‹ Remarques sur les oiseaux fossilesChapitre 14 sur 21 · IV · texte numérisé non relu

IV

Dinornis de la Nouvelle-Zélande.

Les intéressantes recherches que Richard Owen a faites sur les grands ossements d'oiseaux que MM. Rule et W. Williams ont recueillis à la Nouvelle-Hollande, mous ont fait connaître une série de cinq espèces de Cursores, les unes plus grandes, les autres plus petites que les Casoars, et que toutes paraissent d’une organisation intermédiaire à celle des Casoars et des Aptéryx; M. Owen leur donne le nom générique de Dinornis.

Voici en quelques mots l’histoire de cette importante découverte : |

M. Rule, pendant son séjour à la Nouvelle-Zélande, entendit parler aux naturels d’un oiseau qu'ils comparaient à un aigle de grande taille, mais qu'aucun individu de la génération actuelle n’a vu. La tradition rapporte que cet oiseau, auquel ils donnent le nom de movie ou moa, est une sorte de monstre vivant caché dans une caverne inaccessible d'une montagne auprès de la rivière de Wairoa, et qu’il est gardé par un lézard. Des os qu’on trouve à peu de distance presque à la surface du sol furent cités par les naturels à l’appui de leur assertion, et M. Rule s’en procura un. C’est sur l'inspection de cet os, qui était un fragment de fémur, que M. Owen reconnut, en 1839, une espèce de l’ordre des Cursores, restée jusqu'alors inconnue aux naturalistes, et qui avait probablement cessé d'exister, mais à une époque assez peu reculée pour que l’espèce humaine en ait pu conserver le souvenir; le Moa n'était donc pas une espèce d’Aigle, comme le disaient les Nouveaux-Zélandais. M. Owen publia une description et une figure de cet ossement (1), et nous en avons parlé, d’après lui, dans le Supplément au Dictionnaire des sciences naturelles. (2)

Plus récemment, un magnifique envoi de ces ossements fossiles a été fait à M. Buckland par M. W. Williams, et ils ont fourni à M. Owen le sujet d’un travail étendu et accompagné de planches nombreuses (3); dans ce travail l’auteur démontre cinq espèces de ces oiseaux, et il les place toutes dans le genre nouveau qu'il a nommé Dinornis; ce sont les

D. &1GANTEUS, de 4 mètres et plus de hauteur;

(1) Proceed. zool. Soc. Lond., 1889, p. 169, et Trans. zool. Soc. Lond., p. 333. (CP EE p. 525.

(3) Trans. zool, Soc. Lond., t. 111, p. 255-275. pl. XViij-XXX5 1844.

D. mGENs, de la taille de l’Autruche. M. Laurillard en a parlé d’après une note que lui avait communiquée M. Owen sous le nom de D. struthioides (1);

D. promoroïnes, de Ja taille du casoar de la Nouvelle- Hollande ;

D. piprrormis, à peu près aussi lourd mais un peu plus fort que le Dronte;

D. oriniroruis, de la taille de notre grande Outarde.

M. le capitaine Bérard, de la marine française, s’est procuré trois os de Dinornis et les a envoyés au Muséum. Les renseignements qu'il a recueillis dans le pays prouvent qu’en certains lieux ces ossements des Moa sont très nombreux.

(1) Dict. univ. d’hist. nat., publié par M. Ch. Dorbigny, t. v, p. 33.

Lo, Du

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