RÉSUMÉ
Les indices fossiles de l'existence des oiseaux recoivent le nom d’Ornitholithes, quelle que soit leur nature.
Ils sont de quatre sortes principales : os, œufs, plumes et empreintes laissées par les pieds lors de la marche des oiseaux sur des terrains encore mous.
Les seules empreintes connues ont été signalées par M. Hitchcock, qui leur a donné le nom collectif d'Ornitichnites.
La signification de ces empreintes n’a pas encore été démontrée d’une manière suffisamment scientifique. (1)
Les ossements fossiles d'oiseaux ne sauraient conduire dans tous les cas à la détermination précise de l’espèce dont ils proviennent.
On n'en reconnaît assez souvent que le genre linnéen; dans d’autres cas, ils indiquent seulement la famille, l’ordre ou même la classe.
On n’a déterminé spécifiquement qu’un très petit nombre d'Oiseaux fossiles, et ces espèces sont surtout des terrains supérieurs. Ce sont les seules que l'on doive dénommer d’après les principes de la nomenclature linéenne.
Les os fossiles d'oiseaux dont on ne, peut avec certitude caractériser l'espèce, même en les comparant avec leurs analogues dans les oiseaux actuels et dont on reconnaît
(1) Des observations récentes de MM. James Deane et Lyell, citées en 1845 par M. Murchison, dans son résumé des travaux de la Société géologique de Londres, permettent d'espérer la solution prochaine de ce problème.
seulement le genre, la famille ou l’ordre, pourront prendre le nom collectif d'Osteornis. Un nom qualificatif ajouté à celui-ci indiquera par approximation la nature des oiseaux que’ces Ostéornis font supposer, mais sansque les zoologistes doivent cependant les introduire comme autant d’espèces constatées dans les catalogues méthodiques.
M. Adolphe Brongniart a depuis longtemps et avec avantage suivi un mode analogue de nomenclature dans ses savantes recherches sur les végétaux fossiles.
Les données géologiques auxquelles peut conduire l'étude des oiseaux fossiles dans l’état actuel de la science sont moins nombreuses et moins importantes que celles tirées de la connaissance des Mammifères, des Reptiles, des Amphibiens ou des Poissons.
Les terrains de transition dans lesquels on n’a encore rencontré aucune trace de Reptiles n’ont pas offert non plus d'Ornitholithes.
Dans les terrains secondaires les Ornitholithes sont jusqu'ici peu nombreux; ils y sont de deux catégories distinctes :
Ornitichnites des nouveaux grès rouges;
Osteornis des Wealds, des argiles néocomiennes et de la craie supérieure. |
Quoi qu’on ait rapporté les Ornitichnites à des Échassiers, et plus particulièrement à des Cursores, leur nature, comme nous lavons déjà dit, n’est que très vaguement appréciée.
Les Ostéornis de l’époque secondaire peuvent être dénommés ainsi qu'il suit :
O. ardeaceus, d’après M. Mantel;
O. scolopacinus, d’après M. Meyer;
O. diomedeus, d’après M. Owven.
Les Ornitholithes des terrains tertiaires sont plus nom- | ë
nt breux ; on les recueille principalement dans des formations d'eau douce.
Il y en a dont l’espèce a pu être déterminée :
Numenius gypsorum, des environs de Paris, que nous regardons comme une espèce éteinte ;
Phænicopterus ruber? des terrains d'Auvergne, qu'il est impossible, d’après les os qu'on en possède, de séparer de l'espèce actuelle encore aujourd’hui vivante dans les parties méridionales de l’Europe et en Afrique.
La plupart des autres ne se distinguent pas suffisamment de leurs congénères actuels pour qu'on les retire de la catégorie des Osteornis, c’est à dire des Ornitholithes dont on ne peut assurer précisément l'espèce. En suivant le mode de nomenclature que nous proposons il sera facile de les dénommer d’une manière suffisante pour les besoins actuels de la paléontologie. Ce système de nomenclature nous paraît avoir un avantage non moins important, en ce qu'il ne fera point dire à la paléontologie plus que l’anatomie zoologique sur laquelle elle s’appuie, n’est réellement en droit de démontrer dans les cas dont est question.
L'ordre des Préhenseurs ou Perroquets et celui des Coureurs, les seuls qui n'aient pas de représentants actuels dans la Faune européenne, sont aussi les seuls qui manquent à la Faune tertiaire.
Les données que fournissent les autres classes de vertébrés doivent faire supposer que ces deux ordres d'oiseaux ont néanmoins existé en Europe, comme ils existent encore aujourd’hui dans les autres parties du monde : en Afrique, dans l’Inde insulaire, à la Nouvelle-Hollande, et dans l’Amérique méridionale.
Il est encore impossible d'indiquer à quelle époque la classe des oiseaux a commencé d’exister sur le globe terrestre, toute conclusion fondée étant en effet rendue impos-