes, peut être divisée en trois classes dont les principaux nombres respectifs seraient; 30,000 vaccinés, 8,000 ni vaccinés ni ayant été atteints de la petite vérole et 2,000 picotés, c'est à dire qui avaient eu la petite vérole soit naturellement ou par inoculation. Des 30,000 vaccinés, environ 2000 furent saisies de l'épidémie régnante de petite vérole ; de ce nombre 20 moururent, soit 1 par 1060 personnes affectées. Sur 8,000 non vaccinée, 4,000 turent affectés et de ce nombre 1,000 moururent soit 1 sur 4 cas de maladie, Il suit de là que la moitié des non-vaccinés et seulement un quinzième des vaccinés ont pris la maladie, Gauthier de Glaubry rapporce, et son rappoic est confirmé par d’autres, que tandis qu’en 1841, la petite vérole en France emportait plus du septième de ceux attaqués par elle et qui n’avaient pas été vaccinés, la mortalité était seulement de 1 pour cent sur ceux qui avaient contracté la maladie après avoir été vaccinés, ‘ La vaccination, conclut Bouvicr, peut être pratiquée dans toutes les saisons. En temps d’épidémie, les eufants devraient être vaccinés aussitôt après leur naissance que possible ; les revaccinations sont nécessaires pour une immunité continue ; elles sont sans danger et particulièrement utiles pendant une épidémie quelque puisse être la date de la première vaccine.

Il y a dans chaque contrée, des hommes qui prénnent la prééminence même sur leurs pairs: et prééminent parmi les écrivains médicaux de la France et du monde est le nom de Grisolle —cette âme à la viville marque. Il y a des personnnes assez enthousiastes, et je suis l’une d'elles, pour placer sa ‘ Pathologie interne,” parmi les plus grandes productions du génie, un ouvrage dans lequel aucune théorie mal étayée quoique brillante, aucune spéculation sans base quoique séduisante, ne trouve place; un ouvrage quia atteint sa 9ème édition dans le Aouble d’annécs et qui, pendant ce temps, était et est encore, l’autorité supérieure dans l’un des départements les plus importants de la médecine. M. Grisolle dit : Nous pouvons vacciner dans toutes les saisons ettà tous les âges ; nous attendons généralement jusqu’à ce que les te aient atteint deux ou trois mois pour les vacciner ; mais cette pratique que rièn ne justifie, n’a pas d'avantage. Ce délai a été lu cause

qu'un grand nombre ont contracté une maladie presque toujours fatale qu'on aurait pu leur épargner. J'ai vacciné mes deux petites filles, à la fin de la première semaine de leur existence. C'est ainsi que nous devons agir envers nos enfants —plus exposés sans aucun doute que les autres à la contagion médiate, C’est particulièrement en temps d’épi démie que nous devons vacciner de bonne heure, c'est ce que j'ai fait ‘bien des fois à l'hôpital sans conséquence fâcheuse. [ln’ya pas de préparation nécessaire pour ceux qui désirent être vaccinés. L'opération est simple. Il est certain enfin que le plus grand nombre de ceux vaccinés sont en dehors de tout risque d'une attaque de petite vérole, “J'ai cité longuement Grisolle, car on peut dire qu’il tient en médecine, ‘en France, la même position que Blackstone tient en législature en Angleterre.

Que se passe-t-il en Danemark ? La mortalité par la petite vérole est seulement Ja onzième partie de ce qu’elle était avant l’introiuction ‘de la vaccine; En Suède? un peu au-dessus d’un treizième; En Prusse et dans les grandes parties de l'Autriche ? seulement un vingtiè me; En Westhha.ie? seulement un vingt-cinquième; En Bohème, en Moravie, ru Siésie! Elle a été réduite de 4000 par million de décès à 200 par million ! non-seulement il est établi que la vaccination est une sauvegarde effective contre la variole, mais qu’elle est aussi effective en prévenant la petite vérole que la petite vérole elle-même. Cela a été indubitablement prouvé en Hanovre, où on a trouvé que de cent soldats rev:ccinés, soixante-deux pour cent manquèrent complètement de donner naissance à une pustule de vaccin, et vingt-sept pour cent n’é prouvèrent qu’une réussite partielle. Des soldats qui avaient déjà eu Ja petite vérole furent opérés de la même façon, précisément avec le même résultat.

Prenant l’Evrope toute entière, la conclusion à laquelle sont arrivés Bérard et DeLavit de Montpelier, Hodenpyl, de Rotter lam et Thompson G’Edimbourg a été : que de ceux qui n'avaient pas eu précédemment la cowpox ou la petite vérole, un sur quatre de ceux qui étaient atteints de ia maladie mouraient ; que de cvux qui avaient eu la petite vérole naturellement, ou par inoculation, de un sur vingt cinq à un sur soixante-quinze mouraient, tandis que de ceux qui avaient été vaccinés et qui après étaient atteints de Ja maladie, pas plus de un sur trois cent trente Cas mourait; démontrant ainsi la grande supériorité de la vaccine même sur la petite vérole elle-même dans la protection du système contre les conséquences fatales d’une seconde attique. :

Les informations que je puis glaner de différentes sources me

conduisent à la conclusion qu’une attaque de petite vérole et la vaccination confèrent le même degré d’immunité contre une attaque de petite vérole; mais qu’une petite vérole subséquente fafaée suit plus fréquem ment après la petite vérole qu'après la vaccination.

Que se passe-t-il aux Etat-Unis ? Messieurs, ce serait un travail sans fin que de citer les opinions de nombreux observateurs dans l'Union voisine en faveur de la vaceine ; mais je donnerai l’essence de leurs remarques telles que fournies par l'Etat. Presque chaque état de la république voisine a un bureau de santé de l'Etat, et chaque bureau peut être considéré comme réfléchissant l'opinion des médecins dans l’état, Un bureau de santé d’un état pour 1871, dit: aucune quantité de désinf:ctants ne peut lutter contre cette terrible maladie, Le seul moyen de chasser effectivement cette maladie des Etats-Unis est par l’action d’une loi nationale, comme en Angleterre, obligeant chaque parent à faire enregistrer son enfant après qu’il a été duement vacciné. L'expérience du Massachusetts est résumée dans le rapport dont j'extrais la citation suivante : que la petite vérole apparaît ça et à, mais elle apparait, toujours dans des places où la vaccination a été néglivée. La ville de Holyoke, dans la vallée du Connecticut en est une illustration. La cinquième partie de tous les décès de petite vérole dans tout l’état eut lieu dans cette ville. Le peuple dans Holyoke n'avait pas été vacciné comme partout ailleurs. Le Dr, George Darby de Boston, secrétaire du bureau de santé de l’état a résumé la situation pour le bureau et son ré: 16 a reçu, la sanction du bureau comme suit : La vaccination entoure le corps humain d’une armure qui peut à peine être pénétrée par le poison subtil. Une année plus tard pendant laquelle une épidémie de petite vérole avait régné, il écrit: L’épidémie présente est d’une telle intensité qu’il est tout à fait commun pour des personnes qui onteu la petite vérole dans des années antérieures d’être atteintes de nouveau. De tels faits ont été rares précédemment. Le vaccin, soit de la vache, soit du corps humain prend aisément; et les revaccinations démontrent abondamment la susceptibilité extraordinaire à l’action de la vaccine de la maladie qui règne à présent et qui #’e jamais existé auparavant. Wn vue de ces faits, que les médecins et les personnes intelligentes de toutes professions connaissent, remercions Dieu de la grande découverte de Jenner, sans laquelle nos familles seu raient désolées et notre paix et notre bonheur détruits. L’imagination peut à peine se figurer la terreur qui aujourd’hui serait répandue dans le Massathusetts, si l’épidémie actuelle n’était pas arrêtée par la vaccine, Üne année plus tard la même autorité et le même burvau consta-

taient ter ala : Îl ÿ a uv an ‘nous étions au milieu d'une épidémie de petite vérole d'une intensité extraordinaire. Le pouvoir protecteur de la vaccine a été démontré d’une manière incontestable et l'absolue nécessité d’une vacrination vttentive a 6té éyalement rendue évidente. Rien, quelque bienfaisant qu’il soit, ne peut néanmoins, aux temps où nous vivons échapper à la critique, mais cette critique de la vaccine, souvent passionnée et violente, s'attache spécialement à des points qui, quelqu’intéressants qu'ils soient, restent sans toucher la question prin- ‘cipale. Que chacun lise l’histoire des ravages de la petite vérole avant la découverte de Jenner et les compare à la mortalité par la même cause dans le Massachusetts dans la génération actuelle, et qu’il se demerde À lui-même la raison de ce changement. Il ne peut y avoir qu'une seule réponse. Nous pouvons spéculer sur la possibilité du pouvoir de la vaceine s'épuisant dans la race humaine; nous pouvons être surpris de trouver que des personnes ayant de bonnes marques de vaccine aient de nouveau la petite vérole ; nous pouvons discuter autant qu'il nous plaira sur sa période moyenne après laquelle la revaccination devicnt une prudente sauvegarde; nous pouvons même conjecturer (ce qu'aucun homme n’a prouvé) que d’autres maladies que celle de la cow ox peuvent être communiquées par le vaccin humanisé ; nous pouvons retourner la question de la vaccination avec l’habileté la plus ingénieugp, de façon à ce que ses far s multiples reflètent un nombre de

curieuses lumières, et après cela, nous trouvons que nous reposons dans

une sécurité inconnue des générations précédentes à l’abri de cette hor-

‘rible maladie. La maladie est lamême anjourd’hui qu’alors, car nons

voyons ses effets parmi les tribus barbares, mais parce que le Dr. Jenner

a veçu et fait la plus grande des découverte en médecine préventive,

nous sommes presque complètement garantis. J'ai fait cette citation d’un document public qui a reçu la sanction d’un corps savant et l’approbation du gouverneur de l’état—KEtat le plus intelligent de la république.

Que dit l’état d'Ohio? Notre immunité comparative de cette maladie terrible et répugnante démontre conclusivement le pouvoir préventif de la vaccine.

J'ai avec intention plus longuement cité les autorités continentales que celles du royaume-uni, parce qu’il a été affirmé dans des assemblées publiques dans cette ville que c'était un remède anglais et que les anglais mettaient un certain orgueil à gr ffer leur virus bestial sur les enfants chrétiens du Canada |

Mais l’autorité américaine, en ce qui touche la question de la vac-

cine ne peut être suspecte de partialité. Je n’ai mis en relief aucun écrivain sur le sujet (et je pouvais en citer un millier) mais je me suis borné aux documents des états contenant les opinions approfondies de corps délibérants, reflètant la pensée condensée des meilleures autorités médicales aux Etats-Unis. Je metourne avec :u dé plaisir vers cette contrée qui est mienne et spécialement vers ma propre ville ct je trouve que les idées anti vaccinatrices y sont mises en avant et disséminées par une petite mais très active section de la profession médicale. Je trouve, d'après ma propre expérience, un préjugé profondément enraciné, malheureusement créé, contre tout ce que le monde scientifique a sanctionné. et je vois la maladie, le défigurement et la mort marcher à la suite de cet enseignement, enseignement à la dissémination duque: une portion de la presse quotidienne a jusqu’à ces derniers jours (1885) malheureusement prêté ses colonnes.

J’admets parfaitement que la petite vérole ait ses périodes de calme et ses périodes d'activité et que de temps en temps, à des intervales irréguliers, elle envahit un district ou une contrée comme si c'e était épidémique. Mais pourquoi est elie si légère ailleurs? Les Drs. Russell, Marden et Lemieux, ex-Présidents et Président au collége des médecins ct chirurgiens résidant à Québec donnent la raisan: Nous avons très peu de petite vérole ici, nous sommes tous vaccinés, La table préparée par l’habile chirurgien résidant de l'hôpital de la nffrine et des émigrants à Québec, Dr. Catellier est un argument écrasant et sans réponse contre les anti-vaccinateurs, Il y avait 131 cas admis dans l'établissement entre les mois de Mai 1874 et Juillet 1875, et parmi eux: 54 étaient vaccinés; un seul mourut, Parmi les 69 cas. de patients non vaccinés, 32 sortirent comme guéris, mais en partie défigurés et 37 moururent. Ces statistiques nous donnent les moyennes suivantes: Les décès dans les cas vaccinés sont dans la proportion seulement de 1.8 pour cent, dans les #on-vaccinés 53.6 pour cent; et dans les cas douteux 25 pour cent,

Pourquoi la petite vérole a-telle passé si légèrement sur Trois- Rivières ? Le Dr Badeau, le doyen de la profession, l’explique : Or n'a pas de picote ici, on se fait vacciner. Et pourquoi la maladie a:telle visité Montréal si sévèrement. Nous l’y nourrissons. A Québec ou à Trois-Rivières, personne n'écrit contre la .accine ou n’attaque les. principes de la vaccination, le seul prophylactique contre la maladie, Que le contraire soit vrai à Montréal est évident par le fait que la mortalité y ‘est immensément plus grande parmi la nationalité dont la belle langue sert à la dissémination de la plus fatale erreur.

Selon les régistres du département de la petite vérole de l'hôpital général depuis le 14 Décembre 1873, jusqu’au 26 Juillet 1875, il avait été admis pendant cette période 261 cas suivis de 73 décès, Mais comment la mortalité était elle distribuée ? le Dr. Simpson fournit les faits suivauts : Tous les patients non-vaccinés, excepté deux, avaient lu maladie confluente, c’est-à-dire la forme la plus sérieuse de la maladie. Du nombre entier des vaccinés admis comme malades, seulement deux avaient plus de deux bonnes marques de vaccine sur le bras; et deux seulement ont été revaccinés avec succès, Ces deux derniers ont été si légèrement affectés par la maladie, que, si ce n’eut été comme mesure de précaution, ils eussent pu continuer leurs occupations ordinaires,

Nous avions, dans notre épidémie précédente, deux hôpitaux civiques à Montréal pour la petite vérole: l’une dirigé par les Sœurs de la Providence ; l’autr2 par Miss Chambers. Quell: a été l’expérience de ces Dumes ? Je donne la question que j'ai posée à cette époque aux matrones des deux établissements, et leurs réponses: Avezvous remarqué aucune différence entre les patients vaccinés ou non vaccinés admis à l'hopital ? La sœur de la Nativité déclara en français : Il n’y a pas de comparaison à faire entre les effets de la petite vérole sur les vaccinés et les non-vaccinés ; les vaccinés en général, ne sont pas affectés et lorsqu'ils le sont, ils ne le sont que légèrement ; les décès ont lieu parmi ceux qui ne sont pas vaccinés. L'expérience de Miss Chambers est précisément la même.

Mais le régistre de l’hôpital civique (je puis certifier de son exactitude) est encore plus tristement éloquent :

Patients adnis du 7 Novembre 1874 au ler Novembre 1876. 564

Du nombre ci-dessus guéris...... .....,.....,...,....... ……… 403

6 “4 MONT rer ro di tenue AN e PA 161

Morts parmi les non-vaccinés..…… TR PR OPERA 114 ‘avec 1 marque de vaccine........, ...... .,...,.,,...... 39 ‘avec 2 de AG ANA AE 7 ET NPA ETES Le 8

s ‘avec 3 ou 4 marques de vaccine..........,.......,...... 0 Fotalisrséntises ce nereéinenéeness ea lie … 161

Le Docteur Larocque à eu l’obligeance d’analyser pour moi le document plus haut et il m’a donné les chiffres suivants comme étant la proportion des décès dans les différents quartiers :

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