La Barbade; mars 1899; ^^^^ A. Vickers leg. et ded
Le ►S. tribuloides croît sur les pierres, les Lïihothamm'on, Cysiosei'ra, Codiuin, etc., en touffes d'un brun foncé, raides, de 1/2 à 2 centimètres de hauteur.
La partie rampante est formée de stolons courts, d'où partent çà et là des filaments dressés (fig-. 29, A) à la base desquels les cellules du stolon se prolongent latéralement en crampons constituant souvent un disque petit et irrégulier, d'où partent de nouveaux stolons et des filaments dressés plus serrés que les précédents. Je n'ai pas vu de prolong-ements endophytes sur des coupes faites à travers le Cystoseira. Lorsque le S. tribuloides croît sur un Codiîwi, il émet de très nombreux stolons qui circulent à la surface de l'hôte, produisent des rhizoïdes qui pénètrent profondément entre les cellules de la plante hospitalière et sont , en ces points , l'origine de nouvelles touffes ; certains filaments dressés de la périphérie de ces touffes s'infléchissent et se transforment en stolons. A la base de chaque touffe, née
sur le Codùim. Bursa, est un faisceau compact de rhizoïdes droits, réguliers, parallèles, et accolés l'un à l'autre qui, sur le
Fig. 28. — Sphacelaria iribuloides Menegh., de Guéthary. — A à L, Sommets de filaments montrant l'origine des poils (Gr. 150).
Codïum. adhœrens, sont plus irrég-uliers-, plus toruleux, plus ramifiés. De Notaris avait créé une variété radicata pour les individus portés par le Codïum, mais la plupart des petites
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Phéosporées vivant sur un substratum spongieux se comportent de même, comme je l'ai indiqué autrefois à propos de VEctocar pus vt'rescens.
Les filaments, à rameaux peu divariqués, arrivant à la même hauteur, mesurent 25-50 p- de diamètre, orénéralement 30-40 p.; les articles secondaires, habituellement un peu plus hauts que larges, présentent, vus de face, 1-2-3 cloisons longitudinales.
Les poils sont longs, et les cellules adultes mesurent 200-300 p. sur 15-20 a; leur cellule basilaire persiste généralement après leur chute, et se reconnaît facilement des stérigmates par son insertion sur une cloison transversale. Ces poils sont plus ou moins abondants suivant les individus ; ils étaient par exemple assez rares sur la plante de San Vicente, tandis qu'ils étaient nombreux sur les exemplaires récoltés à Guéthary quelques jours auparavant. La figure 28 représente différents stades du développement des poils, pris sur la plante de Guéthary. Les sphacèles qui, au moment considéré, ne produisent pas de poil, ont leur sommet arrondi (fig. 28, y) ; ceux à sommet aplati, très légèrement creusé au milieu, sont sur le point de produire un poil (fig. 28, A). A ce moment, le sphacèle a deux noyaux, l'un médian, l'autre au sommet sur le côté, et qui se sépare de la grande cellule par une cloison en verre de montre ( i ) . Sur la figure 28, A^ cette cloison n'était pas encore formée, mais le protoplasme, contracté par l'alcool, laissait un espace vide indiquant la place de la future cloison. La cellule en calotte deviendra le poil, tandis que la grande, continuant à se comporter comme un sphacèle, produira l'accroissement en longueur du filament. Plus tard, une cloison transversale viendra s'appuyer contre la cloison oblique et limitera au-dessous un article primaire qui se divisera, comme d'habitude, en deux articles secondaires.
On considère généralement, avec Geyler, Pringsheim, M. Reinke, la cellule en calotte, origine du poil, comme une production latérale du sphacèle, tandis qu'en réalité elle est le vrai sommet du filament, son sphacèle, comme M. Magnus l'a
I. Mes échantillons n'étaient pas fixés de manière à montrer si, dans ce cas, la division du noyau se fait suivant la largeur du sphacèle, ou bien, comme d'habitude, suivant sa longueur.
admis le premier, de même que la petite calotte que nous avons vue surmonter le propagule du ^S. Plufnula est le sphacèle du propagule. La cloison en verre de montre correspond, morphologiquement, à celle qui se forme dans un sphacèle en voie d'accroissement pour limiter un article primaire; seulement, elle est oblique au lieu d'être transversale. La cloison transversale qui, ultérieurement, s'appuiera vers le milieu de la cloison oblique, limitera : inférieurement, l'article primaire, qui appartient à la génération terminée par le poil, et supérieurement, la portion de la grande cellule qui devient le sphacèle d'une nouvelle génération du sympode. En s'accroissant, ce nouveau sphacèle reprend sa largeur primitive et rejette sur le côté la cellule en calotte.
Dans la figure 28, B , la cloison en verre de montre est bien formée, et la grande cellule commence déjà à s'élever au-dessus. Ceci est plus accentué en C, D, E, où le poil et le sphacèle de nouvelle génération semblent s'accroître avec une égale rapidité, mais le sphacèle ne tardera pas à prendre l'avance, car on voit en C, E, F, que le poil situé au-dessous du sphacèle (et qui termine la génération précédente) n'est pas encore sorti de sa gaine; le futur poil reste ainsi parfois très en retard [G, H) et pourrait être pris pour une production latérale si l'on n'étudiait pas les stades plus jeunes. Au contraire, en K, le jeune poil dépasse le sphacèle de nouvelle génération et le rameau L, court et grêle, qui s'était développé après une troncature, porte un poil presque terminal, mais le fait était rare sur les plantes de Guéthary.
Si la cellule en calotte se produit au milieu du sommet du sphacèle, ou bien si la grande cellule ne s'accroît pas après la formation de la cloison en verre de montre, le filament, arrêté dans sa croissance, se termine par un poil. Les poils terminaux sont bien plus fréquents chez le S . furcigera que chez le ►S. tribuloïdes. Toutefois, un certain nombre de filaments de la plante de la presqu'île de Giens, et la plupart de ceux récoltés à Rovigno le i^'^juin, diminuaient progressivement de diamètre, et alors le poil prend de l'avance sur le sphacèle de nouvelle génération, tend à devenir terminal (fig. 29, B, D) ou même devient terminal (fig. 29, C). En B, le poil s'est développé rapidement et le sphacèle, rejeté sur le côté, va produire tardivement une
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nouvelle génération. En D, les trois dernières générations du sympode sont très courtes, réduites chacune à un article primaire; le dernier poil formé est presque terminal, le sphacèle est moins avancé que celui de B. Enfin, en C, l'accroissement du filament est définitivement arrêté; il n'y a plus de sphacèle. Le poil des Sphacelaria n'est donc pas une production latérale ; on ne peut davantage le considérer comme une branche d'une dichotomie dont l'autre branche serait la continuation du filament ; il est le prolongement du filament puisque, lorsque les circonstances s'y prêtent, il est nettement terminal. Tout filament, tout rameau de Sphacelaria muni de poils est un sympode; l'intervalle qui sépare deux poils successifs est l'une des générations d'un sympode, et le nombre des poils indique le nombre des générations constituantes. Habituellement ces générations sont d'autant plus courtes qu'elles sont plus rapprochées du sommet.
Les propagules naissent sur un article secondaire supérieur quelconque, souvent au-dessous d'un poil; leur mode de développement est le même que pour le ^S. Plumula. Ils sont larges, et les cornes latérales sont peu marquées ; les dessins F ex G (fig. 29) pris sur la plante de Guéthary, montrent leur forme la plus fréquente. Sur la plante de Giens (fig. 29, H)^ les cornes étaient plus développées; ils avaient la même forme sur les individus de Rovigno, et parfois (fig. 29, J) les cornes étaient notablement plus longues et plus largement insérées, mais on trouve des formes de passage (i). Le n» 70 de VErbario portait peu de propagules; la plupart ressemblaient à H, mais j'en ai vu deux semblables à i^ que j'ai dessiné pour montrer les variations dont ils sont capables sur un même pied. Les filaments de la plante de La Guadeloupe montraient simultanément toutes les variations de la figure 29 (2).
Bien que variant dans d'assez larges limites, la forme des
1. Les figures F' et G ont été prises sur les exemplaires croissant sur un substratum résistant ; mais les plantes croissant sur Codium, à Guéthary, avaient des propagules semblables à ceux de Rovigno. Les propagules, comme les sphacèles, sont fréquemment envahis par les Chytridiacées qui les déforment plus ou moins, arrêtent ou modifient leur cloisonnement. Les formes dont il s'agit ici correspondent à des états sains.
2. Cette plante porte le n° 1786 qui est celui sous lequel l'espèce est citée par Mazé et Schramm [70, p. 112].
Fig. 29. — Sphacelaria tribuloides Menejrh. — A, Thalle rampant sur un Lithothaninion, à Guéthary (Gr. 40). — B, C, D, Sommets de filaments terminés ou sur le point de se terminer par un poil, pris sur la plante de Giens (Gr. 150). — E à. K, Différentes formes de propagules vus de face (Voy. le texte) (Gr. 200). — L, Sporanges pluriloculaires (Gr. 200)
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propagules du 6". tribuloïdes correspond cependant à un aspect général comparable, qui m'a paru nettement différent de celui des propagules des autres espèces dont il sera question plus loin. Mais la plante des Bermudes, bien qu'elle semblât saine, présentait sous ce rapport des variations extraordinaires généralement par manque de symétrie, comme une corne plus longue ou plus large ou plus redressée que l'autre, ou située dans le plan perpendiculaire. Peut-être ces anomalies tiennent-elles à l'âge delà plante qui avait été extrêmement fructifère, car j'ai compté plusieurs fois cinq stérigmates superposés ; il serait cependant intéressant de rechercher si elles sont fréquentes aux Bermudes.
J'ai rapporté au ►S. tribuloïdes les échantillons de l'ile Maurice à cause de la forme de leurs propagules, mais les filaments sont plus ramifiés, et les propagules sont de temps en temps opposés, plus rarement opposés à un rameau, j'ai même vu quelques rameaux opposés.
Mlle A. Vickers a récolté le .S. tribuloïdes à La Barbade ; elle a bien voulu m'en donner quelques exemplaires d'herbier, recueillis en mars 1899. Comme il sera dit plus loin, la plante grattée sur le substratum était mélangée au 6". Novce-Hollandiée, mais le ►S. tribtdoides muni de propagules en formait la plus grande partie. Parmi ces filaments, j'en ai trouvé trois légèrement plus grêles qui, outre des propagules, portaient des globules sphériques comme ceux du 6*. Novse-Hollandias et que je suppose être des sporanges uniloculaires avortés, mais j'ai vu aussi quatre de ceux-ci transformés en sporanges pluriloculaires incomplètement développés. Malheureusement ces filaments étaient isolés, et je ne puis dire avec certitude s'ils appartenaient au ^S. iribuloides ; d'ailleurs dans la plante de Rovigno, ils ne paraissent pas se réunir en grappes. Comme j'ai trouvé aussi parmi ces exemplaires quelques filaments de ^S". furcigera, les filaments à sporanges appartiennent peut-être à une quatrième espèce du mélange.
M. Kuckuck m'a complaisamment communiqué quelques préparations de 5*. tribîdoides récolté à Rovigno en avril 1894 et portant des sporanges pluriloculaires. Ceux-ci naissent dans la portion inférieure de filaments qui portent des propagules dans leur portion supérieure; ils sont souvent unilatéraux
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(fig. 29 L, et Hauck, 78, PL III, fig". 16), portés par des articles moins hauts que larges, par conséquent plus courts que les autres articles. Ils sont cylindriques et brièvement pédicellés et mesurent 60-80 ^ sur 50-55 ^. Les nouveaux sporanges naissent dans le prolongement des pédicellés des sporanges vidés et non latéralement.
Je dois à l'obligeance de M. Askenasy d'avoir pu étudier plusieurs des Phéosporées australiennes, dont il a publié la
Fig. 30. — Sphacelaria tribuloidesl ou nov. sp.l d'Adélaïde. — A, Rameau divariqué, portant un propagule jeune, et un propagule adulte vu de face, séparés par un poil réduit à sa gaîne. — B, Propagule en germination {A et B, Gr. 200).
description [88 et 94]. Malheureusement les échantillons qu'il a eus à sa disposition étaient en quantité infime. Dans un tube qui avait renfermé le ^S. Novse-Hollandiœ conservé dans l'alcool, j'ai trouvé un fragment de Fucacée, récolté à Adélaïde, sur lequel étaient fixés quelques filaments d'un autre Sphacelaria que je joins ici au ^S. iribuloides , mais qui en sera probablement séparé par les auteurs qui auront de plus abondants matériaux à leur disposition.
Le thalle inférieur est un stolon rampant tout à fait comparable à celui que j'ai représenté pour le ►S. tribuloides (fig. 29,
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A) (i). Mais les filaments dressés sont bien particuliers. Ils se composent d'un axe terminé par un sphacèle, portant un certain nombre de poils, et émettant çà et là des rameaux souvent courts et simples, parfois plus longs et ramifiés, mais toujours assez fortement divariqués (fig". 30, A)^ et terminés euxmêmes par un poil. L'ensemble donne bien l'impression d'un axe ou pousse indéfinie, portant des rameaux ou pousses définies; la différenciation serait donc plus avancée que dans les autres espèces du groupe.
J'ai vu seulement deux propagules adultes (fig. 30, A et B). Le propagule A ressemble assez, par sa forme générale à ceux des 6". tribuloïdes, mais son cloisonnement est plus abondant ; il est né sur un rameau, au-dessous d'un poil. Le propagule B, séparé de la plante mère, est en voie de germination; la pointe basilaire et l'une des cornes ont germé en un cordon rampant qui s'étalait sur la Fucacée ; le sphacèle avorté du propagule s'est allongé en poil comme dans le ^S. biradiata. Mais n'ayant vu que deux propagules, je ne puis savoir si le développement de ce poil est normal ou exceptionnel.
Cette plante rentre dans le groupe du 6". trïbuloides par ses propagules, mais s'éloigne des autres espèces par sa ramification générale.
B. — Sphacelaria cornuta Sauvageau mscr.
Je dois cette plante à M. Le Jolis qui a bien voulu m'en communiquer quelques touffes préparées sur mica (2) ; elles avaient été prises sur un Turbïnaria récolté à Canala (Nouvelle-Calédonie).
Le 6". cormita forme des touffes de 1/2 centimètre de hauteur insérées sur une base étroite très probablement parasite. La ramification est la même que celle du kS. tribuloïdes , toutefois les filaments diminuent graduellement de largeur de la base (30-35 jj^) jusqu'au sommet (20-25 H-)» ™^is sans se terminer en pointe, et il n'y a pas de distinction en pousses indéfinies et
1. Les cellules de la Fucacée se dissociaient sous la seule pression des aiguilles, et je n'ai pas pu distinguer si les parties étalées du thalle rampant étaient épiphytes ou endophytes