‹ Remarques sur les SphacélariacéesChapitre 32 sur 64 · Morbihan ; sans substratum ; « Sphacelaria cirrhosa Ag · texte numérisé non relu

Morbihan ; sans substratum ; « Sphacelaria cirrhosa Ag

M. Prouhet 1847; 197 Kûtz; Morbihan » Lenormand scripsit; Herb. Lenormand (Faculté des Sciences de Caen); sporanges uniloculaires et pluriloculaires.

Sphacelaria bipinnata snx Cystoseira fibrosa. (Voy. plus loin p. 203).

Dans un autre Mémoire (i) j'ai donné à cette espèce le nom de 6". Lebelii pour rappeler que le docteur Lebel, de Valognes, l'a distinguée il y a près de quarante ans, ainsi qu'en témoigne son Herbier (in Herb. Muséum Paris). Il l'a récoltée à différentes reprises sur des Halidrys siliquosa rejetés sur le rivage à Carteret (Manche). Ce Sphacelaria avait d'autant plus attiré l'attention de l'algologue normand que les parasites et les épiphytes sont rares sur VHah'drys, et qu'il le trouvait garni simultanément de sporanges uniloculaires et pluriloculaires.

Mais, en réalité, les véritables caractères distinctifs de cette espèce ont échappé à Lebel. Il croyait qu'en plus des deux sortes de sporanges, le sphacèle renfermait aussi des éléments propagateurs et, pour rappeler cette particularité, il l'a distribuée à ses correspondants sous le nom, resté inédit, de 5'. amphicarpa. J'ai moi-même employé provisoirement [ooj ce nom qui consacrait une erreur d'observation.

Depuis, grâce à l'obligeance de M. Lignier, professeur à la Faculté des Sciences de Caen, j'ai pu la rapporter avec certitude au Siypocaulon bipinnatum de Kûtzing. On sait que, pour Kûtzing, la présence de rhizoïdes corticants était un caractère distinctif du Siypocaulon par rapport au Sphacelaria. Il a décrit et figuré son Stypoc. bipinnatum [55, p. 28 et pi. 95] d'après une plante du Morbihan qui lui fut envoyée par Lenormand sous le n° 197 ; elle présente un axe couvert de rhizoïdes sur lequel des rameaux pennés portent de nombreux sporanges uniloculaires.

Or, j'ai vu dans l'Herbier Lenormand, avec l'étiquette citée plus haut, deux petites feuilles portant chacune plusieurs touffes.

I. c. Sauvageau, Sur les Sphucelaria. d'Aus/ralasie (Notes from the Botanical School of Trinity Collège, Dublin, n" 5, 1902).

196 C, Sauvageau. — Remarques sur les SpkacélariacéeS.

Celles-ci étant séparées de leur substratum, on ne peut en vérifier le parasitisme; néanmoins, la présence de rhizoïdes et de nombreux sporanges uni- et pluriloculaires ne laisse aucun doute sur l'identité de ce n° 197 avec la plante qui croît sur XHalïdrys. Le nom de Sphac. Lebelii sera donc remplacé par celui de Sphac. bipïmmta (i).

Les nombreux échantillons que Mlle Vickers a bien voulu m'adresser de Roscoff (2) sont identiques à ceux de Crouan, de Lebel et de Thuret; je les prendrai comme types en faisant remarquer que je connais seulement des individus d'été.

Le ►S', bipùmata forme des touffes assez grosses, de 2 cm. de hauteur, prenant en herbier une couleur brun roux, tandis que celles du S. cirrosa ont généralement une teinte plus olivâtre ; cette différence est un assez bon indice pour distinguer à l'œil nu les deux espèces séparées de leur substratum.

Le thalle pénétrant, inséré en un point quelconque du support, très nettement limité de celui de X Halidrys (fig. 42, A) s'insinue assez profondément, sans jamais émettre de branches endophytes établissant une communication entre les touffes. Il en sort plusieurs filaments dressés ; la touffe s'accroît latéralement par des rhizoïdes descendants puis rampants, qui restent plus ou moins lâchement enchevêtrés, et ne se soudent pas en disque ; certains rampent plus ou moins loin, comme des stolons, adhèrent à la surface de V Hah'drys et émettent des filaments dressés pareils à ceux qui sortent de la portion endophyte ; j'en

1. Piccone, probablement sous l'inspiration de Grunow, et d'ailleurs sans aucun renseignement, a cité un Sphac. bipinnata (Kûtz.) dans ses Listes des Algues de Madère et des Canaries [84, p. 51 et p. 54]. Or, les supports sur lesquels j'ai rencontré le ^S". bipinnata : V Halidrys sitiquosa et le Cystoseira fibrosa ne croissent ni à Madère ni aux Canaries, et, bien que Bory dise que le Fucus siliquosus est parfois jeté à la côte des Canaries (îles Fortunées) par les lames du large, il reste un doute sur l'identification de l'espèce citée par Piccone. — M. Reinke considérait le Stypoc. bipinnatum comme synonyme du lS". cirrosa; il n'a donc pas eu l'occasion de créer la combinaison de noms employés

2. Je ne connaissais encore le ^S. bipinnata que par quelques exemplaires d'herbier lorsque, parmi de nombreuses touffes de ^. cirrosa, attachées au C. discors, récoltées à Roscoff le 31 juillet 1900, j'en remarquai deux, séparées de leur substratum, qui me semblèrent correspondre à la plante de Lebel, et m'ont incité à prier Mlle Vickers de rechercher en 1901 des Halidrys avec leur Spkacelaria. Je cite ce fait à l'appui de celui que j'ai signalé précédemment (p. 172) pour montrer que le ^S". bipinnata, méconnu jusqu'à présent, se distingue cependant bien du ^S. cirrosa, même isolé de son substratum.

ai vu quelques-uns s'épater en petit disque superficiel. Cette disposition, qui permet d'enlever des portions de touffe, com-

Fig. 42. — Sphacelaria bipînnaia Sauv., de Roscoff, juillet 1901. — A, Coupe dans VHalidrys, montrant la portion endophyte du Sphacelaria ; on n'a pas représenté à la base des filaments les rhizoïdes corticants. (Gr. 150). — B et C, Rameau montrant la disposition des sporanges uniloculaires et pluriloculaires (Gr. 30). — D, Fragment d'un filament principal montrant la différence de hauteur des articles secondaires supérieurs et inférieurs, et le cloisonnement transversal ou oblique de ceux-ci (Gr. 150).

plètement épiphytes, a sans doute fait méconnaître le parasitisme originel du 6". bipinnata, facile à constater cependant

ipS C. Sauvageau. — Remarques sur les Sphacélariacées.

toutes les fois que l'on pratique une série de coupes par la base d'une touffe.

Les filaments principaux, ou axes, se terminent encore en été par un long sphacèle, et sont des pousses indéfinies. Plus étroits à la base, ils atteignent bientôt leur diamètre maximum qui varie de 50-80 {j.; leur paroi, peu épaisse, laisse à la plante une certaine souplesse. Les articles secondaires sont parfois tous approximativement aussi larges que hauts; toutefois, les articles secondaires supérieurs, fertiles ou non, sont fréquemment plus courts que les articles secondaires inférieurs, comme on le voit sur la figure 42, D {i)^ et dans ce cas, ces derniers présentent souvent quelques cloisons transversales, ou obliques-incurvées. Le cloisonnement longitudinal est toujours moindre que dans le kS. Hystrix. Les axes primaires émettent souvent, dès leur base, des rameaux aussi longs qu'eux et qui se comportent pareillement. Ils produisent des rameaux de premier ordre pouvant dépasser un centimètre de long, et ramifiés eux-mêmes une ou plusieurs fois. Leur diamètre va en diminuant, et on n'y retrouve plus la différence de hauteur signalée précédemment entre les articles secondaires; ceux qui sont monosiphoniés, ou presque monosiphoniés, ne sont pas rares. Tous les rameaux courts sont terminés en pointe, et leur caractère sympodial est très net. Les rameaux sont isolés ou opposés; parfois, leur disposition est régulièrement pennée, mais jamais suivant toute la longueur du filament qui les porte. Le nom spécifique de bipinnata ne doit pas induire en erreur ; les rameaux primaires sont souvent simples.

Les axes qui s'élèvent directement du thalle endophyte ou épiphyte, et les filaments principaux qu'ils portent à leur base, produisent des rhizoïdes de 25-35 ^ de diamètre d'autant plus nombreux, et insérés d'autant plus haut, que la plante est plus âofée. Ces rhizoïdes naissent sur les articles secondaires inférieurs ou supérieurs ; ils descendent le long des filaments sans y adhérer, en se dirigeant directement vers la base, ou en s'enroulant en spirale ; ils se recouvrent mutuellement et donnent aux filaments un diamètre double ou triple. Sur eux, naissent parfois en abondance des filaments dressés qui restent habituel-

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