Chapitre IX. — Sphacelaria tribuloides Meneghini
ET AUTRES ESPÈCES A PROPAGULES TRIBULIFORMES.
M. Reinke [91,2] réunit sous le nom de 6*. tribuloides les Sphacelaria non parasites, à propagules « cordiformes », dont la ramification ne montre pas d'opposition nette en pousse : indéfinies et définies. 11 y fait rentrer le ^S". brachygoiiia de Montagne, dont il signale pour la première fois les propagules, et le kS\ Novâe-Hollandiœ de Sonder, étudié peu auparavant par M. Askenasy. L'auteur distingue donc seulement deux espèces à propagules tribuliformes : le S. Pluimda et le .S", tri-
122 C. Sauvageau. — Remarques sur les Sphacélar lacées.
buloides, et même il suppose que le premier pourrait bien n'être qu'une forme pennata du second.
L'examen d'un grand nombre d'échantillons m'a conduit à une appréciation toute différente. Non seulement je considère les kS. brachygom'a et Novas-Hollandiœ comme suffisamment caractérisés, mais j'ai séparé deux autres espèces : le .S. cornuia et le S. Novse-Caledonïâs , et une étude plus complète des Sphacelaria des mers tropicales et australiennes en augmenterait vraisemblablement le nombre. La manière dont M. Reinke considère le ►S. tribtiloïdes, assurément plus commode pour l'auteur et pour le lecteur, simplifie singulièrement les déterminations, mais il ne me paraît pas possible de conserver le même nom spécifique à des formes aussi différentes.
La forme des propagules n'est pas strictement constante; elle présente, sur un même filament, des variations dont on ne peut apprécier les limites que par l'examen de plusieurs échantillons. Sur certains individus très prolifiques, un stérigmate bourgeonne 2-3-4 ^ois pour produire un nouveau propagule après la chute du précédent, et les derniers propagules fournis, parfois plus réduits par épuisement, sont portés par de très longs pédicelles qui en changent l'aspect général (i). Pour faciliter les déterminations spécifiques, nous n'avons pas la ressource de comparer les autres organes reproducteurs ; ainsi, bien que le ^9. tribuloides soit souvent cité dans les Listes d'Algues européennes, ses sporanges pluriloculaires ont été vus seulement à Rovigno, d'abord par Hauck [78], puis par M. Kuckuck, et ses sporanges uniloculaires sont inconnus. J'ai trouvé ces derniers, accompagnés par les propagules, sur deux espèces de la Nouvelle-Calédonie.
Il ne sera pas hors de propos de faire remarquer que les es-
I. Meneghini comparait la forme des propagules du .S", tribuloides à celle des fruits du Trapa natans, ou Cornuelle. D'après lui [42, p. 337], en plus des deux cornes latérales que l'on voit de face, les propagules en auraient parfois deux
ne 1C3 tii pn3 vu^o vja> aincij^v-. v,«-^-. iii, v,wii il .„u il pas la ressemblance des propagules avec le fruit du Trapa natans ; on sait que celui-ci a généralement quatre épines, mais certaines variétés n'en possèdent que deux. (Voy. par exemple C. Schrœter, Contribution à l'étude des variétés du Trapa natans L., Genève, 1899.)
pèces épiphytes ou parasites du groupe tribîdoides , des régions chaudes, étant souvent mélangées à d'autres espèces, il est bon de ne détacher pour les conserver dans les herbiers, sur mica ou sur papier, que des exemplaires soigneusement vérifiés; il est même préférable de les laisser sur le substratum, ce qui évitera des erreurs ultérieures. De plus, les échantillons stériles sont inutiles. Cette remarque s'applique d'ailleurs aux autres espèces épiphytes.
Les espèces étudiées dans ce chapitre ont pour caractères communs :
Pas de différences, ou différences à peine sensibles, comme diamètre ou comme manière d'être, entre les axes et les rameaux. Jamais les parties dressées ne portent de rhizoïdes descendants. Rameaux isolés, alternes, non distiques, jamais opposés, à moins qu'ils ne naissent immédiatement au-dessous d'une troncature. Les articles présentent une ou plusieurs cloisons longitudinales, jamais de cloisons transversales, sauf parfois dans la cellule qui porte une production latérale. Les poils, plus ou moins nombreux, toujours isolés, naissent du sphacèle; leur présence indique les portions successives du sympode, Propagules de même origine, de r.ième signification morphologique, et du même type que ceux du ►S. Pluniula, à article sous-jacent au sphacèle avorté, largement renflé, plusieurs fois cloisonné, et prolongé en deux cornes plus ou moins marquées.
Les rameaux n'étant jamais distiques, les espèces du groupe tribîdoides sont toujours faciles à distinguer du S. Pluimila.
A. — Sphacelaria tribuloides Meneghini.
Échantillons étudiés :