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C. — Halopteris Novae-Zelandiœ Sauvageau mscr

\J Halopteris filicma subit de telles variations dans la structure de son thalle qu'il peut sembler imprudent de fonder une nouvelle espèce, ayant avec lui d'importants caractères communs, sur un frag-ment stérile et en mauvais état de conservation. C'est cependant dans ces conditions défectueuses que j'ai séparé \H. Novœ-Zelandias . Toutefois, si une espèce de Sphacelaria, par exemple, rencontrée dans de semblables conditions, présente peu d'importance et ne mérite guère une description, il n'en va pas de même pour cet Halopteris .

En effet, MH.filicina est isolé au point de vue géographique ; à part l'échantillon douteux du Pérou, il est cantonné en Europe et sur les côtes adjacentes, et l'on ne connaissait aucune plante australe qui lui fût strictement comparable. Désormais, on saura qu'en Nouvelle-Zélande existe une espèce très voisine qui, mieux connue, laissera peut-être entrevoir les migrations et les modifications du genre. A priori, VH. Novas- Zelandise est resté jusqu'à présent ignoré parce que, comme XH. filicina, son congénère septentrional, il croît à un niveau ne découvrant pas à basse mer, et que des dragages ou des mauvais temps permettent seuls de le rencontrer.

Fig. 64. — Halopteris Novee-Zelandix Sauv. — A, Portion d'axe secondaire montrant deux pennes, portant chacune à leur base une pousse adventive. — B, Trois pennules à ramification acroblastique; les articles primaires de la pennule médiane ne sont pas dirisés en articles secondaires. — C, Rameau né sur une penne ponant trois pennules dont les ramules sont unilatéraux et plus on moins avortés. — D, Pousse de remplacement née près de la troncature d'une penne; les premiers rameaux sont acroblastiques, les suivants sont holoblastiques (A à. D, Gt. 8o). — £, F, Coupes transversales dans l'axe primaire (Gr. 300).

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M. R. Laing, de Christchurch, m'a adressé un certain nombre d'Alg-ues marines qu'il a récoltées sur les côtes de la Nouvelle-Zélande. En examinant une plante du groupe de VH. hordacea d'assez grande taille, vieille et presque dénudée, récoltée à Lyall's Bay en septembre 1894, j'ai trouvé, enchevêtré dans ses filaments, un fragment ^H. Novas-Zelandiœ qui s'y était accroché comme une épave quelconque.

Ce fragment est composé d'une portion d'axe, que j'appelle axe primaire, de i centim. de long, recouvert d'une couche dense de rhizoïdes, d'oii partent des moignons régulièrement alternes, distiques, bases d'axes secondaires. Un seul de ceux-ci est conservé sur l'échantillon et, bien que tronqué, mesure 15 millim. de long; il est garni de rhizoïdes dans sa portion inférieure ; plus haut, il porte des pennes de 5-8 millim. de long, mais aucune de celles-ci n'est entière, et fréquemment 1-2 pousses de remplacement s'échappent de leur troncature.

Deux caractères de ces pennes frappent dès le premier abord ; ce sont leur très faible et très inégale ramification et la position des pousses adventives. Certaines n'ont d'autre ramification que la pennule axillaire développée ou plus ou moins avortée, d'autres présentent en outre 1-2 pennules plus ou moins complexes, puis restent nues sur une grande longueur. Ainsi, la penne de la figure 64, A, non entière, était trois fois plus longue que sur le dessin; une branche née un peu audessous de sa troncature, longue comme trois fois la pennule représentée, portait deux ramules secondaires courts et simples, situés l'un près de sa base, l'autre près de son sommet.

D'autres pennes laissent un long intervalle non ramifié au delà des pennules basilaires, puis produisent des pennules ramifiées, mais nées généralement sur un rameau latéral et non directement. Ainsi, la figure 64, B, représente une portion de penne portant un rameau pennule ; plusieurs autres semblables étaient disposés à intervalles irréguliers. Les figures 64, A et B , montrent que les pennules ont bien le même aspect que dans XH. filicïna; leurs ramules sont acroblastiques ; les articles primaires de la pennule médiane de B ne sont pas divisés en articles secondaires.

La figure C représente un cas dont j'ai vu d'autres exemples. Le long rameau de droite est une portion d'une penne qui, à sa

base, avait produit d'abord une pennule axillaire, puis une pennule plus ramifiée que celle de la figure A, restait ensuite simple sur une longueur de 5 millim., et enfin portait la portion figurée, où l'on voit que trois ramules primaires, ou pennules, sont plus ou moins avortés et acroblastiques.

Une ramification aussi lâchement espacée laisse prévoir que VH. Nov3e ZelandtaB présentera, sur des exemplaires plus complets et en meilleur état de conservation, des variations de structure plus bizarres encore que XH. fïlïcïna.

De même que chez 1'^. filicina, les rhizoïdes naissent du premier article secondaire inférieur d'un rameau qui, par conséquent, appartient en réalité à l'axe. Les cellules constituantes de ces rhizoïdes, le plus souvent privées de cloisons longitudinales, sont notablement plus courtes que celles de XH.filïciiia, comme on le voit en comparant les figures 64, A et 63, F. Le même article secondaire inférieur est producteur de pousses adventives qui paraissent habituelles et caractéristiques ; celles-ci ont la même structure que les pousses de remplacement nées sur une troncature ou près d'une blessure, mais elles croissent dans le plan général de ramification. D'abord simples, elles se ramifient ensuite; les premières ramifications (fig. 64, D) sont simples, courtes et acroblastiques, les suivantes sont holoblastiques, plus fortes et ramifiées; de très bonne heure, les articles basilaires de la pousse émettent des rhizoïdes qui masquent son insertion. J'ai dit qu'une penne à^ H. filicina m'a présenté le début d'une semblable disposition. Toutefois, ce qui est très exceptionnel chez V H. filicina devient la règle chez VH. Novas-Zelaiidise, autant qu'on en peut juger d'après un unique fragment.

Les articles secondaires de l'axe principal et des axes secondaires sont plus ou moins divisés transversalement, tandis que ceux des pennes sont simples. La structure de l'axe, représentée en E, F, est asymétrique; la première cloison n'étant pas diamétrale, la cloison ou les deux cloisons perpendiculaires qui se forment ensuite ne le sont pas non plus. Il en résulte une tendance à la formation d'une cellule centrale, qui, comme on verra, devient plus manifeste chez M H. platycena.

Par la forme de ses pennules, parla présence et par l'origine de ses rhizoïdes, XH. Novas-Zelandiœ se rapproche plus de VH. filicina que des autres espèces du genre. Sa ramification

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irrégulière en pennules, et la position des pousses adventives, sont des caractères qui ne se retrouvent pas chez les autres espèces du genre.

Halopteris Novae-Zelandiae Sauv. — Plante probablement plus grande que VH. filicina. Thalle inférieur? Thalle dressé caulescent. Axe ramifié en axes secondaires régulièrement alternes, distiques, portant des pennes alternes, distiques, irrégulièrement pennulées, le tout dans un même plan. Pennules normales et pennules axillaires de même aspect que chez V H. filicina. Pennes holoblastiques ; derniers ramules des pennules, ou parfois tous les ramules, acroblastiques. Articles secondaires des axes primaires et secondaires cloisonnés longitudinalement et transversalement. Article secondaire inférieur de la base des pennes engendrant les rhizoïdes corticants, comme chez VH. filicina, mais produisant en outre, normalement, une pousse adventive dans le plan général de sa ramification. — Organes reproducteurs inconnus.

Hab. — Nouvelle-Zélande! R. Laing. leg.

Plante probablement voisine de VH. filicina^ mais encore très incomplètement connue.

D. — Halopteris obovata Sauvageau mscr. Syn. Sphacelaria obovata Hook. fil. et Harv.

Hooker et Harvey [45 , p. 1 63] , qui ont découvert le 5*. obovata, en donnent la diagnose suivante : « parvula, gracilis, pallide viridis, stupa nulla, fronde circumscriptione obovata, caule gracili articulât© basi longe nudo supra médium ramis plurimis tenuibus elongatis erecto-patentibus laxe distiche pinnatis ornato apicibus sphacelatis. — Hab. St. Martin's Cove, Hermite Island, Cape Horn, in about eight fathom water ; very scarce. » Ils ajoutent que la fronde mesure i-i 1/2 pouce de long, et que la forme de son contour suffit à le distinguer des autres Sphacelaria.

Ni J. Agardh ni Kûtzing n'ont vu cette plante très rare, qui ne semblait pas avoir été récoltée depuis l'expédition des vaisseaux Erebus et Terror, et je ne crois pas qu'elle ait jamais été figurée.

L'Herbier du Muséum de Paris en renferme un échantillon étiqueté par J.-D. Hooker « Sphacelaria obovata St. Martin's Cove, Cape Horn (In deep water) » et au-dessous « Recueilli parleD'J. Hooker et donné au Muséum par M. Decaisne, 1847 "• C'est le seul exemplaire vu par M. Hariot, qui cite l'espèce dans sa liste des Alg-ues du Cap Horn [88, p. 37] et ajoute : « le fruit de cette espèce n'est pas connu, mais la forme de la fronde permet de la reconnaître facilement. »

Plus récemment, et sans en donner la raison, M. Reinke [91, 2, p. 22] cite le ^S. obovata comme synonyme du Stypocaulon fuiiiculare. Je le rétablis au contraire comme espèce distincte en l'éloignant de VH. funicularts.

L'échantillon authentique conservé au Muséum, assez maigre, a moins de deux centimètres de hauteur ; c'est une plante stérile détachée de son support ; sa ramification, irrégulièrement espacée, se fait dans un même plan. La figure 65,^, représente le fragment que j'ai étudié. J'ai été assez heureux pour rencontrer deux autres échantillons d'origine différente.

L'Herbier du Muséum renferme une touffe décolorée d'une plante stérile, probablement trouvée sur le rivage, marquée a Terre de Feu, D'" Michaelsen leg. » et que M. Hariot, conservateur des collections, a identifié avec raison au 6^. obovata. Cette touffe est intéressante par son disque basilaire, adhérent à un fragment d'une Algue brune, d'où s'élèvent les tiges dressées. La figure 65, B, donne le port d'une partie de l'échantillon.

Enfin, j'ai vu dans l'Herbier Thuret une plante non déterminée marquée « Magellan, Le Guillou » que je rapporte au S. obovata. Elle est représentée par trois échantillons incomplets dont les deux plus grands atteignent trois centimètres ; la figure 65, C, représente le plus petit, dont l'axe est tronqué inférieurement et supérieurement ; ils sont dépourvus de base, mais fertiles. La plante paraît donc localisée à la pointe sud de l'Amérique.

La comparaison de ces exemplaires d'origine différente, qui se complètent mutuellement, me permet de donner la description de \ Hahpteris obovata.

Le thalle rampant est un disque épiphyte bien caractérisé, ressemblant à ceux du kS. olivacea et du Chœtopteris ; les

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dessins P, Q, R, de la fig^ure 66 faite au même grossissement que les figures 17, A, et 24, A, et aussi que les figures 61, D, E, F, des disques de XH. filïcina, montrent des files radiales notablement plus larges que dans cette dernière espèce. Je n'ai pas vu de strates superposées, mais la plante du D"^ Michaelsen était jeune, et d'après la manière dont se recourbent certaines files verticales de cellules, il est possible que les individus âgés en présentent. Les files verticales des cellules sont souvent simples ; parfois certaines cellules de la base ont une cloison verticale, tandis que les supérieures en sont dépourvues, ou inversement (fig. 66, Q, ^).

J'ai vu plusieurs fois, sur les coupes du thalle rampant, une file verticale réduite à quelques cellules inférieures, puis renflée aux dépens des files radiales contiguës comprimées, en une grosse cellule, dépassant les files voisines, et non cloisonnée. Je ne puis dire quelle est la nature de ces grosses cellules, car je les ai vues sur des coupes dont le contenu cellulaire avait été dissous par les réactifs ; il est peu probable qu'elles représentent des cellules destinées à devenir des pousses dressées, et avortées; peut-être correspondent-elles aux sporanges de Sphaceloderma du 6^. oh'vacea?

Les filaments dressés naissent chacun de la différenciation d'une file verticale (fig. 66, Q). Ils restent cylindriques, simples, sur trois à quatre millimètres de longueur, puis se ramifient dans un même plan. L'intervalle entre deux rameaux successifs est très variable ; parfois, ils sont insérés sur les cloisons primaires successives, comme dans VH. fïlicina, souvent, sur les cloisons primaires de deux en deux, enfin, d'autres fois, l'intervalle qui les sépare est d'une vingtaine d'articles secondaires. Ces rameaux primaires sont simples ou eux-mêmes 1-2 pennés, à intervalles pareillement variables.

Sur les axes, c'est-à-dire sur les filaments s'élevant directement du thalle rampant, ou qui remplacent ceux-ci dans leur prolongement après une troncature, on trouve souvent trois cloisons transversales dans les articles secondaires, plus ou moins irrégulièrement disposées ; sur les pousses latérales, plus étroites, leur nombre est généralement réduit à deux, et sur les pousses de deuxième ordre, terminées en pointe, on n'en voit plus qu'une seule; les derniers articles secondaires sont dé-

Fig. 65. — Halopteris obovata Sauv. — A, B, C, Fragments des individus examinés (Gr. a). — D, Portion d'une pousse pour montrer le cloisonnement superficiel. — E, Un ramule axillaire. — F, Coupe longitudinale d'un filament, et sporange uniloculaire {D, E, F, Gr. 150). — G, H, J, K, L, Coupes transversales dans des pousses de diamètre différent (Gr. 200). — M, N, O, Coupes transversales passant par le sphacèle axillaire cloisonné (Gr. 200). — A, Plante de Hooker et Harvey; B, D, E, plante de Michaelsen; C eX F \ O, plante de Le Guillou.

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pourvus de cloisons. Il est assez fréquent, surtout sur les axes ou les grosses branches, que les cloisons secondaires soient bien planes, tandis que les cloisons primaires font intérieurement une voussure convexe vers le haut. Sur aucune pousse je n'ai vu de péricystes ni de rhizoïdes. Je n'ai pas vu non plus de pousses adventives, mais j'ai observé de nombreuses pousses de remplacement, et celles-ci naissent d'une façon particulière.

Dans les espèces précédemment étudiées, si la troncature appartient à un article encore jeune, une ou plusieurs de ses cellules intactes prolifèrent et produisent des pousses de remplacement plus ou moins nombreuses, les autres cellules restent sans changement ou débordent légèrement la surface de troncature. Chez XH. obovata, les pousses de remplacement sont généralement uniques, dirigées dans le prolongement de celles qu'elles remplacent et rarement géminées. Quand elles sont jeunes, on les voit très nettement, par transparence, pénétrer dans la pousse ancienne sur une longueur de quelques articles secondaires, jusqu'à 4-5 articles ; elles prolongent la partie médullaire et sont recouvertes par la partie périphérique à petites cellules (fig. 66^ S). Peu à peu, les cellules de cette sorte de gaine se dissocient de haut en bas, et finalement la pousse de remplacement est directement insérée sur les cellules médullaires de la pousse d'origine, entourée seulement à sa base par une collerette de ces cellules périphériques (fig. 66, T\ Un peu au-dessus de son point d'émergence primitif, la pousse de remplacement s'élargit, et prend le diamètre du filament tronqué.

En aucun cas, cette disposition ne peut s'expliquer par une prolifération des cellules périphériques formant une gaine protectrice autour de la pousse de remplacement, car la gaine est sectionnée par des cloisons primaires et secondaires. C'est, au contraire, l'une des cellules médullaires de la pousse tronquée, éloignée de la troncature, qui se transforme en sphacèle, s'accroît, se cloisonne transversalement, repousse ou dissout sur son passage les cellules médullaires de ces articles secondaires pour venir au jour. En d'autres termes, les pousses de remplacement de VH. obovata ont une origine endogène.

Sur les coupes transversales des filaments larges (fig. 6^^H,J) , on trouve quatre cellules médullaires gorgées de matière tanni-

que brune, entourées d'une couche de cellules périphériques, simple ou ça et là double. Il se fait d'abord deux cloisons diamé-

Fig. 66. — HalopUris obovata Sauv. — P, Thalle rampant vu de dessous. — Q, R, File radiale du thalle rampant. (Plante de Michaelsen ; Gr. 150). — S, T, Schéma d'une coupe optique montrant l'insertion d'une pousse de remplacement.

traies en croix. Puis, d'un point variable de chacun des rayons partent deux cloisons en V plus ou moins ouvert, se dirigeant

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vers la périphérie ; une cloison tangentielle se fait ensuite entre les quatre V, et la section des quatre cellules centrales est pentagonale. Nous avons déjà vu une disposition semblable chez V Alethocladus . Enfin, chacune des douze cellules périphériques se divise par une cloison au moins, rejoignant la circonférence. Sur les filaments de moindre diamètre (fig. 65, G, K)^ la structure est moins symétrique, et enfin, les rameaux plus grêles possèdent une seule cellule centrale (fig. 65, U). Les coupes longitudinales montrent que les cellules périphériques sont seules cloisonnées transversalement.

Toutes les ramifications sont holoblastiques, et l'aisselle de chaque rameau présente une production axillaire, que j'ai très rarement vue se transformer en un court ramule (fig. 65, E)^ largement inséré, comme dans VH. filicina ; je n'ai rencontré aucun poil. La cellule axillaire, d'abord unique, se clive par une cloison dirigée dans le plan général de ramification (fig. 65, M y N, (9), puis, les deux cellules ainsi formées se divisent une ou deux fois, inégalement, de manière que, de chaque côté de la cloison de clivage, une cellule soit plus grande que l'autre ou que les autres, et les comprime de plus en plus en se développant. Cette disposition souvent peu nette sur les filaments examinés de face se reconnaît facilement sur les coupes transversales. Dans les parties fructifères, les petites cellules restent stériles, tandis que chacune des grandes cellules porte un sporange.

Sur la plante fructifère vue de face, les deux sporanges sont donc situés exactement l'un derrière l'autre. Ils sont portés par un pédicelle 1-2 cellulaire (fig. 65, F) et l'on distingue parfois à la base une des petites cellules stériles persistantes. Les sporanges uniloculaires sont ovales, d'environ 80-100 ^ sur 60-85 1^- J^ ^'^^ P^^ ^^ d'organes pluriloculaires.

\JH. obovata, inférieur à V II. /z'/z'cz'na par Virrégulsirké de sa ramification, est plus différencié que celui-ci par le cloisonnement du sphacèle axillaire montrant une tendance à la production d'un coussinet sporangifère.

Halopteris obovata Sauv. — Plante en touffes de 2-4 centimètres de hauteur. Thalle rampant constituant un disque basilaire compact à contours nettement limités, adhérent au substratum, formé de larges

files radiales accolées, régulièrement disposées sur la face supérieure ; files radiales formées, en épaisseur, de cellules superposées, peu ou point divisées verticalement. Thalle dressé formé de filaments naissant chacun d'une file verticale de cellules du thalle rampant, d'abord simples, puis ramifiés, à rameaux alternes distiques, insérés à intervalles très inégaux ; rameaux simples ou eux-mêmes semblablement ramifiés. Ramifications toutes holoblastiques. Sphacèle axillaire divisé dans le plan de ramification, puis en un très petit nombre de cellules inégales, rarement transformées en ramule axillaire. Articles secondaire des axes cloisonnés longitudinalement, et par 1-3 cloisons transversales. Péricystes, rhizoïdes, pousses adventives, absents. Pousses de remplacement d'origine profonde. — Sporanges uniloculaires ovales, d'environ 80-100 [j. sur 60-85 [jl, disposés par deux, l'un derrière l'autre, portés par un pédicelle court, 1-2 cellulaire. Organes pluriloculaires inconnus.

Hab. — Sur de grandes Algues, et probablement aussi sur les rochers. Probablement toujours submergé. — Pointe Sud de l'Amérique! (Ile l'Hermite, Hooker et Harvey, Herb. Muséum Paris!; Terre de Feu, Michaelsen, Herb. Muséum Paris!; Détroit de Magellan, Le Guillou, Herb. Thuret!).

Syn. Sphacelaria obovata Hooker et Harvey.

E. — Halopteris platycena Sauvageau mscr.

J'ai établi cette nouvelle espèce d'après l'examen de deux échantillons australiens. L'un, dont je dois la communication à l'obligeance de M. Perce val Wright, est conservé dans l'Herbier de Dublin; Harvey l'a marqué « Port Jackson, New South Wales, C. Moore », mais il ne l'a pas nommé. Je l'ai identifié à un échantillon de l'Herbier Lenormand, portant la mention, écrite de la main de Lenormand, « F. MuUer, 1861, Port Phillip. Australie » ; une étiquette détachée, de la même écriture, et se rapportant sans doute à cet échantillon porte « Stypocaulon scoparium var. corymbijerum » ; il serait possible que la plante eût été distribuée sous ce nom par Lenormand et se rencontrât dans d'autres Herbiers.

Les deux échantillons, de 3-5 centim. de hauteur, d'aspect raide et penné, de couleur foncée, presque noire, étaient l'un et l'autre mal étalés, à peine préparés. Celui de Lenormand

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est formé de filaments séparés du thalle rampant, comme s'ils avaient été brusquement arrachés. L'échantillon de Harvey est plus complet ; les filaments dressés sont portés par un disque

Fig. 67. — HalopUris piatycena Sauv, — Plante de Port-Jackson. — A, Port de la plante, B, C, filaments isolés (Gr. nat.). — D, Portion grossie d'un filament; les pennes, qui paraissent simples sur A, B, C, portent quelques ramules à leur base (Gr. 16). — E, Le cloisonnement des cellules périphériques est beaucoup plus régulier que chez YH. obovata; sporanges uniloculaires jeunes. — F, Coupe longitudinale montrant la structure des coussinets axillaires {E, F, Gr. 150).

basilaire, semblable à celui de VH. obovata^ mais probablement de plus grandes dimensions. La fig. 67, A^ représente un fragment de cet exemplaire destiné à montrer le port de la plante.

Le disque a la même structure que celui de VH. obovata; les files verticales de cellules sont généralement simples et les filaments dressés naissent d'une seule file verticale. Les rhizoïdes, qui descendent le long- des filaments dressés, s'étalent ensuite en s'enchevêtrant à la surface du disque, mais ne paraissent pas prendre part à sa formation. Cependant, le disque étudié s'appuyait sur des filaments feutrés qui étaient peut-être des rhizoïdes plus anciens; d'après ceci, il serait possible que certains thalles rampants fussent composés de plusieurs strates superposées comme dans le 6^. olivacea.

Les filaments dressés restent simples sur plusieurs millimètres ou même un centimètre de longueur, puis se ramifient dans un même plan; les rameaux primaires ou pennes, régulièrement alternes, s'appuient sur chaque cloison primaire, comme dans VH, fïh'cma. Parfois, les pennes sont simples ; plus souvent elles portent dans leur portion inférieure un ou plusieurs ramules simples, légèrement courbés (fig. 67, Z?), le premier né étant très généralement situé sur la face supérieure de la penne. Au delà, elles restent simples, et se terminent brusquement en pointe. Lorsque les pennules se ramifient, leur premier ramule est pareillement voisin du sphacèle axillaire. Les pennes peuvent toutes avoir la même valeur, de la base de la pousse jusqu'à son sommet (fig. 67, B)^ ou bien certaines d'entre elles deviennent plus fortes, s'allongent, se ramifient et se comportent comme des axes (fig. 67, C et D).

J'ai vu plusieurs sphacèles axillaires se transformer en ramule axillaire, mais c'est l'exception ; il est possible, d'après l'examen de l'échantillon de Lenormand, que parfois un poil axillaire se développe, mais je ne puis l'affirmer, car la plante, comme celle de Harvey, était couverte de végétations épiphytes {^Dermocarpa, etc.), gisant surtout dans les aisselles et en rendant l'étude difficile.

Les pennes sont toujours d'origine holoblastique ; le premier ou les premiers ramules qu'elles portent sont pareillement holoblastiques ; mais le dernier ou les derniers ramules formés sont souvent acroblastiques. Le sphacèle axillaire des derniers ramules holoblastiques, vu de face, paraît simple (fig. 67, £"), celui des pennes paraît toujours plus ou moins cloisonné (fig. 67, F), Les coupes transversales montrent que la pre-

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mière cloison qui y apparaît est située dans le plan de ramification (fig. 68, L, M) ; elle correspond à celle de VH. obovata, mais le cloisonnement va plus loin et constitue un petit coussinet axillaire.

Les articles secondaires sont à peu près aussi hauts que larges ; leurs cloisons longitudinales, assez rapprochées l'une de l'autre, et relativement épaisses, contribuent à donner à la plante une certaine raideur; on compte aussi 1-3 cloisons transversales, parfois davantage, et les cellules ainsi limitées sont plus petites que dans les Halopieris précédents.

A part ceux qui apparaissent dans les parties blessées, les rhizoïdes naissent seulement à la base des filaments dressés, dans la portion non ramifiée, et de cellules qui ne semblent pas spécialement différenciées. Ils forment un manchon peu épais, mais très dense, en se soudant entre eux et au filament. Quelquesuns présentent çà et là une cloison longitudinale (fig. 68, /).

La structure en section transversale est caractéristique ; elle se compose d'une large cellule centrale, à quatre (fig. 68, H)^ plus souvent à cinq côtés (fig. 68, G, J, K, L, M)^ qui occupe toute la hauteur des articles, et est remplie de matière tannique brune ; autour sont de petites cellules disposées sur deux, rarement trois couches. La présence de cette grande cellule axile a fait donner à l'espèce le nom de platyceua. La première cloison qui apparaît est excentrique, les 3-4 cloisons qui naissent ensuite et successivement, pareillement excentriques, vont de la cloison précédemment formée jusqu'à la périphérie; habituellement, l'ordre d'apparition de ces cloisons principales est facile à reconnaître ; il est rare (fig. 68, K) que l'on ne voie pas si la cloison approximativement parallèle à la première est née la deuxième ou la troisième. Les cloisons suivantes, perpendiculaires aux précédentes, limitent de petites cellules périphériques qui se segmentent tangentiellement, puis, les plus extérieures, radialement. Seules, les cellules périphériques sont cloisonnées transversalement ; celles qui sont situées entre elles et la cellule centrale occupent, comme celle-ci, toute la hauteur de l'article secondaire, et sont souvent pareillement remplies par la matière brune. Sur des fragments examinés de face, et dont cette matière tannique a été incomplètement dissoute par l'eau de

Javelle, elles donnent par transparence l'illusion de péricystes, mais je n'ai vu aucun véritable péricyste.

Les six coupes représentées sur la figure 68, prises sur cinq filaments, se correspondent bien ; en H, pris au-dessus dey, la cellule centrale a formé une cloison que ne présentent pas les autres dessins. Sur un filament de la plante de Lenor-

Fig. 68. — HalopUris platycena Sauv. — Plante de Port-Jackson. — G, H, J, K, Coupes transversales dans la partie inférieure, non ramifiée des filaments dressés ;/" a été pris au-dessous de H. — L, M, Coupes transversales dans la partie ramifiée, pour montrer le coussinet axillaire; la cloison qui apparaît la première est dans le plan de ramification (G à M, Gr. aoo).

mand j'ai rencontré plusieurs coupes où la première cloison étant presque diamétrale, la structure générale en était modifiée, mais, au-dessus et au-dessous, on retrouvait la grande cellule centrale unique. En J, deux rhizoïdes ont pris naissance dans les cellules périphériques triangulaires ; je n'ai pas vérifié si cette spécialisation était constante.

Je n'ai vu aucune pousse adventive. Les pousses de remplacement étaient peu nombreuses, et un manchon de rhizoïdes localisés, non descendants, entourant leur base, empêchait de bien voir leur origine. Cependant, sur plusieurs coupes transversales, la grande cellule centrale était comblée par un cloisonnement reproduisant celui d'un filament. Ceci indique que les

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pousses de remplacement se développent aux dépens de cette cellule centrale, et probablement comme chez Y H. obovata.

D'après la structure en coussinet du sphacèle axillaire, on aurait pu s'attendre à trouver des sporanges groupés. Or, la plante de Harvey était fertile, mais présentait seulement des sporanges uniloculaires jeunes, un seul pour chaque aisselle, comme si les sphacèles axillaires ne se cloisonnaient pas sur les filaments fructifères. Il est à remarquer aussi que les sporanges se rencontraient à des aisselles quelconques, et sous ce rapport VH. platycena se rapproche des espèces précédemment étudiées.

Halopteris platycena Sauv. — Plante en touffes raides, de 3-5 centimètres de hauteur. Thalle rampant constituant un disque basilaire compact à contours nettement limités, adhérent au substratura, formé de larges files radiales accolées, régulièrement disposées sur la face inférieure, à cellules non régulièrement disposées en files sur la face supérieure ; files radiales formées, en épaisseur, de cellules superposées, peu ou point divisées verticalement. Thalle dressé formé de filaments naissant chacun d'une file verticale de cellules du thalle rampant, d'abord simples, puis ramifiés dans un même plan. Pennes régulièrement alternes, distiques, s'appuyant sur les cloisons primaires successives de l'axe, simples ou portant inférieurement quelques pennules simples ou ramifiées. Pennes toujours holoblastiques, dernières pennules d'une penne, ou ramules des pennules, parfois acroblastiques. Sphacèle axillaire rarement développé en un ramule axillaire, plus souvent à l'état de coussinet pluricellulaire à l'aisselle des pennes, et de cellule simple ou peu cloisonnée à l'aisselle des ramules. Première pennule d'une penne située du même côté de la penne que le sphacèle axillaire. Articles secondaires des axes à cloisons longitudinales rapprochées, et à I -3 ou davantage cloisons transversales ne laissant pas de péricystes. Cloisonnement interne ménageant habituellement une cellule centrale large, Péricystes et pousses adventives absents. Pousses de remplacement probablement d'origine profonde. Rhizoïdes naissant seulement dans la partie basilaire non ramifiée des axes, corticants, formant un manchon dense, mais peu épais. — Sporanges uniloculaires globuleux, allongés, peut-être toujours isolés. Organes pluriloculaires inconnus.

Hab. — Sur de grandes Algues et probablement aussi sur les rochers. — Australie méridionale! (Port Jakson, C. Moore leg., Herb. Harvey, Trinity Collège, Dublin ! ; Port Phillip, F. von MûUer, Herb. Lenormand, Faculté des Sciences de Caen !).

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