JOWNSHIPS DE POLETTE ET TURCOTTE
Ces townships contigus sont situés sur le côté nord de la Rivière-St.-Maurice. Le township de Polette, sis partie dans le comté de Champlain et partie dans le comté de Portneuf, touche par le sud-ouest la seigneurie de Batiscan, et présente sur la rivière St. Mauvice un front de 124 milles, divisé en 62 lots de ferme, plusieurs desquels sont déjà oceupés ; le grand commerce de bois qui se fait sur cette rivière et ses tributaires, contribuera beaucoup à en augmenter la valeur.
La Rivière-Wisseneau où Wasseneau, qui se décharge dans la Rivière-St.-Maurice à environ un demi-mille plus bas que l'embouchure de la Rivière-aux-Rats, dans le township de Turcotte, traverse ce township du nord-est au sud-ouest; le bras nord de cette rivière entre dans le township dans la direction du nord-ouest ; elle offre, ainsi que ses tributaires,
d’après ce que l’on en rapporte, de magnifiques étendues de terre très-favorables aux éta-
blissements.
Le township de T'ureotte, situé dans le comté de Portneuf, est contigu au sud-ouest du
township de Polette, et son front sur le St. Maurice est divisé en 60 lots de ferme sur Îles
deux côtés de la Rivière-aux-Rats, à partir de la profondeur du premier raug jusqu'à la limite nord-ouest du township, à été arpenté ; ce rang; ainsi que ceux déjà arpentés en arrière du St. Maurice, ouvriront à la colonisation un grand nombre de belles étendues de terre propre à la culture, couvrant plus de 41,042 acres subdivisés en rangs et en lots,
comme le fait voir l'arpenteur provincial M. Wallace, dans sou rapport adressé au départe-
ment :
& Le front du township de cente au St. Maurice se compose
Lolette offre de belles étendues deterre. La partie adjade dépôts d’alluvion de différents âges, distribués en cou-
ches successives, variant en hauteur de quelques pieds à environ eent pieds; le sol du plateau plus élevé ou plus ancien, est toujours le meilleur. Sept de ces couches où des anciens bords du St. Maurice sont distinctement visibles en plusieurs endroits. Là, le #ol est sablonnoux, ct les arties élevées contiennent plus de matière végétale que les partics basses. Lo bois qui s y trouve est le sapin, l’épinette, le pin, le tremble, le bouleau blanc jaune et noir, le cèdre, le frène et à certaines places le tilleul (bois blanc). Au-dessus de la côte ou du bord de la rivière, qui, par endroifs, est plein defprécipices ct de roches, le sol est généralement composé d'une bonne marne brune, et couvert de bouleau noir et jaune, d'érable, de sapin, cèdre, frène, mérisier, pin, épinette rouge, ete. ete, La contrée est presque toujours ondulante, mais pas si montueuse que dans le township de Turcotte. Il; a deux fermes sur le front de ce township ; elles se trouvent indiquées sur le plan; l'une appartient à la succession Hall, et l'autre à M. Baptiste.
“ Le front du township de Turcotte, le premier ainsi que parties des 2e, ëe ot de rangs, offrent aussi de belles étendues de terre, sur lesquelles on remarque les mêmes plateaux successifs que l'on trouve dans le township de Polette, ot qui sont couvertes des mêmes espèces dœbois. Lu côte ou le bord proprement dit, surtout dans le quatrième rang est plus élevé que dans le township de Polette, rempli de précipices et de roches par endroits et s'élève à sept ou huit cents pieds ; la direction des vallées, cependant, étant presque uord et sud, il est très-facile d'atteindre les terres hautes, vu qu’il #'y trouve un bou nombre de chemins pour le transport du bois. L
& Il y a une forme considérable à l'embouchure de la Rivière-aux-Rats, sur le premier ang, clle appartient à M. Baptiste, et lui rapporte de grandes quantités de foin, avoine pommes de terre, ete. Les semences ct les récoltes se font en même temps que dans les environs des Trois-Rivières, et le sol y est beaucoup plus fertile,
“ Le reste des rangs 1, 2, 3 ct 4 est généralement accidenté et montueux, inégal et rocheux, mais offre de belles vallées et des étenduos de terre d’une grande valeur. Le sol est généralement composé d’une riche marne brune ou terreau noir, couvert de grands mé risiers, d'érable, pin, sapin, épinctte, tremble, cèdre, hètre, épinette rouge, et par endroits de chène rouge ct de bois de fer, Cette contrée est traversée d’un grand nombre de chemins propres au transport du bois; quelques-uns de ces chemins n'exigeraient que peu ou point de réparations pour en faire des routes carrossables, sans compter qu'ils tra. versent les meilleures vallées ; de sorte que, bien que ces rangs soient plus accidentés que le sol du côté ouest de la Rivière-aux-Rats, les colons n'auront pas de difficultés à y faire des chemins.
‘ Le rang A, qui est divisé en lots sur la Rivière-aux-Rats, jusqu’au 24e lot, offre, à cet instant, le même sol et la même qualité que les premiers rangs, mais est moins aecidenté. Au-dessus, jusqu'à la fourelfe de Cigoncique ou Grande Fourche, le front de ce raug est borné par des collines rocheuses remplies de précipices, atteignant par endroits une hauteur de plus de huit cents pieds ct ayant parfois à leurs bases des étendues de terre unie, le long de la Rividre-aux-Rats. Le reste des lots a été divisé le long de la ligne de profondeur de ce rang, ou ligne centrale ; c'est la meilleure place pour ouvrir un chemin dans l’intérieur du township, jusqu’au lot 52. A partir des lots 24 à 56, ce rang ofire une assez grande étendue de terre montucuse et rocheuse, bien que la moitié au moins soit propre à la culture ; le sol ct le bois sont les mêmes que dans les premiers rangs ; les parties les plus accidentées couvertes de bois franc d’une très grande hauteur et de bois mêlé, pourraient faire de bonnes terres à bois. Il y a de belles étendues de terres unies sur lesquelles se trouve du bois de la plus grande espèce. A partir du lot 56 à aller jusqu’eu arrière du township, ce rang, à l’exception du front plein de précipices et de roches sur lu Rivière-aux-Rats, offre de très-bonnes terres couvertes de beau bois, et de grandes étendues de terre unie ou ondulante. =
& Les rangs B ct C offrent généralement de très-belles étendues de terre, si l’on eu excepte quelques endroits près de la Rivière-aux-Rats, où l’on trouve beaucoup de pierres et de roches. Le sol y est aussi composé d’une riche marne brune ou terreau noir, couvert de mérisier, érable, hêtre, sapin, tremble, frène, cèdre, chène rouge, ete., etc. Il a plusieurs clairières le long de la Rivière-aux-Rats ; quelques-unes appartiennent à M. Baptiste, et d’autres ont été abandonnées par les fabricants de beis, une fois leurs travaux finis.
& La partie non arpentée de ce township a été explorée à plusieurs endroits et offre, tout le long, de bounes étendues de terre qui ne sont pas si accidentées que celles situées près
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du St. Maurice ou sur la Rivière-aux-Rats ; le sol y est le même où peut-être plus profond le bois y est plus’ grand, et l'on y trouve des lots considérables de terre presqu'unie ou ondoyante ; l'épinette rouge et le bouleau noir, surtout, sont d'une grande dimension et de qualité supérieure.
“ Toutes les chaines de montagnes dans ces townships gt généralement sur toute la surface du territoire du St, Maurice, courent presque nord et sud, présentant des vallées formées par les érosions de la période glaciale, Pour cette raison, je désire respectueusement suggérer à votre département que les townships qui seront établis, à l'avenir, dans ce territoire, sient tracés de manière à ce que leurs lignes latérales courent Est et ouest, afin que les ligues do rang et, conséquemment, les chemins de rang, puissent se trouver au nord et au sud, pour l'avantago et la commodité des colons, vu que tous les habitants d'un rang ont, ou devraient avoir, des relations fréquentes entre eux. Il serait aussi à
ropos de suivre ce plan dans la subdivision de ln partie non arpentéc du township de l'urcotte, chaque fois que la chose sera nécessaire.
“ Les ressources du territoire du St. Maurice sont immenses. A l'heure qu'il est, le seul revenu que l'on en retire est le pin, et la quantité en serait bien plus grande si les fabricants de bois souvaiont poursuivreavec plus de facilité leur commerce toujours praticable.
“ Le moyen LS plus simple de développer les ressources de ce territoire est de cons-
truire un bon chemin carossable à partir de l'établissement en arrière des Trois-Rivières jusqu’à la Rivière-aux-Rats ; à cette ocalité, le chemin devrait avoir un embranchement jusqu’à la Rivière-Vermillon, au nord-ouest, le long de la vallée de la Rivière-aux-Rats, ou tout auprès, et aboutir dans les environs de la Tuque, au nord. Ce devrait être un chemin de colonisation semblable à ceux qui, par autorité de votre département, ont ouvert plusieurs autres parties du pays aux colons, surtout dans le Haut-Canada. Ce chemin aurait l'effet de faire établir la contrée des deux côtés du St. Maurice, vu que des passages d'eau pourraient être établis plus bas, et à beaucoup d'endroits plus haut que la Tuque. Les colons, outre qu'ils sont par eux-mêmes d'une grande valeur pour le pays et ses revenus, seraient encore d’une grande utilité aux fabricants de bois, en ce sens qu’ils les ap rovisionneraient de fouraze pour leurs animaux, qu'il leur faut aujourd’hui faire venir des Trois- Rivières, ainsi que des légumes, tels que pommes de terre, ete. Le chemin serait aussi d'une immense valeur pour le commerce de bois, vu que les fabricants de bois pourraient s'en servir à toute saison de l’année, tandis qu'aujourd'hui ils n’ont que le St. Maurice, chemin d'été et d'hiver uniquement, —chemit d'été pour les canots et les bateaux, et chemin d'hiver pour les attelages. L'automne, avant que la glace soit assez solide pour les attelages, et le printemps quand elle est trop faible pour cette opération, les fabricants de bois n'ont, pendant plusieurs semaines, aucun moÿen do transporter leurs provisions à leurs chantiers. La valeur de ce chemin sera justement appréciée si l'on songe que le commerce de bois commence l'automne, vers septembre ou octobre, et que le bois n'arrive à Québec qu’en juin, juillet ou août de l’année suivante. Grand nombre de fabricants de bois ne peuvent expédier leurs provisions par la rivière tant que la navigation est arrêtée par les glaces flottantes, et il leur faut envoyer leurs conducteurs” sur la glace le printemps, des semaines avant que leurs services ne soient requis ou qu'ils puissent rendre l'équivalent de leurs gages élevés. Certains fabricants de bois sur le St. Maurice envoient maintenant par le chemin de la rivière pendant l'hiver les provisions nécessaires pour les opérations de l'hiver suivant, courant par là, non sealement le risque de voir se détériorer leurs provisions en les gardant pondaut tout l'été, mais encore se voyant obligés de payer une année d'intérêt sur la somme nécessaire pour approvisionner le chantier de rations et de fourage. Un chemin remédicrait à cet état de choses, et serait également avantageux au fabricant de bois, au colon et au pays en général, pour la raison toute simple qu'il augmenterait le revenu dans une proportion beaucoup plus considérable que la somme nécessaire pour le construire.
« &i le territoire du St. Maurice était établi, ses ressources ne consisteraient pas uniquement en pin, mais les colons pourraient encore tirer parti de l’épinette rouge et du bouleau noir, si abondant et d’une qualité si supérieure ; et quand Île chemin des Piles sera construit, ces bois, de même que le cèdre et l’épinette, et même le bois de corde, pourront facilement s'écouler sur les marchés des Trois-Rivières et Québec.
& Ayant, conformément aux instructions, fait quelques observations générales sur la
géographie physique de la contrée, sur ses ressources et la manière la plus av les développer, il ne me reste plus qu’à ajcater que le chemin de de parler pourrait être fait sans difficulté, vu que le territoire est très-propre aux chemins courant nord ; les vallées, comme je l’ai déjà dit, se trouvant dans cette direction.
“ Le chemin pourrait aussi être construit à bien peu de frais, comparativement parlant, vu qu'il n’y a que trois rivières quelque peu considérables, sur lesquelles il faudrait jeter des ponts : la Matawin, la Bête-Puante et la Rivière-aux-Rats.
“ J’embranchement à la Rivièrs Vermillion écrait d’une grande utilité aux fabri de bois sur cette rivière boisée, vu qu’il leur permettrait d’expédier leurs provisions en ligne directs de la Rivière-aux-Rats, l'été, au lieu de faire un grand détour par le St. Maurice par les rapides les plus dangereux de cette rivière, au-dessus de la Tuque. Le chemin traverscrait en même temps une contrée bien propre à la ecloni
sation, et qui deviendrait, en toute probabilité, la première partie du Haut St. Maurice habitée par des hommes civilisés.”
antageuse de colonisation dont je viens
cants
TOWNSHIP DE SPAULDIN(.
Ce township est situé sur le côté Est de la rivière Chaudière, à son débouché du lue Mégantie ; en profondeui i! se prolonge, vers l’est, jusqu’à la ligne provinciale, et est borné d'un côté, vers le nord, par les townships de Marlow et Rixborough, et de l'autre côté, vers le sud, par le township de Diteufield. Les six premicrs rangs de Spauldine, qui ont été divisés en lots de ferme, offrent avec les six rangs arpentés dans Ditchfield, environ 70,000 acres de terre très-propre aux établissements; la plus grande partie est très-propre à la culture, le sol étant eu général formé d’une riche marne, et la surfaco modérément ondulante ; les terres sont couvertes de bois franc.
La colonisation de ce township ct des townships adjacents va maintenant faire de rnpides progrès, grüco au chemin recommandé par M. Duchesnay; ce chemin sera bientôt ouvert à partir de sa jonction avec le chemin Lambton, ct traversera le« townships d'Aylmer et Gayhurst, et coupant la Chaudière dans ce township; mais cet objet si désirable serait bien plus vite réalisé, si un bon chemin était ouvert sur la rive droite de la Chaudière, à partir du township de Jersey, en fronc des townships de Marlow, Rixborough, Spauldine et Ditchficld, pour rencontrer le chemin de colonisation projeté de l'intérieur de Lingwick, jusqu’à la rivière Arnold, dans le township de Weburn, qui a été récemment tracé confor
nément aux instructions de ce bureau ; à cet endroit il rencontrerait la ligne de communi cation que l'on se propose d'établir, de la lirae provinciale au terminus d’un chemin qui devra être ouvert par les autorités américaines, dans l'Etat de Newhamsphire ct qui se relicra au chemin de fer de Portland ct du St. Laurent, par le sud, à Québec par le chemin de Mégantic construit par le gouvernement, et à Sherbrooke et Montréal pur les cheinirs des 8 Ï 5 , townships de l’ouest et de l’est.
M. l’arpenteur provincial Duchesnay, qui a exploré le township de Spaulding, en fait le rapport suivant :—
“ Le sol sur toute l'étendue du township de Spaulding est pour la plus grande partie composé de marne d’une bonne qualité ; bien que rocheuse par endroits, la terre est cepeirdant très-propre à la eulture, et peut être classée comme terre eultivable de première classe. Le bois y est aussi d’une qualité supérieure et d’une assez belle venue ; il est générale-
Ÿ . lv ana HATEU Fe ment mêlé, ct consiste principalement en mérisier, érable, épinette rouge, cèdre, sapin (lalsam) et pin.
“Tout le township est bier sillonné de cours-d’eau dont quelques-uns sont d'une grande étendue et offreut d’excetients emplacements de moulins ainsi que des pouvoirs d’eau; je puis, entr'autres, mentionner le Nebnellis et Kolomleis (noms que leur ont donné les Sauvages), Le rividre Chaudière elle-même est un cours-d’eau très-rapide, n'ayant pas
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à l’eau basse plus que deux pieds de profondeur ; sa largeur nioyenne est d'environ deux chaînes, mais le printemps, les inondations en font une rivière très-large.
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endroits l'on rencontre de magnifique plaines de terres arables qui se prolongent jusque sur la rive.
& Je désire observer ici, au sujet de la colonisation de cette contrée, que la construction d'un chemin à partir d'Aylmer, traversant Gayhurst, jusqu'à la rivière Chaudière, dans les environs de la décharge du lac Drolet, serait d’une très-grande utilité, et qu’elle est demandée par les colons de la localité qui, à l'heure qu’il est, sont occupés à préparer une pétition pour l'obtenir.
& [L'existe actuellement un chemin raboteux pour transporter le bois qui suit le cours de la rivière Chaudière; ce chemin traverse de Gayhurst à Spaulding, vers le lot 27, et de 1à continue le long de la rivière jusqu'au lac Mégantic.